APOPLEXIE SPINALE
et la douleur, le cerveau et tous les autres viscères étaient sains*.
4. Un meunier perdit subitement , en levant un sac trèspesant, l'usage des extrémités inférieures. Il périt en quinze jours. On trouva dans le canal de Tépine du sang extravasé mêlé avec de la matière sanieuse , les membranes rachidiennes étaient enflammées, et les nerfs de la queue de cheval paraissaient putréfiés, comme s'ils eussent longtemps macéré dans l'eau **.
5. Un homme mourut d'une maladie que l'on considéra comme apoplectique, et dans laquelle û conserva ses facultés intellectuelles jusqu'à la fin. Oa ne trouva point de maladjll dans le cei^veau^ mais il y avait une grande quantité de sang extravasé dans le canal de l'épine ***.
6. Un homme reçut un violent coup sur les trois vertèbres lombaires inférieures, par la chute d'un morceau de bois ; il mourut en quatre heures. On trouva du. sang extravasé dans le canal de l'épine , mais les vertèbres étaient entières et la moeUe Minière était saine **^.
7. Un enfant âgé de quatorze ans reçut, à la nuque un violent coup d'une corde, qu'on passait au-dessus de sa tête lorsqu'à sautait à la corde. Il n^en éprouva d'abord aucun accident , mais au bout de quelque temps ses membres, devinrent engourdis et lents dans leurs mouvements ; il éprouva de la roideur dans le cou et de la difficulté k mouvoir^ la tète. Neuf niois après cet accident, Uengourdissement des membres alla jusqu'à la paraplégie. Aussitôt après, les bras se paralysèrent et les urines furent retenues. Ce malade était depuis peu de temps dans cet état, lorsqu'il fut pris d'une violente douleur dans le rachis. La respiration devint alors difficile et accélérée, d'abord pendant le soo^meil, et ensuite pendant qu'il était éveillé; il mourut après avoir beaucoup souffert de ces accidents durant deux jours. La mort arriva environ dix mois après le coup qu'il avait reçu, et peu de jours après une violente attaque de douleur
* Chevalier , ilf/i/. ehir, trans.^ toI. m. •• Chevalier, Loe. cit.
*** Dnhunel', His». et Vjécmd. roy, dêê Sa'eiuet, «n 1663, sect. r, eliip. 2, p. 264.
•••• Morgagni, Bpist.anat. mtd.X., irt. iv.
454 DB L'ÉPAlSSISSElEnT ET DEI$ FORCOS
à l'épind. On trouHi daÉis Do eftnrî i^dli^en une gnmdè quantité de sang extrayasé entre l'os et le fourreau vertébral. Ce sang était en partie coat^é et en partfe flnide. B serab&dt provenir de ta partie supérieuire du cansA entre ta seooide' et la troisième tértèlMPe eervictfe *.
SECtlOW V.
DE L'ÉPAISSlSSEXEirr ET DES FOIfGDS DES MÉNINGES RàCHfDfBlItBS ET DE LA HOELLE ÉPUflÈRIÊ ELLS-ltfAB.
i. Le comte de Lordal , Âgé de trènte^inq ans, reçut im coup à la nuque en versant dans sa voiture, qui fut piVÉpitée d'une éminence escarpée. Il n'^ronva alors que )|Mque douleur dans le cou , laquelle se dissipa en peu de jours. Éii, mois après , il eut de la faiblesse daâs le nras gaucbe, quelque difficulté à articuler; ces sympt Aines, après étre^ restés stationnaires pendant près de douze nïois, firent de*
i)rogrès; le bras s'amaigrit et devint entièrement paralysa; à parole fut tout à fiiit perdue, et le mdade eut des convulsions involontaires de tout le corps. Après un antre Imm^ intervaUe , le bras droit s'engourdit; le malade fût pris £ dyspnée et de difficulté d'avaler, et son corps s'émacia t>eancoup; le ventre était libre, et les fonctions urinairès se ftJfaient comme dans l'état de santé. La mort arriva subitement , quatre ans environ après l'accident dont nous aVOhM parlé. Les facultés inteUectuetles se sont toujours conservées, les extrémités inférieures sont restées pendant un ten^ cofr^ sidérable faibles et trémMan^, mais non entièr^#Ét ph
* Howship's* 0ht f insurg, andmorhid, anatom, p. ll5.
11 serait facile d'ajouter aux faits rëattis ici par St. AbercronAuê, aa mm« grand nombre d'obstn^àtions sur dés ëpànchenents <te sang daiis le eaiOil nehtâl<n , disséminées dans les auteurs. Je me contentera de signaler comme fjnip* tdmo commun de ces faits, que tous les médecins connaissent, l'existence oon stante d'une douleur vive dans letrajet du rachis au moment o& l'épanchemettC s'opère. Cette vive et subite douleur coïncidant avec une diminution, on même une suppression subite des facultés contractiles dans tes mnsdes ipà. reçoirent leurs nerfs de la moeUe épiniére, et se manifestant sans fièvre, me semble suflire {wur caractériser cette makdie contre laquelle nos moyens de traitement sont bien impuissants , puisqu'on ne connaît encore aucun ras avéré de cet état moriride •dans lequd la guérison ait été dbcenae. A . N . 0 . , nW.
DES atolNGES BACBlDIERflBSylTC. Wi
raiysées, car qodques heures ayant sa mort il put encore aller d'une chambre à une autre en s'appuyant sur le brasd'un homme. La moelle épinière cervicale était d'une fermeté remarquable; ses membranes étaient si denses qu'on ^ éprouva de la difficulté k les couper. La moelle allongée paraissait un tiers plus large que dans l'état naturel. La piem^ était épaissie, et il r avait vers la faux des traces de suppuration; les ventricules étaient remplis de sérosité. Les nerfs lingual et braclM étaient très-compactes et presque tencKneux; cette dureté était commune aux nerfs cervicaux qui égalaient en densité la membrane qui les revêt *.
3. Un jeune homme de quatorze ans tomba d*une fenêtre du deuxième étage (l'une maison dans la rue. Le dos fut fortement eontus» mais sans fracture ; il put ensuite marcher, le corps incMné en avant. Au bout de trois jours et demi , ce jeune homme fut pris d'une violente douleur dans le dos et dans les cuisses et les jambes. Une tumeur commença à se former sur les vertèbres lombaire , et augmenta graduellement jusqu'à ce qu'elle eût atteint un volume considérable. La partie proéminente de cette tumeur rougit , et des bémorrhâgies réitérées se firent à son s(»nmet. Le jeune malade fut alors affectt de paraplégie complète avec incontihence de l'urine et des matières fécales, et émaciation extrême. Il mourut Nifin graduellement épuisé, six ans environ aprè^ FacddenA. On trouva à la dissection du cadavre » que la tumeiff lombaire consistait en une masse fongueuse considé^ rable , qui ressemblait à la substance médullaire du cerveau^ Cette masse tirait son origine de la modle épinière , et avait pris une telle extension en haut et en bas , qu'elk s'étenddt de la troisième vertèbre dorsale jusqu'au ooecix. Plusieurs des vertèbres dorsdes et lombaires étaient profondément cariées à leur partie pstérieure, et quelques-unes des ver- Uiffei lombaires avaient tout à fait d&paru. Il y avait un ramollissement général de tous les os de l'épine , du sacrum et del'ifimn**.
à. Un jeune homme de vingt ans fut pris, an commencement de 1815, de cogestion difficâe, de gêne dans la respi-
* Lon^on, Médical Observations and ÎH^Îries ,voI« m.
** Jftm I^nthn Med* journal Jor 1792. m
456 DE L*ÉPAiMlSSEKE!IT ET DES FOKGDS DES IÉHIRGES, ETC.
ntion et de palpitatioDS. A la fin cTaTril fl eut de l'œdème des extrémités avec des battements violents et étendue du oœar, qui ne laissèrent point de doute sur Fexistence d'une dilatation avec hypertrophie des cavités gauches du cœur. Il fut soulagé par radministration des diurétiques, et resta mieux pendant le mois de mai , jusqu'à l'invasion d'une doukur avec sensibilité à la pression et distension de l'abdomen. Après une abondante évacuation des intestins , ces sympt6mes se calmèrent. Vers le 18 mai on s'aperçut d'une faiblesse des extrémités inférieures , sans diminution de s^tibilité. Tous les autres accidents disparurent. Le 20 mai , k paraplégie était complète, et Turine était retenue; le malade se plaignit alors pour la première fois de douleur des lombes. Il n'y avait point encore de diminution de k sensibilité, mais au contraire les membres, krsqu'on les remuait , étaient extrêmement douloureux. La digestion s'accomplissait maintenant très-bien , la respiration était facile, l'action du cœur était naturelle , et les facultés intellectuelles étaient dans leur intégrité. Le malade resU dans cet état jitf qu'au 22 de juillet, que les membres paralysés devinrent insensibles. La gangrène survint au sacrum, et k mort ar« riva le 10 août.
Otweriure du eaâatre. — Les corps des troisième, quairième et cinquième vertèbres cervicales étalât rugueux et légèrement ramollis, le ligament antérieur était détruit, k membrane externe de la moeUe , en ce point , avait dégénéré en une masse tuberculeuse fongueuse, de k dureté des tubercules pulmonaires non suppures, et d'une couleur JMineverdÂtre. Cette masse avait un décimètre et demi de longueur et quatre millimètres de largeur. Elk comprenait dans son épaisseur, les ganglions du septième nerf cervical et des trois premiers nerfs dorsaux. La partie de la moeHe,eoaverte par cette masse , était dans un état de ramollisscnient qui affectait particulièrement les cordons antérkuis. Les postérieurs étaient cependant aussi très-ramolUs dans l'espace qui correspond aux trois premières' vertèbres dorsales. Le cerveau étain sain ; il n'existait qu'un petit tubercuk dans l'hémisphère droit. Le cœur était tout à fait sain, il en était de même des poumons , qui ne contenaient cru'un petit ti^rcuk qui n'était pas ram<)U. Il existait dans l'abdomen
CIMnATlOR DE LA lOBLLE ÉHHIÈRE. 457
des adhérences et une petite quantité de liquide purifonne. * Les fongus de ladiûe-mère rachidienne coïncident aussi avec la maladie dèTTertèbres. M. Ollivier a rapporté plu* sieurs foits de cette nature.
SECTION VI
DB L*II<IDVRikTIOII DE LA MOELLE ÉnHIÊaB.
L*observation remarquable, publiée par Portai, sur la maladie du marquis de Gausan * , est un exemple d'induration du prolongement rachidien. Cette maladie débuta par des fourmillements dans les doigts et les orteils des membres droits, qui s'étendirent graduellement le long du bras et de la jambe. Ces parties maigrirent , se roidirent et perdirent leur sensibilité. Elles conservaient cependant encore le mouyement jusqu'à un certain degré, puisque le malade pouvait marcher avec une crosse qu'il plaçait sous l'aisselle au cAté malade. Cet état durait depuis plus d'une année, lorsque le c6té gauche s'affecta de la même manière. Le malade fût alors confiné au lit , incapable d'aucun mouvement , soit du tronc, soit des extrémités ; les autres fonctions s'accomplirent pendant quelque temps d'une manière normale. La vue et l'ouïe ne tardèrent pas à s'affecter : d'abord elles s'affaiblirent , s'éteignirent par degrés; le malade perdit graduellement de la même manière la parole et la faculté d'avaler ; bientôt après il mourut. Le pouls et la respiration étaient restés naturels , jusqu'à quelques instants avant la mort , qu'ils commencèrent à se ralentir d'une manière remarquable, au point que le pouls tomba à quarante et même trente pulsations par minute. On constata à l'ouverture du cadavre que le cerveau «t tous les autres viscères étaient tout à fait exempts d'altération ; mais la portion de la moelle épinière contenue dans les vertèbres cervicales était si indurée qu'elle avait une consistance cartilagineuse. Les membranes qui la revêtent en ce point étaient rouges et comme enflammées.
* Serres, jénut, eomp^ du urvtau t. xt, p. 234. ^* jiituî^ med, t. u>., p. 116*
45S OOm DS MMJfEUB nHOUTIOR
SECTION vn.
90 COBPS DB ROmrELLS FCMiMàTIOll QUI GOmiMERT LA lOELUf ÉPINIÈAB.
Les corps de nouvelle formation qui peuvent comprimer la moelle épinière, présentent la même variété de formes que nous avons déjà signalée par rapport au c^reau. Le plus ordinairement , ce sont des productions charnues ou albumineuses, des tubercules, des hydat* '
1. Une femme de trente-six i mouvements convulsifs qui cesser ensuite une douleur aiguë du bra le membre s'affaiblit et devint to malade eut ensuite des mouvemei tés inférieures, qui se paralysèren bras droit devint bientôt douloun mais non complètement le mouye férieures s'œdématièrent; la moit toutes les parties situées infériei ment privées du sentiment et du
bras droit devint aussi complétem . ^ * grène considérable se manifesta à la région du sacrum, et la malade mourut graduellement épuisée, un peu plus de trois mois après l'invasion de la paralysie. On trouva à l'ouverture du cadavre , à la partie antérieure de la moelle , entre cet organe et l'arachnoïde , une tumeur d'une couleur jaunerougeâtre. Cette tumeur avait environ trois lignes d'épaisseur à sa partie la plus épaisse ; elle couvrait la surface antérieure de la moelle, depuis les sixièmes nerfs cervicaux ji^qu'à la troisième paire dorsale. La portion correspondante de la moelle était considérablement aplatie. A l'intérieur, la tumeur était assez consistante, et ceUulo-vasculairc, d*une couleur jaune-blanchâtre. Il y avait quelques plaques cartilagineuses sur plusieurs points de l'arachnoïde rachidienne.*
2. Un jeune homme de quatorze ans reçut un coup sur la région rachidienne, entre les épaules, en tombant en arrière contre l'angle d'une chaise. Les seuls effets immédiats de ce
* Velpean» Âreh. gin. it Hiil. , janvier 1825, p. 68.
CyiPAUPANT LA HOj|aJ.B ÉPtRIÈRE. ^
hontâont âfedteal OèservûU'ons aHd inquiries, vol, m.
460 Goui »B neonuB tOMàtioii
Saes de convulsioiis qui revendent è des intenmlles fN|^ers, et affectaient particulièrement les Inras : il mourtu phthisique. On trouva entre la dure-mère et Farachnolde rachidienne , vis-à-vis la troisième vertèbre cervicale , un tubercule du volume d'une noix. Dèos un cas recueilli par Bayle, il existait une inflexion tonique de r«vant4>ras, de la main et des doigts ; et dans un autre qui appartient à M. Gendrin, il y avait des accès épileptiques qui commençaient toujours par une violente attaque de hoquet qui durait une à deux minutes. Il y avait dans ces deux cas deux larges tubercules dans la substance de la moelle , très-près de son origine. Dans un cas dé paraplégie consigné dans le Journal de M. Magendie , on trouva deux petites tumeurs fixées à la moelle à son extrémité inférieure. Harder a rencontré une tumeur du volume d'une noix muscade, qui comprimait la moelle épinière d'une jeune femme ; il y avait trois semblables tumeurs dans le cervelet. D'après la description qu'en donne cet auteur, ces tumeurs étaient évidemment des tubercules ; il y avait en outre une affection des poumons et du foie. Les symptômes dominants avaient été une violente céphidaJgie, une respiration oppressée, et quelques jours avant la mort, de violentes convulsions^.
* Le Bombre des faits de tulj«rcnl«s de la noelle épinicre, eonsigné daiu les antears et dans los recueils périodiques, est maintenant assez oonsidëraUe. J*ai appelé il y a dix ans l'attention sur les accidents convulsiCi ëpileptiformes qui se manifestent souvent par suite de l'existence de ces productions noorbides daias le cerveau, particulièrement dans ses parties postérieures et dans la modle épinière, dans sa région supérieure. Les exemples de tubercules dévdoppés & la partie in« férienre de la moelle éptnlère sont moins nombreux^ les symptômes par lesquels ils s'annoncent consistent dans des lésions de la scnribilité ou de la myotuité , selon la manière dont ces tumeurs affectent les cordons antérieurs on postérieure de la moelle. L'observation suivante, que je viens de recueillir, est un exemple de ces lésions manifestées par suite du d^eloppement d'un tubercule près de l'extrémité inférieure du cordon racbidien.
Oss. CXLVI (bis). — Dies, 4gée de vingt4n>is ans, acoonchée dennis linlt mois d'un enfant à terme , n'a plus été réglée ; Me tatn à l'hApital Coctùn, que» tre mois après son. accouchement, pour y être traitée du cholttra-morbus i^démique; elle en sortit convalescente, mais avec beaucoup de faiblesse dtos les membres inférieurs. Pendant les deux mois suivants qu'ttle passa ches elle, elle avait de l'anorexie, éprouvait de temps en temps de la diarrhée , habituellement de Is soif, et toujours une faiblesse extrême. Elle rentra alors à l'hôpital Cochia le 18 juillet 1832; elle avait tous les ^mpt^mce de la gastro-entérite , plus nae faiblesse ezttéme des jambes; bientAt eUe ressentit de la diflScnlté dans lis non-
oonraniATiT la hobub iPimteB. 461
^.BeshyâoHdea ont été titmTées dans le canal rachidien {Mdrdifférentftaateurs. Une femme , observée par M. Esquirol , aevmt épikptii^e 'ai>rès une fî^eur; ses accès reyinrent tons les deux ou trois jours avec une grande violence, pen-
ire«Mta de ces membres ; je reconnus alors que la jambe gaacbe ^talt plus (aible q«e la droite, qoe les monvementt de cette extrëmitë étaient très-diISciles , et onela sensibilité de la peau y était moins prononcëe qu'au membre droit. Cfne douleur fixe existait dans ce membre depuis Torigine do nerf sciatique jusqu'à l'extrémité des doigts. La malade se plaignait en même temps de fourmillements et de sensation de firoid dans les deux jambes. Je fis appliquer successivement trois Tésiratolres volants sor la région lombaire. Les membres abdominaux continuèrent à être le siège d'engourdissement et d'une sensation de froid. La région lombaii-e était elle-même le siège d'une douleur profonde déchirante. Les sdka et les urines restaient libres. Quatre moxas furent appliqués sur les lombes. Du 18 iu S4 aoÂt f douleurs vives dans les membres intérieurs et dans les lombes , ■onveroents de ces membres douloureux , élancements profiands ; les doigts des jrfeds se fléchissent. Du 25 au 30 août, les douleurs se prononcent davantage dans le membre abdominal gauche, la sensibilité de la peau devient si vive au jieA gauche, que lorsqu'on k touche on j provoque une sensation de déchire» ment; les doigts des pieds se rétractent de plus en plus ; les selles sont involontaires et inaperçues par la malade; fréquence du ponls sans chaleur i la peau , langue rouge k son pourtour et & sa pointe , Uancnâtre à son milieu ; vives douleurs lombaires. Do 1er au 15 septembre, le pied gauche est toujours la siège d'âancements três-douloureux ; elle remue dîracilement et incomplètement les extrémités abdominales. Elle tient les jambes fléchies sur les cuisses , et ces dernières demi-flèchles sur l'abdomen» Il n'y a cependant pas de contracture; In malade peut allonger ces membres, mais cUe dit que dans la position demt-flècbia elle sottf&e moiiu du îroiA des exb«mltès; agitation vive la nuit, causée par les douleurs qu'elle ressent dans le pied gauche ; le moindre touclier produit toujours une douleur très-vive, comme si, d'après l'expresslonde la malade, cette partie n'était qu'une plaie vivte. Les douleurs lombafares dlarfunent. Le 15 septembre, elles ont cessé, et les urines et les selles ne sont plus involontaires ; mais les douleurs spontanées du pied gauche s'élèvent jusqu'au milieu de la jambe gauche, et augmentent même par le contact des draps. La fièvre est vive ; il se manifeste de la toux, et le sommet du poumon est le siège d'nn rile muqueux, fiq, sonscrépitant, mêlé d'nn bruit de craquement. Le 17 , il se manifeste un point douloureux s« edté gauche du thorax, augmentant par l'inspiration; on y applique vn vésicatoire vcJant. Le 21 septembre, les doigts du pied gauche sont fortement flé^is , la sensibilité est toujours exaltée, au point que dans tout le pied jnsqn'au milieu de la jambe le plus léger contact détermine une donlenr très- vive. La cha? leur y est naturelle; on voit sur ce membre les muscles extenseurs superficiels se contracter et occasionner des tressaillements très-douloureux. Le pied droit est toujours le siège d'un engourdissement continuel . Insomnie la nuit, fréquence extrême du pouls, qui est petit; langue sèche et ronge à sa pointe. Dans les premiers jours d'octâ>re, les douleurs de la jambe et du pied gauche remontaient jusqu'au genou, et la malade ne pouvait supporter le plus l^er contact dans tonte la partie qu'elles occupaient, sans éprouver la plus vive douleur ; elle ressentait d« l'alourdissement dans les deux jambes , mais die conservait la facilité
409 ooiM m Noof iLUE WÊMiaÊm
diflt trois ans; elk tomlMi alors daos le ooBiaa|ttèsiiiieatta* que , et moamt m cinq jours. La g^de ^l^iitaire ooiiteBait on kyste rempli dNin fleide brun rougeAtre» et des hydatô* des de différents volumes forent trouvés dans le fourreau do la moelle éninière, dans toute son étendue. Après une paraplégie qui dura ncnif mois , Ghaussier trouva une masse dliydatides fixée à la colonne spinale , derrière le rein gau<^ ; im prolongement de cette masse hydatique pénétrait entre les
dUles remuer, quoique lentement; la jambe et le pied droits consorralent ieor WiHiUltrf normale au toach«>. L'af&ctioa de poitrine faisait des progrès rapidat, kdiarritieet les sueurs épuisaient la malade. Lelloctobre, dUdemndaàctfè transportée à l'hôpital Necker, où die expira le 13 au soir.
L'ouverture du cadaVre fiit faite à ma sollicitation par le docteur Brlcheteau, médecin de l'hôpital Necker, en présence de M. Darat, mon élsTe, qui avait reendlli sous ma direction tonte cette obsenration . Le tissu cdlulaire «xtérieur à h dure>raère rachidienne, i la régitm cervicale, était infiltré de sang; les menikranes du rachis étaient partout a l'état sain. Vers l'extrémité de la moelle épini^ on remarqua avant l'ouveiture des membranes une saillie arrondie qéi remplissait le canal vertébral; les membranes étaient en ce point moulées sur on corps dur, arrondi , auquel dles n'adhéraient p<rfnt. La modle épinière mise à nu, on trouva une masse arrondie blanchâtre, développée dans son épaisseur, quelques lignes au*dessas de son extrémité inférieure. La modle fut détachée , et mon con&ère eut l'obligeance de m'envoyer cette pièce anatomique, dont la dissection me fit reconnaître l'altération suivante t un corps l>lanchâtre, arrondS, du vdnme d'nne «vdlne , était placé entre les denz cordons gauches qni formart la moitié gauche de la modle : il empiétait un peu sur les coidons droits. Les quatre cordons de la modle étaient complètement libres et contournaient ce corpa «n l'enveloppant de toutes parte; les cordons gauches et partieuliéremcnt le eer<* don antérieur gauche, étalent plus déviés et plus aplatis que les droite. Cétab par conséquent, surtout entre le cordon des racines antérieures et le C(»doa des racines postérieures gauches des nerfi de la queue de cheval que ce corps était logét il avait dévié et aplati ces cordons, et particulièrement le cordon antérieur gauche. La petite tumeur dont je viens d'indiquer la situation était enfermée dans un kyste très-ténu , libre de touta adhérence serrée , sauf en un point , sur le cordon gauche antérieur, où la tumeur était eomme pédBcidée; die é«dt cpm* posée d'une substance bkndiâtre, granuleuse, asses dense, homogène, ne présentant aucune trace de vaisseaux, ^e offrait i son centre un ramolHssemeBt commoi^ant qni avait produit une petite cavité qui pouvait loger tm grain àé rhenevis.
Les autres cavités du corps n'ont point été ouvertes, mais la lésion tranvéa dans le rachis a suffi pour expliquer les dérangements qui otit été observés daaa les fonctions de la modle épinière, lesquds ont surtout porté sur la sendUlité du membre thoradqne gauche. Nous devons remarquer que le cordon antérieur gan* che, se trouvant plus aphti que le cordon postérieur, à raiscmner par indnâioa théorique, la lédon aurait dd porter spédaleBMit sur le mouvement, tandis qna c'était évidemment la sensibilité qui était modifiée; U est vrai qu'elle était exaltëa et non étdnte. A. N. G. trad».
QOWftauirr iik.MBUii fiVQiitoB. 463
iniMMéêmldcmA de l'^^.M. Reyd^el h «apporté, éKÊB le IHeiiofmaire dês sciences médicales \ un cas semblable : la tiineur fut oayepte, et après qii'ime grande quantité iFàjdatides eût été éVaciiée , on trouva la moelle épinière à BU «n fond du foyer. Le malade resta paraplégique **>
5. Vossificatien des membrmes rackidieHnes a été observée pluâeurs fois. Une femme é|[ttleptique dq»uis cinq ans meurat suintement dans un accès. M. Esquirol trouva le fourreau racbidien couvert sur toute son étendue, à sa sùrface externe, de plaques o^uses d'une à deux lignes de diamètrei Sur un malade observé par M. Barbier, la maladie commença par du fourmillement avec engourdissemoit des jambes, qm s'étendit graduellement, et fut ensuite accompagné d'une douleur aiguë dans les membres. Au bout de plusieurs mois cette maladie se termina par une paraplégie complète avec incontinence d'urine. La malade, qui était une femme de cinquante-cinq ans, resta dans cet état environ trois ans. Elle fut alors prise de douleurs aiguës dans le dos, s'étendant à l'estomac et à l'abdomen et se prolongeant dans les jambes. Ces douleurs s'accompagnèrent de vomissements , de fièvre , de délire , et de mouvements convulsifs des membres. EUe mourut après une courte maladie , dont la dorée n^t pas r^ureusement déterminée, mais paratt avoir été de huit ou dix jours. Il existait vis-à-vis la trdsième vertèbre dorsale une ossification des membranes rachidien-
* T. xxsnf,pi564.
** M. Abercroinbi« n'a pM nréientë le fait rapporta par M. Rcyddlet, «oui son v^itaUe point de Tue, et n a peut-être pas mis assez de sëvëritë dans sa crique en le rapportant. L'ouverture du canal vertébral et la dënndation de la mocUe ëpini^ n'ont été , d'après l^auténr , reconnus que par le toucher avec le doigt porté i l'incérienr du foyer : «c Qtid fut l'étonnefloent, dit^l, lorsque le^oigt » porté k l'intérienr (du fojer) fit reconnaître que le caoal vertébral était ouvert, » et la mof Ue épinière immédiatement à nu ! » Tous ceux qui ont l'habitade d'dbserver des malades et de se livrer à des recherches d'anatomie pathologique, concevront, sans qu'il soit nécessaire d'y insister davantage, tout ce qu'il y a d'fnceruin et de vague dans ce diagnostic. 11 semblerait résulter de la manière dont M. AbercroroUe a présenté l'extrait succinct de ce fait , que le malade se rétablit; cependant il mourut, mais longtemps après, « par 1 abondance de la » suppuration et le délabrement qu'avait amené dans la constitution une maladie n si longue, si douloureuse. » On regrette qu'il n'ait été fait aucune recherche sur le cadavre pour déterminer les limites du mal. Je ne doute pas qu'on n'tAt alors reconnu que la mo^ épinière n'avait pas été mise immédiatement à nu.
A. N. 0., trati.
404 DBmvcfioii »^raB f AU» »B lA MOU iraoiRE.
nés d'une denii-llgiie d'épakMor, de itm» Hgnes de favgeiir el de deox pouces de kmg. La sorfttfe interne d»eeUe pvodiiction était concave, et reYètue tfune membrane moHe. La partie correspondante de la moelle était presque déttnfte; la membrane ne contenait «pi'une petite quanUté de fluide Tisqueux. Au-dessus de cette altération , la modle était ferme et saine; au-dessous elle était atn^biée \
6. La moelle épînière peut être aussi comprimée par wm diminution de diamètre du canal racbidien , nmis cela paialt arriver raremrat. Portai en a cepradant observé un cas. Le canal de la dernière vertèbre dorsale et des deux premières lombaires était diminué de moitié, et sa surface interne était rendue rugueuse par de nombreuses éminences osseuses très-petites : ks extrémités inférieures étaient fort Mropbiées.
SECTION Vin.
DE LA INESTRIICnOIl »*mB FARTIE DE LA SOCLLE ÊPDflÈBB»
Un bomme dont la maladie a étédécrite par M. Copelané, fût pris de paraplégie , de dysurie, de constipatiiHi , et d'une sensation de constnction autour du ventre, commô s'il efti été comprimé dans une bande serrée. Sa santé déclinait depuis plus d'une année; il rapportait le début de ses souffrances à un violent effort qu'il s'était donné dans le dos en voulant soulever un lourd fardeau. Après trois mois de séjour au lit avec une paraplégie complète, il mourut de la gangrène des fesses. On ne trouva à l'ouverture du cadavre aucune trace de maladie dans les vertèbres. Au lieu correspondant k la dernière vertèbre dorsale et à la première lombaire, la moelle épinière manquait complètement , sur une longueur de plus de deux pouces; les membranes formaient en ce point un sac vide, et étaient extraordinairement injectées et fort épaissies**. On peut rapprocher de ce fait celui observé par M. Ollivier sur un enfant âgé de huit ans ,. chez lequel quatre pouces- entiers de la moelle manquaient. Cet enÈuit
* Barbier ,7r0iV^ élém. de mat. méJ, ** Gopdand , On DùtaMS o/the spine.
M LA COUOIfON as 1^ MOBLLS ÉPHfliRB. 461»
Bidufttt dftns le dernier degré du marasme, avee une carie des vert^res, mais sans avoir perdu le mouvement et la sensibilité dans les membres. M. Yelpeau a recueilli plusieurs faits dans lesquels , avec une carie des vertèbres , la moelle fut trouvée complètement détruite sur une longueur de plusi^rs pouces ; la mort arriva dans ces cas par le marasme graduel, sans aucune apparence de paralysie. M. Magendie a consigné dans son Journal un cas dans lequel la moelle ûit trouvée tout à fait liquide dans les deux tiers de la région dorsale, et un tiers de la région cervicale ; les bras étaient paralysés sans perte de la sensibilité, Boais les jambes n'étaient point affectées. M. Ollivier a aussi observé deux fois une atrophie remarquable, une diminution de volume de la moelle épinière : l'une sur un vieillard , sans aucun symptôme particulier; l'autre sur un idiot, avec contracture permanente et atrc^hie des membres.
SECTION IX
DE LA COnOTION DE LA MOELLE ÉPINIÈRE.
Un violent coup sur le rachls occasionne fréquemment une paralysie immédiate des parties situées au-dessous du siège du coup, sans déterminer de fracture ni de dislocation des vertèbres. L'étendue de la paralysie dépend du lieu sur lequel le coup a été porté. La paraplégie et la rétention d'urine sont les symptômes qui se présentent le plus communément à notre observation dans ces cas. Si le coup porte sur la partie supérieure de l'épine, il peut être suivi d'une paralysie des extrémités supérieures , de difficulté de respirer, et de l'extinction de la voix. Dans l'histoire de la commotion de là moelle épinière , les circonstances suivantes doi* vent surtout fixer l'attention :
1. La commotion de la moelle épinière peut être rapidemem suivie de la mort , sans laisser aucune trace de maladie qui puisse être reconnue à la dissection. On a recueilli plusieurs exemples de semblables événements. M. Boyera parlé d'un homme qui reçut un coup sur le rachis en tombant dans un fossé; il fut immédiatement affecté de paraplégie complète, et mourut. Le moment de la mort n'est pas dé-
166 DE Là comMirmif
terminé. On ne tronta, à rouverture dtt eadavre^ î
trace de maladie , ni dans la léte , ni dans le eaml Àt Péplne. Frank a rapporté quatre cas de mort par commotion de la moelle , dans aucun on ne put trouver l'apparence de maladie, soit dans la moelle soit dans les vertèbres.
2. La mort paît arriver après les commotions de la moetie épinière, par la manifestation de l'inflammation eu prolongement rachidien ou de ses membranes , temûnée par ramollissement , suppuration ou épanchement. L'obs. CXLU offre un exemple de cette affection devenue fatale par ramollissement. Nous avons cité, d'après M. Charles Bell , un fait remarquable, dans lequel la mort arriva par une suppuration étendue de la moelle. M. Boyer a parlé d'un bomme tfùA tomba de^quatorze pieds, et qui resta pendant quelque temps sans connaissance. Lorsqu'il revint à lui , on s'aperçut qu'il avait perdu l'usage de ses extrémités inférieures. Les urines ne furent plus excrétées, les matières fécales furent rendues involontairement ; le malade mourut le douzième jour. On trouva à l'ouverture du cadavre , dans le canal sj^nal, une quantité de sérum sanguinolent , qui était suffisante pour remplir un peu plus que la moitié inférieure de ce canal.
5. Des symptômes graves peuvent succéder immédiatement à la violence physique , et disparaître au bout de qnelque temps. Galien parle d'un homme qui, après un coun sur le dos , fut affecté de perte de la parole, de la voix, w du mouvement des extrémités inférieures ; lesextrémités^il^ périeures conservèrent leur état physiologique. Six jours iaprès il recouvra la voix et la parole, et bientôt après la paralysie disparut.
J'ai vu, dans Pété de 1816, un homme qui avait été empk^é à miner un rocher près d'Edimbourg. Ne s'étant pas retiré à une assez grande distance, et tournant le dos au rocher lorsque la mine fit explosion , il reçut une grosse j^erre dans le dos , sur la dernière vertèbre dors«de et la premf^ lombaire, n tomba sur le coup avec les extrémttés infl$rieares complètement paralysées. Je le trouvai dans cet état «ludques heures après l'accident ; il se plaignait aussi d'une vi«lente douleur qui commençait au lieu où il avait reçu le coup, et s'étendait en bas le long des cuisses. Il existait liu dos une ta-
DE LA mtULR éphhère. 467
mëhetion waAéènhh qui ne permettait pas de constater Pétat des vertèbres. Ce malade fut confiné au lit pendant
Ï)h]isieurs semaines , sans aucun retour de mouvement dans es extrémités inférieures , et avec une extrême difficulté à rendre ses urines ; mais il se rétablit graduellement , et il fut complètement guéri au bout de quelques semaines. Le traitement auquel on eut recours consista particulièrement dans les saignées générales et locales.
On Ut dans le xxi* vol. du Journal de Hufeland, l'histoire d'un bomme qui tomba du haut d'une charrette remplie de bois , de manière que son corps porta sur le derrière du cou et sur les épaules , la tête étant inclinée en avant. Lorsqu'il revint des premiers effets du coup, on trouva qu'il avait complètement perdu le sentiment et le mouvement de tou> tes les parties situées au-dessous du cou; il ne pouvait plus remuer que la tète; il avait une rétention de l'urine et des matières fécales. Au bout de huit ou dix jours il fut pris d'anasarque des extrémités.,, et d'une sensation de fourmillement , suivie d'une très-vive douleur, mais sans aucun retour de mouvement. Après être resté plusieurs semaines dans cet état de paralysie complète, là sensibilité et le mouvement commencèrent à revenir à un léger degré dans les doigts. ' De ce moment le mouvement se rétablit peu à peu , de manière qu'au bout de six semaines il pouvait se soutenir assis sur une chaise. Après un autre intervalle assez long il pouvait se traîner en s'appuyant sur des béquilles. Lorsque l'observation fbt écrite, il pouvait marcher un peu en se soutenant sur un bâton; il commençait à pouvoir faire quelque ouvrage avec les mains , mm il continuait à avoir une grande faiblesse et une vive douleur dans le dos ; il rapportait surtout cette douleur à la jonction de l'épine avec le sacrum. La marche du rétablissement des fonctions de la vessie et des intestins est remarquable. Il y eut d'abord une rétention d'urine complète , qui exigea pendant quatre semaines l'usage du cathéter; le midade reprit ensuite le pouvoir d'excréter l'urine ; mais il ne pouvait la retenir ; elle coulait involontairement ; ce ne fut que quelque temps après qu'il reprit le pouvoir de la retenir. On ne put obtenir pendant six semaines d'évacuation alvine que par des lavements actià; les sdles furent ensuite évacuées involontairement pendant
qoitre featwef , H Noriicnt eofia leor oooi&lUwe Btt^^ Ub hoaune, duqac» il est question dans le t. xxtiu âm, JomnuU nmûfenel, tomba d'un arbre sur le dos ; la partie postérieure de la tête fut atteinte, et le malade s'y fit une plaie aux téguments. Cet bomme resta pendant quelques minutes dans un état de syncope. A son rétablissement, oo reconnut que les extrémités inférieures étaient tout à fait priyées de sentiment et de mouvement. H y avait en outre rétention d'urine, tuméfaction de l'abdomen, céphalalgie, dilatation de la pupiOe,. anxiété extrême, déglutition <tiflSr die, respiration stertoreuse et ralentissement du pouls, td qu'il ne battait plus que trente^uit fois par minute. Le malade se rétablit graduellement, et fut rendu à sa bonne santé au bout de trois semaines.
Les violences physiques exercées sur la colonne épinière soùi suivies tantôt de perte de mouvement sans, perte de la iiensibilité, et d'autres ibis de perte de la sensibilité sans perte de mouvement. Dans un fiut remarquable , rapporté par M. OJlivier, il y avait incontinence d'urine avec perte de la sensibili^ du pénis , du scrotum et des parties antérieures, postérieures et internes des cuisses, sans aucune perte du mouvement. Dans ces cas la sensibilité des parties affectées revient quelquefois graduellement,, d'autres (m k lésion est permanente.
4. La commotion de la moelle épinière peut produire la paralysie permanente. Cette paralysie peut survenir immé^ diatement; les premiers effets du coup peuvent aussi di^paraltre , et un nouvel état morbide se manifester ensuite après un temps considérable. Nous avons déjà rapporté plusieurs exemples de cette marche de la maladie, dans les chapitres précédents. L'observation suivante montrera combien les symptômes primitifs peuvent, dans ces cas, être légers et marcher avec lenteur.
Obs. CXLVn. Un homme de cinquante-quatre ans avait fait, eutviron vingt ans auparavant, une chute d'un arbre, dans laquelk il était tombé sur le sacrum. On l'avait transporté chez lui avec une douleur à la partie inférieure du rachis et une paralysie complète des extrémités inférieures. H resta au lit en cet état pendant environ vingt jours, puis il se rétablit et put repreimre les fonctions de son état. Mais,
DE Lk W/bULLE tnsàKE. 469
dès ce moment, il Ait affecté cPime sensation particulière d'engourdissement , qui était confinée à la partie supérieure du pied gauche. Cette sensation ne lui occasionnait aucun incouTénient , mais elle ne le quitta jamais. Au bout de quatre ans , cet engourdissement s'étendit à la jambe et a la cuisse , et fut bientAt suivi de la paralysie de ces parties. Quelque temps après, il fut pris d'une douleur qui occupa la partie inférieure du dos et de la cuisse droite. Cette douleur fut bientôt stdvie d'une paralysie de la cuisse et de la jambe droites. Le malade resta alors confiné au lit avec une paraplégie complète pendant environ deux ans. Quelque temps après, il reprit le mouvement, au point de pouvoir se traîner en s'appuyant sur deux béquilles. Il était dans cet état lorsque je le vis , il y a plus de onze ans. L'épine ne
5 résentait aucune distorsion , mais le malade se jAaignait 'une douleur profonde k la pression , vers la dernière vertèbre dorsale et au sommet du sacrum. Deux fontanelles fii- Kùi établies par le caustique , et amenèrent quelque amélioration; le malade devint capaJïle de lever les membres un peu plus haut en marchant , et de se tenir quelquefois sans béquilles , mais ensuite le mal resta stationnaire , et le malade fut tourmenté par une incontinence d'urine.
Les faits qui ont déjà été rapportés, nous font connaître l'état morbide qui s'est établi cne ce malade : c'est probablement une inflammation chronique de la moelle ou de ses membranes qui s'est manifestée , et qui s'est terminée par quelques-uns des états morbides que nous avons signalés. Nous avons vu que ces affections peuvent survenir par les plus légères violences exercées sur l'épine, qui , au moment eu elles viennent d'arriver, peuvent ne déterminer aucun symptôme urgent , ou même sont de nature à fixer à peine l'attention. Les accidents se manifestent quelquefois après un si long intervalle , que le malade a même oublié le coup qu'il a reçu , ou que , s'il s'en souvient , il ne croit pas qu'il puKse avoir aucun rapport avec sa maladie. M. Charles Bell a observé un homme qui devint paralytique des extrémités inC^eures , plusieurs mois après s'être donné un léger coup sur l'épine , en se frappant le dos contre l'angle d'une table. Un monsieur se domia un léger tour de dos en sautant pardessus un mur d'eneles, dans les plaines voisines d'Edim-
470 oe LA eouMTHm
bourg. Il ne ressentit dans le moment ^'ime légère don* leur, mais au bout de quelques semaines ses extrémiléi inférieures se paralysèrent. Il resta quatre à dJBq màtt^am cet état ; il se rétamit ensuite graduellement par le ttaîte* ment ordinaire.
Les symptAmes se manifestent d'autres fois dès la première période , et avec une telle iirtensité qu'ils in^quenl distinctement un état inflammatoire. Un jeune homme, dont le docteur Jebb a fait mention, reçut un coQp de pierre sur la région rachidienne ; il hit , dès le même sdr, pris de frisson , suivi de fièrre , qui fut intense toute k naît et diminua vers le matin. Il eut en même teihps de la dou^ leur à l'estomac et au dos, avec contracture des jambes; ses membres s'a£Eiublirent, et au bout de dix jours cette fiiiblesse était devenue une paraplégie complète. On étMH alors des fcmtanelles; le màade put marcher au bout de trois mois.
Toutes les violences physiques qui agissent sur râ|iine, doivent être considérées comme méritant la plus grande attention , et il ne faut pas hésiter à recourir aux moy^is les Elus actifs , pour prévenir ou faire cesser les accidents merides qui peuvent en être le résultat. Ce qui doit être l'objet le plus immédiat de la sollicitude du médecin dans ces cas , est l'état inflammatoire, qui peut être actif ou chromqoe; nous avons vu quil peut se développer d'une manière trèsinsidieuse , même quand la violence a été si légère qu'elle n^ immédiatement attiré que peu et même nultement l'attcation. Lorsque la violence est plus vive, il fieiut encore que l'attention du médedn se porte sur un autre objet, la înoture ou la dislocation desTertèbres. Ncms avons vu aussi que les symptêmes les plus urgents peuvent suivre immédiateinent la cause violente , et peuvent devenir rapidranent funestes sans aucune aflTection des vertèbres; il est d'un atttre côté souvent impossible de reconnattre exactement l'état det vertèbres, à cause de la tuméfaction extérieure qui se manifeste. II faut d'ailleurs aussi ne pas perdre de vue que les vertèbres peuvent être fracturées , sans qu'il y ait aucun déplacement des parties, et qu'il est par consécraent, dans ees cas , impossible de reconnaître la fracture. Qonner a rapporté un fhit dans lequel la paraplégie se mamièsta apra
DE LA HOBUE ÉPniÈAE. ^Ji
un eoup reçu sttr le tmibk , et guérit gradueUement après dmize mois. Celui qui en avait âé le sujet mourut quelque; temps après d'une fièvre, et l'on trouva que Tune des vertèbres lombaires avait été fracturée dans son corps sans déplacement , et s'était consolidée.
Le sujet dont je m'occupe me conduit à parler brièvement des blessures de la modle épinière, sur lesquelles on a recueilli des fûts bien remarquables. Un jeune bomme , duquel M. OUivier a parlé, reçut un coup de poignard au travers de la partie supérieure du cou ; il tomba immédiatement , privé de la saasibilité et du mouvement dans toutes les parties du corps situées au-dessous de la tête. U eut aussi une rétention d'urine ; mais il ne s'en rétablit pas moins graduellement, et il put commencer à marcher au bout d'environ cinq mois. Dans un cas semblable, rapporté par M. Bover, le malade se rétablit, mais avec la paralysie du bras droit et la perte de sentiment du côté gauche, dans toutes les parties situées au-dessus du thorax. On connaît ce fiût , recueiUi par Desault , sur un homme qui vécut vingtquatre heures, et qui remua facilement tous ses membres, après que la moelle eut été complètement divisée par une irâUe, à la dixième vertèbre dorsale. Un cas encore plus remarquable se trouve rapporté dans les Mémoires de P Académie des Sciences : un homme reçut un coup d'épée entre la dernière vertèbre dorsale; la blessure guérit, et cet homme se rétablit si bien, qu'il était capable de faire de longues marches. Au bout d'un temps considérable , la cicatrice devint douloureuse, suppura et fut débridée : un fragment de la pointe dé l'épée , de deux pouces de long , en fut extrait. Il mourut en trente-six heures. On reconnut que l'épée avait pénétré entre les apophyses épineuses et transverses du eôté gaudie , avait complètement traversé le canal de l'aine, et s'était logée du côté opposé. On trouve, dans le premier vdume des Archives générales de Médecine , une diwervation sur un homme qui reçut une balle de mousquet , qui pénétra par l'aine , et vint sortir près de la première vertèbre lombaire. La plaie se cicatrisa, mais bientôt après la sassibilité commença à se perdre autour de la cicatrice , et eette perte de sensibilité s'étendit graduell^nent à tout le eôté gai^ie du. corps , excepté la face ; on pouvait pincer
tons les pointa da thorax , do l'abdomen on de Texlfteité abdominale ou thoraciqne de ce côté, sans déterminer aa« cune douleur. Le mouvement était conservé , quoiqu'il sem • blât cependant un peu plus faible que du c6té opposé* La santé du malade n'était cependant point altérée. Lorsque cette affection eut duré des années dans cet état , elle rat guérie par l'application successive de larges vésicatoires.
SECTION X
DE CERTAIRBS AFFECnONS DES OS DU RACIIS.
Ce serait sortir de mon sujet, que de traite» à fond des affections des os *du rachis ; mais il est quelques circonstan • ces qui se rapportent à ces maladies, et qui me semblent devoir être brièvement rappelées et rapprochées des objets qui font partie de cet ouvrage.
Dans les cas ordinaires de carie et de distorsion des vertèbres avec paraplégie, on sait bien que ce n'est pas seulement à la distorsion qu'il faut attribuer la paraj^égie, car elle peut exister à un haut degré sans b produire , et dans les cas où il y a en même temps distorsion et paralysie , ce dernier acciaent peut cesser «itièrement , tandis que la distorsion persiste au niéme degré. Il parait que les fonctions de la moelle épinière sont dérangées par l'inflammation des parties, et que les effets de cette inflammation, par rapport Il la moelle, peuvent diminuer, quoique la maladie des os tende k déterminer une ankylose et une distorsion perma^ nente. Il peut arriver «nssi que l'inflammation se termine par une dégénérescence fongueuse des membranes ou par une affection chronique de la moelle épinière elle-même , et dans ce cas la paraljsie devient irrém^able. L'état morbide primitif parait avoir quelquefois son siège dans les ligaments et les membranes rachidiennes, et d'autres fois il occupe les surfaces articulaires et les cartUages intervertébraux ; d'autres fois enûn , il affecte le corps des vertèbres. C'est lorsque les vertèbres sont gravement affectées dans leurs corps , que la carie, qui en est la suite, produit la distorsion ; mais cependant , même dans ce cas, la distorsion de l'épine n'est pas inévitable , car la carie pe«t exister de manière à dini-
DES 08 on RACBIS. 475
nner U longueur de la colonne yertébrale également dans tonte l'étendue de son épaisseur; la colonne rachidienne devient alors plus courte, tout en consenrant sa rectitude. On dft cpie les choses se passent ainsi le plus fréquemment aux vertèbres lombaires. Le docteur Armstrong a rapporté un fiiit d'une grande importance, recueilli sur un enfant: il y avait excrétion involontaire des seUes et des urines, respiration difficile et paralysie de toutes les extrémités , excepté un reste de mouvement très-imparfait dans le bras gauche ; il y avait beaucoup de douleur spontanée et déterminée par la pression aux vertèbres cervicales , mais non distorsion. Le rétablissement fut complet au bout de quelques mois; les vertèbres qui avaient été affectées restèrent ankylosées. La maladie , dans ce cas, était probablement confinée aux surfeices articulaires. M. Gopeland a fait représenter dans une planche trois vertèbres dorsales , unies par une ankylose ; les cartilages intervertébraux avaient disparu , et les corps des vertèbres n'avaient éprouvé aucune plerte de substance. Le malade avait été paralysé, mais n'avait point présenté de distorsion évidente de la colonne rachidienne. Lorsque l'on rencontre des cas de cette espèce dans la pratioue, il ne suffit donc pas de constater s'il existe ou non ae la distorsion : il faut examiner tout le rachis avec grand soin , pour s'assurer s'il n'y a pas d'état inflammatoire ; on le reconnaîtra à la douleur, ou à la sensibilité à la pression , ou à la douleur que déterminera le passage d'une éponge chaude, promenée sur la colonne éninière, comme l'a recommandé M. Gopeland. La maladie, k sa première période , est quelquefois très-peu étendue : sur un malade que j'ai vu il y a très-peu de temps, elle était limitée à un point qui pouvait être pres« que couvert par l'extrémité du doigt sur un côté de l'épine; inais la sensibilité en ce point était telle que la plus légère
Sression y produisait la syncope. Le malade était un officier e marine, qui se rétablit par le traitement ordinaire. Il faut toujours se livrer à l'examen le plus attentif de l'état du rachis , lorsqu'on observe quelqu'un de ces symptômes qui se rapportent aux affections de Tépine ou de la moelle de l'épine , spécialement s'ils ne cèdent pas facilement aux moyens de traitement ordinaires , ou s'ils sont survenus après des violences dirigées sur le rachis. Les symp>
474 AFFECTlOHfl
tdam principtnx de ( faiblesie, rengoordûseï d'un membre, les tre« bres , survenant surtout la puissance musculaire paole de faire kê mov pour la course , bien < assez ferme ; de l'engou une oppression et un t Testomac; différentes ai culte à décréter les ui retenir. On a quelquefo ceux que nous venons d de la colonne épinière oi confondus avec des affe< ou avec des maladies de rapporté un fait dans le nière s'accompagna , à i de tous les symptômes < cbe du cœur ; ces accidi mort, et Ton reconnut était parfaitement sain,
Il est démontré que des i nister dans la moelle épinièr ne puisse rien reconnaître qu men le plus attentif du radi dûtinctes de celle qui nous ne peut rechercher avec tro] mes. Il est un phénomène do avec grand soin; c'est un i constriction sur le bord des rait une corde serrée autour mac. Ce symptôme est généi timent de distension à la pi comme si les intestins avaie d'expulser leur contenu. Ces dérés que comme l'effet de la flatuosités, et souvent ils ne chose ; cependant , un observ eux les premifiES indices d'un
DES «S m; RACHIS. 475
lesquels existent a?ant qa'il se manifeste aneun dérangetnent dans les membres, et avant qu'on puisse reconnaître directement aucun état morbide dans l'épine elle-même. Dans un des derniers cas qui se sont offerts à mon observation, les symptômes que je signale s'étaient montrés plus
lue vers une des plégie complète ftme.
es , affectant les maladies de Tédans les fonctôme qui puisse I de la maladie, ration de M. Couleur pour renion au bord du présentait au- )st qu'elle se fa- I reconnut une les saignées loc le repos dans ablissement. Le un homme qui sôtes des deux is le pouls; des s douleurs rhutrers les cuisses , econnut que la dt une saillie; s les accidents
irticulièrement dgnées locales, ns une position Dtrent les bons de la maladie, eçut sur Tépine s, qu'elle resta le plus déseslu ventre. Elle
476 AFFicnoiis
66 rétablit eomplétemoit par Fusage du mercure, qui lui Ait administré parce qu'on apprit qu'elle avait été infectée de syphilis dans le temps de l'accident. On lit dans les Tran • amcHons de la Société pour les progrès de la médecine et de ta chirurgie, l'histoire d'un homme qui fut pris de strabisme , de difficulté d'avaler, de gène dans l'articulation des mots , de paralysie de la jambe et du bras gauches , et de proéminence de plusieurs des vertèbres cervicales. Tous ces accidents disparurent par l'usage du mercure, et la saillie des vertèbres diminua sans cependant cesser entièrement. On a souvent guéri les malades en les retenant longtemps dans une position horizontale , sans aucun autre moyen de traitement : le fait que j'ai emprunté au docteur Armstrong est un exemple de guérison ainsi obtenue.
Le rachis peut être affecté de caries étendues, sans qu'il existe aucun symptôme qui annonce l'existence de cet état morbide. Un malade , observé par M. Charles Bell , qui avait été sujet à de vives douleurs dans le dos et à des attaques de palpitations, mourut subitement après une longue marche ; k seule lésion moii>ide que l'on reconnut à l'ouverture de son cadavre fut un abcès scrofuleux considérable dans le médiastin postérieur, avec carie de plusieurs vertèbres , si étendue que la moelle épinièré était mise à nu dans beaucoup de points. J'ai vu un abcès semblable dans le médiastin postérieur, avec carie du corps de Cinq à six vertèbres, sur une jeune fille qui mourût de phthisie. Elle s'était plaint depuis quelque temps d'une vive douleur dans le dos , mais les autres accidents qu'elle éprouvait ne différaient d'ailleurs pas des accidents ordinaires de la phthisie. Une semblable affection des vertèbres lombaires , avec un abcès dans le psoas, qui contenait deux livres de pus, a été décrite^ par M. Benjamin Bell * ; les vertèbres étaient si malades que de larges portions s'en étaient séparées , et que le pus était en plusieurs points en contact avec la moelle rachidienne. Le malade, qui était un homme de quarante ans, s'était plaint d'une vive douleur dans le dos et les cuisses , qui l'émpéchait de se tenir debout. Il n'existait pas de distorsion ôe l'épine ni de paralysie; il avait une gène considérable dans
* E^mb. m»d. eom, toL ut.
DES os m; bachis. 477
la respiration , que Ton attribuait à Taffèction des poumons. On a conservé des observations sur des cas remarquables de cette espèce , dans lesquels des maladies étendues n'ont point eu de terminaison funeste. Duverney a trouvé Tatlas tellement porté en avant sur le grand trou occipital , qu'il ne restait pas plus de deux lignes de diamètre pour le passage de la modle. Bertin a décrit une préparation dans laquelle il trouva l'atlas ankylosé avec l'os occipital , dans une position telle que son arc postérieur croisait le grand trou occipital à son centre. L'histoire de ce fait n'a pas été donnée , mais il est évident , par l'existence même del'ankylose, que ce cas n'a pas été promptement fatal. On a rencontré de semblables adhérences osseuses , quoique moins étendues , éàDS les cas ordinaires de carie de l'épine , terminées par distorsion ou par ankylosé, mais sans paralysie.
Je me trouve naturellement amené par mon sujet, à parler succinctement de quelques-uns des phénomènes qui dépendent des affections de l'apophyse odontoïde.