OG
pièce , ce cfui donne à rinstriimcnl autant de solidité cjue s’il n’élait formé que d’une seule pièce. On serre ensuite la ligature , et l’on fixe les fils dans l’échancrure pratiquée à une des extrémités de la troisième pièce , ou au treuil adapté à cette extrémité.
Lorsqu’on a serré sufQsamment la ligature , on fixe rinstrument à une cuisse , et on l’entoure de charpie oudehnge, afin qu’il ne puisse excorier les grandes et les petites lèvres ; l’on augmente légèrement, matin et soir, le degré de resserrement du fil.
La ligature faite sur le polype , empêche le sang de s’y porter ; la circulation est suspendue , et la tumeur devient alors un corps étranger, qui est liientôt frappé de mort, et qui se sépare de la partie vivante.
La lièvre se manifeste ordinairement le second jour; la tumeur devient brune, puis elle noircit, et il en découle une sanie ichoreuse , putride , qui occasionne souvent dans le vagin, aux grandes lèvres , au périnée , aux cuisses , des ulcérations qui font vivement souffrir les malades.
Pour obvier , autant que possible , a ces accidens , on lave fréquemment les parties qui y sont exposées, et l’on place entr’elles et la tumeur, des compresses trempées dans une décoction de O- raines de lin et de fleurs de sureau.
CP
Les polypes se détachent enfin du quatrième
au dixième jour , suivant le degré de resserrement
de la ligature , le volume et la dureté du pédi-
cule.
L’iiémorrliagle s’arrête ordinairement le jour même de la ligature ; mais cette opération est suivie quelquefois de divers accidens, de douleurs, de convulsions, etc.
Lorsque la douleur est très- vive , on fait mettre la femme dans un bain tiède , pendant une ou plusieurs heures , plusieurs fois le jour , et plusieurs jours de suite ; on prescrit des boissons , mucilagineuses et calmantes , et , si ces moyens ne font pas cesser la douleur, on se bâte de desserrer la ligature.
Si, à raison de son volume^ le polype occasionnait des difficultés d’urmer et d’aller à la : garde-robe , ou si , à raison de l’état de putréfacfaction où il se trouve, lorsqu’il est sur le point •de tomber, les miasmes qu’il exhale incommo- «daient trop la malade, il faudrait en faire la section au-dessous de la ligature.
Dans le cas de renversement ou de descente (de l’utérus , on se comporte comme il a é lé dit <en traitant de ces affections ; l’on injecte dans le 'vagin etjusques dans l’utérus des liqueurs émolüientes et détersives , pour enlever le sang et la .* sanie qui peuvent y séjourner; on fait appliquer îsur le bas-v<5ntre des fomentations; on prescrit
^ une diète -sévère , des boissons adoucissantes.
Les malades souffrent quelquefois horriblement dans leur lit^ tandis que la douleur s’apaise dans le bain ; on peut alors les y laisser pendant trente-six heures, en ayant soin d’y entretenir le même degré de chaleur.
Du moment où les accidens se sont calmés , on porte de nouveau la ligature sur la tumeur , et l’on tache de remédier aux accidens précédemment indiqués.
S’il s’établit une suppuration , on a soin de tenir les parties dans un grand état de propreté^ en faisant usage d’injections détersives et émollientes.
On peut donner , le deuxième , le troisième , ou le quatrième jour , quelques lavemens pour débarrasser les intestins.
Il arrive quelquefois que la tumeur , ayant un volume trop considérable , ne tombe pas , quoique le fil soit tombé et le pédicule coupé ; l’on est alors obligé de la retirer avec des ténettes , dont on se sert comme d’un forceps.
Après la chute du polype , il s’établit dans le lieu de son insertion une suppuration abondante, et l’on continue les injections. La matière puriforme finit par cesser de couler.
Il faut être très-circonspect sur les alimens , ne donner que' quelques soupes , c[uelques panades légères , relever les forces de restomac par l’usage
des amers , tels que la confection hyacinthe , la . conserve d’année ; tenir le ventre libre , au moyen ■ de lavemens et de légers minoratifs. La malade 1 finit par se rétablir complètement après un temps I i plus ou moins long.
i .11 peut se développer quelquefois des polypes I ssur les parois du vagin ; ils ont les mêmes signes j que ceux de l’utérus, mais ils donnent lieu à bien imoms d’hémorrhagies. On en fait avec facilité la ‘«section ou la ligature, lorsqu’ils sont placés à la qiartie inférieure du vagin. Lorsqu’ils sont placés [plus haut , on n’en fait que la ligature au moyen lies instrumens que nous avons avons indiqués ;pour les polypes de l’utérus.
\De la rétention du fœtus , après sa mort , dans
l’utérus.
Le fœtus peut éprouver , dans l’utérus , une imort prématurée. Devenu corps étranger, il y .«subit souvent diverses altérations , avant d’en, t être expulsé. Lorsque cet accident a lieu dans les [premiers mois de la grossesse , la femme , pour 1 l’ordinaire , ne tarde pas à avorter : ou il arrive ' que le fœtus est détruit et résorbé presque entièi rement, tandis que le placenta continue à se développer (i) : quelquefois aussi le fœtus éprouve
(i) Yoy. (les moles.
un certain degré de piil;(^éraction , et il est ensuite expulsé par les contractions de l’utérus. D’aufres fois il éprouve une sorte de dessécliement , de manière qu’il peut rester très-long-tenips dans l’utérus, sans y subir une altération très-sensible. J’ai vu, au mois d’octobre 1812, la femme d’un épicier accoucher en même temps d’un enfant à terme, bien portant, et d’un fœtus mort, d’environ six pouces de long^ dont la tête et la poitrine étaient tout-à-fait applaties , et les membres comme racornis. Ce fœtus n’était adhérent h aucun placenta, et quoiqu’il nageat dans un liquide^ il fut trouvé dans un état de dessèchement presque complet.
On a vu encore le fœtus mort rester plusieurs années dans le sein de la mère , s’y altérer et y tomber dans un état de pétrification. Morand en a recueilli plusieurs observations.
Revero Vicius rapporte aussi , d’après M. de Tliou, l’histoire d’un fœtus qu’une femme avait porté , pendant vingt-huit ans , dans l’utérus. Après la mort de celte femme, on trouva le fœtus pétrifié et les parois de l’organe d’une dureté qui se rapprochait de celle de la pierre. Une autre dame , ajoute-t-il , eut une grossesse qui dura cinq ans : à ce terme, le fœtus fut extrait de l’utérus , au moyen de crochets destinés à cet usage , et l’on observa qu’il commençait à se
La mort du fœtus a des signes obscurs dans les premiers temps de la grossesse : à un terme i plus avancé , on peut quelquefois la reconnaître ; les mouvemens du fœtus ne se font plus sentir , le ventre perd de sa température ordinaire , et lorsque la femme se tourne d’un côté , elle sent ]le poids d’un corps qui se porte vers ce côté : au ] moment de l’accouchement, la tumeur formée par le cuir chevelu , lorsque l’enfant vient par la tête , ne présente aucune résistance , les eaux de l’amnios sont épaisses , et ont une odeur putride , ile cordon ombilical n’offre point de battemens : après l’accouchement, l’enfant est verdâtre, les ! membres sont mous et flétris, l’épiderme se détache avec facilité. Nous ferons cependant observer ( que tous ces signes peuvent être illusoires. Quel- (quefois ils se trouvent réunis, et cependant les , œnfans naissent vivans ; d’autres fois tout semble ; i annoncer que l’enfant est vivant, et cependant il ia succombé avant l’accouchement.
Le fœtus peut périr à la suite d’une percussion I îsur le ventre , de violens efforts , ou d’une grande I Ifrayeur , etc. Il est difficile de rendre raison de sa ' I inon-expulsion chez les personnes qui le conser- 1 I ^vent plusieurs années.
; j Quelque présomption que l’on ait de la mort du I jifœtus, il faut se garder d’en provoquer l’expulç 'sion : car on pourrait donner lieu à l’avortement ijtd’un enfant vivant. On doit encore s’interdire
Feniploi de ce moyen , lors même que la grossesse se prolonge durant plusieurs années : car il en résulterait des suites fâcheuses : il faut se contenter de soutenir les forces de la malade , et de remédier aux accidens secondaires qui pourraient survenir. ^
Le fœtus peut, comme nous l’avons dit (i), être retenu dans l’ovaire ou dans les trompes. Lorsque son existence y est bien constatée , on pourrait peut-être , dans quelques cas, en faire l’extraction , au moyen de la gastrotomie ; mais , en général , l’art ne peut indiquer aucun moyen positif. Il faut se conduire d’après l’état de la femme, et suivant la marche que la nature prend pour opérer l’expulsion du fœtus (2).
De la rétention du sang dans V utérus et dans le :
vagin.
Lors de la première éruption des règles , le sang peut être retenu dans l’utérus et dans le?vagin : il peut l’être aussi chez les femmes qui^ ont eu desenfans, surtout après l’accouchement ou après la délivrance.
Cette rétention , à l’époque de la puberté^, se
(1) V. des conceptions extra-utérines.
(2) Voy. Ibid»
manifeste par une menstruation difficile. Quel- - quefois le ventre se distend ^ les seins se gonllent,
I et les jeunes personnes éprouvent les symptômes de la grossesse. Lorsque cette maladie résulte ide l’imperforation du vagin , le plus simple exanmen suffit pour la faire reconnaître. Il n’en est Ipas de même , lorsqu’elle dépend du resserrerment du col de l’utérus : on a vu des malades succomber avant que l’on eût pu saisir le caractère i|(de leur affection.
La rétention du sang qui a eu lieu h toute autre i l'époque, peut encore simuler les phénomènes de |lla grossesse. Les règles se suppriment, ou ne I \ viennent qu’imparfaitement ; le corps de l’utérus t'acquiert plus de volume, et fait saillie dans la s r région hypogastrique. On observe cependant que , jiirlans cette circonstance , il prend un développeqmentplus rapide que dans une vraie grossesse , |eet que c’est surtout au moment où la menstruatdon devrait avoir lieu, que cet accroissement est lie plus marqué. On ne sent point, au toucher , [;ia fluctuation d’un liquide , le sang étant toujours ccoagulé dans la cavité de l’utérus. Néanmoins ces s jignes ne sont pas assez caractéristiques , pour lae laisser aucun doute sur le véritable état de ,1a femme.
Lorsque l’utérus a cédé , pendant un certain i temps , à l’action du sang qui le distendait , il se contracte, et finit par expulser les caillots ren-
fermés dans sa cavité. La femme éprouve presque tous lesaccidens d’une couche ordinaire. Il peut arriver cependant que cet organe n’ait point assez d’énergie pour se débarrasser , et (j[ue la femme succombe.
Dans la rétention qui a lieu à la suite d’un accouchement ordinaire ou d’une violente hémorrhagie utérine, le sang peut se coaguler dans la cavité de l’utérus , et y être retenu par le resserrement de l’orifice, ou par des caillots qui obstruent cet orifice. Le corps de l’utérus ne pou- | vant se contracter, forme, comme dans le cas }; précédent, une tumeur molle, plus ou moins dé- jj veloppée dans la région hypogastrique. j
Les caillots, contenus dans l’utérus , occasion- ' lient des coliques , des tranchées , des défaillances, des hémorrhagies, et peuvent, par suite, | déterminer rinflammalion de cet organe.
La congestion du- sang dans Tutérus dépend de diverses causes. Chez les jeunes personnes , elle peut provenir de l’imperforation du vagin , d’un resserrement ou d’un 'endurcissement du col de l’utérus. Chez les femmes qui ont eu des enfans , elle survient à la suite d’un squirrhe au col de Futérus , ou elle est occasionnée par les adhérences du col avec le vagin , ou elle est le résultat de l’oblitération du col par l’effet d’un accouchement laborieux. Elle peut arriver encore à la suite d’une violente hémorrhagie , arrêtée
par le moyen des aslringens ou de la glace iiitrojuits dans le vagin. La congestion sanguine, qui 1 lieu cl la suite de raccoucliement ou de la déli- •vrajice , peut être Teffet de l’inertie de l’utérus, de ’cxtraçtion trop violente du placenta, ou d’autres circonstances analogues.
La rétention produite par l’imperforation de Tliynien est jieu dangereuse, du moment où elle est reconnue. Celle qui dépend d’un vice de con- (ùrination de l’utérus , est bien plus impiiétante. 3utre les difficultés que l’on éprouve pour la reconnaître , on est souvent embarrassé pour y remédier. On peut , en général , prévenir les effets 'Mc la rétention qui arrive à la suite de raccoucheiment ou de la délivrance.
Dans la rétention occasionnnée par l’imperforation de l’hymen , il suffit de faire une incision k cette membrane : le vagin donne issue à un irig noir , fétide ; on fait des injections émolilientes et toniques dans ce conduit, et les accidens lae tardent pas h cesser.
. Quand la maladie tient à la présence d’une membrane située à l’orifice de l’utérus, il faut en faire la section au moyen d’un bistouri très-aigu, qu’on entoure d’un linge , et dont on ne laisse de [libre que la pointe. On porte cet instrument k l l’orifice du col, en le faisant glisser le long du "doigt indicateur, que l’on a préalablement introduit dans le vagin pour saisir cet orifice et le fixer.
Si la maladie tient à une sim])ie rigidité du col , on emploie , pour la détruire, des injections adoucissantes et calmantes, telles qu’une décocllori de racine de guimauve et de télés de pavots, etc.; on fait, sur le coi, des frictions avec une préparation opiacée ; on prescrit les bains , les demi- : bains , les fomentations émollientes sur le bas- | ventre. Les ferrugineux et les toniques ne pour- ! raient être cpie nuisibles.
Lorsque les caillots n’occasionnent que de petites coliques ou des tranchées, elles ne sont dues qu’aux efforts de l’utérus , qui se contracte pour \ expulser les caillots , et , dans ce cas , on doit laisser agir la nature. Mais s’il survenait de violentes hémorrhagies ou des défaillances , on serait obligé de dilater peu-à-peu , avec les doigts , | l’orifice de l’utérus , et d’allerc hercher les caillots dans la cavité de cet organe, pour les eh extraire. Toutefois si ces caillots' ne s’étaient formés que parce c[ue l’utérus aurait été dans un état d’inertie , il vaudrait mieux se contenter d’exercer une forte pression sur l’abdomen , comme il sera dit en traitant de l’inertie (i). Enfin, si les caillots I étoient restés plusieurs jours sans occasionner d’accidens , pour prévenir leur putréfaction et pour en faciliter l’expulsion , on ferait des injections jusques dans l’utérus avec une Infusion de
(i) V. de f Inertie de futérus.
fleurs de camomille ; et, si l’on s’apercevait que l’organe devint douloureux et menaçât de s’enflammer, on aurait recours à l’application des sangsues aux parties naturelles , et à l’emploi des moyens que nous avons indiqués contre l’inflammation (i).
Des corps étrangers , introduits dans Vutérus et
ses dépendances.
Divers corps étrangers peuvent être introduits dans l’utérus et dans le vagin, et y rester acci-
dentellement.
Lorsque l’utérus se trouve dans un état d’inertie , on est parfois oblig é d’y injecter de l’eau froide , des décoctions de plantes aromatiques , du vin , du vinaigre , et même , > dan^ quelques circonstances, de l’eau-de-vie et de l’alcool pur.
L’introduction de ces corps , utile pour relever 1 l’action de l’utérus, peut-être suivie de faiblesses , de convulsions , et même de l’inflammation de cet organe.
Ces cas sont rares; mais, lorsqu’ils se rencontrent, on doit s’attacher à combattre les accidens, par des moyens appropriés à cbacun d’eux.
(î) V. de finflam» de futérus.
D’aulres corps élrangcrs peuvent encore ôlre inlroduils clans le vagin et clans l’utérus : comme les pessaires , les éponges, etc.
Les premiers occasionnent naturellement une sécrétion de matière muqueuse , et lorscpi’on les y laisse séjourner trop long-temps , ils donnent lieu h divers accidens (i).
Il arrive aussi que des femmes qui ont introduit des éponges clans le vagin , soit pour contenir cet organe, ou pour soutenir Futérus relâché , soit par un motif c[uelconc[ue de propreté , ne peuvent ensuite les en retirer.
Il est facile d’y remédier , lorsqu’on est prévenu temps. Mais il y a des femmes qui , par une honte déplacée , s’obstinent à ne pas en faire l’aveu, et s’exposent ainsi aux accidens les plus graves.
Ces corps s’altèrent en effet avec une prompti- ■ titucle inconcevable ; ils contractent , en peu de jours, une odeur putride , et ils peuvent donner lieu à une inflammation des organes utérins.
J’ai vu périr , il y a cjuelc|ues années , une clame qui était tombée dans cet état : elle n’avait jamais parlé de son accident. Il survint un écoulement putride ; et , soit que la présence du corps étranger eût d’abord occasionné trop de ravages , i soit qu’il y eût déjà dans l’utérus quelqu’autre
(i) y. des descentes de fulërus.
iifieclioii maladive, cette dame succomba, en peii !îe temps.
On tenterait en vain de retirer les éponges ou mtres corps solides , au moyen des injections. >3n ne peiit y parvenir qu’en introduisant l’indi- >:ateur dans le vagin , et en le portant jusqu’au ond de ce conduit. Le corps étranger se retire Hors avec facilité. Cependant si les aspérités de te corps avaient pénétré dans le tissu du vagin, vu si des chairs fongueuses du vagin avaient pénétré dans le tissu de ce corps , il faudrait faire tes injections dans le vagin avec de idiuile d’aiiande récemment exprimée , où avec de riiuile ’olive , afin d’opérer le relâchement de ses paois ; et l’on tâcherait de faire l’extraction du arps étranger, en évitant , autant qüe possible > te léser ce conduit.
Il suffira ensuite de faire des injections dans I vagin avec une décoction d’orge miellée , ou æc une décoction de quinquina , si le corps immençait à se putrifier , après avoir ajouté , l’une et à l’autre ^ quelques gouttes d’eau-dele.
Des lisions de continuité de l’utérùs