‹ Des maladies héréditairesChapitre 3 sur 25 · DÉFINITION. — CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

DÉFINITION. — CLASSIFICATION

Nous avons fait entrevoir déjà, dans nos considérations préliminaires, le sens que nous attachons aux mots de maladies héréditaires. Pour nous, la dénomination de maladies héréditaires doit être réservée aux états morbides ayant rang de maladies et dont le germe ou la prédisposition ont été transmis aux enfants par voie de génération. Mais cela ne suffit pas encore et il est nécessaire pour éviter toute cause d'obscurité de traiter encore quelques questions incidentes.

11 est évident, tout d'abord, que la maladie survenant chez un individu ne peut être réputée héréditaire si les ascendants n'en offrent aucune trace, le cas excepté où il y a lieu de supposer que cette affection est restée chez les parents à l'état latent, à l'état de prédisposition non réalisée, et se dévelop-

pera ultérieurement. C'est ainsi qu'on ne pourra dire a! teint de scrofule héréditaire un enfant dont les parents offriraient une constitution détériorée, mais n'auraient jamais présenté le moindre indice de la diathèse slrumeuse.

La même négation à l'égard de la nature héréditaire d'une maladie devrait être émise alors même qu'une affection semblable se développerait chez plusieurs enfants d'une même famille, si les parents n'en sont pas atteints. C'est ici qu'il est nécessaire, pour éviter l'erreur et ne pas supposer constamment des états latents dans la ligne ascendante, de s'assurer qu'il n'existe pas quelque circonstance de nature à agir sur les divers membres d'une même famille, telles que les mauvaises conditions d'hygiène de toute sorte que l'on sait aptes à produire le développement de certaines maladies, comme la scrofule, la phthisie, etc.

De même encore les enfants exposés à certaines maladies endémiques ne seront pas considérés comme entachés par l'hérédité, si les affections qu'ils présentent peuvent être rattachées aux mêmes causes endémiques. On peut admettre cependant avec M. Piorry que « certaines dispositions morbides, individuelles d'abord, et résultant de circonstances endémiques, puissent se communiquer à des familles entières... que l'hérédité est souvent combinée avec l'action de causes endémiques, et qu'il est fréquemment difficile de faire le partage de ce qui dépend de l'une et de ce qui est en rapport avec les autres. » (Loc. cit., p. 21.)

Mais il est, par contre, nécessaire de faire observer qu'une maladie peut être très légitimement réputée héréditaire, alors même que celui qui l'a reçue de ses parents ne la transmet pas à ses descendants. C'est là, disons-le en passant, une des dun nées les plus importantes au point de vue du pronostic des mâîâdies héréditaires envisagées dans les familles, et nous aurons soin d'y revenir.

Ainsi donc, on l'entrevoit déjà, la qualité d'héréditaire, si

elle afïère particulièrement à certains états morbides, n'est en aucune manière fatalement affectée à aucun d'eux.

Une maladie acquise par le parent peut devenir héréditaire en étant transmise aux enfants de celui-ci, puis, perdre de nouveau cette qualité et s'éteindre dans une deuxième génération. Ces circonstances expliquent, d'une part, comment les maladies héréditaires ne se multiplient pas à l'infini, et, d'autre part, elles font pressentir cette donnée pratique, capitale, à savoir, que si les mauvaises conditions d'hygiène sont de nature à développer des maladies individuelles transmissibles par hérédité, les conditions inverses pourront éteindre dans les familles la transmission de ces mêmes maladies.

Il y aurait lieu enfin à se demander si l'on doit accorder la dénomination de maladies héréditaires aux affections transmises des parents aux enfants sous une forme nouvelle, Mais il faudrait préalablement discuter la réalité de ce mode de transmission et c'est ce que nous ferons plus loin.

L'existence des maladies héréditaires, nous l'avons déjà dit, n'est guère mise en doute aujourd'hui par personne ; aussi ne nous a-t-il pas paru nécessaire de réfutera nouveau dès le début de ce travail les objections qui ont été émises par différents auteurs, par Louis en particulier, contre l'existence des aptitudes ou des maladies héréditaires. Peut-être même y auraitil lieu parfois de réagir contre une tendance opposée qui consisterait à étendre outre mesure l'influence de l'hérédité dans les maladies. Nous essayerons, dans les chapitres suivants, d'établir à la fois sur des faits positifs la réalité et le degré de fréquence de la transmission héréditaire pathologique , nous réservant, en outre, de compléter tout ce qui peut être relatif à cette partie de la question, lorsque nous traiterons de la transmission des maladies héréditaires, et du mode suivant lequel elle s'effectue.

Voici dans quel ordre nous allons successivement passer en revue les différentes classes des maladies héréditaires :

/l. Scrofules.

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