‹ Des luxations brusques au début de la coxalgieChapitre 4 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Nous avons trouvé dans la littérature médicale, aussi bien chez les auteurs anciens que chez les modernes, de très nombreuses publications relatives à la coxalgie ; mais rares sont les observations portant sur les luxations soudaines du début de cette affection. D'ailleurs, les auteurs anciens étaient loin d’être d'accord sur la signification à attribuer au mot : coxalgie.

Sous ce nom, en effet, ils ont décrit diverses affections de la hanche, offrant les mêmes symptômes à une certaine époque de leur évolution, mais distinctes à leur début par leur étiologie, par certaines lésions spéciales, et, par la nature de ces lésions.

C'est M. Lannelongue qui a enfin donné au mot coxalgie son acception définitive : ostéo-arthrite tuberculeuse de l'articulation coxo-fémorale.

De plus, comme l'étiologie de la coxalgie leur était obscure, les anciens auteurs s’attachèrent pres-

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que exclusivement à en décrire les symptômes les plus frappants : attitudes vicieuses et luxations ; aussi, prenant l'effet pour la cause, le symptôme pour Ja lésion, ils désignèrent la coxalgie par les termes de « luxation spontanée ou consécutive » du fémur : expression prêtant à confusion et à erreur. Quand bien même cette dénomination s'appliquerait à l'ostéo-arthrite tuberculeuse de la hanche, remarquons combien elle serait défectueuse, inexacte. En effet, les luxations des périodes avancées de la coxalgie, seules envisagées par les anciens, « se produi- « sent lentement, graduellement, progressivement, « par éculement, usure, destruction des surfaces

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osseuses en contact ; il n’y a donc pas luxation des « rapports osseux ; pseudo-luxation si l'on veut. » Boyer, Humbert de Morley, Malgaigne (Lecons d'Orthopédie, 1862), décrivent des luxations qui se sont produites au cours des maladies infectieuses

aigües, telles que rhumatisme articulaire aigü et fièvre typhoïde. Ils les appellent aussi « luxations spontanées ». Donc, des faits ne ressortissant nullement à la coxalgie, mais à la classe des luxations consécutives aux maladies aigües ont été décrits par les auteurs anciens sous le terme ambigu de « luxations spontanées ».

Ainsi, nous ne trouvons chez eux aucun renseignement sur les luxations vraies se produisant brusquement et spontanément dans les premières phases de la coxalgie.

Depuis M. Lannelongue, les auteurs qui se sont occupés de la coxalgie n’ont eu en vue que les luxa-

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tions de la période terminale de cette affection ; les luxations du début sont totalement passées sous silence. |

Il y a quelques années, M. Kirmisson et ses élèves, MM. Caboche et Joüon, publièrent six observations de luxations soudaines, spontanées et précoces dans le cours de la coxalgie. L'une d'elles fut recueillie dans le service de M. Gérard-Marchant, à l'hôpital Boucicaut ; M. Berger en fit l’objet d’une communication à l'Académie de médecine en 1900.

Il nous a été donné d'observer, dans le service de M. le professeur Frælich, un cas analogue.

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