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dans la cavité cotyloïde déshabitée. Son angle postéro-supérieur très saillant est reçu dans la gouttière sous-cotyloïdienne de l’ischion.
La capsule est largement ouverte en bas et en avant. Elle est déchirée au ras du bourrelet cotyloïdien, dans toute sa demi-circonférence antéro-inféricure. Les deux extrémités de la déchirure capsulaire sont situées sur une ligne oblique, tirée de l’épine iliaque antéro-inférieure, à un point saillant à cinq millimètres en arrière de la corne postérieure de l’échancrure ischio-pubienne,
Le ligament de Bertin, ou faisceau interne du ligament ilio-fémoral de Bigelow est conservé et très tendu. C’est la tension de ce résistant faisceau, qui joue manifestement le rôle le plus actif, dans la détermination et le maintien de la position du membre en abduction, flexion et rotation externe.
Le rôle du psoas, pour être évident ici, n’en paraît pas moins accessoire.
Notons encore une fracture sans déplacement de la branche ischiopubienne en son milieu.
En outre des lésions ci-dessus décrites, il existe dans la cavité pré-vésicale un abondant épanchement de sang, remontant à cinq centimètres environ au-dessus du pubis, et s'étendant jusqu’au milieu de larcade crurale. Cet épanchement est indépendant de celui que nous signalerons tout à l'heure dans les deux fosses lombaires et paraît directement en rapport avec les lésions de la hanche.
L'examen des viscères a permis de constater les lésions suivantes : Rupture du rein droit, fendu suivant son diamètre horizontal, et divisé presque en deux moitiés supérieure et inférieure. Vaste épanchement sanguin dans l’atmosphère celluleuse, et dans la fosse lombaire “droite. À gauche également, grande suffusion sanguine dans la fosse lombaire, et dans l'atmosphère celluleuse du rein gauche, Celui-ci est mou, sa capsule est infiltrée de sang. Dans son parenchyme, existent de petites ecchymoses multiples, mais pas de grosses ruptures. Le foie présente également sur sa face convexe de larges fissures superficielles, ne dépassant pas 4 à 5 millimètres de profondeur.
Il en existe trois, dont une de plus de dix centimètres de iong sur le lobe droit, et une quatrième plus profonde, au niveau du lobe gauche et du lobe droit.
Thorax, poumons, cœur : sains
— L’autopsie du crâne n’a pas été faite.
Dans ce cas, les causes de la mort sont certainement multiples, mais, bien que l’état de l’encéphale et du crâne n’ait pu être constaté, il est cependant extrêmement probable que la principale cause réside dans les lésions rénales, et dans l’abondante hémorrhagie qui en a été la conséquence.
OBsERVATION II
Luxation complète du fémur dans le trou ovale n'ayant subi aucune tentative de réduction. — Autopsie.
M. Duboué (Bulletin, de la Société anatomique, 1859).
Gauthier P..., âgé de 54 ans, scieur de marbre, est entré le 22 octobre 1858 à St-Louis, quelques heures après avoir été surpris par un .accident, dont il est resté victime. Transporlé au n° 22 de la salle St-Augustin, à l’heure de la visite, cet homme se trouve dans un état tellement grave, qu’il peut à peine répondre aux questions que lui adresse M. Foucher, dirigeant en ce moment le service de M. Richet.
Les personnes qui l’accompagnent nous apprennent qu'il a été renversé par un bloc de marbre très volumineux qui a atteint le côté gauche de sa poitrine, au moment où il écartait violemment la jambe droite pour fuir le danger qui le menaçait.
Le membre inférieur gauche supportant alors le poids de cette masse dont il n’a pu se garantir, a subi un écartement forcé, et lon a dû venir au secours du blessé, qui ne pouvait pas se relever. Le malade confirme d’ailleurs ce témoignage, et dit ne pas avoir perdu connaissance.
Voici l’état dans lequel il se présente à nous:
La pâleur de la face et les traits du visage expriment une anxiété extrême. La respiration est difficile et fréquente, et pourtant
la poitrine se soulève à peine sous l'effort des muscles qui s’y attachent et qui participent à l'impuissance dont est frappé le système musculaire tout entier. É |
Le malade demeure dans une immobilité absolue. Néanmoins, les mouvements volontaires sont possibles, quoique exécutés avec lenteur. La sensibilité un peu obtuse, il est vrai, persiste à la surface du corps. Le membre inférieur gauche a seul perdu les mouvements spontanés.
Je ne ferai que mentionner l’état de la poitrine, qui, malgré sa gravité, présente moins d'intérêt que la lésion de la hanche, dont il va être question. Les trois ou quatre premières côtes sont le siège, vers leur partie moyenne, de fractures comminutives dont la constatation ne peut être douteuse.
La peau, et les parties molles sous-jacentes se laissent déprimer à ce niveau à une profondeur assez grande. La main qui explore en ce point les parois pectorales fait percevoir une crépitation très évidente. Le malade ne pouvant pas être assis, on n’a pu pratiquer ni la percussion, ni l’auscultation de la poitrine en arrière, En avant rien de particulier à noter. É
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Le membre inférieur gauche, qui est placé dans la rotation en dehors, ne peut pas accomplir le moindre mouvement volontaire, mais tous les mouvements communiqués sont possibles et même faciles, à l'exception de celui d’adduction qui est très borné.
L'aspect de la cuisse est changé par l’existence d’une double déformation, d’une part une dépression profonde remplaçant la saillie que fait normalement le grand trochanter, d’autre part un tuméfaction diffuse, mais très sensible à la partie supérieure et interne du membre, au-dessous du pli génito-crural qui est conservé. Si l’on explore d’une main le pli de l’aine ou la fosse iliaque externe, pendant que de l’autre on fait exécuter à la cuisse tous les mouvements qu’elle est susceptible d’accomplir, on ne trouve rien de changé dans la conformation normale de ces parties. Mais, si après avoir appliqué la pulpe des quatre derniers doigts de la main gauche, sur le milieu de la symphyse pubienne, on suit exactement la branche descendante du pubis du côté gauche, on tombe, vers le milieu de la branche ischio-pubienne et un peu en dehors, sur une saillie dure et arrondie, que l’on reconnaît aisément être la tête fémorale.
. Les mouvements que l’on imprime au fémur lui sont communiqués, et on la sent rouler sous la main qui l’explore. En ce point, on aperçoit sous la peau une ecchymose de forme à peu près circulaire, ayant à peu près trois ou quatre centimètres dans tous ses diamètres. Le malade ne paraît ressentir que de très faibles douleurs, durant cette exploration, et se plaint seulement d’avoir froid au pied gauche. Le toucher, en effet, permet de constater sur ce membre un abaissement notable de température.
Le blessé est mort quelques heures après l'accident, avant qu’on ait pu songer à opérer la réduction de sa luxation.
Autopsie. — L’autopsie a été pratiquée trente heures après la mort.
L'ouverture de la poitrine n’a pu être faite.
La dissection de la hanche gauche et de la cuisse correspondante, nous a révélé les détails suivants :
Une quantité considérable de caillots occupe le tissu cellulaire intermusculaire, Le petit bassin est le siège d’un épanchement de même nature.
Les muscles qui entourent l'articulation ayant été disséqués avec soin, on ne tarde pas à apercevoir la tête fémorale, chassée de la cavité cotyloïide, et occupant la place qui lui avait été assignée pendant la vie du malade. Elle est située dans la fosse obturatrice sur le muscle obturateur externe, dont un grand nombre de fibres avaient été déchirées.
Reposant sur ce muscle par sa partie postérieure, elle est recouverte en avant par le pectiné, et le 1°" ou moyen adducteur.
Le muscle psoas illaque passe au-devant du col du fémur, qu'il croise à angle irès aigu.
La tête du fémur, complètement chassée de sa cavité, ne repose sur le rebord cotyloïdien par aucun point de sa circonférence.
Le grand trochanter correspond à peu près au milieu de l’espace, qui va de la tubérosité de l’ischion à la cavité cotyloïde, il se rapproche peut-être davantage de cette dernière.
Le ligament rond est arraché à son insertion fémorale.
La capsule articulaire, largement déchirée à sa partie interne, est restée intacte dans tout le reste de son étendue. Une ouverture circulaire ayant à peu près le diamètre d’une pièce de 50 centimes, existait normalement à sa partie anttro-supérieure. Elle faisait communiquer la synoviale de larticulation avec la bourse séreuse de glissement du muscle psoas-iliaque.
La déchirure de la capsule représente une sorte de boutonnière, dirigéæ verticalement et à bords irréguliers. La partie de la capsule qui la limite en avant est très résistante, et c’est elle qui, dans un état de forte tension, porte obstacle au mouvement d’adduction.
Il est facile, en portant le doigt dans cette ouverture, de constater l'intégrité de tout le reste de la capsule, et d'explorer le vide de la cavité cotyloïde dans toute son étendue.
Il existe aussi une fracture du bassin, commençant exactement
sur l’éminencé ilio-pectinée, et aboutissant à l’épine sciatique. Elle partage donc la cavité cotyloïde en deux parties à peu près égales, l’une supérieure et l’autre inférieure. En saisissant le corps du pubis d’une main et de l’autre la crête iliaque, on faisait mouvoir les deux fragments l’un sur l’autre. Le muscle obturateur interne, la capsule et le périoste les maintiennent au contact.