PIQUE
ovalaire sont rares. Malgaigne en rapporte quelques-unes, qui toutes se rapportent à des luxations plus ou moins anciennes, présentant, pour la plupart, des lésions arrivées à un stade avancé. Mais les interventions opératoires, qui se sont multipliées dans ces derniers temps, ont permis aux chirurgiens de se rendre compte des modifications, qui succèdent directement aux traumatismes, et empêchent d'ordinaire la remise en place des extrémités luxées.
On sait, d'une manière générale, que dans les premiers temps, il se fait au sein de l'articulation luxée, autour des extrémités osseuses, une abondante formation de tissu fibreux, due à la prolifération d'éléments embryonnaires. Cette production fibreuse a pour résultat immédiat d'immobiliser dans une certaine mesure la tête luxée, qui contracte des adhérences avec les parties voisines, et, dans certains cas, d'obturer en partie la cavité cotyloïde, dont la profondeur diminue par suite de la production de végétations fibreuses dans son intérieur, D'autre part, les débris capsulaires, eux aussi, subissent des modifications importantes. Au début, la déchirure capsulaire tend à se cicatriser, et l’orifice, qui a livré passage à la tête, se rétrécit. De même, la bourse capsulaire se rétracte peu à peu, sa capacité diminue, et les débris de la capsule contractent des adhérences avec le rebord du cotyle (1).
Articulation nouvelle. Cavité articulaire. — Peu à peu, au niveau du point où repose la tête luxée, il se forme une nouvelle cavité articulaire, dont la forme tend parfois à rappeler celle de l'ancienne cavité. Cette particularité a été signalée par Langenbeck au sujet des néarthroses coxo-fémorales. Suivant Langenbeck, la nouvelle cavité, dans les points où la tête luxée se trouve en contact avec une surface osseuse, ne serait pas due, comme on serait tenté de le croire, à une usure de los, mais bien à une partie surajoutée. Par suite de l'irritation, déterminée par la présence de la tête, il se
(4) Ch. Nélaton. Archives générales de Médecine, 1889.