‹ Des luxations brusques au début de la coxalgieChapitre 5 sur 25 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Luxvation brusque dans la fosse iliaque exlerne survenant quatre mois après le début d'une coxalgie. — Réduction facile sous chloroforine, par les procédés de douceur. — Abcès fessier conséculif, traité par la ponction, des injections d'élher iodoforimé et l'ignipunclure. — Guérison comptièle.

(Publiée par le professeur KIRMISSON.)

Le premier fait qui ail attiré mon atlention sur cette question, dit M. Kirmisson, est celui d'une fillette de douze ans, Laure G..., entrée dans mon service le 2 mai 1895. Sur le livret de cette enfant, nous trouvons signalé un premier accès de douleur dans la cuisse droite, en mai 1894. Elles disvaraissent bientôt ; mais en janvier 1895, elles se reproduisent, et, le 2 mars, le médecin mentionne que le membre inférieur droit est plus long et plus volumineux que le gauche. Le 8 avril, on constate au contraire de l'amaigrissement de la cuisse droile ; on se demande s'ils’agit de douleurs rhumatismales, d'osteile ou de coxalgie. C'est dans ces conditions que la malade nous est adressée aux enfants assistés, le 2 mai 1895.

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A son entrée, nous constatons que, la malade étant dans le décubitus dorsal, le membre inférieur droit se présente à nous en flexion légère, adduction et rotation en dedans.

L'atrophie du membre est manifeste ; la mensuralion pratiquée à quatre lravers de doigts au-dessus de la base de la rotule donne pour circonférence de la cuisse malade 28 centimètres, tandis que la cuisse saine mesure dans le même endroit 30 centimètres.

La percussion du genou détermine une douleur très vive au niveau de l'articulation de la hanche, de même que la pression au niveau du grand trochanter. La pression profonde, dans le triangle de Scarpa, au-devant des vaisseaux fémoraux, est également douloureuse ; on perçoil en ce point une masse ganglionpaire, rien dans la fosse iliaque interne.

Du reste, les douleurs éprouvées par la malade sont tellement intolérables que tout examen approfondi de l’arliculation est impossible.

Dans ces conditions, le 3 mai, la malade est transporlée dans la salle d'opération et endormie.Je puis dès lors faire une palpation altentive de la hanche, qui me permet de reconnaitre, d'une façon évidente, l'existence d'une luxation dans la fosse iliaque externe ; tous les mouvements imprimés à la diaphyse fémorale se communiquent à la tête mobile dans la fosse iliaque externe ; les deux os frottent l'un contre l'autre avec un bruit caractéristique. J'imprime à la cuisse des mouvements de plus en plus étendus de circumduction ; enfin le membre étant dans la demiflexion et dans l'abduclion, j'exerce avec les pouces des pressions directes en arrière du grand trochanter; la tête fémorale glisse alors peu à peu en dedans el en avant et réintègre la cavité cotyloïde, ainsi que le démontre l'attitude et la longueur du membre redevenu tout à fait normales.

La palpalion révèle dans la fosse iliaque interne la présence d'une tumeur ganglionnaire fluctuante ; le toucher rectal démontre un certain degré d'empâtement vers le fond de la cavité cotyloïde ; mais, pas d’abcès de ce côté. Je faisais abserver à mes élèves que, dans ces condilions, l'apparilion de la suppuration au dehors était bien probable, et que peut-être certains de mes collègues, au lieu de chercher la réduction de la luxation, préféraient avoir recours d'emblée à la résection de la tête fémorale.

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