‹ Des Luxations Congénitales de la RotuleChapitre 55 sur 72 · ES · texte numérisé non relu

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augmenter de volume in toto el irrégulièrement déformés, les contours normaux mal marqués. Le grand diamètre se dirige de haut en bas et de dehors en dedans, aux deux extrémités et au milieu de ce diamètre se trouvent des saillies.

La première impression est que les deux saillies terminales sont les condyles, la saillie moyenne, la rotule. A 5 centimètres au-dessus de la saillie moyenne, on trouve des deux côtés une petite tumeur de la grosseur d'une noix qui s'élève brusquement vers la cuisse. Des deux côtés, genu-valgum léger et aussi léger degré de pied bot valgus.

A la palpalion, la saillie interne répond au condyle interne ; la saillie externe répond au condyle externe, moins large que l'interne et aussi plus déformé dans ses contours normaux. La saillie externe est la rotule luxée en haut el en dehors, de volume et de configuration normale, qui se déplace facilement sur les côtés et qui se trouve à { cm. en arrière et au-dessus du condyle externe. En déplaçant la rotule et en la déprimant, on obtient des craquements. On palpe en haut et en dedans le muscle quadriceps, en bas le ligament rotulien qui se dirige obliquement vers la tubérosité tibiale. La rotule ne touche pas au tibia, elle repose uniquement sur le fémur. La saillie au-dessus du milieu du grand diamètre (c'est-à-dire au-dessus du condyle externe déplacé) est une masse molle, élastique, qui paraît répondre à une inflammation chronique du genou et à une fongosité d’origine capsulaire. On lrouve de ces fongosités tout autour du genou. Dans l'extension forcée, ces détails sont plus nets et la rotulese trouve fixée.

Dans la flexion, qui est possible jusqu'à 80°, les deux genoux ressemblent beaucoup à deux genoux arthritiques. La saillie et la tuméfaction rendent difficile la déterminalion exacte des contours et de toutes les parties osseuses. Les craquements, au moments de la flexion, s'entendent à distance ; les déplacements de la rotule sont au minimum. Le fonctionnement des deux genoux est remarquablement bon.

Le malade peut marcher et se mettre à genoux, porler des fardeaux. Seule, l'ascension d’un escalier est difticile. Les mou-

vements qui demandent la fixation de la rotule sont difficiles ; el en descendant des marches, le malade ressent des douleurs et ses jambes fléchissent.

L'examen électrique pratiquée dans les deux cas n’a rien montré de particulier.

OBSERVATION LXX VII (Hans Sprrz, in Zeülschrift fur Orthopéd.-Chirurgie, 1899.)

M.R., jeune fille de 10 ans 1/2, entre à l'hôpital le 7 février 1898. Pendant la marche ou la station debout, la malade a une attitude particulière ; rotation marquée de la cuisse droite en dedans et de la jambe en dehors, et pied en équinisme forcé.

Le relief normal du genou est changé. La rotule n’est pas à sa place. On sent irès bien la gouttière intercondylienne. La rotule flanque le condyle externe au dehors. Atrophie manifeste du quadriceps, surtout au niveau du vaste interne. La gouttière est très peu marquée, surtout en dehors.

L'extension complète du genou est impossible en raison de la contracture des fléchisseurs. En priant la malade de soulever sa, jambe tendue, la flexion au contraire s’exagère en même temps que la rotation en dehors du tibia.

Les articulalions du pied sont très relâchées, présentant une assez forle adduction de la pointe du pied.

A gauche, li rotule est du côté interne du condyle externe.

Quand la petite malade essaye de marcher seule elle boite du côté droit et ne peut faire que quelques pas.

Cette déformation existe depuis la naissance. Les parents l'ont de suite remarquée et consultèrent un médecin. L'application d’un bandage compressif n'eut aucun résultat. Ce n’est qu'à 5 ans que la petite put faire seule quelques pas. Depuis, pas ou peu d'amélioration.

Il est très intéressant de constater que la grand'mère et la tante du côté paternel ont la même déformation de la même jambe.

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Traitement. — Ténotomie, redressement, appareil plâtré. Puis on apprit à l'enfant, dans le décubitus dorsal, à faire glisser son pied par la face plantaire sur le plan du lit, sans faire tomber le genou en dehors. Après six mois de traitement orthopédique, l'enfant était en état de marcher. Elle pouvait monter et descendre les escaliers sans l’aide de personne.

La luxation de la rotule persista, mais la marche devint possible.

OBSERVATION LXX VIII (PonNceT, in thèse de Gallet, Lyon, 1900, p. 65.)

H., 18 ans, garcon laitier, entrée à la clinique, le 27 avril 1900.

Rien dans ses antécédents héréditaires.

Il se présente avec une luxation de la rotule gauche remontant à une époque indéterminée. A l’âge de 2 ou 3 ans, sa sœur qui le portait, l’aurait laissé tomber. Onne peut avoir de renseignements précis à ce sujet. Le malade se rappelle que tout jeune, il boitait beaucoup.

Getle hoiterie s’atténua peu à peu avec l’âge ; elle ne s’accompagnait d'aucune douleur, et d’une gêne fonctionnelle très minime, caractérisée par un peu de fatigue après des marches assez longues.

Il y a deux ou trois mois, il commença à ressentir une certaine douleur dans le genou gauche et un peu de gêne dans la hanche du côté malade. Cette douleur s’accrut peu à peu et le malade se décide à entrer à l'hôpital.

Luxation en dehors de la rotule gauche. Dans l'extension, la rotule est située sur le côté antéro-externe de l'articulation ; elle est assez mobile et peut être ramenée presque à sa place normale.

Dans la flexion, elle vient se placer presque complètement en dehors de l’article, contre la face externe du condyle externe, où elle est fortement maintenue en place par le tendon rotulien et le tendon du quadriceps, tendus au maximum.

Le genou est élargi; le condyle interne paraît plus épaissi,

Il y a un certain degré de genu valgum et l'écartement du genou gauche, d’un ruban tendu entre le grand trochanter et la malléole externe est de 25 em. environ.

Rotation marquée du fémur en dedans et du tibia en dehors.

Au niveau du genou, un cerlain degré d'hydarthrose Les mouvements provoqués sont faciles el peu douloureux. L'extension et la flexion sont normales ; il existe quelques mouvements de latéralité. -

En disant au malade d'étendre la jambe, l'extension est un peu gênée à cause de l'atrophie du quadriceps. Le vaste externe paraît à peu près normal.

A la hanche gauche, légère élévation de l’épine iliaque antérosupérieure ; le grand trochanter est épaissi; la pression à son niveau est un peu douloureuse. A la flexion maxima de la cuisse, pas de douleur dans l'articulation.

La mensuration du fémur, pratiquée de l’épine iliaque antérosupérieure au condyle interne, indique un allongement de 3 cm. du côté malade, tandis que, du grand trochanter au condyle externe, les distances sont égales des deux côtés.

Pas d’autres déformations, sauf une légère scoliose dorsolombaire à convexité gauche.

Après quelques jours de repos, les phénomènes douloureux ont disparu.

La marche est assez facile ; le malade boite peu.

La rotule gauche est un peu plus petite que la rotule droite.

OBSERVATION LXXIX (Broca, in Thèse de Ricoulleau, Paris, 1901, p. 36.)

P. S... 11 ans, entre à l'hôpital Trousseau le 2 avril 1900. Rien de spécial dans ses antécédents héréditaires. Pas de maladie antérieure. Envoyé en nourrice aussitôt après sa naissance, il fut ramené à ses parents à l’âge de 148 mois. A ce moment, il avait déjà le genou gauche volumineux. Aussi loin que remonte leur

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Souvenir, les parents ne se rappellent pas avoir vu ce genou autrement qu’il est maintenant. Cependant le petit malade n'avail éprouvé jusqu'ici qu'une gène légère dans la flexion, à l'exclusion de tous les autres mouvements troublés. Ce n’est que depuis huit jours environ qu'il a commencé à souffrir de son genou et c’est pourquoi il est venu réclamer un lraitement.

Actuellement, quand la jambe gauche est placée dans l'extension, elle conserve une direction normale, le genou est volumimineux, surtout augmenté dans son diamètre (ransvcrsal. Le condyle interne fait une forte saillie et paraît très augmenté de volume. La rotule est de petite dimension et se trouve en dehors de sa place normale. En fléchissant la jambe sur la cuisse, la rotule mobile se déplace en dehors. Elle passe sur le condyle externe et finit par se mettre en rapport avec la face externe de celle tubérosité. Le palper permet de sentir la trochlée fémorale à la place de la rotule. Cetle trochlée parait beaucoup moins profonde et plus étroite que normalement. C’est surtout dans la flexion que l'enfant accuse quelques douleurs d'ailleurs assez lécères.

Opération. — Le 1°" mai, M. Broca fait une incision en J sur le condyle interne du fémur. On arrive ainsi sur la synoviale el l’on constate qu’au lieu de se diriger vers ses insertions normales, elle se fixe sur le milieu de la surface cartilagineuse du condyle interne. Ainsi toute la moitié interne de la surface articulaire du condyle interne avait cessé d’être en rapport avec la rotule el se trouvait déshabitée, tandis que la moitié externe de ce condyle restait contenue dans la cavité articulaire. Le condyle interne, qui fait une saillie très considérable en arrière et en bas, est abrasé.

Par une deuxième incision, M. Broca arrive sur le condyle externe el il creuse en dedans une goutlière profonde dans laquelle la rotule puisse se loger et de façon que la saillie du condyle externe l'empêche de se déplacer en dehors. Le tendon du quadriceps est alors fixé en dedans par un solide point de suture au catgut quirapproche son bord interne du surtout liga-

menteux interne.

Suture de la peau au crin de Florence. Pansement. Appareil plâtré. Les suites de l'opération furent aussi simples que possible. Le lendemain de l'opération, la température est montée le soir à 38, mais pour redescendre à 37° le septième jour. Au bout de trois semaines, on retire l'appareil plâtré et on enlève les fils. Réunion par première intention. Deux jours après, on commence du massage que l'on continue quotidiennement.

Le 9 juin on fait faire à l'enfant du vélocipède mécanique. Le 17, il quitte l'hôpital. Pendant la marche, l'enfant a une légère boiterie. L'extension spontanée est incomplète. Elle n’atteint pas tout à fait l'angle droit et, si l’on essaye les mouvements provoqués, il est impossible de fléchir la jambe davantage. La rotule, qui est mobile, reste néanmoins fixée à sa place pendant tous ces mouvements et n'a pas tendance à se luxer en dehors. Toute douleur a disparu.

OBSERVATION LXXX (BrocaA, in Thèse de Ricoulleau.)

Camille L.…., 13 ans, amené 'à l'hôpital pour déformation du genou. Rien dans ses antécédents héréditaires. Il a été nourri au sein, a marché à 11 mois. Les parents n'ontd'abord rien remarqué d'anormal. C'est seulsment quand il eut 8 ans que le père distingua quelque chose de spécial dans sa démarche. Actuellement, dans l'extension, le genou gauche est gros, fait une saillie volumineuse à sa partie interne; la face antérieure proémine en avant, comme si la rotule était à sa place, mais immobilisée.

A la palpation du côlé externe de la joiulure, on trouve un petit noyau osseux de la rotule et qui est légèrement mobile. Quand le malade fléchil la jambe, la saillie antérieure du genou s’exagère, la rotule reste en dehors du fémur dont l'extrémité inférieure est grosse et très volumineuse.

La jambe droite, tenue en extension, montre un genou normal à la vue el au palper, maisle malade essayant de fléchir la jambe,

on sent la rotule se déplacer, passer sur le condyle externe et se luxer en dehors. La palpation permet de sentir en avant, pendant la flexion, la surface articulaire de la trochlée, devenue accessible.

OBSERVATION LXXXI .(X..., in Thèse Ricoulleau, Paris, 1901.)

M..., 19 ans, domestique, admise à l'hôpital le 29 mai 1895. Sa mère atteste qu’elle n’a jamais marché avec assurance comme tous les autres enfants et on peus dire qu’elle n’a jamais marché avant l’âge de7 ans.

Elle n’a jamais pu courir et tombait sans cesse. Du côté droit, il y a du genu valgum très développé. Trois mois avant son entrée à l'hôpital, elle tomba en montant les escaliers, « il lui semblait que sa jambe se dérobait sous elle ». Il lui fut ensuite impossible de faire usage de ses membres inférieurs.

Depuis, cet accident lui arriva fréquemment ; après la chute, elle demeurait alitée plus ou moins longtemps avec de V'hydar: throse et de la douleur.

C'est une jeune fille d'aspect général satisfaisant, mais avec des symptômes de rachitisme dans son enfance. Facies court et épais. Genu valgum prononcé du côté droit. La jambe est en rotation externe. Quand le genou est étendu, la rotule est située un peu en dehors de sa position normale. Quand l'articulation est fléchie, la rotule s'éloigne de plus en plus jusqu’à ce qu’elle soit située sur le côté du condyle externe du fémur, sa face antérieure dirigée extérieurement.

Quand le genou est fléchi jusqu'à un certain point, la rotule peut être maintenue par force sur la ligne médiane. Mais aussitôt qu’on cesse de la retenir, il s'échappe au dehors.

On sent la fosselte rotulienne sur la surface trochléenne du fémur, partiellement remplie dans sa région externe, comme si le condyle externe l’envahissait en partie, tandis que le bord externe de ce condyle semble en même temps s’effacer et laisser une dépression sur le bord externe de la rotule.

La radiographie nous montre la rotule plus haute, relativement au fémur, qu'elle ne l'est à l'état normal.

Traitement (résumé). Le 8 juin, correction du genu valgum par ostéolomie. Mauvais résultats fonctionnels, la malade marche moins bien qu'avant.

Le 3 septembre, par une incision en V, on divise en dehors l'expansion du vaste externe el de la partie externe de la capsule sans ouvrir l'articulation. Deux trous perforés dans le bord interne de la rotule livrent passage à deux gros calguts qui la fixent au ligament laléral interne.

Récidive progressive de la luxation après résorption trop rapide du ecatgut. Huil semaines plus tard, on répèle la même opération, mais en prenant de la grosse soie au lieu de catgut.

Après l'opération, il y eut de l’atrophie du triceps avec impotence.

Longtemps, la malade couchée ne pouvait soulever la jambe du plan du lit, sans avoir la jamhe en extension.

On fit de l'électrisation et du massage. La guérison fut complète et se maintenait encore le 30 novembre 1899, quatre ans plus tard.

OBSERVATION LXXXII (R&aL, Annales de méd. et de chir. infantiles, 1901, p. 284.)

Rapporte à la Société des sciences médicales de Lille, dans sa séance du 30 janvier 1901, l'histoire d'un cas de luxalion congénitale de la rotule, observé chez une petite fille de 11 ans qui, pour tous antécédents pathologiques, présenta à l'âge de 4 mois une déformation du genou gauche.

A l'examen, on nota une augmentalion du volume du genou, avec un léger degré de genu valgum et une luxation externe -ncomplète de la rotule, le membre étant dans l'extension. La rotule présentait en outre des mouvements de latéralité externe assez étendus.

En flexion, l'articulation offrait trois saillies : l’interne, formée

du condyle interne; la médiane, formée du condyle externe, et externe, constituée par la rotule qui est venue se placer sur le plan du condyle externe.

Le tendon du triceps forme, avec le tendon rotulien, un angle obtus ouvert en avant el en dedans. La cuisse gauche était légèrement atrophiée, son diamètre mesurait 4 cm. de moins qu’à droite, la rotule diminuée de volume, la marche possible avec une légère boiterie.

M. Réal pense que celte lésion est due à une laxité de la portion externe du surtout ligamenteux antérieur.

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