OVAIRES. — PATHOLOGIE. — INFLAMMATION
tismale est Irès-rare, tandis que l'ovarite blennorrhagique est relativement assez fréquente, par suite de la propagation de rinflammation à la cavité utérine et à la trompe, jusqu'à l'ovaire. Les ovarites qui accompagnent quelquefois le cancer utérin résultent, en général, de la propagation des inllammations péritonéales et de celles des ligaments larges. La tuberculisation paraît être une cause prédisposante de l'ovarite; mais il n'existe pas de corrélation intime entre ces deux, affections, quoique l'on trouve quel- (juefois des tubercules développés dans l'ovaire et dans le péritoine circonvoisin.
L'ovarite siège le plus souvent à gauche; elle est quelquefois double.
Rarement elle atteint dès son début une intensité extrême, et s'accompagne de symptômes graves et très-alarmants, ainsi (|u'on l'observe fréquemment dans l'ovarite puerpérale. Son début est ordinairement très-insidieux. Les malaises éprouvés par les malades ne fixent leur attention qu'au moment où elles deviennent plus souffrantes. Il existe presque toujours des troubles de l'ovulation et de la menstruation. Tantôt on observe des métrorrhagies, tantôt des irrégularités du Ilux cataménial. Les règles font parfois défaut, et reviennent parfois à des intervalles trop rapprochés, en se prolongeant outre mesure. A moins qu'il n'existe des complications péritonéales, des foyers purulents, il n'y a jamais de réaction fébrile bien intense.
L'ovarite est surtout caractérisée par la douleur locale très-vive provo- ([uée par une pression profonde dans la région ovarienne. On peut exercer cette pression, soit à travers les téguments de la paroi abdominale, soit plus directement à travers le vagin, où l'on perçoit plus ou moins distinctement la tuméfaction de l'ovaire engorgé, qui est quelquefois nettement délimité et séparé des parties latérales ou postéro-latérales de la matrice; mais il est difficile de distinguer nettement la douleur ovarique de la douleur résultant de la pelvi-périlonite qui l'accompagne. Toutefois, la palpation exercée lentement, avec ménagement, n'augmente pas la douleur que ressent spontanément la malade, à moins d'opérer une pression directe sur l'ovaire. Cette douleur est, en général, trèsvive, accompagnée d'irradiations dans la région lombaire, dans Laine, dans la cuisse du côté correspondant et en arrière de l'os iliaque; elle provoque quelquefois des crises hystériques, qui sont, dans certains cas, en relation intime avec la lésion ovarique. Cette douleur que les malades éprouvent plus ou moins, avec des paroxysmes au monient des règles, a été désignée par beaucoup d'auteurs sous le nom de névralgie ovarique, à' irritation chronique des ovaires. Parfois la région ovarienne est tellement sensible, que les malades ne peuvent supporter la moindre pression sur la partie ailéctée. La douleur reste sourde dans les intervalles des règles, et présente des exacerbations sous l'influence d'une fatigue quelconque. La marche et la station sont plus ou moins pénibles. Les malades sont abattues, languissantes; elles se plaignent de malaise, de nausées, et sont sujettes à des vomissements. Les crises hystériques, les accidents hystériformes s'observent très-souvent. Il existe ordinairement
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de la conslipalioii, parfois avec contracture spasmodique des orifices de la vessie, du vagin, du rectum.
Dans la période congestive, fréquemment hémorrhagifjue de l'ovarite, les malades ont un teint jaunâtre, les sclérotiques sont colorées en jaune, par suite de l'ictère hémalique qui résulte de la résorption de la matière colorante du sang épanché, lorsque le foyer hémorrhagique est assez considérable. Les urines sont alors plus ou moins colorées (hémalinurie).
Lorsque l'ovarite s'est terminée par suppui'ation, la formation du pus peut être très-lente. Le pus enkysté dans l'ovaire en distend peu ù peu le stroma fibreux, et peut être susceptible de résorption, si le foyer puruleirt n'est pas trop considérable ; mais le plus souvent l'abcès s'étend soit vers le ligament large du côté de la base de l'ovaire, soit vers la périphérie de cet organe, où les adhérences péritonéales, formées par des exsudais (ibrineux, favorisent l'ouverture de la collection purulente à travers l'intestin grêle, le cfecum, l'S iliaque du côlon, le vagin ou la vessie. Exceptionnellement, le pus se trace une voie à travers la paroi abdominale, l'arcade crurale, le canal inguinal, ou fait irruption dans la cavité utérine, soit directement, soit par l'intermédiaire de la trompe. La suppuration suit quelquefois une marche très-rapide; elle peut donner lieu à des complications très-graves du côté du péritoine, et être accompagnée de symptômes alarmants de pyoémie et de septicémie.
Dans l'ovarite aiguè, le repos est la condition essentielle du traitement. Les indications thérapeutiques varient suivant l'étiologie, l'état général. Si l'ovarite a été consécutive à un refroidissement, il faut recourir aux antiphlogistiques, aux émissions sanguines (ventouses scarifiées, sangsues, saignée), surtout chez les femmes pléthoriques et vigoui-euses, et maintenir une température modérée. Si elle a été la conséquence d'une blennorrhagie virulente, on prescrira un traitement spécifique. Si l'ovarite a été la conséquence d'accidents puerpéraux, la complication d'une métrite, d'un phlegmon péri-utérin, accompagné de pyoémie, d'abcès pelvien, d'abcès du ligament large, il faut, indépendamment des indications spéciales et du ti'aitement symptomati{|ue, entretenir les forces autant que possible, en raison de l'affaiblissement qui peut résulter de la durée indéfinie de l'aU'ection, lorsque les malades sont parvenues à résister aux accidents immédiats. La douleur diminue ordinairement sous l'influence des antiphlogistiques, des antispasmodiques, des topiques émollients, des bains tièdes, des narcotiques: on aura également recours aux applications de chloroforme, auchloral, aux injections sous-cutanées de morphine. Pour maintenir la liberté du ventre, il faut se borner autant que possible aux lavements tièdes, aux purgatifs peu irritants. Les révulsifs extérieurs, moxas, sétons, vésicatoires, sont rarement efficaces et tourmentent inutilement les malades.
L'ovarite peut céder assez rapidement sous l'influence d'un traitement convenable et se terminer par résolution, si la période congestive n'est pas dépassée et si sa durée n'est pas étendue au delà de deux ou trois périodes menstruelles. Dans les cas contraires, la chronicité devient la
OVAIRES. — p.\ïiioi,o(;iF,. — inflammation.
règle dans la marche de l'ovarile et sa durée prolongée devient parfois désespérante.
L'ovarite, en apparence guérie, est très-sujette à des récidives. Les deux ovaires sont parfois alternativement alïectés.
C. OvARiTE CHRONIQUE. — h' inflammation chronique de Tovaire ne laisse pas toujours des traces des lésions pathologiques, même après une durée très-prolongée, une fois que la ménopause s'est établie. Ordinairement alors, le processus inflammatoire, entretenu antérieurement par le retour périodique de la congesticm cataméniale, se dissipe peu à peu, si bien qu'il n'est plus possible de constater dans la suite, à l'autopsie, les traces de la tuméfaction et de la turgescence dont les ovaires ont pu être le siège pendant de longues années. D'autre part, l'ovarite chronique dispose à la transformation kystique des follicules de de Graaf et aux hémorrhagies ovariques, soit interstitielles, soit périj)hériques. Elle donne souvent lieu à 1 hystérie.
Les altérations pathologiques qui accompagnent l'ovarite chronique consistent en une hyperhéiniedes follicules de de Graaf en voie de maturité, dans une augmentation de volume de l'ovaire, par suite de la congestion vasculaire et de l'œdème de cet organe. Les follicules sont le siège de foyers hémorrhagiques plus ou moins considérables, quelquefois énormes, à divers degrés de résorption. Les parties voisines du péritoine et la surface de l'ovaire sont couvertes d'un exsudât tibrineux, ou se trouvent englobées dans un foyer hémorrhagique en voie de résorption plus ou moins avancée.
Lorsque l'ovarite chronique a donné lieu à des troubles généraux prolongés de l'organisme et qu'il en est résulté des troubles de la nutrition, l'ovulation peut être irrégulière et même faire complètement défaut. L'hémorrhagie menstruelle, comme dans l'ovarite aiguè, peut être profuse et prolongée, être à peine marquée, être trop fréquente ou nulle. Les troubles de la menstruation, dans certains cas, peuvent être directement symptomatiques des lésions organiques. Dans l'excavation pelvienne, les exsudats, les foyers hémorrhagiques déterminent des adhérences de l'ovaire avec les parties adjacentes et deviennent ainsi une cause de stérilité. Néanmoins, il est rare que ces adhérences persistent d'une manière définitive sur toute la surface de l'ovaire, et le plus souvent cet organe reprend une partie de sa mobilité à la suite de la résorption progressive des exsudats plus ou moins vascularisés et transformés en tissu connectif lâche. Dans quelques cas exceptionnels, l'ovarite chronique est accompagnée d'ascite, de péritonite chronique, de foyers de suppuration.
Le diagnostic exact de l'ovarite chronique n'est pas aisé à établir à une période avancée de la maladie, en raison des complications dont elle peut être entourée ; elle peut surtout être confondue avec une pérityphlite, un phlegmon péri-utérin.
Dans l'ovarite chronique^ il faut éviter autant que possible toutes les causes des congestions de l'ovaire, toutes les causes d'excitations génésiques. Régime sévère ; applications froides ; exercice modéré ; repos pen-
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dant l'époque menstruelle. Les indications thérapeutiques varient, du reste, suivant l'état général, les complications, etc. : pui'gatifs, narcotiques, émollients, résolutifs; les irrigations vaginales astringentes, aluraineuses, seront employées avec avantage. On pourra prescrire aux malades Tusage des eaux salines, des eaux de Plombières, de Luxeuil, d'Ems, de Néris, de Franzensbad, de Reichenball, etc.
Lorsque l'ovarite se termine par suppuration et que la collection purulente est accessible et se trouve à même d'être ouverte avec avantage par le bistouri, le trocart, le caustique, il faut maintenir autant qvie possible un tube à drainage dans l'ouverture de l'abcès, et Ton y fera au besoin des injections détersives, iodées, jusqu'à la cicatrisation complète du foyer purulent. Le régime devra être fortitiant, la médication tonique.
Dans ces derniers temps, on a proposé et même pratiqué à plusieurs reprises, d'une manière abusive, parfois avec succès, l'extirpation des ovaires par la voie vaginale dans les circonstances où l'ovarite paraissait être la cause des accidents (névralgie des ovaires, hystérie, etc.). Il importe de se prononcer énergiquement contre l'abus de pareilles opérations.
L'ovarite simple ne met pas les jours en danger, lorsqu'elle n'arrive pas <à la suppuration ; elle devient souvent une cause de stérilité irrémédiable et détermine dans certains cas la formation des kystes de l'ovaire.
Lorsque l'inflammation de l'ovaire a été reconnue dès son début, le pronostic doit toujours être très-réservé, et elle doit être considérée comme une alîection très-sérieuse, en raison de sa tendance à la chronicité, à la récidive, surtout en raison de sa. longue durée ordinaire et des complications ])athologiques qu'elle est à même d'entraîner. Le ramollissement gris et la putrescence de l'ovaire ont ordinairement en peu de temps une issue funeste. L'ovarite se termine très-rarement par atrophie.
TIL Déplaceiueuts. — La mobilité des ovaires dans le bassin, par suite de leur situation et de leur connexion avec les parties latérales de la matrice et des ligaments larges, dispose à leur déplacement.
C'est ainsi, tout d'abord, qu'ils suivent les changements de position et de situation de la matrice, soit à l'état de vacuité, soit à l'état de gestation, à l'état normal et à l'état pathologique. Pendant la grossesse, les ovaires suivent le développement, puis le retrait de la matrice, sur les parties latérales de cet organe. 11 en est de même dans les cas de tumeurs fibreuses ou autres tumeurs anormales de la matrice. La situation des ovaires ne peut pas alors être prévue exactement : elle dépend du siège des fibro'ides et aussi des variétés infinies de conformation des tumeurs utérines qui peuvent être tordues sur elles-mêmes, dans leur ensemble, d'un quart ou d'une demi-circonférence, en entraînant les ovaires dans leur torsion. Cette disposition peut rendre très-graves les ovariotomies normales que Hégar a proposées et exécutées dans les cas de tumeurs fibreuses de l'utérus pour faire cesser les métrorrhagies cataméniales.