L'ASTRAGALE ET SES LIGAMENTS
Pour faciliter l’étude des luxations de l’astragale par rotation, il convient de rappeler, eñ peu de mots, la conformation anatomique de cet os etses attaches avec les os voisins, eninsistant particulièrement sur les points qui intéressent notre sujét.
Conformation anatomique. — Aflongé d’arrière en avant, l’astragale présente à sa partie postérieure une partie cubique constituant le corps ; en avant, nous trouvons une saillie arrondie, la tête, rattachée au corps par une partie un peu rétrécie, qu'on appelle le col.L’os présente en outredans cette direction une courbe à concavité inférieure.
Surfaces articulaires.— L'astragale est avant tout un os d’articulation : à l'exception du col, des rebords inférieurs du corps, tout chez lui est surface articulaire.
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La face supérieure, les faces latérale et postérieure de son corps s’articulent avec la mortaise tibio-péronière. Toute sa surface inférieure, à l’exception du sillon cervical, est en connexion avec le calcanéum. Sa tête, de forme ovoïde, à grand diamètre horizontal, est en rapport direct avec le scaphoïde.
Bords. — Le bord postéro-inférieur de l’astragale présente deux saillies, séparées par une gouttière, où passe le tendon du long fléchisseur propre du gros orteil ; l’externe, plus saillante, connue sous le nom d'onglet, est une cause fréquente d'irréductibilité.
Les deux rebords supéro-latéraux de la poulie astragalienne ont chacun leur particularité, qui permet de les retrouver et de les reconnaître dans les luxations par rotation ; leur recherche est donc un élément de diagnostic. Le bord interne, demicirculaire, est assez mousse ; prolongé en avant, il partagerait en deux portions à peu près égales le col et la tête de l'os. Le bord externe, également demicirculaire, est plus saillant; en arrière, il se termine en biseau; en avant, comme le col est déjeté en dedans, il se perd dans le vide, en formant une sorte d'apophyse.
Ligaments d'attache. — Les moyens d'union de l'articulation tibio-péronéo-astragalienne sont représentés par une capsule fibreuse, renforcée par de nombreux ligaments qui entourent cette articulation, la maintiennent solidement et ne lui permettent
SRE CES
normalement que des mouvements de flexion et d'extension.
Avec le calcanéum, les relations sont encore plus étroites ; déjà, les articulations antérieure et postérieure de ces deux os sont unies par de nombreux liens fibreux ; mais tout cela serait insuffisant si, entre les deux, n'existait, extrêmement fort et puissant, le ligament interosseux, composé de faisceaux aplatis, courts, résistants, s'étendant de la gouttière du calcanéum à celle de l’astragale.
Enfin, l'articulation astragalo-scaphoïdienne est solidement maintenue par les ligaments externe et postérieur qui unissent le scaphoïde au calcanéum.
En somme, l'astragale n’est pas comme le calcanéum un os de soutien, mais plutôtun os de relation: il fait la transition entre la jambe et le pied. Toutes ses surfaces sont lisses, polies par le glissement : aussi ne faut-il pas s'étonner du nombre considérable de variétés qu'il présente dans ses luxations ; sous l'influence d’un traumatisme un peu violent, il peut glisser en tous sens, tourner sur lui-même. Combien ces déplacements seraient plus fréquents sans la présence des épais ligaments que nous avons énumérés, et dont la force de résistance, à coup sûr considérable, suffit généralement à maintenir l'os, malgré des pressions énormes, dans sa situation normale.