CHAPITRE V
Pathogènie
Parmi les théories assez nombreuses et controversées, proposées pour expliquer le mécanisme des luxations spontanées en général, et que nous serions peut-être tenté de faire servir à notre pathogénie, il en est qu'à la faveur dès données anatomo-pathologiques, ci-dessus énoncées, nous pouvons de prime-abord rejeter, et d’autres, qui s'adaptant mieux aux Cas qui nous occupent, doivent être soigneusement envisagées et discutées.
Dans le premier groupe, nous signalons :
1° La théorie de la tumeur articulaire.
Il s'agirait d'une tumeur qui remplirait peu à peu la cavité cotyloïde et tendrait, par son volume même, à en chasser la tête. Du reste, les opinions varient sur la nature de la tumeur: exostose, pour Andry ; gonflement inflammatoire des cartilages pour Bichat, Boyer et Desoult, gonflement du tissu adipeux du
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fond de la cavité cotyloïde pour Valsalva, Portal et Fallope, tuméfaction de la tête fémorale elle-même pour Rust.
2° La théorie de Sabattier, Paletta, Frick, Begin, qui donne pour point de départ à la luxation une carie de la tête du fémuret de l’acétabulum, laquelle ne se rencontre que tardivement dans la coxalgie et ne peut causer que des pseudo-luxations.
3° La théorie de Larrey, qui n'admettait pas de luxation sans traumatisme.
Dans le 2° groupe, nous rangerons :
1° La théorie de l'épanchement articulaire. Cette théorie, la première en date, a été reprise par M. Kirmisson, qui l'a considérée comme la plus satisfaisante dans notre cas. Des auteurs dont l'autorité est considérable, l'ont préconisée: Hippocrate, Galien, Morgagni, Van Swieten, Brodie, Bérard, Jean-Louis Petit (1722), Parise (1840). Ils attribuaient la luxation à un épanchement articulaire qui repousse peu à peu le fémur en dehors, l’abandonnant à l'action musculaire. Parise fit, à l'appui de cette théorie, de nombreuses expériences intéressantes à signaler, bien qu’il eût admis comme étiologie de l'hydarthrose une chute sur le grand trochanter, ce qui est très discutable.
Kümmer les relate ainsi : « Par l'ouverture d’une trépanation pratiquée dans la tète du fémur ou la cavité cotyloïde, il passa dans l'articulation des liquides de différente nature. L'articulation coxofémorale d'un adulte peut contenir 40 à 60 grammes