OBSERVATION IV
FoucHER, citée par DUBREUIL.
Luzxation par rotation aulour de l'axe vertical. — Fracture des
malléoles. — Astragaleciomie.
L.., maçon, âgé de 28 ans, entre à l'hôpital Necker le 8 mai 1860. Cet homme est tombé le matin même d'un premier étage, et on ne sait pas quelles sont les parties de son corps qui ont porté sur le sol dans sa chûte.
À son entrée, on constate une déformation considérable du cou-de-pied droit qui est élargi transversalement ; le talon est aplati et la plante du pied légèrement tournée en dehors, le pied ne peut être reporté dans le même sens, l'avant-pied semble raccourci.
On constate une fracture du péroné au-dessus de la malléole externe ; la malléole interne est arrachée à son sommet,
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et on sent très distinctement une dépression qui sépare les deux fragments et la saillie nette et tranchante du fragment supérieur.
En arrière de la Talléctes au-delà de la dépression qui
existe en ce point, entre la malléole et le tendon d'Achille, on trouve une saillie dure que l’on pense être formée par la tête de l’astragale ou par l’un des bords de la poulie astragalienne.
La partie inférieure de la jambe est rouge et tuméfiée ; la peau n’est pas déchirée, mais elle est tendue au niveau de la saillie de l’astragale.
Comme le malade souffre beaucoup, M. Foucher le soumet à l'emploi du chloroforme pour faire les tentatives de
réduction.
Il fut facile de ramener le pied dans son axe normal, mais M. Foucher ne put jamais parvenir à réduire l’astragale et crut devoir cesser des manœuvres qui pouvaient augmenter l'inflammation ; la jambe fut placée dans une gouttière et recouverte d'un cataplasme émollient.
13 mai. — Le malade accuse une douleur très vive au niveau des malléoleset en examinant le membre, on aperçoit une plaie encore superficielle au niveau de la malléole interne. Les cataplasmes sont continués, mais les jours suivants, la plaie prend un aspect violacé, puis noirâtre, et la chute d’une eschare, qui se fait le 16, met à découvert dans l’espace de deux centimètres, une surface articulaire qu'il est facile de reconnaître comme un des bords de la poulie astragalienne, et qui fait saillie entre la malléole interne et le tendon d'Achille.
Le lendemain, 17, le malade souffre beaucoup et est dans un état d'agitation continuelle ; la suppuration est abondante et l’astragale apparait dans une plus grande étendue. M. Foucher se décide à en faire l'extraction. — L’astragale est bridé en avant par les tendons du jambier postérieur et du fléchisseur et l'artère tibiale postérieure, en arrière par le tendon d'Achille. — Après avoir agrandi la plaie par en bas
ni
et surtout par en haut, en évitant de léser les tendons et l'artère, le chirurgien peut reconnaître au moyen du doigt plongé profondément, que l'os est maintenu solidement dans sa position.
En arrière, on rencontre une surface fracturée; la partie mise à nu est l’un des bords de la surface articulaire supérieure, la face supérieure ou poulie astragalienne est tournée en haut et en dedans. L’os est complètement détaché en bas, en haut, en arrière et en dehors, et maintenu seulement par les ligaments résistants de sa face interne. Après avoir enlevé la pointe de la malléole interne, qui ne tenait plus au reste de l'os que par quelques liens fibreux, M. Foucher coupa avec de forts ciseaux les fibres ligamentaires qui fixaient l’astragale en dedans ; ce temps de l'opération fut le seul à offrir quelque difficulté. Après avoir enlevé l'os, on peut voir qu'il était fracturé au niveau de son col, la tête étant restée en place. La surface fracturée était tournée en arrière et en haut, le bord postérieur regardait en avant et en bas, la face supérieure en dedans et en haut, la face inférieure en dehors et en bas ; d’où il suit que l'os en se luxant et en abandonnant à la fois la surface tibiale et la surface calcanéenne, avait subi un mouvement de rotation autour de son axe vertical, que sa partie postérieure était devenue antérieure, et réciproquement. Ce mouvement avait été tel que la surface malléolaire externe regardait en dedans et un peu en bas, et l’interne en dehors. Le mouvement avait probablement eu lieu autour des liens fibreux fixés à la face interne de l'os, devenue externe.
oui