‹ Des Luxations Congénitales de la RotuleChapitre 16 sur 72 · A ARE · texte numérisé non relu

A ARE

insertion. Déplacement du tendon rotulien, en ménageant un peu de périoste à son extrémité inférieure, et transplantation à une portion plus interne du tibia, dénudée de périoste.

« On assure la coaptation de ce tendon par deux clous en acier et on suture les bords au périoste Uüibial avec du catgut. Le résultat fut parfait. »

Ce déplacement interne du ligament rotulien avec transplantation plus en dedans fut tenté aussi avec succès par Hildebrand (obs. XCXXV) et par Bérard (obs. LXIV).

Vincent, dans sa thèse, nous expose enfin tout au long une méthode nouvelle préconisée par un Jtalien, Dalla Vedova, et exécutée par Durante dans le traitement des luxations habituelles. Ce serait le type de l’opération rationnelle. La voici, brièvement résumée : l’auteur vise surtout à déplacer le ligament rotulien et à rétrécir la capsule du côté interne de la rotule en tenant compte de la rétraction de la région externe de l'appareil ligamen-— teux, d’où dépendent la récidive et lirréductibilité. Aussi libêre-t:1l d’abord le bord rotulien externe de façon à l'isoler de son cadre fibreux. Puis il ramène la rotule en place. Il déplace ensuite le ligament rotulien et raccourcit V'aileron interne. Comme le processus de cicatrisation de l’'aileron interne replié, pourrait être troublé par les con— tractions du quadriceps, il transplante alors son tendon, en avivant son bord interne et en le suturant au périoste de la face interne du tibia.

C’est, somme toute, une combinaison des opérations de Roux et de Le Dentu que nous avons décrites et elle ne diffère de celle de Bérard (obs. XCIV) que par quelques points de détail.

4° Discussion. — En résumé, il faut abandonner à ellesmêmes les luxations congénitales de la rotule, qui ne s’accompagnent d’aucune gêne et d’aucun trouble fonctionnels.

Dans les autres cas, on tentera d’abord un traitement orthopédique ; le port d’une genouilière sera parfois d’une grande utilité, un bandage en cuir avec articulation au niveau du genou améliorera souvent la marche.

Si ce traitement orthopédique a échoué, l'intervention est alors à conseiller et le chirurgien n’est pas à court de procédés opératoires. Presque tous sont bons et trouvent leurs applications soit isolément, soit combinés entre eux. Suivant les cas, suivant les lésions anatomo-pathologi-ques, on aura recours aux différentes méthodes que nous venons d'indiquer.

Parfois, quand les lésions de la capsule et des tendons sont prédominantes, les opérations capsulaires sont à préconiser, surtout celle de Le Dentu, nous en avons vu les raisons.

Mais, le plus souvent, il existe des déformations osseuses contre lesquelles nous devons agir avant de nous adresser à la capsule ou aux ligaments, et les procédés d'Ollier, de Lucas-Championnière trouveront alors leur place.

Aussi les opérations mixtes, les opérations rationnelles, combinaisons des précédentes, doivent-elles avoir la préférence.

Si les résultats des interventions partielles ont rarement étésatisfaisants, elles peuvent pourtant amener de grandes améliorations, sinon des guérisons complètes et méri‘ent aussi d’être tentées dans certains cas, où des opérations plus complexes n’aboutiraient probablement pas.

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