ET DE SES DÉPENDANCES
L’utérus , quoique situé profondément dans l’abdomen , est exposé à de fortes contusiôns , à des blessures, à la rupture et à la perforation de ses parois.
Ces lésions peuvent arriver accidentellement , résulter de quelques procédés de l’art , ou n’être qu’un effet secondaire des maladies.
Le vagin est sujet aux mêmes lésions. Quant aux ligamens, aux trompes et' aux ovaires, ces
parties ne sont guère intéressées que par l’opé- foration césarienne , ou par la ponction dans le IF cas d’hydropisie. Leurs lésions sont difficiles à reconnaître particulier.
elles n’exigent aucun traitemenfil
Des contusions et des plaies de V utérus et du
vagin.
'ad
L’utérus peut éprouver , quoique très-rarement, des contusions et des blessures dans son état de vacuité. Il y est bien plus sujet pendant la grossesse. Il peut aussi être intéressé , durant l’accou-B^“ chement, par la pression que la tête de renfant:|i exerce sur ses parois , par l’application de la main, du forceps ou autres inslrumens , employés pouri^^^
^ 2ii )
Opérer raccbiicliement et la délivrance. Enfiil # lans quelques cas de vices du bassin ou des mala- . tlies de l’iilérus, on est obligé d’inciser le col t Ktour en opérer le débridemeîit , ou inème de por^ le0r un instrument trancbaht sur cet organe , et ’y faire une plaie d’une éteïldue suffisante polir lu extraire l’ertfant : opération connue sous le nom de césarienne; On peut aussi être obligé de taire une ponction à l’iitérUs , comme dans le cas l’hydropisie de cet organe (i);
On s’aperçoit des contüsioniS et dès plaies de atérus , dans son état de vacuité , à la douleur : au gonflement de l’abdomen j syMptômes com^ luns aux plaies des viscères contenus daiis cette ivité , à la diréction de l’insttument vulnérant , à la partie de la région hypogastrique sur laiielle il a porté, enfin à l’hémorragie utérine li en a été le résultat. Dans l’état de grossesse , îS accidens sont encore les mêmes ; mais il sè anifeste en outre des cdiitractioils utérines pro- (quées par cette lésion. On ne peut souvent fger des contusions et des plaies de l’utérus , rant l’accouchemeiit et la délivrance , que par iflammation de cet organe , et par les accidens ondaires qui en sont la suite;
ILes contusions èt les plaies de fiitérüs sont
■ i) Vi (les corps étrangers eonieaus. dans Futérat , et Ma rétreTarsiofiu
■ésf*»
graves clans tontes les circonstances ; mais ciles le sont bien plus durant la grossesse, à raison de raccroissement de sensibilité de i’ulérus et de ladilîUation excessive de ses vaisseaux. Elles peuvent donner lieu au décollement d’une portion du^ placenta , aux hémorragies utérines, tant internes qu’externes, et, par suite, à l’avortement.
Les contusions et les plaies epu ont lieu pendant raccoucliement et la délivrance peuvent^ aussi être suivies d’inflammation , et quelquefois^ de gangrène.
Les plaies de l’utérus C|ui sont le résultat de l’opération ciésarienne , cpiel que soit le lieu ou elle ait été pratiquée et le procédé cpi’on ait suivi, sont sujettes à répanebement des liquides sanguins et séreux dans l’abdomen , au pincement des intestins par les lèvres de la plaie , et à d’autres résultats fâcheux.
Dans le traitement des plaies de l’utérus , il
faut s’attacher à prévenir l’inflammation, au
moyen de la saignée , dés boissons muqueuses
et calmantes, des lavemens émolliens , lorsque j pr' les gros intestins ne sont pas intéressés, desin-jW jections adoucissantes dans le vagin, des fonien-jf^ tâtions émollientes sur le bas-ventre, et des bains 1 F è tièdes.
L’hémorragie est peu dangereuse dans le castl:èn de vacuité de l’utérus ; il ne faut, pour l’arrêter ^ que du repos et de légers astringens. Si elle étaitl;
opiiilAtrc, et qu’elle fit craiiiclre pour la ^âe de la malade , il faudrait avoir recours aux styptiques, iiix réfrigérans et aux astringens les plus actifs. Une dissolution de sulfate d’alumine ^ tant en noissons qu’en injections , peut alors devenir ivanlageuse. L’usage du camphre est aussi trèsutile , lorsque l’hémorragie est accompagnée de lioquet; mais, en général, elle ne s’arrête , lors- [ue la femme est enceinte , que par l’accouche-inent, dont il faut hâter la terminaison.
Quant aux plaies occasionnées par l’opération ésarienne, ce n’est cjue par le choix du procédé jpératoire que l’on peut , jusqu’à un certain oint, empêcher répanchement des liquides et es lochies dans l’abdomen, ainsi cpe le pince-; lient des intestins par les lèvres de la plaie. Le rocédé qui me paraît préférable clans l’opération 'isarienne abdominale est celui de Millot. Ce raticien avait remarc|ué cjue , dans le cas de vice i bassin, la conformation de la colonne vertérale ne permet pas à l’utérus de se tenir adossé >ntre elle. Ce viscère se porte à droite ou 4 uuche, en sorte cp.i’ily a toujours oblicjuité. C’est cpii l’a déterminé à inciser l’abdomen et Fütéis dans le sens de la longueur , du côté opposé îl’obhcpnté.
i L’incision porte sur les parties jiostérieures de itérus^ qui, à raison de son obllcpnté ;j se jiré-
jientent latéralement (i). En revenant sur luU même , ce viscère reprend sa position naturelle ; la plaie se trouve placée en arrière , au niveau des muscles psoas et iliaques , et elle ne peut ^ pincer les intestins , comme cela arrive dans ^ les autres procédés. IjCS épancheniens aussi sont moins à craindre, f
Quel que soit , au surplus , le procédé qu’on r ait suivi pour l’opération césarienne, la plaie de i® l’utérus n’exige pas de traitement particulier. IL f faut faire , dans la cavité de cet organe , des injec-^i tlons adoucissantes et calmantes , et assujettir lai “ femme au régime le plus sévère, ®
Les contusions et les plaies du vagin n arri-» i ® vent que dans les acçouchemens laborieux, parii i la pressiou que la tête de l’enfant ou les instru-i^ mens exercent sur ce conduit. Elles peuvent être i ^ suivies d’inflammation , et , par là , devenir dan-d gereuses (3). Elles exigent l’emploi des mêmeidf^ moyens que nous avpns indiqués pour l’inflam-ïie ’ît mation de l’utérus. Jfc
(1) V. de l’oMiquitc de futériis.
^a) V. de rmflammation du vagin.
De la rupture de VuièruSi
L’utérus est susceptible d’éprouver une rupture pendant le travail de l’accouchement , et de donner issue à l’enfant dans le bas-ventre. La rupture peut être plus ou moins grande. Lorsqu’elle est peu considérable , on ne s’en aperçoit guère que par la lenteur du travail de l’accouchement , par les douleurs fréquentes et peu intenses que la malade éprouve : cependant , si l’on porte un doigt dans le vagin , on sent ordinairement les ondulations d’un corps mollet, qui n’est pas , comme on pourrait le croire , une anse du cordon , mais une portion du conduit intestinal ou de l’épiploon , engagée dans l’ouverture de l’utérus.
En février i8i5 , je fus appelé, avecMM. Verdier-Heurtin et Gratereau , chez une femme en travail depuis dix heures. La tête se présentait la première , et commençait à s’engager dans l’exca vation ; cependant elle ne faisait , depuis plusieurs heures , aucun progrès. On avait , san^i succès , fait usage du forceps. Nous examinâmes avec attention l’état de cette dame. Nous reconnênies , au toucher , les intestins qui flottaient dans le vagin, et une rupture de l’utérus. Comme la malade se trouvait hors d’état de se procurer les secours nécessaires à sa position , nous la fîmes conduire a l’hospice de la Maternité. On y termina raccoiichement , en repoussant la tête ,
cl; en allanl; clierclier les pieds. La malade ayant succombé peu de jours après, on reconnut, à roLiverlure du corps, que l’iitérus avait éprouvé une rupture en deux endroits.
La rupture complète arrive ordinairement à la suite d’une violente douleur. La femme éprouve des vomissemens; elle devient pâle ; sa figure se décompose ; il se manifeste des sueurs froides ; le pouls est petit et faible; le ventre devient douloureux , change de forme , et présente parfois une tumeur où l’on reconnaît la présence d’un enfant qui se meut, ou qui a cessé de vivre. Si l’on porte un doigt dans le vagin , l’enfant dont ! on avait reconnu la présence , au moyen du tou- < cher, est tout-à-fait disparu.
Ces signes ne laissent ordinairement aucune incertitude sur la rupture de l’utérus ; mais il est des circonstances qui peuvent induire en erreur des praticiens exercés , et faire méconnaître cet accident.
Le 8 septembre i8i 2 , je fus appelé pour assister à l’ouverture du corps de la femme d’un arti- ■ san, âgée de vingt-sept ans, bien conformée , ,
d’une assez bonne constitution, déjà mère de ; deux en fans , et morte la veille pendant le travail ^ d’un accouchement laborieux qui avait duré f quarante - huit heures.
L'homme de l’art qui lui avait donné ses soins -i avait cru reconnaître l’implantation du placenta 1
sur l’orifice de fulérus , et avait fait de vaines, tentatives pour en détacher un côté , afin d’aller h la recherche de l’enfant. La malade naturellement indocile ^ ne Ini avait permis cpie de trèslégères manœuvres, et elle était morte à la suite des plus grandes douleurs. Nous procédâmes , MM, Marchais , neveu , Juillen , Asselineau , l’accoucheur et moi, à l’ouverture du corps.
Le ventre était balloné , uniformément distendu , comme dans unœ grossesse ordinaire. L’orihce de l’utérus nous parut très-dilâté. On put introduire la main dans la cavité de ce viscère : il ne contenait aucun corps , et il paraissait dans son état d’intégrité. Sa capacité était assez grande pour contenir un corps de la grosseur d’un œuf d’oie. Le vagin semblait avoir éprouvé du côté gauche quelque délabrement.
Ces apparences ne nous donnèrent aucun indice sur la vraie cause de la mort; et je dois
avouer qu’aucun des assistans ne soupçonna la rupture de l’utérus : nous supposâmes plutôt une conception extra-utérine.
A l’ouverture du ventre on trouva un enfant volumineux, et à terme, situé en travers dans sa cavité. La tète dans la région ombilicale, le bras gauche dans la meme région , au-dessous des tégumens, le bras droit en arrière et plongé profondément dans l’abdomen.
En examinant l’utérus avec attention , on s’a^
perçut que le côté droit était seul dans un état d intégrité. Tout ce côté était revenu sur luiniéme , de manière à former une cavité en culde-sac ; ses parois avaient un demi-pouce d’épaisseur. Le côté gauche était dilacéré et très-distendu. Il enveloppait en partie un placenta trèsvolumineux ; cette portion de l’utérus était extrô- ,r mement amincie et divisée sous forme de bandelettes. L’enfant et le placenta étaient sortis par ce côté de l’utérus.
On trouve dans les auteurs plusieurs faits du i meme genre, où la rupture de l’utérus n’a été reconnue qu’après la mort.
Il est souvent difficile de déterminer les causes •: de cette rupture. Des mouvemens désordonnés < de la femme , des manœuvres intempestives peuvent donner lieu à de violentes contractions de :i Tutérus , lequel se trouve distendu dans quelque ji point au-delà de son extensibilité naturelle , de #ianière à y éprouver une rupture. Cet accident, !j suivant les observations qui ont été publiées , arrive plus spécialement du côté gauche. ;
La rupture de l’utérus est un accident trèsgrave ; il est rare qu’il ne soit pas suivi de la '-i mort de la malade ; quelques observateurs font ( cependant mention de personnes qui ont survécu , [ lorsqu’on a pu y remédier à temps.
Il n’y a pas à hésiter ; il faut se déterminer .î à extraire l’enfant du bas-ventre par une incL t
glon que l'on fait aux parois de cette cavità ; opération connue sous le nom de gastrotomie.
Cette opération consiste à inciser avec un bistouri les parois de l’abdomen , vers l’endroit où l’enfant fait plus de saillie , sur une étendue d’environ cinq pouces ; on ne peut pas prescrire le lieu et la direction de cette incision, ils doivent être déterminés d’après la position de l’enfant.
Après avoir pénétré dans l’abdomen , on va h la recherche de l’enfant, que l’on retire ; on coupe le cordon , et l’on ôte le placenta , s’il se trouve hors de l’utérus ; car cet organe ne pourrait en opérer l’expulsion; mais, si le placenta était dans l’utérus , peut-être vaudrait-il mieux en abandonner l’expulsion à la nature.
Dès que cette e'xtraction est faite , on rapproche les bords de la plaie , en donnant h la malade une position convenable ; on la couvre avec un large plumasseau de charpie et avec des compresses , et l’on maintient le tout moyen d’un bandage de corps médiocrement serré.
Il est bon de faire ensuite des injections anodines et calmantes dans l’utérus , par la voie naturelle , pour diminuer le spasme de cet organe et faciliter les écoulemens sanguins.
On engage la malade à nourrir , pour diminuer les lochies ; et , si l’on est assez heureux pour que la plaie se cicatrise ; on lui fait porter
ronslnmnienl; im bandage de corps, afin de sou^ tenir les viscères abdominanx et de prévenir une Jiernic ventrale. Quelque solide que ])uisse être la réunion des parties, les parois de Fabdomen, après cette opération, restent toujours trop faibles pour contenir ses viscères et empêcher leur déplacement.
Ces moyens paraissent avoir réussi dans quelques cas. Thib^iud Dubois fait mention d’une ruj> ture survenue à la suite de douleurs très-vives. Il ouvrit le ventre quelques heures après : l’enfant était mort, et la femme n’éprouva , à la suite de cette opération , d’autres accidens que ceux qui ont lieu après un accouchement ordinaire.
Lambron , chirurgien à Orléans , a réussi de même dans deux cas semblables , et siir la même femme. La première fois la gastrotomie fut pratiquée vingt heures après la rupture de l’utérus : l’enfant était mort. Il survint un abcès putride au voisinage de la plaie ; néanmoins la femme guérit , et redevint enceinte l’année suivante. L’utérus se rompit de nouveau : Lambron opéra peu d’instans après l’accident, l’enfant donna quelques signes de vie , et mourut bientôt après. La femme guérit très-bien, redevint enceinte, et accoucha heureusement (i).
Quoiqu’il ne faille pas trop compter sur ces
(i) Sab, mecl. opérât, t. i j p. 54o.
feiicccs, cl que le nombre des personnes qui succombent soit bien plus grand que le nombre de celles qui en reviennent, il n’en résulte pas moins cpie l’on ne doit point hésiter à em]3loyer, sans délai, la gastrotomie , puisque ce moyen est le seul qui présente un espoir de salut pour la mère et l’enfant.
Cependant, si l’utérus n’était pas revenu sur lui-mème , il serait possible de retirer l’enfant j en le faisant repasser par l’ouverture qui lui aurait donné issue dans l’abdomen , et de terminer ainsi l’accouchement par la voie naturelle. Ce procédé peut être préférable , en ce 7[u’il est moins effrayant pour la malade , surtout lorsqu’elle paraît menacée d’une mort inévitable.
La femme d’un charcutier , d’une constitution faible, d’une petite stature , et d’une mauvaise conformation , éprouva les douleurs de l’enfantement le 25 avril i8i3j elle avait déjà eu trois accouebemens laborieux , dans lesquels les enfans avaient succombé. Comme le travail se prolongeait , et que l’enfant se présentait d’une manière vicieuse , M. Després , qui donnait des soins habituels à cette dame , me lit appeler. Les douleurs étaient peu considérables , les forces assez bonnes : le ventre présentait diix tumeurs, placées l’iine au-dessus de l’autre , et séparées par une espèce d’étranglement; l’orilice de l’utérus avait une dilatation de la grandeur d’une pièce de cinq
francs : ott sentait distinctement , vers le cAté gàüclie de cet orifice , un pied dont les orteils étaient en devant, une tête qui s’était déjà engagée dans l’excavation, l’occiput tourné du côté du pubis j et une anse du cordon ombilical d’environ deux pouces de longueur*
L’irrégularité de la forme dii ventre , la présence de cette tête ^ du pied et du cordon à l’orifice de l’utérus , nous firent penser que l’enfant était mal situé j ou plutôt que l’utérus en contenait deux, dont l’un présentait la tête et l’autre un
Comme le pouls était peu développé , la figure peu animée , et que la femme n’éprouvait aucun accident, nous nous contentâmes de soutenir le pied avec une main , pendant les douleurs, pour l’empêcher de s’engager davantage , et pour permettre à l’orifice de l’utérus de se dilater et à la tête de s’avancer , jusqu’à ce qu’on fut à même de la retirer avec le forceps*
Le travail continuant d’être lent , nous plaçâmes la malade > pendant trois quarts d’heure , dans un bain tiède : les douleurs se ranimèrent , et la tête parut faire quelques progrès dans l’excavation. Nous nous proposions d’en faire l’extraction, lorsque la malade, sans avoir fait aucun mouvement , sans avoir éprouvé aucune secousse , sans avoir ressenti aucune douleur vive fut prise lout-à-coup d’envies de vomir et de
vomissemens ; sa figure se décomposa , et se couvrit des pâleurs de la mort. Nous portâmes l’indicateur à l’orifice de l’utérus : la tête , le pied et le cordon , tout avait disparu. La cavité de f utérus était vide , et ne contenait plus d’enfant. Il ne^ nous fut pas difficile de juger que cet organe avait éprouvé Une rupture , et que l’enfant avait péné- ' tré dans l’abdomen.
Ce cas , extrêmement fâcheux , exigeant une détermination hardie , nous réclamâmes les conseils de MM. Deneux, Gardien et Roux. Ils reconnurent, comme nous, une rupture de rutérus , située du côté gauche , vers le lieu de l’insertion du col avec le vagin , par laquelle l’enfant avait pénétré dans l’abdomen.
La malade, un peu remise, paraissait, deux heures après l’accident plus tranquille ; elle n’éprouvait pas de contractions utérines ; il n’y avait point d’hémorragie apparente , et le pouls , sans être fort , avait un certain degré de développement.
Il s’agissait de savoir si l’on ferait l’extraction de l’enfant, en pratiquant l’opération delà gastrotomie , ou si l’on tenterait de le ramener par la voie naturelle , * en le faisant repasser par l’ouvej*^ ture qui lui avait donné issue dans l’abdomen.
Ce dernier moyen fnt préféré : l’utérus n’était d’ailleurs revenu que très-peu sur lui-même.
Ayant porté une main vers le lieu de la riip-
ture de cel organe , je trouvai , à peu de distancé j im pied de l’enfant, cpie je ramenai à rori/icé même du vagin. M. Deneux me suppléa poiu* aller à la recherche de l’autre pied ; et nous parvînmes à terminer cet accouchement sans beaucoup d’efforts. L’enfant était mort. La mère ne paraissait pas extrêmement fatiguée. On lui appliqua sur le bas-ventre des compresses trem|)ées dans de l’eau froide , fortement imprégnée d’extrait de Saturne , tant pour prévenir les symptômes inflammatoires , que pour relever les forces de la malade. On lui prescrivit des boissons appropriées ; mais elle succomba le 27 avrih II ne fut pas possible d’obtenir l’ouverture de son corps.
Les trompes et les ovaires sont susceptibles de rupture, lorscpie ces parties deviennent le siège d’une conception extra-utérine. Clarke fait mention d’un fait de ce genre. La trompe se déchira par le développement progressif du fœtus, et la femme mourut d’hémorragie (i).
Le vagin participe aussi fréquemment à la rupture de l’utérus, et, lorsqu’elle a lieu vers le col de cet organe , il arrive le plus souvent que le vagin y est beaucoup plus intéressé que l’ulérus.
• La rupture, tant des ovaires et des trompes
(i) Vi Balllle, anat. paihoiog. c. 25, sccl. 5.
que du vagin, n’exige pas d’autre traitement que celui qui a été indiqué pour la rupture de l’u-^ térus.
De la perforation de V utérus et du vagin.
La perforation de l’utérus n’est pas une maladie primitive : c’est un effet secondaire d’une affection de l’utérus , comme le carcinome de cet organe.
Cette perforation se continue ordinairement ; jusqu’au rectum où jusqu’à la vessie : ce qui donne ‘ lieu à une communication fîstuleuse entre l’uté- ' rus et ces viscères.
Les ovaires et les trompes ne sont guère susceptibles de perforation que dans le cas d’bydropisie , lorsqu’on fait la ponction de ces organes ( i ) .
La perforation du vagin peut > de même que celle de Futérus , être l’effet d’un ulcère carcinomateux ; mais elle résulte plus fréquemment de la chute des escarres, et d’une déperdition de substance , par suite d’une inflammation gangré-* neuse , survenue .après Un accouchement laborieux. Cette perforation établit aussi une commu-^ nicâtion du vagin avec la vessie ou le rectum et donne lieu à des fistules vaglno-rectaies ou vaginovésicales.
(2) Y; de Fliydropisie des ovaires et des trompes.
Ces fistules sont excessivement incommodes , parce qu’elles permettent un passage continuel et involontaire des matières fécales et de l’urine par le vagin. r
La perforation de l’utérus est absolument incu- | rable : il faut s’attacher à combattre la maladie i qui y a donné lieu. |
La perforation du vagin , qui dépend d’un ul- î \ cère de ce conduit , est de même incurable. On : a vu quelquefois celle qui est l’effet de la chute | d’un escarre gangréneux céder avec le temps. j On ne peut employer aucun traitement contre ! la perforation de f utérus et du vagin. Il faut se contenter de tenir l’ulcère fistuleux dans une grande propreté , et de porter , soit dans le vagin , soit dans le rectum , des plumaceaux enduits de cérat, pour diminuer l’irritation de ces parties, et empêcher leur constriction , qui est un effet or- ’ dinaire de la maladie. i
Des INFLAMMATIONS DE l’uTERUS ET DE SES
DÉPENDANCES
La membrane externe , le tissu propre et la ! membrane interne de futérus sont susceptibles | d’éprouver séparément une inflammation. Néan- 1 moins lorsque cette maladie a beaucoup d inteu- , sité , ou quelle dure long-temps , elle ne peut
ne
el
îi
li,
. hvoir son siège dans l’un de ces tissus sans que les autres en soient affectés.
Les inflammations de l’utérus présentent des différences essentielles, suivant le tissu qui est 1 affecté , et suivant quelles sont à l’état aigu ou à ’ l’état chronique.
Les pathologistes n’ont pas considéré séparéiment l’inflammation de la membrane externe : t c’est qu’en effet elle est rarement seule, et qu’elle m’est ordinairement qu’une continuation de l’in- Iflammation du péritoine ou du tissu propre. Celte iinflammation n’a pas de signes particuliers ; on ne lia reconnaît qu’après la mort : elle n’exige aucun t traitement spécial.
Il n’en est pas de même de l’inflarnhiaticin du t tissu pro])re. Elle constitue la métrite , maladie rqui , à l’état chronique , n’a pas assez fixé l’atten- Ition des hoihmes de l’art; on la confond alors (trop souvent avec le carcinome de l’utérus , ef iil en résulte de fréquentes erreurs sur le proinostic qu’on porte de cette maladie , et sur la dé- Itermination de son traitement
L’inflammation de la membrane interne a (été mieux observée. Elle est connue, à l’état aigu, î sous le nom de catarrhe utérin aigu , et à l’état (chronicpie , sous celui de catarrhe utérin chronique , de leucorrhée ou de flueurs blanches.
Les ligamens de l’utérus, les ^trompes, les ovaires et le vagin sont susceptibles d’iuflainma-
tiôn ; mais clans la pralique on ne remarque guère que rinflammation du vagin.
De V inflammation aiguë du tissu propre de
Vutérus.
Cette inflammation est précédée de frissons , bientôt suivis de fièvre; elle se manifeste encore d’une manière subite , par un sentiment de chaleur , de douleur et de pesanteur dans la région du pubis. L’abdomen est ordinairement tendu , brûlant, et supporte avec peine la plus légère presssion; les malades ne peuvent respirer , tousser ni cracher, sans que la douleur augmente ; la voix est brève , les menstrues , les lochies se i suppriment, et il ne se fait plus qu’un écoulement j souvent très-abondant , d’un liquide séreux ou rougeâtre , par les parties sexuelles. Cet écoulement présente parfois des intermittences y et , lorsqu’il a lieu , il est précédé de douleurs dans les reins et de coliques dans la région hypogastrique , occasionnées par les contractions qu’exerce l’iitérus , pour déterminer la sortie des matières muc[ueuses, cjui s’accumulent dans sa cavité. ^
Quand la maladie a son siège dans le corps, on j sent une tumeur ronde , circonscrite , très-dou- I loureuse dans la région hypogastrique. Si c’est le J col qui est affecté, il est dur, fermé, retiié en J arrière.
Les malades éprouvent des douleurs et des difficultés pour uriner, des picoLemens dans les seins, de violentes douleurs de tête, quelquefois du délire , des voinissemens ou des rapports gazeux extrêmement fatigans, des épreintes , de la < constipation : Turine est rouge, chargée, peu ; abondante ; le pouls faible et accéléré , la cbaleup imordicante.
Une contusion, une plaie de l’utérus , telle que celle qui résulte de ropératioii césarienne ; une I lésion mécanique, durant un accoucbement laboîrieux , quand on a été obligé de retourner l’en- !fant dans le sein de la mère , ou de l’extraire avec î le forceps ou d’autres instrumens ; des violences ' exercées sur Tutérus pour l’extraction du placenta, lorsque ce corps est adhérent , et qu’une 1 hémorrhagie ou des convulsions de futérus en 1 exigent impérieusement la sortie, l’impression d’un ; air froid, la suppression subite des lochies ou des 1 menstrues , la cessation de ces dernières , l’usage < d’emménagogues violens : telles sont les causes 1 les plus ordinaires de cette inflammation.
La maladie a quelquefois une marche rapide et peut occasionner la mort le 5.® ou le 4-^ jowr ; elle se termine le plus souvent du 8.® au ti.® , par résolution ou par suppuration, rarement'pan gangrène ou par induration; quelquefois elle passe à l’état d’inflammation chronique.
Il est rare qu’on trouve celte inflammation dans
son étal de simplicilé. Elle est ordinairement ac-^ compagnée d’une liè\Te inflammatoire , bilieuse , ou pituiteuse. Souvent la fièvre est putride ou ataxique. Indépendamment de ces complications , la grande connexion qui existe entre l’ulérus et le péritoine fait que l’inflammation se transmet souvent du premier au second, et réciproquement.
Il faut , dans le principe de cette maladie , tâcher d’en obtenir la résolution , au moyen des anti-pblogistiques. On pratique , quelle que soit la petitesse du pouls, une ou deux saignées du bras ; on applique des sangsues à la partie interne des cuisses et aux parties naturelles. La même application sur le ventre , lorsqu’il est brûlant , tendu et tuméfié, est souvent utile. On prescrit des boissons douces et mucilagineuses , le bouillon de veau ou de poulet , le petit lait , les émulsions de graines de lin et d’amandes douces. Si les douleurs étaient fortes , on les apaiserait par l’usage de quelque potion calmante. A ces moyens il faut ajouter les bains, les demi-bains très-prolongés , et réitérés plusieurs fois dans la journée, les embrocations émollientes sur le basventre , l’application , sur cette partie , de flanelles trempées dans une décoction de racine de guimauve et de plusieurs têtes de pavots, ou de cataplasmes de farine de graine de lin et de décoction de racine de guimauve , lorsque la malade peut les supporter.
M. Chaussier, povir relever l’action de la peau et provoquer une abondante transpiration , a retiré de bons effets de la vapeur des substances aromatiques , qu’on dirige , au moyen d’un gros tube de fer blanc, sous les draps de la malade.
Ce traitement doit être continué jusqu’à ce que la diminution des symptômes annonce la réso-i lution de la maladie , ou sa terminaison par suppuration. Dans ce dernier cas, les injections dans le vagin, qui, au commencement de la maladie, auraient pu être dangereuses , en raison de l’excessive sensibilité de l’utérus, deviennent trèsutiles.
Si l’inflammation se prolongeait, que le ventre restât tendu , et qu’on eût à redouter un épan-^ chement dans sa cavité , ou que les forces de la malade parussent diminuer , il faudrait se hâter d’appliquer deux vésicatoires aux jambes, et, par suite , des synapismes aux pieds.
Le meme traitement doit être suivi lorsque l’inflammation est accompagnée de fièvre bilieuse ou pituiteuse. Nous ferons cependant observer que l’on doit être plus réservé sur la saignée, et près*' crire , dès l’Invasion de la maladie , un vomitif, avec l’ipécacuanha , qu’on fait suivre , lorsque l’inflammation est sur son déclin , de plusieurs purgatifs. Quand l’inflammation est compliquée d’une fièvre putride ou ataxique , celie>-ci forme alors la maladie principale , et c’est contr’elle que
doit être dii'jgé le traitement. On fait usage du quinquina , du camphre , du vin d’Arbois , à forte dose, de vésicatoires , et des autres moyens em- ; ployé s contre cette maladie.
Pour remédier à la suppression du lait , ou des lochies, on doit faire des succions fréquentes [ au mamelon, et on applique un vésicatoire à la partie interne des cuisses.
La complication de l’inflammation de l’utérus avec la péritonite donne lieu à un épanchement de matière lymphatique dans l’abdomen ; elle augmente de beaucoup la gravité de la maladie , mais elle ne change pas sensiblement le mode du traitement. . |
De V inflammation ou de V engorgement chronique j du tissu propre de V utérus.
L’inflammation chronique de ce tissu est difficile à reconnaître dans son principe. Elle s’annonce par une douleur permanente, tantôt faible , tantôt forte , quelquefois insupportable , dans les régions lombaires ethyppgastrique. Le bas-ventre est généralement plus tendu que dans l’état ordinaire. Il se manifeste parfois une liè^Te légère et continuelle. La malade ne peut marcher, ni faire le plus léger exercice sans difficulté , ou meme sans doLiîour ; elle éprouve un sentiment de pesanteur vers le fondement; les déjections alvines
^ 1 ae se font pas avec facilité ; le corps de Tutérus est plus volumineux que dans l’état naturel ; yt souvent il fait saillie dans la région hypogastri- ” cque , et on le sent à travers les parois de l’abdojrien. Il en est de même du col , lorsqu’il est le siège de cette affection : il est alors plus doulloureux, et son volume estt augmenté. Il se ifait généralement par le vagin un écoulement ^-abondant de matières séreuses , sanguinolentes , cqui présentent un caractère alcalin. Les règles -■éprouvent toujours un grand dérangement : tantlôt elles sont supprimées , tantôt elles sont plus ■abondantes , et reviennent à des intervalles plus rapprochés ; l’urine est chargée , en petite quantité , et dépose un sédiment de couleur gris de lin , ou de fleur de pêcher.
Cette inflammation chronique peut succéder à ij une inflammation aigüe , à l’époque de la cessa- :-ion des règles ; mais elle arrive fréquemment ians en avoir été précédée : aussi tient-elle , la olupart du temps , à un état pléthorique de l’ulé-r Yus. Elle peut être aussi le résultat d’une violence ni d’une forte irritation exercée sur cet organe , elle que celle qui a heu parfois dans l’application llu forceps. Elle peut provenir de l’usage inconsidéré des astringens pour la guérison des Ilueurs j jlanches de l’abus des plaisirs vénériens , de ï’emploi d’un pessaire , etc. Le traitement incombe l de la maladie syphilitique^ la répercussion
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des vices rhumatismal , dartreux , psorJque , ou autres peuvent l’occasionner. Souvent il n’est pas possible d’en indiquer la cause.
Cette maladie est d’une guérison très-difficile : elle se prolonge ordinairement l’espace de plu-^ sieurs mois; quelquefois elle se termine par résolution ; d’autres fois il se forme dans quelque partie de rutérus des abcès qui se fraient une issue par le vagin, par le conduit intestinal, par l’abdomen , et souvent par d’autres routes inso-. lites (i). On voit aussi cette inflammation se terminer par ulcération , et dégénérer même en cancer (a).
Dès que celte affection est reconnue , on s’at-r tache à la combattre par les moyens usités contre les inflammations , en ayant soin de ne pas trop insister sur les débilitans.
L’accident auquel on doit faire le plus d’attention , c’est la douleur. Elle rend l’existence pénible , et contribue à augmenter la maladie , en exaltant la sensibilité des parties affectées , et en y déterminant l’afflux des liquides. Le meilleur moyen pour calmer la douleur , et dér- i traire le principe d’irritation qui entretient la . maladie , c’est la saignée du bras plusieurs fois i réitérée. Je l’ai vu fréquemment calmer des dou- ;
(1) Voy. Pinel, nosog. philosophique, tom. 2,
(2) Voy, du carcinome de f ulérust
1 leurs très-vives , et faire cesser la plupart des ac- ^cidens. L’application des sangsues au fondement •et aux parties naturelles, est aussi parfois trèsi utile ; mais il faut l’avoir fait précéder de la saif gnée. Il en est de même des bains tièdes long-temps rréitérés , des demi-bains, des bains de siège , dans lime baignoire ordinaire où la malade est assise (commodément; mais les baignoires en sabot, et icelles dont on se sert pour les bains de siège sont ! nuisibles, en ce quelles nécessitent une position i gênée qui froisse l’utérus. Un vésicatoire ou un (exutoire peuvent aussi devenir utiles. Il est bon (de faire dans le vagin des injections -calmantes , ;avec une décoction de m or elle , de laitue, de I racine de guimauve et de têtes de pavots , ou r même avec une dissolution d’opium brut ou d’exiti’ait aqueux d’opium , principalement quand les (douleurs sont vives. La décoction de jusqulame l^peut être employée avec le même avantage. On (donne des lavemens émolliens et narcotiques. On Ifait des frictions sur les reins et à la partie interne «des cuisses avecl’buile de jusquiame , ou avec le ! laudanum de Eousseau, Incorporé dans rhulie de ( camomille , afin d’en prévenir l’évaporation trop J prompte.
On prescrit à l’intérieur le petit lait, le bouiL Uon de veau ou de poulet , la décoction de douce ï amère, coupée avec moitié lait.
Si la maladie résiste , et que cependant les
douleurs soient beaucoup diminuées , il convient | d’avoir recours à des moyens légèrement excitans : on prescrit les bains sulfureux , et les eaux sulfureuses a l’intérieur, quand la malade n’en est pas incommodée. On donne aussi l’extrait de ciguë inlérieurement, d’abord à la dose de deux grains, puis , en augmentant graduellement , jusqu’à celle d’un et même de deux gros , et l’on a recours aux autres moyens indiqués contre l’induration de l’utérus (i).
Si l’on soupçonnait la présence du vice syphilitique , il conviendrait de faire des injections dans le vagin avec une dissolution de muriate sur-oxigéné de mercure , et de prescrire ce murriate intérieurement : on emploierait les divers moyens usités contre les affections de cette nature. | Il en serait de même pour les autres vices : on I aurait recoui^s au traitement en usage contre cba-:cun d’eux (2).
De V inflammation aiguë du tissu muqueux de |
r utérus.
Cette inflammation survient spontanément, et i se manifeste par un prurit et par un sentiment de chaleur , de pesanteur et de douleur dans les par- |
(1) Voy. de rincluration de futérus. \
(2) V. du catari’he utérin chronique occasionné par i divers vices.
ties naturelles , surtout au moment de récoulement de l’urine : quelquefois la région hypogastrique est plus tendue , et la malade éprouve des tiraillemens dans les aines , au dos , aux hanches , au sacrum , à la partie interne des cuisses. >
Il s’établit J vers le troisième ou le quatrième jour, un écoulement clair, peu abondant , accomjpagné d’un sentiment de chaleur dans les parties ; affectées du prurit : les envies et le besoin d’uiriner sont fréquens.
La matière muqueuse prend une couleur d’un I jaune verdâtre, et devient plus abondante. Queltquefois il survient un peu de fièvre.
Cet état dure neuf à dix jours , après lesquels lies symptômes inflammatoires diminuent. La mattière de l’écoulement prend tantôt une couleur j jaunâtre, tantôt celle d’un blanc verdâtre ; elle 1 1 devient épaisse , et il se forme parfois une fausse 1 membrane qui tapisse toute la cavité de l’utérus, «et qui est ensuite expulsée après un temps plus
lOii moins long.
La maladie se termine ordinairement par résojllution du trente-sixième au quarantième jour. ‘L’écoulement est alors tantôt clair , tantôt épais ; iil disparaît pendant plusieurs jours, pour revenir ensuite , et s’arrêter enfin entièrement : souvent î aussi il se prolonge d’une manière indéterminée , et lia maladie dégénère en inflammation chronique; Il est rare que, dans le catarrhe aigu , la mem-
brane inierne de Tutérus soit seule inlc^ressée : la rnembrane interne du vagin en est également affectée. 11 arrive meme quelquefois que l’inflammation se communique au tissu propre de l’utéfus et an tissu caverneux du vagin. En examinant ' la membrane interne du vagin , lorsque les circonstances le permettent, on la trouve ordinaii’ement rouge et bleuâtre.
Les symptômes du catarrhe aigu svphilitique sont, pendant la grossesse, les mêmes que dans l’état de vacuité de l’utérus. Les matières excrétées sont iseulement plus séreuses et bien plus abondantes dans le premier cas que dans l’autre. Il est cependant difficile de décider si elles proviennent de la membrane interne de rulérus , ou si leur excrétion est bornée à la membrane interne du vagin.
Un coup reçu dans la région de l’utérus , de mauvaises habitudes , l’abus des plaisirs vénét-lens , un refroidissement occasionné soit par un changement subit dans la témpératurede l’atmosphère , soit pour s’être assise ou couchée dans un lieu froid , l’usage immodéré des bains , peuvent donner heu à cette affection ; mais la cause la plus fréquente et la plus fâcheuse est la présence du vice vénérien.
La communication de ce vice peut avoir lieu h la suite d’un commerce avec une personne affectée d’un catarrhe de Furèti’e ou d’un ulcère véné-
,.*ien , et même quelquefois avec des personnes [ui ne présentent , à l’examen le plus scrupuleux , ucune apparence de maladie syphilitique.
JT ai donné des soins , en 1 8 1 o , à une dame , ;:gée de 45 ans^ et dont la conduite ne pouvait tre suspecte. Elle était atteinte d’un catarrhe uté“ ;in , ainsi que de nombreuses excroissances verliiiqueuses aux parties naturelles. Son mari jouis- .1' ait en apparence de la plus belle santé. Il avait e^pendant eu , deux ans auparavant , à l’aine rroite , un bubon , que l’on avait fait disparaître Il moyen d’un traitement local , et sans avoir iiployé aucun traitement général. Il continua CS cohabiter avec sa femme , et ce ne fut qu’au out de sept mois qu’il lui survint des douleurs e tête extrêmement vives, et Un large ulcère à gorge , dont je '-parvins à le guérir concuremcent avec M. Verdier-Heur tin.
La présence d’un principe rhumatismal et gout-^ lux, la répercussion de la gale, des dartres ou î tout autre vice sur l’utérus , peuvent encore xasionner le catarrhe aigu de cet organe.
Il est souvent difficile de reconnaître à laquelle ces causes on doit attribuer la maladie ; mais ncertitude la plus pénible est celle qui est relae à la présence ou à l’absence du vice vénérien. 1 Un praticien distingué prétend que le catarrhe pbililique a toujours son siège dans Furètre ; ne saurais partager son opinion. L’urètre est /
à la vérité , souvent affecté dans cette maladie ; mais il s’en faut de beaucoup qu’il le soit toujours. On voit fréquemment des personnes qui communicpient la maladie syphilitique, sans
que l’iirèlre paraisse^, en aucune manière , affecté
de catarrhe.
On a cru trouver dans la couleur jaune ou verdâtre de la mucosité un caractère essentiel du vice syphilitique ; mais ce caractère n’est guère plus certain. Ou rencontre beaucoup de malades chez lesquelles cette mucosité est abondante; très-adhérente au linge , d’une couleur jaunâlr ou verdâtre, et qui ne sont point infectées ; tandi qu’on voit des femmes dont le catarrhe est trè léger , dont la mucosité est sans odeur , sani couleur, peu adhérente ati linge, et cependan très- contagieuse.
Je vois en ce moment une femme de trent ans , qui , ayant éprouvé , il y a huit ans un catarrhe utérin syphilitique , a subi diverS traitemens réguliers , dirigés par plusieurs hom|| mes de l’art des plus distingués. Elle ne présent#!) aucune apparence bien prononcée de vice sy phid litique , et cependant elle n’a pu guérir assez cornai plètement pour n’être pas exposée à le commun) niquer. ^
Le catarrhe aigu qui dépend d’une irrita lioii passagère , tel que celui qui résulte d’un change»* ment subit dans la température de l’atmosphèrei
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îsl peu dangereux ; il cesse souvent sans aücuné espèce de traitement. Celui cpii est déterminé par “3 vice vénérien ne le serait guère davantage , • l’il était possible de soumettre la malade ^ dès le inniiclpe, à un traitement appro]^rié. Mais la gêne »ù se trouvent la plupart des personnes qui en ont atteintes , les obstacles souvent nombreux pii les empêchent de s’assujettir à un traitement égulier , le peu de soin et l'espèce d’indifférence [lie beaucoup d’entre elles mettent h suivre ce rraitement, la nécessité oèi l’on est de l’interrom- )!>re pendant le temps des' règles, la difficulté que Von éprouve à faire cesser toute communication ,
■ outes ces circonstances rendent cette espèce de catarrhe extrêmement rebelle, et en empêchent uouvent la terminaison, sur tout chez les personnes ilont la vie est peu réglée. Elles le gardent des muées entières à l’état chronique, et il devient irdinairement la source de dégénérescences , tant le l’utérus que d’autres organes éloignés.
Le catarrhe aigu, quelle qu’en soit la causer -5e termine difficilement pendant la grossesse. On 3st parfois obligé d’attendre que la femme soit accouchée pour en tenter la guérison.
Le traitement de cette maladie présente des différences, suivant les différons degrés auxquels elle est parvenue , et suivant la cause qui y a donné lieu. Lorsqu’elle commence a se manifester , il faut s’attacher à modérer les 'symptômes
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jnnammatoil-es par l’usage des boissons muqiieuses , adoucissantes, et légèrement calmantes , des bains , des demi-bains , des embrocations sur le bas-ventre , des lavemens émolliens. On pratique la saignée du bras, ou bien l’on applique les sangsues aux parties naturelles; et, quand la malade est d’une constitution forte et plétliorique , on peut en réitérer plusieurs fois l’application. On fait aussi dans le vagin des injections émollientes et calmantes.
Dès que la violence des symptômes inflammatoires commence à diminuer ^ on ajoute aux caïmans de légers diurétic[ues, tels que la pariétaire, la racine de fraisier ; enfin , quand les douleurs sont entièrement dissipées, on tâche d’obtenir la résolution de la maladie en employant les amers et les aromatiques tant intérieurement qu’extérieureinent , et l’on se comporte ensuite comme dans le cas du catarrhe chronique (i).
La maladie est- elle produite par le vice syphilitique ? Du moment où les symptômes inflammatoires commencent à céder , il est bon d’miir aux moyens que nous venons d’indiquer les anti-syphilitiqqes. On fait prendre la liqueur de Van-S wieten dans une décoction de graine de lin, ou d’autres plantes mucilagineuses. On peut aussi donner deux cuillerées à bouche , chaque
(i) y, du catarrhe utérin chronique.
{jour, cVun mélange composé de parties égales de'
; sirop de salsepareille et de sirop de gomme ara- ! bique , avec addition de huit grains de niuriate sur- ' oxigéné de mercure, pour une chopine de ce sirop.
Dans cette mixtion, le muriate sur-oxigéné se I décompose et revient à l’état de mercure doux. ]Mais il est préférable au mercure doux ordinaire ^ (qui contient parfois du muriate sur-oxigéné de 1 mercure, et qui porte plus facilement à la bouche.
On fait prendre à la malade de trois à quatre Ibouteilles de ce sirop , et on lui fait faire des fricttions sur les parties naturelles avec de l’onguent 1 napolitain double , ou avec de la pommade de c concombres, à laquelle on ajoute, par chaque lonce, vingt grains de muriate de mercure.
Pour prévenir la salivation , on fait prendre , (dans la journée , trois pastilles soufrées , de douze ^grains chaque , et l’on fait gargariser la bouche (avec de l’eau , dans laquelle on a dissous quinze (à vingt gouttes de teinture d’opium par demi-verre (d’eau.
Si, Cependant, à la suite de quelque impru- (dence, après s’être exposé au froid, etc, , il sur-
I venait une salivation , si les gencives se gonflaient , Ès’il se formait des ulcères à la bouche, il faudrait s suspendre l’usage du sirop composé, prescrire (des pédduves et des lavemens irritans , donner
II des laxatifs , tels qu’une limonade avec un peü dé t crème de tartre soluble , deux onces de manné
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dans du lait, ou une cuiJlei(!;e à café d’huile cfé ricin dans du bouillon , elc., et recommander les gargarismes adoucissans , juscju’à ce que la bouche fèt entièrement guérie , et la salivation ces^sée. On reviendrait ensuite à l’usage du sirop anti-syphilitique, mais à une moindre dose qu’au^^»' par avant.
Ce traitement doit être continué d’un mois et demi à deux mois. Si, vers la lin de ce terme , on s’aperçoit que récoulemenl persévère, on peut employer , jiom* l’arrêter, des injeeiions dans le !i!p|[ vagin , avec du vm froid, dans lequel on a préalablement fait iid’user une pincée de fleurs de roses, ou avec une dissolution légère d’extrait de sa- îij turne, étendu dans beaucoup d’eau. On pourra 3 aussi donner les toniques à l’intérieur , tels qu’une jj, décoction de quinquina , ou de bourgeons de sapin, ou de racines de tormentille et de bislorte.
Il peut arriver que , malgré les soins les mieuxî administrés, l’écoulement persiste. Quelquefois il n’est point contagieux ; d’antres fois il ne cesse pas de l’être. Dans ce dernier cas , il est bon de| suspendre le traitement, de faire prendre, peu dant quelques jours , du sirop anti-scorbu tique, /j et de revenir ensuite à un nouveau traitements anti-vénérien.
Durant la grossesse, on se contente d’ôter a catarrhe son caractère syphilitique ; mais on n doit pas s’obstiner a le faire cesser entièrement
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Les lenlatives à cet égard seraient le plus souvent 1 sans succès. On attend que la femme soit accouj chée^ pour tâcher d’obtenir, par un traitement j approprié , la fin de l’écoulement.
De V 'ùiflammation chronique du tissu muqueux
de V utérus.
Le catarrhe ou l’inflammation chronique de la membrane interne de l’utérus se manifeste le plus souvent sans symptômes précurseurs, par une matière blanche muqueuse qui s’écoule du vagin. Cet écoulement est d’abord momentané , et n’est acc.ompagné d’aucune douleur. Lorsqu’il a une certaine durée , la matière muqueuse prend des caractères variés , tantôt elle est blanche, sans odeur , sans consistance , et ne laisse qu’une trace légère sur le linge ; elle a cependant une certaine acidité et change en rouge les couleurs bleues végétales. Tantôt elle acquiert plus de consistance, elle prend une couleur de blanc de lait , et elle teint, en se déssécbant le linge, en jaune. Son acidité est plus prononcée c[ue dans le degré pré-^ cèdent. On fait principalement cette remarque sur la mucosité évacuée durant les premiers mois, qui suivent raccoucbement. Quelquefois cette matière a un aspect puriforme , son odeur est forte , un ]ieu nauséabonde ; lorsqu’elle a séjourné dans l’utérus et dans le vagin, elle s’ 3^ épaissit
Êt sort sous forme de gléilres ou de gelée. Elle teint en jaune ou en vert les linges et s’en déla-^ j che difficilement. Elle çst rarement acide , et elle présente ordinairement un caractère alcalin : d’autrefois eiilin cette matière est séreuse , fétide , ^
excessivement abondante , et laisse sur le linge des taches dont le contour est d’un brun noirâtre, elle est alors constamment alcaline (i).
Cette matière est fournie par la membrane interne de l’utérus et du vagin ; on la vue cependant provenir des trompes et des ovaires dans les affections de ces organes. Lorsqu’elle est acide , elle ne dépend guère que d’une sécrétion aug-r mentée de la membrane muqueuse , sans altération de ses propriétés vitales. Quand elle est alcaline, elle est ordinairement le produit d’une ! vraie inflammation , et elle doit être regardée comme de vrai pus. Elle peut néanmoins être fournie par les pores exhalans qui donnent issue au sang des règles , et qui , dans quelques circonstances , exhalent un liquide lymphatique au lieu de sang.
(i) On s’aperçoit facilement de cette acidité et de cette alcalinité , au moyen d'un papier teint en bleu par une dissolution de tournesol, Les acides changent en rouge cette couleur , tandis que les alcalis la rendent plus foncée ou la rétablissent lorsque le papier a été coloré en rouge par un acide.
Cet écoulement est quelquefois accompagné de douleurs qui ont leur siège dans le vagin et dans les régions lombaires et hypogastrique. La maladie d’ailleurs ne peut pas avoir une longue durée sans que toutes les fonctions n’en soient lésées. Les femmes dans cet état ont généralement le teint pâle , plombé; elles perdent l’appétit , elles éprouvent des douleurs d’estomac souvent insupportables , des lassitudes, et une débilité très-marquée dans leur constitution.
Tantôt le catarrhe cesse au bout de quelques mois , tantôt il se prolonge durant plusieurs aniiiées. Il est sujet à des retours fréquens. Quand il ne cède pas dans les premiers mois , il a une durée indéterminée, et la maladie prend le nom de constitutionnelle .
Le catarrhe utérin chronique affecte plus spéicialement les personnes d’une constitution faible , lavec prédominence des systèmes lymphatique t et nerveux ; celles qui habitent les grandes cités , lies lieux bas et humides , les pays marécageux.
Cette maladie peut tenir, i à une trop grande ( excitation tant générale que locale ; 2.® elle peut • être supplétive d’une autre évacuation; 5.° quel- ( qucfois elle est due à fa présence d’un vice ou à 1 l’engorgement local qui en est résulté;
» elle est d’autrefois produite par une débilité tant .générale que locale.
I Parmi les causes capables d’occasionner une
iBxcitalion générale , et d’entretenir ce catarrlie , on doit ranger une nourriture abondante et Irop succulente , l’abns des spiritueux , des eaux minérales, des ernménagogues ; les exercices violens, et surtout celui de la danse , une exaltation de sensibilité dans le genre nerveux.
Cette excitation est produite localement par des coups portés sur la région de l’utérus , par des irritations trop fréquentes des organes génitaux , par divers déplacemens de l’utérus. Ainsi, il est rare que ce catarrhe n’accompagne pas le second I degré de la descente , l’inclinaison, la rétroversion et le renversement chronique de i’utérus , à i raison de l’irritation que la membrane muqueuse ; éprouve par l’espèce de gêne où se trouve cet : organe dans ces déplacemens. L’excitation peut ' encore être provoquée localement parla présence ) des corps étrangers dans les organes utérins , , comme dans les cas de tympanite, d’hydropi- j sie , cle vers , de moles , de concrétions ou de ;i pol5'pes , de l’introduction d’un pessaire , d’une i éponge ou de tout autre corps étranger dans le vagin. L’inflammation chronique du tissu propre • de l’utérus, les hémorrhagies utérines actives, les i spasmes utérins , ainsi que toutes les variétés de 1 l’hystérie , sont encore capables d’entretenir celte I excitation ; il eii est de même de la grossesse quand elle est orageuse, des avorleniens , dcs;' ficçouchemens laborieux et de la délivrance opé-r
rée avec effort. Le catarrhe qui en résulte est alors un efFet delà distention et des violences auxquelles la niembranee muqueuse a été exposée. Enfin , l’excitation peut être entretenue localement par l’abus des chaufferettes ou par d’autres causes analogues. /
2.° Ce catarrhe est souvent siq^plélif d’une autre évacuation. La menstruation difficile est fréquemment précédée ou suivie d’écoulemens de matières muqueuses ; il en est de même de la diminution dans la quantité des règles , de leur déviation, de leur suppression et même de leur cessation. Il semble alors que cet écoulement soit une évacuartion supplémentaire , dont la nature se sert pour procurer l’expulsion de divers liquides surabondans dans l’économie animale. Elle l’emploie quelquefois comme supplétif de la transpiration , particulièrement chez les personnes qui ont habituellement les bras nus ou qui se vêtissent peu , chez celles qui habitent les lieux bas et humides.' L’impression de l’humidité affaiblissant Faction de la peau dérange l’excrétion de la transpiration qui a besoin d’être suppléée. Enfin ce catarrhe est encore un moyen supplétif de la suppression de la sueur des pieds, d’une hémorrhagie habirtuelle , d’ulcères anciens ou même d’un simple exulolre , comme un cautère , un vésicatoire , etc.
5.° La fixation , à l’étal; chronique, des vices syphilitique, dartreux, psorlque , scrophuleux ,
scorbutique , rhumatismal et cancéreux , sur la membrane interne de Futérus^ occasionne fréquemment cette maladie. On voit journellement la disparition de boutons dartreux à la figure , de douleurs rhumatismales dans les membres suivies d’un catarrhe utérin ; et la maladie cesser par le retour des boutons et des douleurs. Ces ^vices , et principalement le vice scropbuleux , rendent le catarrhe héréditaire. Les engorgemens ; ou indurations de l’utérus qui en sont un effet j secondaire peuvent aussi l’occasionner (i). j
4.® La débilité, tant générale que locale, est j une des causes les plus ordinaires du catarrhe j utérin. Ainsi y une mauvaise nourriture , des ^ alimens aqueux , l’usage trop fréquent du thé , du café et des" boissons chaudes qui finissent : à la longue par affaiblir, les bains pris avec : excès , les passions tristes, le produisent assez j fréquemment. Il en est de même de diverses maladies chroniques quoique le siège en soit : éloiané de l’utérus. Ainsi ce catarrhe est sou- | vent déterminé par une plhisie pulmonaire, par | les engorgemens de l’estomac, du foie et des j divers viscères, vraisemblablement, à raison de I la débilité qui en résulte pour toute l’économie. | La maladie est fort souvent due h une débilité |l locale ; elle arrive de la sorte à la suite d’un ca-
(i) Yoy, de riiiduration de riitérus.
tarrhe utérin aigu qui a passé à l’etat chronique , •soit par l’effet d’une disposition naturelle , soit par par l’usage des débilitans trop long-temps continués, vers le déclin de cette maladie. On voit ^rtussi des écoulemens utérins , déterminés primitivvement par la présence d’un vice et surtout par le '.vice syphilitique , se continuer après la cessation ide ce vice, etn’être plus entretenus que par une clébilité locale.
Cette multiplicité de causes qui agissent eng Mîemble ou séparément , rend souvent leur déteri iimination très-difficile. On ne saurait cependant mettre trop d’attention dans cet examen , puisque la connaissance de ces causes et souvent indispensable poiir'se diriger dans le traitement. Ce la’est qu’en s’instruisant soigneusement des circonstances qui ont précédé ou qui accompagnent lie catarrhe , ainsi que des résultats des moyens mployés pour le guérir qu’on peut parvenir à cette distinction.
On distingue cependant avec assez de facilité le catarrhe qui tient à une excitation , ou à une débilité tant générales que locales , ainsi que celui I jui est supplétif d’une autre évacuation. Le plus ïlifficile à reconnaître est celui qui tient à la présence d’un vice. Néanmoins le catarrhe présente alors des nuances qu’il est bon de ne pas perdre ikle vue , et qui sont propres à favoriser celte dis lin dion.
Ainsi le catarrhe produit par le vice syphilitique ^îe manifeste ordinairement par les symptômes d’un catarrhe aigu. Il est précédé d’accidens inflammatoires , sujets à se reproduire. Il est contagieux , très-rebelle , et ne cesse guère que par l’usage j d’un traitement anti-syphilitique. Avouons cepen- | dant que lorsqu’on a fait suivre ce traitement ' avec soin , et que le catarrhe continue , on est i I souvent embarrassé pour déterminer si la pro- jl longation tient à un reste de principe syphilitique , ou si elle n’est due qu’à une débilité locale. | Le catarrhe occasionné par un principe' dar- j treux se manifeste à la suite de la disparition | d’une affection dartreuse. Il présente moins d’in- j tensité que le syphilitique et se communique dif- i fiedement. Il est jiarfois de courte durée , mais : le plus souvent il se prolonge des années entières. | Il cesse fréquemment par le retour du vice dar-[ treux sur quelque partie extérieure du corps. j Le catarrhe scrojihuleiix est plus fréquent qu’on | ne le pense communément. C’est à lui que l’on|M doit rapporter la plupart des écoulemens qui rivent aux jeunes personnes , depuis l’enfance jusqu’à la puberté. Il prend rarement le carnc-| tère aigu. Il se manifeste par l’écoulement d’une matière limpide , séreuse y blanchâtre ou| jaunâtre et toujours acide. Les parties naturelles| ont une couleur plutôt blanchâtre que rosacée.! Les malades n’éprouvent ni chaleur, ni cuissonsj
eii urinant , ni aucun symptôme inflammatoire*
Les jeunes personnes qui en sont alleinteâ 'Sont ordinairement d’une constitution faibl^ , irri-^ table. L’habitude du corps est pâle, les glandes fdii cou sont engorgées , la maigreur est générale , <et tout annonce dans la oonstilution la présence rdu vice scropliuleux. Ce catarriie a une durée i indéterminée ; quelquefois il cède à un traitement .approprié, souvent il dure en présentant beautcoup de variations , plusieurs années, et il finit qDar devenir constitutionnel.
Le catarrhe occasionné par le vice scorbutique lest toujours secondaire. Il se reconnaît facilement i d’après les signes généraux du scorbut.
Le catarrhe qui dépend de la goutte n’a guère 1 lieu que chez les personnes qui ont déjà une < disposition à cette maladie. Il se manifeste à l’état I chronique par une douleur sourde dans la région 1 hypogastrique , par l’écoulement d’une matière I séreuse , blanchâtre , ou d’un jaune verdâtre , semblable à du petit lait trouble. Souvent cette matière est gélatineuse et se réduit en se dessé-^ chant en une substance crétacée , formée presque entièrement de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien , unis par une matière animale.
On reconnaît facilement le catarrhe occasionné par le vice cancéreux : il suffit de s’assurer de la présence de ce vice.
Quoique les qualités physiques et chimiques de la matière muqueuse ne soient pas suffisantes pour indiquer la nature du catarrhe , elles sont d’un secours puissant pour faire juger de son intensité , et des dangers qui peuvent en résulter.
Le catarrhe utérin qui fournit une matière blanche, peu épaisse , sans odeur ^ est généralement peu inquiétant ; lorsque la matière muqueuse devient jaune ou verte , quelle est trèsadhérente au linge , elle annonce une grande irritation dans les organes utérins et souvent un principe syphilitique.
L’écoulement dont la matière est floconneuse, glaireuse ou semblable a la gelée n’est pas dangereux , mais il est d’une guérison trèsdifficile. Celui dont la matière est séreuse , trèsabondante , annonce un dérangement dans la menstruation : il est souvent l’effet des ensorgemens de l’utérus et le précurseur des affections cancéreuses de cet organe. On doit redouter beaucoup ces affections lorsque cette matière a une odeur forte, fétide, qu’elle imprime sur le linge des taches dant le contour est noirâtre, et quand elle présente en même temps un caractère d’alcalinité.
Le catarrhe utérin chronique , quelle que soit sa cause, est toujours d’une guérison difficile. On parvient parfois à le hure cesser lorsqu’il est récent et qu’il est dû à une excitation augmentée/
il serait dangereux d’en opérer la guérison t lorsqu’il est ancien ou qu’il est supplétif d’une autre évacuation , sans avoir rétabli l’évacuation habituelle supprimée ou sans avoir procuré à la nature un autre émonctoire. On parvient souvent à le faire cesser lorsqu’il dépend de la présence .d’un vice. Il en est de même lorsqu’il tient à une débilité locale ; mais on est très-exposé à le voir Î5Se reproduire.
Le traitement du catarrhe présente beaucoup (de difficultés à raison de l’incertitude où l’on est «souvent sur la cause qui l’a déterminé , et -de la rrésistance que cette maladie oppose naturellement taux traitemens les mieux dirigés.
Si le catarrhe tient à un état d’excitation géné* raie , produite par l’abus des excilans internes et externes , il faut tâcher de mettre un terme à ces excès. Il en est de même lorsqu’il est l’effet d’une irritation fréquente des orgaiies génitaux. jfCè n’est que par la cessation de ces mauvaises habitudes qu’on peut espérer la guérison de la IjJ imaladie. On donne ensuite pendant quelques çf| i jours les mucilagineux et les caïmans, pour com- ^j^Mlbattre la première irritation , et, si la maladie J «résiste , on la traite par les toniques comme dans le cas de débdité locale.
Quand l’excitation locale est entretenue par un (déplacement de l’utérus , par la présence d’un (Corps étranger dans cet organe , pai* l’inflamma-
tion clironiqne de son tissu , pur des liémorrhagies utérines al)ondantes par une affeclion nerveuse générale j c’est sur ces affections (]ue doit porter toute raltention : le catarrhe n’est alors que secondaire.
Le catarrhe uléiûn supplétif d’une autre évacuation exige c[Li’on s’attache à la rétablir, lorsqu’d y a possdDdité. Cela est surtout nécessaire dans le cas de diminution dans la quantité des règles , de leur déviation ou de leur suppression.
Il en est de meme lorsqu’il dépend de la suppression de la transpiration. On tache de la rétablir , au moyi'ii de vêteniens chauds , de frictions sur les tégumens aA^ec une flanelle , imprégnée d’eau de Cologne ou de mélisse , ou de toute autre substance pénétrante ou aromatique. Si la malade i a les pieds froids et cîu’on remarque une suppres- ' sion dans la sueur des pieds , on lui fait porter des | chaussons de laine ou de taffetas gommé, on }j prescrit des pédiluves irritans , des cataplasmes | sinapiques aux jDiedsj, préparés avec un cinquième ’j de farine de moutarde , et de quatre parties de |j farine de graine de hn ; on expose les pieds à une chaleur douce et humide pendant la nuit, en |î les plaçant auprès d’une boule d’étain remplie iü d’eau chaude. On tache de la sorte de rétablir toutes les évacuations supprimées , et lorsqu’elles | ne sont pas de natureà é’r;; rappelées, on les rem- ,i place par mi vésicatoire ou par un autre exutoire/
Lorsque le catarrhe dépend de la fixation d’ud vice h Tétât chronique sur Tutérus , on fait usagé des moyens dont l’expérience a constaté Tutilité pour chacun de ces vices. La maladie ekt-elle entretenue par le vice syphilitique ? on prescrit le ■fraitement indiqué pour le catarrhe aigu produit par ce vice (i).
Si elle est due au vice scrophuleux , ôn etiioloie les memes moyens c[ue lorsque ce vice affecte toute autre partie du corps : le houblon, le quinquina, lè sirop anti-scorbutique, le muriate li’ammoniac , la teinture de gentiane et les au- 1res amers ; les frictions sur les tégumens ; les laux de ’Barrége ou de Bonne à l’intérieur, les .lains sulfureux extérieurement. On peut aussi combiner les anti-scorbutkpies avec les mercuiiaux. Il faut respirer, autant qu’on le peut, l’air le la campagne et s’abstenir de laitage et d’alinens de difficile digestion.
Lé catarrhe occasionné par un vice dartreux j :xige y après la diminution des symptômes inlammatoires, l’usage des moyens employés coure les dartres ; ainsi Ton prescrit les décoctions e douce-amère, de^scàbieuse , de fumeterre , de patience , de réglisse , ' les sucs dépurés de ces liantes ; les antimoniaux, les eaux minérales sul-
(0 ^ oy. du catarrhe aigu , pag. 242.
foreuses, la ciguë soit en extrait, soit en sirop ,
' ies vésicatoires, les cautères et les autres exutoires. Si la maladie était déterminée par un vice rhumatismal, on tAcherait de rappeler ce vice dan^ les lieux c[ui en auraient été primitivement le siège, au moyen de frictions, de sinapismes, de l’application d’un vésicatoire ou même de la glace sur ces parties. On donnerait à l’intérieur l’extrait de jusquiame , en commençant d’abord par une dose très-petite. On en prescrirait des pilules d’un quart de grain, chaque jour, en en portant graduellement la dose à un demi-grain , à un, à deux et même à trois grains. On donnerait aussi d’autres substances légèrement cal- mantes et sudorifiques.
Quand la maladie est produite par un vice ) goutteux, on cherche à déterminer le transport de ce vice aux extrémités inférieures. On a re- ; cours pour cet objet aux pédiluves irritans, pré- ! u parés avec la moutarde ou l’acide muriatique t ti délayé dans une grande quantité d’eau , ou avec î üi d’autres topiques attractifs. Du moment où les iük symptômes inflammatoires sont diminués, on fait 8;^ usage des diurétiques, tels que l’infusion de tur-’ i ) quette, de raisin d’ours. Les eaux minérales sul- tiüj fureuses , les- préparations ferrugineuses , lesfijg^ baumes naturels sont aussi tTès-bien indiqués , eiu i ayant soin de les combiner avec les niucilagineux ,, i ^ pour cpie leur action ne soit pas trop échauf-
faute. Les mercuriels , ordinairement indispensa* ])les dans le cas où la maladie est entretenue par le vice syphilitique , sont ici contraires : leurs mauvais effets deviennent même un signe pour distinguer le catarrhe goutteux du catarrhe syphilitique. Lorsque ces deux principes existent eii même temps , il est bon de commencer par com« battre les accidens de la goutte , pour passer ensuite à ceux du vice syphilitique.
Le catarrhe déterminé par une débilité générale ou locale exige de même un examen appro- , fond! des circonstances qui peuvent l’entretenir.
Quand la débilité est produite par une maladie chronique de quelque organe éloigné de l’utérus ^ il faut peu s’en occuper : on ne cherche à remédier qu’à la maladie principale , dont le catarrhe est une affection secondaire.
Si le catarrhe dépend d’erreurs dans le régime j d’abus dans les boissons énervantes , de passions ti’istes , ou d’autres circonstances propres à occasionner de mauvaises digestions ; si cette maladie , à raison de son ancienneté , a pris le caractère d’un catarrhe constitutionnel, on a recours à l’usage des amers et des fortilîaris. Les mieux appropriés sont leS diverses préparations de quinquina. Outre sa propriété tonique , cette substance a une qualité astringente qui la rend propre à diminuer et à faire cesser toutes les excré^
lions de matières fournies par les raembraiieà muqueuses. Il en est de même du bois de quassia amara. J’ai souvent retiré de bons effets d’un vin préparé aVec ces deux substances. Les décoctions de cachou , de racine de gentiane , d’aunée , les infusions de marrhübe , de plantain , de fleurs d’ortie blanche sont aussi très-utiles ; on retire de même de bons effets d’un gros de thériaque avant de se coucher , du sirop anti-scorbutique , des conserves de roses ou de cynor- . rhodon , prises avant le dîner ^ de ces mêmes conserves unies au sulfate d’alumine , des eaux et des préparations ferrugineuses, des eaux de Barrège, de Seltz, de Spa , etc.
Il est bon d^avoir recours quelquefois aux vomitifs et' aux purgatifs doux, ou de placer quelque exutoire pour étabbr une sorte de dérivation. L’on peut aüssi , pour relever l’action de l’utérus et diminuer la faiblesse locale , employer des injections aromatiques et légèrement astringentes , préparées avec Une infusion de fleurs de roses rouges dans de gros vin ; une dissolution légère d’acétite de plomb , etc. L’application d’un emplâtre de thériaque et d’assa fætida sur le creux de l’estomac peut encore être utile. .
Observons cependant cpie lorsque le catarrhe est ancien , il est devenu une sorte d’émonctoire , auquel la nature s’est habituée , et dont la cessa-
tîon subite serait pernicieuse ; il est bon alors do n’en opérer la guérison que d’une manière graduelle.
De la supj)ression du catarrhe utérin chroniquci
Le catarrhe utérin chronique est une affection si commune dans les grandes cités , si rebelle à toutes sortes de traitemens J tellement contrariante pour les personnes qui en sont affectées qu’mon ne saurait imaginer la diversité des moyens auxquels on a recours pour en être délivré. Quand ces moyens ont procuré lentement et d une manière insensible la cessation du catarrhe, c[ue les forces vitales se sont accrues, au lieu d'être diminuées , et qu’on a remplacé le flux séreux par quelqu’autre excrétion, cette cessation est une vraie guérison; mais lorscju’elle a été opérée subitement , le mode d’action de la membrane mucp^ieuse est troublé , la sécrétion de la sérosité cjue cette membrane fournit habituellement, est interrompue , et il en résulte divers accidens , souvent très-graves.
Ces accidens se rapprochent beaucoup de ceux, de la suppression du flux menstruel , du flux hémorrho'idal et des autres suppressions. Tantôt la femme éprouve les symptômes d’un état de pléthore , un sentiment de pesanteur à la tête , des douleurs dans cette partie^ des éblouissernens ,
des douleurs rhumalismales , des inflammaliona aux yeux , à la poitrine ou dans quelcpie partie du corps ; tantôt elle est sujette à des affections nerveuses ^ à des spasmes utérins ^ et même à des accès d’épilepsie.
Il résulte en outre habituellement de cette suppression un trouble dans les fonctions digestives , des vomissemens^ et quelquefois des symptômes d’un squirrhe , ou d’une affection propre du tissu de l’utérus , selon les moyens qui ont servi à déterminer la cessation du catarrhe.
Ces moyens sont très-nombreux : la suppression peut êlre produite par Tusage des astringens , pris intérieurement ou portés localement sur les organes utérins, par l’abus des émétiques, des purgatifs, des bains froids; par l’application de la glace pilée , ou d’autres corps froids sur le bas-ventre ; par l’usage intérieur de cette substance, par celui des vésicatoires, des sinapismes, ou d’autres révulsifs trop multipliés , par des affections morales trop profondes , même par l’invasion de quelqu’ autre maladie , telle qu’une affection aigüe du poumon, ou ime inflammation de l’utérus.
, La suppression est plus ou moins dangereuse , en raison des accidens qui en sont résultés , de la nature des causes qui l’ont produite , et de l’anplenneté de l’affection catarrhale.
accidens de la pléthore, ainsi que les ma-^
ladies inflammatoires et rhumatismales qui sont un efiel de celte suppression , cèdent généralement en peu de temps , h un traitement convenable. Il n’en est pas de même des accidens nerveux ; leur guérison s’opère lentement; lamaJa- ' die reparaît fréquemment ; elle résiste même parfois à tous les moyens de l’art. On remédie aussi avec facilité à la suppression qui tient à une irritation locale de l’utérus ; celle qui dépend d’une inflammation de cet organe ou de toute autre maladie aigue, tant générale que locale , ne présente d’autre danger que celui de la maladie elle-même.
Dans le traitement de la suppression du catarrhe utérin , il faut avoir égard aux accidens qui en sont résultés , aux causes qui l’ont provoquée , et s’attacher à faire reparaître lé flux séreux.
Quand la suppression a donne lieu à une pléthore générale , on y remédie au moyen de pédiîuves irritans , de fumigations sur les parties naturelles , et d’application de sangsues sur ces mêmes parties. Si elle a occasionné une maladie inflammatoire , on la traite par la saignée , par les. boissons adoucissantes , et par les moyens usités contre cette inflammation , en les combinant avec ceux qui sont propres à rétablir le flux muqueux de l’utérus.
Lorsque les accidens , déterminés par la suppression , ont un caractère nerveux ,, on emploie
ic*s bains , les caïmans et les autres moyens in-. diqués contre les affections nerveuses de Tutérui^ ou de toute l’économie (i), en les combinant de même avec ceux qui sont propres à provoquer le retour de l’écoulement.
Les cataplasmes synapiques , les vésicatoires aux cuisses sont alors les moyens dont on retire ^es effets les plus prompts.
Quand 1^ maladie est déterminée par l’inllamsmation du tissu propre de l’utérus , survenue à la suite des astringens on s’occupe seulement de cette dernière maladie (2). S’il n’existe qu’une violente irritation dans les organes génitaux , on prescrit les boissons muqueuses, mucilagjneuses et calmantesà l’intérieur , les demi-bains plusieurs jfois réitérés dans la journée, des injections avec une décoction de plantes mucilagineuses et calmantes , des fumigations avec ces mêmes décoctions ou avec la vapeur d’un bouillon gras sur les parties naturelles ; on fait appliquer des sangsues sur ces mêmes parties , ou à la partie interne des cuisses ; on prescrit des bains de pieds , des sinapismes aux jambes et aux pieds ; on applique des cataplasmes sur le bas-ventre , faits avec de la farine de graine de lin et une décoction de pariétaire et de mercuiâale.
(i) des lésions des propriétés vitales de futénis.
(9.'l Voy. de rintlanimalion du tissu propre de rutérus.
f[ïl
La maladie est-elle déterminée par l’impres-^ j ion d’un corps froid ? on insiste sur les frictions wec une brosse à poils doux ou de la flanelle sur la peau ; on donne des boissons calmantes et lér'èrement toniques : les feudles d’oranger], les ' leurs de safran’, etc. ; on insiste de même sur les ;)édiluves irritans , sur les sinapismes et sur les umigalions que l’on fajt principalement avec des iilantes aromatiques.
Lorsque la maladie est survenue lentement à a suite d’une affection chronique , tant de l’utérus jpie de tout autre organe , on doit faire très-peu d’attention à cette suppression. On peut cependant provoquer le retour du catarrhe par les émolliens ou par les irritans dirigés vers l’organe itérin ; mais ces moyens ne peuvetit être que imbprdounés à l’affection principale,
"9e l’inflammation des ligamens de l’utérus , des trempes et des ovaires.
Les ligamens de l’utérus , les trompes et les ovaires sont ordinairement affectés d’inflammalion, en même temps que les tissus de l’utérus, cependant cette maladie peut les attaquer isoiérnent et se montrer à l’état aigu ou chronique. Comme ces parties sont très-rapprochées les unes des autres et situées profondément dans l’abdo'-
nien, les signes de riiiflammation leur sont communs, et il n est guère possible de distinguer celle qui est le siège de cette maladie.
Leur inflammation à l’état aigu se manifeste par un sentiment de chaleur, et une douleur pongitive dans un des côtés de la région hypogastrique. Ce côté se tend et présente l’aspect d’une i houle. Bientôt le gonflement se propage à la to- * talilé de l’ahdomen , qui devient excessivement | douloureux ; l’utérus ne tarde pas à acquérir de i la sensibilité et à participer à l’inflammation ; ^ les douleurs deviennent extrêmement aigiies ; ' elles s’étendent à l’aine et à la cuisse du côté 11 affecté ; la respiration devient courte , le pouls f fréquent, dur , plus ou moins concentré,
La marche de cette inllammation est à peu près la meme c[u© dans celle du tissu propre de l’utérus. « La maladie peut occasioner lamort, du quatrième au cinquième jour, se terminer par résolution du huitième au onzième , ou par suppuration du douzième au quatorzième. Dans ce cas, le pus est renfermé dans un kyste particulier qui fait souvent saillie , et que l’on peut ouvrir en-dehors. Parfois le kyste contracte des adhérences avec une portion du conduit intestinal ; il s’ouvre dans ce conduit et le pus est rendu par les selles. Ce kyste pourrait aussi s’ouvrir dans l’abdomen et occasionner une mort prompte. Quelquefois l’inflammation se termine par induration.
Cette inflammation survient ordinairement aux unes femmes d’une constitution avec prédomi- 3nce du système sanguin , et dont les passions >nt vives. Elle n’arrive guère que dans le pre- ■lier mois qui suit raccoucliement. Elle peut cependant se manifester à toute autre époque , sur- )ut lorsque les ovaires ou les trompes sont engorgés depuis long-temps.
Le traitement est le même que celui de l’innammation de l’iitérus. La saignée du bras réitéée , en raison des forces de la malade , l'applicaon des sangsues à l’abdomen et aux parties na-* i orelles ; les boissons mucilagineuses et calmantes , es embrocations émollientes sur le bas-ventre, es demi- bains lorsque la malade peut les suptorter, les cataplasmes sinapiques aux pieds, ou t la partie interne des cuisses; les vésicatoires :ux jambes et aux cuisses quand les symptômes nflammatoires commencent à diminuer , afin de irocurer une dérivation utile, de soutenir les ’orces et de prévenir un épanchement dans l’abllomen ; tels sont les premiers moyens qu’on doit employer dans cette circonstance.
Lorsqu’on sent la fluctuation , on se hâte de itaire avec un bistouri une ouverture profonde ilians l’abdomen^ et de pénétrer jusque dans lé Foyer de la tumeur. Le pus s’écoule extérieureimient, et l’on peut espérer la guérison de la naalade.
Au .mois (le janvier 1807, je fus appelé poui* la femme d’un artisan , accouchée depuis vingt jours , et qui était atteinte d’un rhumatisme aigu au bras droit , compliqué d’un fort embarras bilieux. Le lendemain , la maladie se porta sur l’épaule gauche; le troisième jour, il se manifesta du côté gauche de l’abdomen des douleurs aigues , intolérables , qui nécessitèrent l’emploi de deux saignées du bras. Comme les souffrances étaient excessives , et qu’il n’était pas possible de faire prendre des bains de pieds avec de la moutarde , je fis mettre des cataplasmes siriapicjues aux pieds. Le ventre continua a se tendre , la respiration était courte , très-laborieuse , la malade éprouvait des défaillances et ses forces semblaient s’épuiser; je fis appliquer un vésicatoire à la partie interne des cuisses.
Cependant au huitième jour , il se manifesta des frissons , le ventre présenta moins de tension , surtout du côté droit , les tégumens de cette partie étaient légèrement oedémateux; je jugeai que l’inflammation se terminait par suppuration. ,M. Dubois , appelé en consultation , fut de mon avis. La fluctuation ne lui parut pas cependant assez évidente. Deux jours après, on put la sentir plus distinctement , et on fit une incision profonde sur le côté gauche de la région hypogastrique ; il en découla une énorme quantité de’ matière purulente qui était renfermée dans un kyste
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irticulier,* nous jugeâmes, d’après la situatiorl i dépôt et l’inspection des parties , que la ma- ’ilie avait son siège dans les ligamens larges; )us entretînmes l’ouverture de la plaie , pour mner issue au plis , qui continua à couler les iirs suivans , et la malade n’a été rétablie qu’au ut de deux mois : elle a eu depuis un second y'ant.
Lorsque le dépôt s’oUvre dans le colon , et que pus sort avec les selles , il faut se contenter de, onner des demi-laveraens , et de soutenir les rrces : la maladie est aussi d’une longue durée , f ais elle a ordinairement une terminaison heu-^ lîLise.
Une dame, d^une constitution nerveuse , âgée trente-huit ans , peu réglée , avait depuis plueurs années deux tumem’S sur les deux côtés a la région hypogastrique , qu’à raison de leur I tuation et de leur forme 3 on regardait comme épendantes d’un engorgement des ovaires.
Au mois de mars 1810, la tumeur du côté auche prit du volume, devint douloureuse : iientôt la région hypogastrique participa à cette ansion , et présenta de Ce côté une tumeur glo- Luleuse. La maladie prit un caractère inflammaaire , pour lequel on eut recours aux anti-phlolisliques : l’abdomen continua à se tendre; la louleur devint très-vive , la respiration très-îa- •)orieuse, l’urine rare et d’un rouge foncé; le
pouls serré et fréquent ; la malade parut dans le ; „ plus grand danger.
En procédant au toucher , on ne pouvait pas i arriver au col de l’utérus. Le vagin était rempli ^ d’une tumeur volumineuse , très - douloureuse que l’on ressentait de même du côté du rectum, i | et qu’on jugeait être formée par le corps de(| l’utérus. Une huitaine de jours s’était écoulée il dans cet état , lorsque les symptômes inflam- 1 i matoires commencèrent à diminuer. Le ventre ( parut moins tendu du côté droit; il restait ce-| pendant très-tendu du côté gauche et formait de| i ce côté une tumeur considérable. La maladie [ I fut stationnaire pendant dix jours > après les-l i quels la malade rendit par le fondement une* 1 énorme quantité de matière purulente très-fé- | tide , ce c[ui diminua de beaucoup le volume de 1 'la tumeur. Cette évacuation continua les jours!» SLiivans , et il était à craindre que la malade nef succombât ’ par l’effet de l’épuisement. Je pres-| crivis l’usage des fortifîans , de concert avec | M. Maygrier, et le rétablissement bit opéré dans • l’espace de deux mois.
Si le dépôt s’ouvrait dans l’abdomen , tous les J secours de l’art seraient impuissans.
L’inflammation chronique , tant des ovaires que ft des trompes et des ligamens , ne s’observe guère | ’i que par suite d’une inllammatlon chronique des'j-i tissus de l’utérus. Elle présente peu de signes h
extérieurs , et elle n exige que l’emploi des moyens usités contre cette inflammation.
-I De V inflammation du vagin.
Le vagin participe ordinairement à rinflainma^ ion tant de l’utérus que de sa membrane muqueuse. Cependant il peut être enflammé seul. ^Son inflammation est aigüe ou chronique.
L’inflammation aigüe s’annonce par un sentiliment de chaleur dans les parties naturelles. Le. iragin devient rouge, tendu et douloureux. La imalade éprouve des difficultés pour uriner. Elle marche difficilement , la constipation est opiniâtre* Cette maladie peut être occasionnée par üne Il lésion mécanique. Ainsi elle arrive fréquemment l]par suite de la compression que la tête de l’entfant exerce sur le vagin dans les accouchemens llaborieux^ de blessures, de contusions , lors de j l’application du forceps pour l’extraction de l’enhfant : elle peut être occasionnée p£^r les vices et h par les autres causes de l’inflammation des tissus |tde l’utérus.
L’inflammation du vagin se termine par résolution du huitième au douzième jour^ ou par suppuration du dixième au quinzième ; elle forme alors des abcès mdolens , qui, lorsqu’on n’a pas été prévenu des accidens précurseurs , pour-
raient être pris pour une hernie , attendu que là tumeur est molle , indolente , et que le pus fuse et disparaît sous la pression des doigts , comme le ferait une anse du conduit intestinal. La maladie se termine fréquemment par gangrène , dans le cas de lésion mécanique ; lorsque les escarres gangréneux se détachent , il en résulte une dé-
perdition de substance et une fistule recto-vaginale , Ou vésico-vaginale (i).
Le traitement de cette inflammation est le même que celui de rinflammation aigüe des tissus de l’utérus : la saignée , les demi-bains , les bains , les boissons émollientes et calmantes , etc. S’il existe quelque vice , on le combat par des moyens appropriés.
Quand la maladie se termine par suppuration, on ouvre l’abcès , dès qu’on s’est aperçu de sa formation. Lorsqu’elle se termine par gangrène , on emploie les toniques , et l’on se comporte comme il a été dit en traitant de la perforation du
vagin.
L’inflammation chronique du vagin est une continuation de celle des tissus de l’utérus correspondans, et elle n’exige pas d’autres moyens que ceux ilicbqués contre l’inflammation de ces , tissus.
(i) V. de la perforation du ragin.
Des hémorrhagies utérines.
Quelques auteurs comprennent sous le noni 1 fli riiémorrhagies utérines tous les écoulemens de i-ang par le vagin, meme les évacuations périodiifues. D’autres ne désignent sous cette dénominaion que les évacuations qui se font hors le temps tes règles, et les règles elles-mêmes lorsqu’elles U i^ant immodérées. C’est cette dernière acception lue nous adopterons.
Quoique l’ori ait beaucotip écrit sUr cette parue de la médecine, elle présente encore de gran-^ tes incertitudes , tant relativement à la connaismce des diverses espèces d’hémorrhagies , que par rapport à la conduite à tenir pour chacune (elles.
Ces maladies sont quelquefois des affections .'imitives : le plus souvent elles ne sont que l’effet ricondaire d’une autre maladie.
J Les idées que l’on s’en est formées ont beaucoup ! né , en raison des progrès de l’anatomie et de (physiologie. Les anciens avaient profondément édité sur la manière dont s’opère l’écoulement 1 sang. Suivant eux , ce fluide peut sortir des vaislaux par érosion, par rupture, par solution de iillnulté ; par la dilatation des vaisseaux capll- Il res ( anastomose ) , ce qui correspond à ce qu«
nous appelons actiiellemenl exhalation ; enfin par l’écarlenient des fibres des vaisseaux.
Dans des temps plus modernes, on ne croyait î’hémorrhagie possible , que dans le cas de la lésion des vaisseaux ou du tissu de futérus. Il appartenait à Bicbat de faire revivre la théorie de l’anastomôse , et de la démontrer par une suite d’expériences non moins ingénieuses qu’uliles. Ses re- j cherches ont prouvé que l’hémorrhagie peut avoir j lieu par une pure exhalation des vaisseaux capil- | laires , produite par une exaltation ou par une i diminution des propriétés vitales de ces vais- > sçaux.
En effet , on ne trouve souvent à l’ouverture jdes corps, ni érosion, ni ulcération qui puisse • faire soupçonner la rupture des vaisseaux san- : guins , ni cicatrice qui annonce une rupture an--) térieure , et l’on Remarque au contraire que la^li membrane muqueuse qui fournit le sang épaisse et plus rouge.
La classification des hémorrliagies utérines ali 'encore été un sujet de controverse. La plupart | des auteurs ont pris pour base de leurs division^ I l’âge du sujet et les divers temps de la grossessilt '* ou de l’accouchement. Cette division préseiil(|é sans doute des avantages; mais elle est peiij exacte, puisque la même hémorrhagie ]ieui j ' avoir heu à ces diverses époques, tandis qW'| ^ l’une de ces époques quelconque , on reniarqu| i
est plusMI
des liéniorrhagies de nature absolument diffé^ renie.
Il est des auteurs qui ont confondu toutes les espèces d’hémorrhagies ; d’aulres les ont trop mulüpliées J et en ont établi qui rentrent évidemnient les unes dans les autres , et ne présentent i que quelques variétés dans les causes , sans en apporter aucune dans le traitement.
Au lieu de chercher a nous faire remarquer par lune nouvelle classification , nous avons cru nous 1 rendre plus utiles en rapportant les diverses espèces (d’hémorrhagies utérines aux divisions générale- .ment admises pour les autres hémorrhagies , et <en les distinguant en actives passives, et par léssion des vaisseaux. Cette distribution nous a jparii plus juste et plus propre à diriger dans le I traitement de ces maladies.
tDes hémorrhagies utérines par excès action ^
ou actives.
Les hémorrhagies par excès d’action , ou ac-^ ttlves , ont pour caractère essentiel, suivant Cuilen , td’ètre unies à un certain degré de fièvre. Ce signe me nous paraît cependant pas caractéristique, car <011 voit des hémorrhagies par excès d’action dans lesquelles la fièvre n’est pas sensible ; tandis fcpi’elle survient dans des hémorrhagies par défaut
d’action , telles que celles qui accompagnent 1© cancer et la plupart des affections chroniques de l’utérus.
La lièvre peut encore se développer dans une hémorrhagie par lésion d’un vaisseau sanguin, et l’on ne pourrait, sans abuser des termes , et sans jeter du désordre dans le traitement, placer cette dernière au nombre des hémorrhagies actives.
Nous chercherons donc un caractère plus général , et nous dirons que les hémorrhagies uté-* rines actives sont celles dans lesquelles il y a un excès d’irritation , une exaltation dans les propriétés vitales des systèmes nerveux et vasculaire.
Ces hémorrhagies présentent trois variétés : elles peuvent avoir lieu par pléthore , par spasme , ou être critiques. L’excès d’action peut encore être général, ou borné aux portions nerveuses et vasculaires de Futérus.
Les hémorrhagies actives par pléthore géné-^ raie ont des symptômes précurseurs, et s’annoncent par un sentiment de pesanteur à la tête , et par des éblouissemens ; la face est colorée , les paupières s’ouvrent à peine , la malade éprouve des lassitudes dans les jambes , une tension et un gonflement dans les mamelles, des douleurs gravatives dans les réglons hypogastrique et lombaires , un prurit et des démangeaisons vers l’utérus , quelquefois un mouvement fébrile , marqué
' par un sentiment de froid dans les membres ; une légère liorripilalion , suivie de chaleur et de l’éicoulement par le vagin d’un sang vermed plus ou î moins abondant ; le pouls est variable , moins ifrécpient à mesure que le sang coule, souvent {faible, petit, irrégulier, inégal, à cause de l’in-^ iquiélude qu’éprouve la malade ; il se développe ipar la saignée , lorsque les forces n’ont pas été tépuisées par l’hémorrhagie.
Le col de l’utérus n’est iii dilaté , ni engorgé , eet n’a aucun caractère d’affection loçale.
‘ Le sang que l’on retire de la veine présente un© fcouenne, semblable a celle qu’on observe dans les maladies inflammatoires , quoique moins l'épaisse , moins blanche, imitant moins la forme ‘ id’un champignon.
Si l’hémorrhagie est peu abondante et de peu jnle durée , les malades se trouvent bientôt senil^lement soulagées , raccablement se dissipe , et 11 est suivi d’un bien-être général. Quand l’écoufemeïit se prolonge immodérément pendant plu-\ iieiirs jours, ou se renouvelle fréquemment, il ;st quelquefois suivi du renversement incomplet le l’utérus, qui contribue lui-même à entretenir i’hémorrhagie ; les forces se perdent, l’ap])étit llsparaît , les malades éprouvent une grande fai- )lesse d’esprit, des palpitations , des syncopes, es extrémités deviennent froides , oedémateuses , L'ft marche est pénible, le teint devient plombé;
l’oppression se fait sentir après le moindre exercice, la débilité devient générale, les digestions se détériorent , la nutrition se fait incomplètement , les organes s’affaiblissent , et il survient diverses maladies, telles que l’hydropisie, le marasme, etc.
Les liémorrbagies spasmpdiques surviennent généralement, sans aucun symptôme précurseur, à la suite d’une violente contrariété ou de quelque forte émotion , et elles ont moins de durée c[Lie l’hémorrhagie par pléthore; quelquefois elles sont produites sympathiquement par une irritation sur quelqu’autre partie. Je fis, au mois de janvier 1809, la ligature d’une excroissance à la tête d’une dame polonaise , et il se manifesta une heure après une- hémorrhagie utérine. On doit ranger dans celte division tous ces retours de règles hors de leur époque ordinaire , si fréquens h la suite de quelques passions exaltées.
Les hémorrhagies critiques se manifestent spontanément dans le courant d’une maladie aiguë , surtout dans les affections exanthématiques , comme la petite vérole , la rougeole, les éruptions miliaires, etc.
Les hémorrhagies qui tiennent à un spasme ou ^ une pléthore , bornés à l’organe utérin , s’annoncent par de la pesanteur , de l’engourdissement dans le has-venire et dans les reins, el par tin prurit vçrs l’orifice de l’utérus. Bientôt, h la
(d’une légère horripilation , le sang s’échappe de H’utérus avec plus ou moins d’impéluosibé : il est «ordinairement vermeil ou mêlé de caillots ; son l'écoulement a plus ou moins de durée ; c[uand il fse prolonge plusieurs jours , il occasionne unedé- Ihilité générale, des faiblesses, des vomissemens, (Ct peut jeter la malade dans un élat de marasme.
Les effets de cette hémorrhagie sont variables. ;I1 est des femmes qui perdent pendant plusieurs jours une quantité de sang considérable , sans «en être incommodées; d’autres, au contraire , (éprouvent des faiblesses, une sorte d’anéantis- •sement, pour quelques onces de sang c[u’elles ont 1 perdu. ,
Dans les hémorrhagies actives , l’écoulement du sang a lieu sans lésion de vaisseaux , par une ' exhalation des vaisseaux capillaires ; elle est dé- ■ terminée par une exaltation des propriétés vitales de ces vaisseaux, ou par une surabondance de force dans l’économie.
Ces hémorrhagies peuvent avoir lieu pendant l’état de vacuité de l’utérus , et pendant la grossesse y surtout durant les premiers mois.
Il est vrai que la plupart des auteurs qui ont. traité des pertes utérines pendant la grossesse, ne font pas mention d’hémorrhagies actives ; que beaucoup d’entr’eux ment même la possibilité d’hémorrhagies qui ne dépendraient pas du dé-
pollement clii placenta , de la rupture du cordon ombilical , ou d’une lésion du tissu j^ropre de l’utérus. Mais les raisons sur lesquelles ils s’appuient sont démenties par l’expérience ; chaque jour on rencontre de ces hémorrhagies pendant la grossesse , qui s’arrêtent au bout d’un certain temps, et ne portent aucun trouble dans l’état de la femme , tandis quelles produiraient l’avortement , si elles provenaient d’une lésion des vaisseaux de l’utérus pu de ses dépendances.
L’hémorrhagie active , par pléthore générale , arrive principalement aux personnes d’une constitution forte avec prédominance du système sanguin , surtout au moment du retour d’âge.
Une vie sédentaire , une nourriture trop succulente , la suppression du flux menstruel , des hé-^ morrhoïdes, ou d’une saignée habituelle, et généralement tout ce qui peut augmenter la pléthore dispose à ces hémorrhagies. Il en est de même de l’exposition è une forte chaleur , dont | l’effet est de stimuler , d’irriter les systèmes ner- j veux et vasculaire , de raréfier le sans et d’ausinenter sa congestion dans les vaisseaux. Aussi voit-on les habitations trop chaudes, ou les chaleurs excessives de certains climats , produire fréquemment des hémorrhagies. La diminution subite du poids de l’atmosphère peut aussi , quoiqu’avec une moindre intensité, avoir le même ^ffet ; il en est de même du froid appliqué extérieu-
rement, il crispe la peau , change la distribution du sang et le dirige vers les parties internes.
L’abus des préparations mercurielles , principalement du muriate sur-oxigéné de mercure , qui est une cause si fréquente de l’hémoptisie , peut encore porter atteinte au système sanguin , et déterminer l’hémorrhagie de l’utérus. On doit attribuer les mêmes effets aux irritans , tant généraux que locaux , qui peuvent accroître l’exaL tation des forces vitales , et par suite l’activité de la circulation : de ce nombre sont l’abus des liqueurs alcooliques , un exercice violent , les secousses d’une voiture à l’époque de la menstruation , trop d’ardeur pour les plaisirs des sens , surtout pendant le même période, une longue course à pied , des affections nerveuses , des mouvemens de colère , des attaques d’hystérie , une grande frayeur.
L’hémorrhagie critique est un effet ordinaire de la terminaison incomplète de quehjue maladie putride , ou de la petite vérole.
En général l’hémorrhagie qui tient à une exci-. tation locale est produite par une irritation despar-^ ties sexuelles, telle que l’abiis des plaisirs vénériens, surtout pendant la menstruation, par l’usage des chaufferettes, etc. Quelquefois elle est déterminée sympathiquement par une irritation dans un lieu très-éloigné de l’ùtérus, laquelle se transmet dans cet organe par un mode qui nous est inconnu.
Il est souvent difficile de distinguer les unes des ciLilres ces différentes hémorrhagies, et surtout de ne pas confondre ensemble celles qui dépendent d une excitation générale , et celles qui proviennent dune excitation locale. On y parvient cejiendant avec un peu d’attention. i
D^ins l’hémorrhagie par excitation générale , la , face est colorée, les yeux sont vifs, la chaleur du ' corps est plus élevée, la soif ardente, le pouls accéléré , fébrile, le sang est rutilant , rouge , épais , peu séreux : tout annonce un excès de force dans r la constitution.
îs
Dans l’hémorrhagie par excitation locale , la malade est, en général, faible, le visage est pâle, les mamelles sont affaissées ; elle a peu; d’appétit et éprouve diverses affections , suite de > l’atonie , telles que l’hydropisie, l’anasarque, etc. L’énergie vitale est très-bornée, et ne paraît pas s’étendre au-delà des organes qui sont le siège de > * la maladie.
Ces caractères, à la vérité , ne sont pas tou jours suffîsans pour distinguer ces deux sortej d’hémorrhagies. Mais , dans les cas douteux , le erreurs dans le traitement sont peu dangereuses elles proviennent de la réunion des symptôme
rt.
d’une excitation générale à ceux d’une excita
lion locale, et l’on ne peut mieux agir qu’en tral tant la malade comme si elle éprouvait à-la-foi
ces deux genres d’irritation.
Ces hémorrhagies , tant qu’elles sont peu ahon^ (lantes ^ n’entraînent pas avec elles beaucoup de danger : elles peuvent n’être qu’un effort salutaire de la nature , et il y aurait alors de rinconvénient à les arrêter. On pourrait accumuler les forces vitales sur un autre organe , et y déterminer une congestion sanguine.
Quand elles soi^; plus fortes , il faut toujours ' s’assurer , au moven du toucher , si elles n’ont pas occasionné le renversement de l’utérus , et l’on cherche à les arrêter, avant cju’elles ne produisent dans toute l’économie un affaiblissément qui pourrait avoir un résultat fâcbeux. Il est cepen- " danlbon d’observer que les femmes qui ont perdu souvent une énorme quantité de sang se rétablissent ordinairement avec promptitude , surtout quand elles sont jeunes, et qu’elles ne sont affectées d’aucune maladie du tissu de rutérus.
Lorsque ces hémorrhagies sont fréquentes et habituelles, elles déterminent un affaissement des vaisseaux , qui se remplissent plus facilement , elles deviennent plus sujettes aux rotours et sont plus difficdes à guérir.
Lés hémorrhagies critiques indiquent fréquemment une terminaison heureuse des maladies aigues ; d’autres fois , surtout dans les maladies, exanthématiques , elles annoncent une grande prostration des forces.
Le premier objet du traitement des hémorrha-
gies utérines actives , quelle qu’en soit la variété , est de modérer ou d’arrêter l’écoulement du sano-
du moment où il est trop abondant, et d’en prévenir le retour.
On commence par recommander le repos ab- i solu , et par diminuer la chaleur générale , qui contribue à entretenir l’érétisme des vaisseaux , et, par suite, l’iiémorrhagie; on ôte une grande partie des couvertures , et on fait transporter la malade dans un lieu froid.
On lui donne avec abondance deî5 boissons légèrement acidulées , telles (^ue de l’eau avec du sirop de limon ou de vinaigre , une très-légère quantité d’acide sulfurique , délayé dans une décoction d’orge avec un peu de sucre , jusqu’à agréable acidité , du petit lait , avec addition d’une once de sirop de grande consolide et de dix grains de nitre pour une pinte de pétillait, du bouillon de poulet, dans lequel on a fait cuire des amandes, du bouillon de veau, etc. ; on frotte les tem^' pes avec de l’eau et du vinaigre.
Si ces moyens étaient insufl^sans, on appliquerait sur le bas-ventre des compresses trempées dans de l’eau et du vinaigre , et l’on chercherait à opérer une révulsion des forces vitales sur un autre point de l’économie.
Quand la constitution est forte, et qu’on remarque de la pléthore , on tire du bras une ou
: ïleux palettes de sang, opération que l’oil peut ! réitérer plusieurs fois.
Si la frayeur s’est emparée de la malade , si t elle est pâle ou blême , si les extrémités sont froi- ’ des , si le pouls est petit , éteint , quoiqU ’il y ait j peu de sang répandu , la saignée ramène le calme et rétablit les forces ; mais elle est dangereuse > 3 ainsi que les autres évacuans , lorsque les accidens ssont l’effet d’une grande perte de sang;
. Des vésicatoires au bras , à la nuque, au-des-^ sous des seins parviennent aussi souvent à arrêter cette hémorrhagie, lorsqu’elle est rebelle.
Les vomitifs, les purgatifs doux, comme débilitans et révulsifs , peuvent encore être utiles.
Les antispasmodique s "j tels que les infusions I de feuilles d’oranger , de tilleul. Tassa fætida , le castoreum, le musc, le laurier cerise, la digitale
lie
ns||i pourprée ; les diverses préparations d’opium , le : ' camphre , Tétlier , unis aux boissons émulsion- 1Q- ; unées, conviennent très-bien lorsque Thémorrlia-^ nbi|*:gie paraît être déterminée ou entretenue par un état spasmodique de Tutérus , ou par une exalta^ tion dans le genre nerveux.
L’hémorrhagie critique n’exige aucun traite-^ ment particulier , même lorsqu’elle est abom dante. On ne ferait que troubler J es efforts de la nature , dont elle est un effet secondaire.
Lorsque l’hémorrhagie paraît tenir h une irri-^ tation locale de Tutérus, il faut chercher à mode-
î'er cette irritation; i.° par l’application des sarig->)||, sues au périnée; par des vapeurs émolllenles ^ & dirigées sur les parties génitales^ ou par des in-ffi jections dans ces parties ; par des lavemensrt, émolliens. ij
2.0 Par l’usage des boisions mucilagineuses etfp! acidulées J par l’emploi des révulsifs, tels que lesli|j synapismes, les ventouses sèches, sur les meraJ bres supérieurs , l’immersion des mains dans l’eaui é chaude, par les purgatifs et par les vomitifs. | Ces moyens doivent être continués avec un certaine persévérance ; il est bon quelquefois suivant Desessarts , de faire précéder l’applica tlon des sangsues par une ■saignée générale.
Une clame d’environ trente ans , d’une taill svelte , qui avait éprouvé de violens chagrins , e cjui avait fait pendant plusieurs années de suit des voyages fatigans, était sujette depuis cjuel c|ue temps à des pertes utérines y qui devenaier de plus en plus abondantes et douloureuses : plu sieurs saignées du bras avaient été sans succè Desessarts fut appelé , et il observa les symptô] mes suivans : une hémorrhagie utérine cpii durai depuis huit jours , avec évacuation de caillot noirâtres et de sang rouge et litjuide ; le pou] petit, dur, précipité; les yeux brillaiis ; de| douleurs aigües se succédant rapidement , e suivies d’une faiblesse penda'nt lacpielle se fai sait l’évacuation ; la région hypogaslricpe te
<iue ^ excessivement douloureuse ; Turine rare et mélée de sang. Ce praticien lit faire l’application de quatre sangsues au périnée , et ordonna qu’elle fût répétée douze heures après. A la seconde application , il survint un calme parfait , les règles continuèrent quelques jours , en diminuant graduellement , et tous les accidens disparurent.
Une jeune femme, dit le meme auteur , d’un tempérament sanguin, était accouchée heureusement de son second enfant depuis deux mois et demi. Le retour des règles s’annonça par les symptômes ordinaires ; mais il s’y joignit une sorte de tension dans tout le bas-ventre , accompagnée de chaleur brûlante : deux jours après les règles parurent en petite quantité , et à différentes reprises : elle se supprimèrent le lendemain. Il survint un mal de tête , une oppression de poitrine , une tension dans la région hypogastrique , la malade éprouva le sentiment d’un feu dévorant dans l’ahdomcn. '
Les sangsues , les fomentations éinollientes , les boissons adoucissantes restèrent sans effet. La fièvre se déclara, on pratiqua deux saignées au bras, et une au pied; les symptômes persistèrent. Desessarts , consulté , proposa une nouvelle application de sangsues : l’inutilité de la première fit d’abord rejeter ce moyen ; cependant on fiait par l’adopter : elle produisit une évacuation de
Sarig considérable. Durant cet écoulement , là fièvre diminua, la res])iralion devint jdus douces et la malade s’endormit d’un sommeil jiaisible : sa santé fut promptement rétablie.
Desessarts conclut de cet te dernière observation, <jn il est quelquefois nécessaire , pour faire réussir la saqpiée locale , de la faire précéder de la saignée générale (i). i
Lorsque la maladie tient à un déplacement de j l’utérus , l’on ne peut en espérer la guérison qu’en | cherchant à rétablir cet organe dans sa position ^ naturelle (2).
Il en est de rnême quand elle est entretenue ; par la présence d’un corps étranger : l’on doit alors s’attacher à faire l’extraction de ce corps (5). ■
Quand rhémorrhagie active a duré long-temps et qu’il existe un état de faiblesse dans toute l’é-
conomie , la maladie semble changer de caractère. Après avoir été occasionnée par un excès de force , elle se trouve entretenue par un état d’atonie des vaisseaux capillaires. Il faut avoir recours alors aux toniques astringens : on prescrit des décoctions légères de grande consoude , de tormentdle , de bistorte, de cachou, de quin-
(i) Pœc. périocl. de la Soc. de médec. tom. 25,Messid,an i5.
(1) Voy. des déplacemens de l’iitérus.
(^) des corps étrangers contenus dans l’nlérus.
qiiina , de noix de gale , de tannin , le suc d’or» tie , une marmelade de parties égales de conserve' de rose« , et de cynorrliodon , avec quantité suffisante pour sa confection de sirop de gomme , arabique ; l’eau de Ral^el tant intérieurement qu’extérieurement. On diminue la chaleur générale par l’usage de l’eau à la glace. On prescrit des potages de riz , et des alimens doux et répu- : tés incrassans. ’
L’hémorrhagie arrêtée 3 on cherche à en prévenu’ le retour , en détruisant la cause qui y a donné lieu. La maladie est-elle due à une irritation passagère , telle que le cahotement d’une voiture , on se contente de prévenir l’exaltation des forces vitales par deS boissons mucilagineuses. Dépend-elle de la suppression d’une autre 1 hémorrhagie , on cherche à rendre au flux san^ 1 guin son écoulement ’ naturel. Dans tous les cas , ( 011 doit prescrire des bains , une diète légère , et I des alimens de facile digestion , composés de 'viandes blanches, en petite quantité, et de léigumes herbacés. Ces alimens doivent être pris I froids.
On recommande d’éloigner les passions vives 3 ' d’éviter la contention d’esprit, et de se livrer au- ’ tant que possible à la gaîté et à la dissipation.
Des hémorrhagies passives.
Les hémorrhagies passives présentent deux variétés ; elles peuvent tenir à une débilité générale , ou seulement à une débilité locale de l’utérus.
Les premières s’annoncent par une faiblesse dans toute l’économie , par un dérangement dans les fonctions , par une pâleur générale.
La face est bouffie , plombée ; les gencives sont saignantes et gonflées ; l’écoulement de sang se; manifeste sans douleurs , sans tuméfaction de laf région hypogastricpie , sans mouvement fébrile ^ sans aucun symptôme de spasme ni de pléthore, le ^ Le sang est séreux, peu consistant, pâle ,, j ^ décoloré. ,
L’hémorrhagie peut durer long-temps , et se
renouveler plusieurs fois dans les intervalles de la menstruation. Si on ne parvient pas à la faire cesser , les malades tombent dans le marasme, ou du moins dans un grand état de maigreur. L’hydropisie et divers engorgemens chroniques des viscères peuvent en être l’effet, lorsqu’ils n’en sont pas le principe.
Cette maladie peut avoir lieu pendant l’état de» %, vacuité de rutérus , ainsi que durant la gestation il est rare cependant qu’elle survienne dans c dernier cas.
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.(iâa
cftii b. la
( 2gi )
Quelquefois elle est une terminaison naturellé d’une hémorrhagie active. Le plus souvent, elle est l’effet d’une autre maladie , telle que l’affection scorbutique , un engorgement chronique de l’utérus , produit par le vice cancéreux , etc.
L’hémorrhagie par débilité générale, qüi est la suite d’une hémorrhagie active, est peu dangereuse. Il n’en est pas de même lorsqu’elle dépend d’une autre affection ; elle devient alors sérieuse ^ en raison de la maladie qui la détermine.
Les malades s’en inquiètent beaucoup , lorsqu’elle arrive dans les affections cancéreuses de l’utérus; mais elle est peu dangereuse par ellemême , et ne tarde pas à s’arrêter , pour reparaître quelques jours après , par suite des progrès de la maladie. Quel que soit le moyen que l’on emploie alors pour la combattre , on ne peut guère espérer de la faire cesser entièrement.
Le premier objet à remplir dans cette hémorrhagie est d’arrêter l’écoulement du sang , dont la continuation augmenterait encore l’affaiblissement. On remonte ensuite , autant que possible , à la cause de la maladie.
Lorsque l’hémorrhagie est une suite d’une hémorrhagie active , on a recours aux toniques légèrement astringens , que l’on combine avec les , gommeux et les médicamens réputés incrassans , comme nous l’avons indiqué plus haut ; et lorsque la maladie résiste, on a recours à des toniques
et astringens plus actifs : les décoctions de qiiin* quina , de tannin , de racine de tormentille > etc. | L’application sur le ventre de compresses trem- , pées dans ces mêmes décoctions, des injections > dans le vagin de substances astringentes, telles .> que les dissolutions de sulfate d’alumine > de zinc, j)peuvent aussi être très-utiles.
Quelque bien indiqués que soient ces moyens , ils ont ordinairement l’inconvénient d’occasioner des douleurs à la malade et de rendre les selles
difficiles. On est alors obligé d’en alterner l’u-
sage avec les caïmans et les adoucissans , admi nislrés tant intérieurement qu’extérleurement.
Lorsque la maladie parait tenir à une affection, scorbutique , on donne les médicamens usitésiij contre cette maladie : le cresson , le cocbléa-* ria, et toute la classe nombreuse des anti-scor'f butiques.
Des vésicatoires vôlans , des ventouses sècbes J peuvent encore , eïi ranimant les forces vitales produire de bons effets.
On doit surtout être sévère sur le régime Les malades doivent prendre une nourritun saine , abondante , s’éloigner des lieux bas e humides , faire un exercice modéré , éviter le passions triâtes , et tout ce qui peut les affeclej péniblement. Leur régime doit être essensielle ment tonique et restaurant.
L’iiémorrliagie par débilité ou atonie locale de rutériis peut avoir lieu durant l’état de vacuité de ce viscère , ou lorsqu’il a pris son caractère musculeux. Dans ce dernier cas , elle porte le nom d’hémorrhagie par inertie de l’utérus (i).
L’hémorrhagie par atonie est ordinairement symptomatique ; elle a des signes obscurs , et ne se distingue des autres hémorrhagies que par les circonstances qui l’ont précédée , ou par les maladies de l’utérus qui la déterminent. Le simple attouchement suffît quelquefois pour l’occasioner. Le sang est noirâtre , rempli de caillots ; il devient séreux ^ fétide ; la femme est bouffie , habituellement très-faible. - 'L
Cette maladie peut être la suite d’une hémorrhagie active : le plus souvent elle dépend d’une affection chronique du tissu propre de l’utérus , telle qu’un engorgement , un squirrhe , un ulcère de cet organe.
Si la maladie tient à une débilité locale par suite d’une hémorrhagie active , on prescrit de légers astringens. Lorsqu’elle est produite par une maladie chronique de l’utérus , les toniques astringens les plus énergiques , tant à l’intérieur cju’à l’extérieur, sont indiqués. De ce nombre
(0 de finertî.e de firtérust
éonr le quinquina , l’écorce de chêne, Talun, le sulfate de fer. Les vomitifs à petite dose , la poudre de Dower , l’élixir de Haller , la digitale peuvent encore être employés avec succès. On obtient aussi de bons effets des fomentations froides sur le ventre , des injections dans les parties sexuelles avec une décoction de laitue , de plantain , d’ortie blanche , ou avec une infusion de fleurs de roses rouges dans du vin rouge; des pessaires trempés dans une dissolution d’alun , etc.
Lorsque l’hémorrhagie tient à une affection chronique de l’utérus , on cherche à faire cesser i ou à modérer les effets de cette affection , et l’on .1 prévient autant que possible le retour de l’hé- ^ morrhagie, au moyen des toniques précédem- ^ ment indiqués et d’un régime analeptique. ;
Souvent les hémorrhagies par atonie de l’uté- rus sont très - embarrassctntes , à raison de leur ■( ténacité et de la fréquence de leurs retours. Don- ~i ne-t-on des toniques , les douleurs de la malade i augmentent. Administre-t-on des caïmans , l’é- ■] coulement de sang devient plus abondant. Néan- -j moins, en général, on doit peu s’en inquiéter; par elles ne tardent pas à s’arrêter d’elles-mêmes; mais elles reparaissent à mesure que la maladie principale fait des progrès.
Quant aux hémorrhagies par inertie de l’uté-
rus , on se comporte comme il sera dit en traitant de l’inertie de cet organe (i).
Des hémorrhagies par lésion des vaisseaux
sanguins.
Les kémorrhagies par lésion des vaisseaux sanguins sont très-nombreuses : elles ont lieu dans Tétât de vacuité de Tutérus , et pendant la gestation. Dans le premier cas , elles arrivent toujours à la suite d’une autre affection , et dépendent d’une plaie ou d’une contusion de Tutérus (2) ; de l’implantation d’un polype sur le col ou sur le fond de cet organe (3) ; de la lésion des vaisseaux sanguins par les progrès d’un cancer (4} ; enfin de l’inertie et du renversement de Tutérus immédiatement après l’accouchement , en tant que ces deux dernières affections ne permettent pas aux vaisseaux de revenir sur euxmèmes , et de fermer les ouvertures occasionées par le décollement du placenta (5).
Ces hémorrhagies se reconnaissent facilement
(i) Yoyezcle l’Inertie de rutérus.
(3) Voy. des plaies de l’utérus.
(3) Yoy. des polypes de rutérus.
(4) Yoy. du cancer de l’utérus.
(5) Voy. de l’inerlle et du renversement de l’utérus.
par lüs signes des maladies qui les ont d(^‘terminées , et elles n’exigent d’autre traitement que celui qui est indiqué pour chacune de ces mêmes maladies.
Les hémorrhagies par lésion des vaisseaux sanguins durant la grossesse , l’accouchement ou la délivrance^ sont internes ou externes.
Internes , elles sont peu fréquentes , et ont des signes obscurs.
Quelquefois l’hémorrhagie est légère , surtout I dans les premiers mois de la grossesse : le sang j s’épanche lentement entre la face interne de l’utérus et le placenta , où il est retenu soit par l’oriiice de l’utérus , soit par la résistance que le i placenta oppose à sa sortie ; ou bien l’épanche-r ; ment a lieu dans l’intérieur même des membra-r lies qui enveloppent le fœtus.
La femme n’éprouve parfois que de légères i douleurs de reins, des coliques soiu’des et pro- i fondes , semblables ù celles qui précèdent ordL nairement les règles ; et cet état se prolonge pendant un ou deux mois sans accidens fâcheux.
Baudelocque rapporte un cas de cette espèce ( i ). .
La femme qui ^ fait le sujet de son observation | était d’une forte complexion; S’étant fait saigner | pour la troisième fois , au terme de cinq mois I environ de grossesse , elle tomba en syncope a |
Yoy. recueil pérîocUq. de la Société de luéd.
rînstant même , et cet accident se renouvela plusieurs fois dans le cours de la journée ; elle éprouva le lendemain des douleurs sourdes dans l’abdomen , et elle ne senlit plus remuer son enfant ; le corps de l’utérus parut plus développé que la veille , et plus ferme au toucher. Les douleurs se répétèrent périodiquement pendant dix-huit à vingt jours , et chaque fois, pendant cinq à six heures de suite , sans produire de changement sensible dans le corps de Futérus , quoiqu’elles dépendissent de la contraction de ce viscère. Après deux jours d’interruption , elles acquirent plus d’intensité ; le travail de l’accouchement s’établit et la femme fut délivrée , sans avoir perdu une égoutte de sang. L’enfant était mort : il annonçait au plus de six mois et demi à sept mois. Quelques
I légers caillots noirâtres avaient précédé sa sortie ;
: I mais d’autres plus gros suivirent le placenta , dont
I I l’extraction se fit sans effort. Deux de ces caillots Il étaient remarquables par leur volume et leur ik consistance : il y en avait un surtout qui avait Il beaucoup de solidité et qui était couvert, de j i distance en distance , de concrétions lymphatiques , comme on en remarque sur le sang dans les maladies inflammatoires, quelque temps après da saimiée.
D’autres fois , principalement dans les derniers tmois de la grossesse , l’épanchement se fait avec promptitude; le ventre acquiert, en peu d’instans,
un énorme volume , et l’hémorrhagie est considérable. La femme éprouve des défaillances , qui se renouvellent à chaque instant ; son pouls est à peine perceptible ; elle devient pâle, et elle semble près de succomber , comme si elle avait perdu extérieurement beaucoup de sang. Cependant ce liquide , par son accumulation , devient un irritant pour l’utérus , dont il détermine les contractions ; l’orifice se dilate et donne issue à une plus ou moins grande quantité de caillots , qui viennent seuls , quand le siège de l’épanchement est entre l’utérus et le placenta , ou qui sont précédés de l’écoulement des eaux de Tamnios , quand l’épanchement a lieu dans la poche même des eaux.
Les signes de cette perte ne sont pas toujours tellement prononcés quelle ne puisse être méconnue. Souvent les défaillances que la malade! éprouve peuvent être attribuées à toute autre cause ; quelquefois le ventre est naturellemen gros , et l’on ne s’aperçoit qu’â peine de l’accrois-i sement qu’il acquiert par l’effet de la perte, Cef accroissement peut encore être déterminé pa| l’épanchement d’un fluide séreux ou gazeux ; soui vent aussi l’épanchement de sang a lieu sans qu l’on en ait le moindre soupçon ; il peut menu échapper à la clairvoyance des plus habiles prati ciens. M. Balme (r) fait mention de deux cas d
(i) Yoy. recueil delà Société de médeç.
m iirij
De ai] it) aeDl # Ce!
aièni^ pri*'] as'
ce genre. Il rapporte qu’une jeune femme d’envU ron trente ans , d’un tempéramment sain et vigou- ! reux , était devenue enceinte pour la cinquième j fois ; elle n’éprouva , pendant sa grossesse, d’auttre accident, que quelques symptômes de plé- J thore , qui ne parurent pas assez sérieux pour dét terminer la saignée : l’accouchement se manifesta i au terme ordinaire ; les douleurs furent très-lentes t et très-faibles ; oh resta dans la plus grande sécurité I pendant quinze heures : cependant les forces s’afffaiblirent, et la malade succomba ^ sans cju’on Écùt aucune donnée sur la cause de sa mort. A l’ouverture du corps, on trouva l’utérus très- volumineux , et distendu par une grande quantité de s sang , dorit une portion était liquide , et l’autre en grumeaux.
Le même auteur fait mention d’une autre femrme qui avait , de même , eu cinq grossesses fort heureuses. La dernière fut pénible et accompagnée de c[uelques accidens , qui exigèrent l’emploi d’un ou de deux purgatifs; les douleurs de l’accouchement furent lentes et sans vipience ; la poche des eaux s’ouvrit et l’enfant se présenta dans la meilleure position. L’accoucheuïi/ attendit que les douleurs devinssent plus vives ; cependant la malade s’affaiblissait, le' travail, quoique peu énergique , semblait l’épuiser, sans qu’il se manifestât aucune perte. Après quinze 1 heures de ce travail , il survint de légères envies
( 5oo )
de vomir , et la malade expira peu de momens après.
Le ventre était très-volumineux, et la cavité de Tutérus remplie d’une immense quantité de sang , dont une partie en caillots. Le placenta se trouva décollé dans un tiers de son étendue , et la portion détachée parut sensiblement plus pâle que celle qui était adhérente.
L’hémorrhagie interne , qui a lieu après l’ac- Couchement ou la délivrance , est plus facile à reconnaître. Le sang s’épanche avec promptitude dans la cavité de l’utérus , et il y est retenu par le placenta qui obstrue l’orihce interne de cet organe , ou par la contraction du col de l’utérus ; le ventre acquiert en peu de temps un énorme volume ; on ne sent plus extérieurement la tumeur que l’utérus y forme immédiatement après l’accouchement , lorsque cet organe est revenu sur lui-même ; la femme éprouve des éblouisseniens , des tintemens d’oreille , des syncopes , et les autres accidens d’une perte utérine.
L’hémorrhagie interne durant la grossesse , lorsqu’elle a lieu entre le placenta et la paroi de l’utérus , peut être occasionée par toutes les causes capables de produire le décollement d’uneportion plus ou moins grande du placenta : quand' ce corps , ainsi que les membranes , conservent des adhérences assez fortes avec l'utérus pour empêcher le sang de s’écouler au - dehors
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lorsque le col n’ofîre aucune dilatation , et pri^^ ssente assez de résistance pour ne pas céder aux ■ contractions des fibres du corps ; enfin quand Vorifice du col est bouché par un corps étranger, I comme dans le cas de l’implantation du placenta «sur cet orifice.
L’hémorrhagie interne , à la suite de l’accou- (chement ou de la délivrance , arrive souvent ;après des accouchemens laborieux , précédés (d’une perle abondante, surtout si on ne délivre jpromptement la malade. Elle peut aussi arriwer par suite de l’inertie de l’utérus , lorsqu’on ttamponne le vagin sans aucune autre précaution.
La perte interne qui a son siège dans la poche imême des eaux peut être produite par toute .cause capable d’occasioner la rupture des vais- .«seaux du cordon ombilical, ou rarracbement de cce cordon, soit du côté du placenta , soit du côté (de l’ombilic. Ainsi elle peut être déterminée par lies violences dont nous parlerons en traitant de lia perte externe ; elle peut l’être encore par le J peu de longueur du cordon, et par son entortillecment autour du cou de l’enfant.
L’hémorrhagie interne durant la grossesse est Uouj ours une affection grave , lors même que la {portion du placenta décollé a peu d’étendue, et tque le sang s’échappe en petite quantité. Elle oc- '.casione ordinairement l’accouchement, et il est trare que l’enfant soit retiré vivant. Le plus sou-
Vent le sang finit par se frayer une issue aù-de-' > hors , etriiéniorrliagie devient externe. Celle qui ij a lieu immédiatement après raccouchement ou ij la délivrance deviendrait souvent mortelle , si on n’y remédiait pfomptement.
Lorsque l’hémorrhagie interne , qui a lieu du- iif rant la grossesse est légère , que son existence est même douteuse , il faut tâcher d’en borner les progrès , en faisant garder le repos à la malade :jî on applique sur le bas-ventre , sur les cuisses et sur le bassin, des compresses trempées dans du vinaigre ; on fait avec cette liqueur , ou avec une dissolution de sulfate d’alumine , de sel de» Saturne ou d’autres substances acides et astringentes des injections dans le vagin ; on emploie aussi des réfrigérans plus actifs , tels que l’eau froide à la glace > ou la glace pilée, renfermée dans du linge : néanmoins nous ferons observeu que ces réfrigérans agissent comme toniques , en produisant la rétraction et une sorte de froncement des extrémités des vaisseaux , et qu’ils né conviennent guère que dans le cas de faiblesse j on donne à l’intérieur une tisane légèrement as tringente , comme la décoction de riz , avec U sirop de grande consoude , l’eau de Rabel, l’acid^i sulfurique étendu dans beaucoup d’eau ; on pra, tique une saignée de deux palettes.
Ces moyens sont-ils insuffisans ? le sang s’est-ij fi’ayé une issue au-dehors , de manière à fair
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1 traindre pôur la vie de la malade ? ori a recours «au tamjDon. Ce moyen consiste à introduire dans Ile vagin et dans le col de l’utérus des étoupes , de lia charpie, ou de vieux linge§ trempés dans dii 1 vinaigre ou dans uile dissolution légère d’eau alurihineuse, et à les y maintenir au moyen d’un bandage en T. Ce procédé ralentit ordinairement l’hémorrhagie, et l’arrête même souvent; mais il [Revient pour l’utérus un corps étranger , qui en détermine les contractions , et il est rare que la femme le garde plusieurs jours sans qu’il ne cause l’avortement. Lorsque ce moyen est insuffisant pour arrêter l’hémorrhagie, le seul parti qui reste à prendre est de provoquer l’accouchement ^ comme nous le dirons plus bas.
L’hémorrhagie interne , h la suite de l’accou- « cchement, s’arrête souvent d’elle - même , après ei savoir produit quelques caillots. Mais , lorsqu’elle î3st considérable , on emploie pour l’arrêter des îîmbrocations sur le bas-ventre , avec de l’eau et D* llu vinaigre. Si ces moyens Sont insuffisans, on se ie nâte de faire l’extraction du placenta : un plus âS^ (ong retard affaiblirait la femme, et ôterait k li' .’utérus les forces nécessaires pour expulser ce idt >Jorps , dont la présence ne pourrait manquer ira 1 l’entre tenir l’hémorrhagie
Pour extraire le placenta , il ne.j^suffit pas de jl-i lirer sur le cordon à la manière ordinaire ; il faut jii i*)orter une main jusque dans la cavité de futérus ,
pour pn détacher ce corps, s’il est encore adlié-^ rent , et le retirer. Trop de pusillanimité et d’hésitation pourraient causer la perte de la malade.
L’hémorrhagie externe durant la grossesse est souvent légère : les malades rendent pendant plusieurs jours un sang rouge , pur ou mêlé de caillots ; d’autres fois cette hémorrhagie se manifeste , dès le commencement , avec un caractère alarmant : cependant il arrive souvent quelle s’arrête d’elle -même, quand les malades sont très-affaiblies ^ soit parce que les vaisseaux se sont rétractés à leurs extrémités, soit parce que la faiblesse leur a fait perdre la contractilité né cessaire pour l’expulsion du sang.
Il arrive fréquemment des hémorrhagies externes à la suite de l’accouchement et de la délH
vrance.
Le sang coule souvent avec abondance, lès
femmes éprouvent des défaillances , des syncopes; et, si on ne venait à leur secours, elles ne tarderaient pas à succomber.
L’hémorrhagie externe est occasionée pendan la grossesse , de même que l’interne , par le dé collement d’une portion du placenta, et, plu rarement , par la rupture de quelques vaisseau:^: du cordon ombilical.
Une marche forcée , un mouvement violent des coups, des chutes, peuvent occasioner cetto lésion ; quelquefois le décollement du placenta es
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lù à ce que ce corps est implanté sur rorifice nterne du col de Tutérus. Dans ce cas ^ le développement du col , qui a lieu vers le sixième mois de la grossesse , ne peut se faire sans que la plaeenta ne soit plus ou moins décollé.
L’hémorrhagie externe qui survient pendant le i Travail de l’accouchement est due de même au l'iécollement du placenta , à la rupture du cordon Dmbihcal , ou à l’implantation du placenta sur le lol de l’utérus. Dans ce dernier cas, l’hémorrhaiie est inévitable : le col de l’utérus ne peut se iiilater , sans se séparer du placenta ; l’hémor- ^ihagie devient plus ou moins intense , en raison * e la dilatation du col et des progrès du travail.
L’hémorrhagie qui a lieu après l’accouchement ueut tenir parfois à la pléthore générale , ou à me pléthore locale de l’utérus (i). Elle pourait encore résulter d’un spasme, tant général Lie local , ou même d’une irritation sympathiue , telle que celle qui aurait pour cause un mharras dans les premières voies (2). Quelvuefois elle provient d’une lésion de l’utérus , 1 ui a été froissé , dilacéré , durant le travail de ’lii ? accouchement ; mais le plus souvent elle tient
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l’inertie de cet organe.
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(1) Voy. de rhémorrliagie active par pléthore.
(2) Yoy. de fliémor. activ. par spasme.
L’h(^^morrliagie qui a lieu après la délivrance est fréquemment occasionée par la présence d’un caillot de sang , qui , ne permettant pas l\ Tutérus de revenir entièrement sur lui-même laisse les vaisseaux utérins béants , ou déter^ mine peut-être dans la cavité de cet organe unt irritation , un léger spasme. La perte de sangi>^ peut alors, jusqu’à un certain point, rentrer dan la classe des hémorrhagies actives.
Souvent l’hémorrhagie tient à une débihté ^ à un premier degré d’inertie de l’utérus, qui npermet pas à cet organe de se rétracter entièrcr ' ment. On trouve , au toucher l’orifice du ccl à assez ouvert pour y introduire le doigt , et mêm! (Hüe pénétrer à plus ou moins de profondeur dam ']»\ la cavité de l’utérus. Ira
L’hémorrhagie peut être encore puremerl En spasmodique : l’utérus est alors revenu sur lu ; frâDc même, et son orifice est fermé; mais elle n’I laq lieu cjue chez les personnes douées d’une con • 4e ( titution dans laquelle prédomine le systèmhDan nerveux, lorsque les passions de l’âme ou d’aL-rt>e^ très circonstances ont pu déterminer cette affe i ‘^eni tion. iJfUj,
L’hémorrhagie légère , durant la grossesse ^ est peu à craindre ; mais lorsqu’elle se prolon«j ou se renouvelle souvent , ou lorsqu’elle devient i:i tense, elle occasione l’avortement, et peut mett. ^ la malade dans le plus grand danger.
Une hémorrhagie légère , durant le travail même de raccouchement, est peu à craindre ; mais elle survient quelquefois avec tant d’abonidance et de rapidité , que la femme peut suc- [. tcoinher en peu de temps. Elle est très-dangereuse quand elle tient à l’implantation du pla- Lcenta sur l’orifice du col de l’utérus. Elle peut éépuiser les forces de la malade , avant qu’on ait qiu lui procurer des secours.
La perte qui a lieu après l’accouchement est aussi très à craindre , à raison de la quantité lie sang qui s’écoule dans un espace de temps idéterminé ; elle est quelquefois si abondante, :^i\e le sang coule à flots , et que la malade pourrait succomber en peu d’instans , si l’on n’y remédiait très-promptement.
Enfin l’hémorrhagie qui arrive après la déliiJrvTance n’a pareillement de gravité qu’à raison ;lle la quantité de sang qui s’écoule , ef de la diffi- :ulté qu’on éprouve à l’arrêter.
' Dans l’hémorrhagie utérine pendant la gros- ;esse , l’on doit se borner, lorsqu’elle est légère, U ralentir la circulation du sang, en diminuant la : Ealeur générale , en prescrivant le repos , la iliète , et des boisscxis acidulés et adoucissantes , :omme la décoction de riz , avec un peu de sirop de limon et de grande consoude dans lEaque tasse. La saignée peut aussu devenir utile, si la femme est forte et pléthorique ; elle