DES DÉPOTS CALCATIIES DU PLACENTA
Lithiase. — Concrétions ossiformes des auteurs.
Signalés par les auteurs^les plus anciens qui les rapportaient à des causes si diverses, ces dépôts ont surtout été étudiés dans ces derniers temps par MM. Millet et Bustamante, surtout par M. Millet. Nous allons donc nous borner à citer les noms d'une partie des auteurs qui les ont signalés et nous donnerons ensuite l'analyse des idées de MM. Millet et Bustamante.
Ficcinus, Acta cwiosa mal., t. IV, cite un placenta cartilagineux.
Camerarius, Journ. de lill. oUram, t. XXXI, p. bli, cite un cas d'ossification.
Albrecht.
Hufcland.
Schreger.
Docteur Gaius, Jaurnal de médecine, chirurgie ûl pharmacie, t. l\U Careslia^ cité par Murât, Uicl, en 60 vol. Monteggia, cité par Murât.
Dubois cl Desoiineaux. Dict. en 30 vol. Wrisberg, cité par Dubois.
Hamilton.
Mauriccau, Observation.
Goocli.
Madame Boiviii, Uuysch.
Decker, Thèse do Gollub Valor, 1729.
Haller.
Buisson Danllies, cité par Joulin, Gazelle médicale, 18/12. Garrisson, cité par Joulin, The Amer'wan Journal, 1852. Johnson, cité par Joulin, 2 cas, The New-Orleans Journal, 185/i. Jacquemier.
Smellie .
Et tous les accoucheurs modernes.
Jager, Archives.
Lempereur, thèse, 1867.
Bustamante. — Les dépôts calcaires se forment à la face utérine, dans une seule observation, celle de Carestia, on dit qu'il y en avait aussi à la face fœtale. Ces dépôts se présentent sous la forme de plaques plus ou moins étendues et séparées par des parties saines, ils peuvent envahir une grande partie de la surface et même la moitié du placenta comme dans le cas mentionné de Carestia. L'épaisseur de ces plaques peut atteindre jusqu'à 3 et U ligne-s comme dans l'observation de Garin. D'autres fois les dépôts calcaires se présentent sous la forme d'aiguilles de quelques millimètres de long éparses sur toute la surface utérine du placenta, laquelle donneau doigt, suivant l'expression de M. Depaul, la sensation d'une surface semée de grains de sable. Toute la surface utérine peut être envahie d'après Moreau, qui compare les craquements qu'elles produisent, quand elles forment des plaques assez étendues et qu'on les brise, au brisement d'une coquille d'œuf.
Ces dépôts ont été considérés par quelques auteurs comme une ossification des capillaires du placenta (Lobstein), cette opinon a été partagée par Meckel, Adelon et Cruveilhier. Mais M. Robin en a démontré la véritable nature. .La substance commence à se déposer dans la couche muqueuse qui recouvre le placenta, etc'est seulement après qu'elle arrive au contact des villosités.
Il ï\'est pas rare, dit M. Robin, de trouver une partie d'un cotylédon ou même une partie du placenta parsemée de petits grains calcaires, qui quelquefois sontcouflucnts et forment des concrétions plus ou moins volumineuses. Les petits grains sont disposés sous forme d'amas ou de plaques ii la face adhérente du placenta dans
les interstices infercotylédonnaires ou à ! 'état de granulations disséminées dans leur épaisseur. Il en est qui sont situées à la l'ace fœtale de l'organe, et celles qui ont la forme de concrétions en aiguilles ou stalactites sont souvent dans l'épaisseur du placenta.
C'est surtout dans les cotylédons dont les villosités sont oblitérées en tout ou en partie que se trouvent les grains calcaires; ils sont placés non pas dans l'épaisseur des villosités, mais à leur surface à laquelle ils adhèrent assez fortement; ils les entourent, les englobent quelquefois, ils les déforment toujours ; ces grains sont irréguliers, polyédriques, variant de volume depuis quelques centièmes de millimètre jusqu'à celui de plusieurs millimètres. Ils renferment des carbonates, des phosphates de chaux et de magnésie, ils sont donc complètement amorphes et n'ont rien de ce qui caractérise la structure des os. Il n'est pas rare de trouver un certain nombre de ramifications auxquelles adhèrent les grains calcaires renfermant des granulations graisseuses, éparses ou agglomérées, mais elles n'y sont pas habituellement en grande quantité. Elles se rattachent encore à une seule et même lésion du placenta.
M. Millet, reproduisant ces idées, insiste sur leur relation avec l'oblitération fibreuse et rappelle l'observation de Decker, qui a trouvé dans le placenta plus de 200 calculs qui adhéraient aux ramifications vasculaires, et dont le plus gros égalait la grosseur d'une noix.
Carus prétend qu'on rencontre plutôt cette lésion dans certaines contrées que dans d'autres. Madame Boivin a cité des cas où cette lésion s'est reproduite plusieurs fois chez la même femme.