‹ Des luxations brusques au début de la coxalgieChapitre 21 sur 25 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Pronostic

Berger dit dans son « Rapport à l'Académie de Médecine » : « L'histoire même des cinq malades (ceux de M. Kirmisson) semble indiquer qu'il s’agit plutôt de coxalgies bénignes et dans lesquelles les lésions de la tuberculose n’ont ni une grande profondeur ni une tendance marquée à la diffusion ; ils ont tous, en effet, guéri après réduction de la luxation. »

Nous nous rallions entièrement à cette opinion, en ce qui concerne la luxation envisagée indépendamment de l'affection causale. Nous ne devons pas, en effet, nous laisser influencer par les symptômes alarmants et la déformation si accentuée que l’on observe dans la luxation. Dès que le diagnostic sera posé, dans le sommeil chloroformique qui nous aura permis de l’affirmer, nous pourrons aussitôt procéder à la réduction. L'observation nous a appris que la contention en est facile et qu’il n’y a pas à craindre

PR" ip

de récidive : c'est qu’en effet, ces luxations sont compatibles avec une intégrité presque complète des surfaces osseuses, de la capsule, des ligaments, en un mot de l'articulation toute entière.

Nous sommes loin du pronostic sombre des luxations de la période terminale de la coxalgie, puisque nous agissons à une époque où les altérations profondes n'ont pas eu le temps de se produire et que, de ce fait, les conditions sont analogues à celles des luxations traumatiques.

Mais, si nous examinons nos observations, nous pensons, qu'en ce qui concerne le pronostic de la coxalgie, cause de la luxation, M. Berger fait preuve d'un optimisme peu justifié ; loin de céder à la réduction, elle continue, au contraire, à évoluer, et ses inconvénients prochains ou éloignés ne sont pas minimes. La durée du traitement est, en général, assez longue: de 2 à 14 mois. (Obs. Kirmisson.) Dans la moitié des cas, il y eut des abcès consécutifs, qui se reproduisirent même après ponctions suivies d'injections d’éther iodoformé. Aïlleurs, le malade marche avec des béquilles, ou, après 4 abcès consécutifs, sort de l’hôpital, non guéri. Dans notre observation personnelle, nous sommes au 7° mois après la réduction ; la maladie continue à évoluer avec température à grandes oscillations, état général peu satisfaisant. M. le Professeur Frælich a dù pratiquer l'arthrotomie, le drainage de l'articulation et le grattage du cotyle coxal. Le pronostic est, cons notre cas, plutôt grave.

Au reste, M. Berger lui-même semble moins affir-

Page 1