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I. Trois symptômes sont pathognomoniques de cette affection :
1° La PrécocitTé. — Nous relevons en effet dans les observations de Kirmisson, de Joüon, et la nôtre, entre le début apparent de la maladie et l'accident initial les intervalles suivants, que nous avons classés pour plus de clarté en partant du moindre :
Observation Joüon. — La luxation a révélé la coxaloie, puisqu auparavant l'enfant n'avait pas cessé de marcher, qu'il n'avait jamais boité, et que le jour même de l'accident il s'était rendu à l’école et avait joué avec ses camarades.
Observation V de Kirmisson. — L'enfant commença à boiter fin janvier. Le 13 février survint la luxation. Ici nous constatons un délai de quinze à vingt Jours.
Observation III de Kirmisson. — Les douleurs dans la hanche, que l’on considéra d’ailleurs comme de nature rhumatismale, furent les seules manifestations de la maladie au début. Un mois après se produisit une luxation dans la fosse iliaque externe.
Observation personnelle. — Quatre semaines après le début apparent de la coxalgie, l'impotence s’établit brusquement : l'enfant ne peut plus marcher.
Observation IV de Kirmisson. — La luxation est apparue deux mois à peine après une boiterie consécutive à une chute, mais non occasionnée par elle.
Observation II de Kirmisson. — Nous trouvons une période de deux mois entre l'apparition des phé-
ne
nomènes douloureux initiaux et celle de la déformation produite subitement par le déplacement osseux.
Observation I de Kirmisson. — Dans cette observation, c'est seulement quatre mois après le début de l’arthrite que survient la luxation.
Cette précocité, dont la constatation s'impose, nous fera différencier immédiatement ces accidents de ceux que produisent les luxations tardives de la coxalgie, Ces dernières s’établissent progressivement, graduellement, et ne peuvent se constituer qu'à une période très avancée de l'affection causale. Elles exigent soit le ramollissement et la destruction de la capsule articulaire, qui permettront aux extrémités osseuses de se quitter brusquement, soit la localisation du processus morbide sur les surfaces articulaires. Celle-ci réalise en effet, d'une part, la fonte caséeuse de la tête fémorale, d'autre part, l'usure de la cavité cotyloïde favorisée et accrue par la contraction musculaire de défense. La position vicieuse qui en résulte exerce une compression au niveau des lésions ulcératives et permet « l'empiétement », le « chevauchement » et la luxation de la tête fémorale plus ou moins éculée, usée ou détruite.
Rien de semblable n'existe dans les luxations précoces où les altérations profondes n'ont pas eu le temps de se produire, ni du côté des ligaments, ni du côté des os eux-mêmes ; ce qui prouve d’ailleurs l'intégrité des surfaces articulaires, c'est la facilité avec laquelle dans tous les cas s'est maintenue la réduction.
Remarquons aussi que seules les luxations hâtives
méritent le nom de luxations, les autres ne sont que des pseudo-luxations.
Car, comme le dit Berger, dans sa communication à l'Académie de médecine, il y à dans les luxations tardives, translation oraduelle des rapports osseux plutôt que luxation et les surfaces articulaires sont détruites bien plutôt qu'elles ne se déplacent.
2° La soununerk. — Nous remarquons cette soudaineté dans toutes les observations que nous rapportons ; Ainsi dans l'observation II de Kirmisson, où, « alors que la malade était au lit le membre inférieur droit se déforma et se porta dans l'inversion totale Jointe à la flexion ». De mème dans ses observations IV et V, la mère remarqua la déformation en voulant lever son enfant.
Ce caractère n'est-il pas remarquable encore dans l'observation de Joüon où le membre inférieur gauche prend une attitude vicieuse symptomatique de la luxation quand l'enfant se lève de table ?
Cette soudaineté est manifeste pour le malade luimême et son entourage car elle s'accompagne d'une déformation considérable du membre luxé, d'impotence fonctionnelle absolue, le plus souvent de douleur.
3° Si enfin nous cherchons quelle est la cause déterminante des luxations que nous étudions, nous ne trouvons nulle part, dans les observations que nous avons relatées, qu'elles soient imputables au traumatisme, car ordinairement il est tellement insignifiant qu'il passe inaperçu. Il suffira quelquefois d'un très léger effort : se lever d'un siège,