III
Esquirol, chez les nouvelles accouchées. .
pas
— à son établissement en 1818 .... .
cas de lypémanie .
cm
— à la Salpêtrière .
Vrl!
Ellis, à l’asile d’Hauwell .
François, à la Salpêtrière et Bicêtre, en
1822, 1823 et 1824 .
Iro
— A l’hospice deConnecticut, en 1826
etl827 .
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Bouchet, à l’hospice de Nantes .
Pling, à Carie, aux Etats-Unis .
A Anversa (royaume de Naples) .
Renaudin, à Stéphansfeld .
1 lit;
En ajoutant les chiffres de M. Parchappe.
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Les déductions fondées sur un nombre aussi considérable 1
de cas nous paraissent offrir des garanties satisfaisantes : on P11
remarquera cependant que les éléments dont se composent 1
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(1) Recherches statistiques sur les causes de l’aliénation mentale. Rouen, 1839, p. 49.
(2) Mémoire cité, p. 270.
ces diverses statistiques sont loin d’offrir des résultats comparables.
Nous empruntons à l’ouvrage de Griesinger un aperçu sommaire de la statistique allemande (1).
Jakobi, sur 220 cas de manie . j /<)*■
Bergmarm, hérédité directe . | /5e
— — directe ou indirecte ensemble . I/o
Hoogen, sur 187 cas, directe . j/g*j
— — directe et indirecte ensemble . 1/3
Flemming, à Saxenberg . I /5c
Damerow, à Halle, sur 773 cas . 1/4
Martini, à Leubus, classes élevées de la société . 3/1 0es
— — artisans . 1/4
Le meme, à Codlitz, sur 70 cas . 2/3]]
Schlager, à Vienne . ] . 1 /25e
Cet auteur ne considère comme héréditaires que les cas où
l’un des parents était atteint de folie au moment de la procréa-
lion du sujet devenu plus tard aliéné. Sur ces bases, il n'est pas étonnant qu’il ait rencontré un rapport aussi faible. Nous empruntons également à Griesinger les renseignements suivants sur les statistiques anglaises et américaines :
Webster , à Bethléem (1848), sur 1798 admissions, a trouvé des faits de transmission héréditaire dans presque un tiers des cas. L’hérédité, d’après lui, serait un peu plus fréquente chez les femmes.
Skae, à Edimbourg, sur *248 cas, aurait également constaté l’hérédité chez un tiers des malades.
Dans une statistique générale des établissements anglais et irlandais, on aurait trouvé, sur 44 717 aliénés du sexe masculin, -C de cas héréditaires, et sur 43 091 femmes aliénées, ~. Il est à peine nécessaire de dire que cette proportion nous paraît de beaucoup inférieure à la réalité.
À l’asile de Bloouringdale, dans l’État de New-York, la proportion des cas héréditaires aurait été de -0 pendant les années 1841 et 1849.
(1) Die Pacte : and Thérapie der psychischen Krankhettm, Stuttgart!, 18G0, p. 155.
Dans rétablissement d’York, spécialement consacré aux quakers, l’hérédité directe se montre dans f des cas; l’indirecte dans un £. La prédisposition héréditaire existe donc chez la moitié des malades (1).
Dans le rapport décennal de l’hôpital de Bethléem à Londres, M. le docteur Hood a trouvé, pour la période de 1846 à 1855, les résultats suivants :
Sur 2 729 admissions, dont 1 066 hommes et 1663 femmes, il s’est présenté 270 cas d’hérédité ; le rapport est donc de 10 pour 100 (2).
M. le docteur Bini, à Florence, a vu pendant les années 1850 et 1851, les prédispositions héréditaires se manifester 164 fois sur 678 admissions : il y avait 182 cas douteux. Le rapport serait donc de 25 pour 100 (3).
M. le docteur Prichard, directeur de l’asile d’Abingdon Abbey, à Northampton, a constaté, pendant la période comprise entre le 1er janvier 1854 et le 31 décembre 4858, 18 cas de prédisposition héréditaire sur 58 admissions. Le rapport est donc d’un tiers; il faut se rappeler que l’établissement en question est exclusivement consacré à des malades appartenant aux classes élevées (4).
Les contradictions apparentes qui sautent aux yeux dans les statistiques diverses que nous venons de rapporter, peuvent aisément s’expliquer par des raisons satisfaisantes. L’attention plus ou moins sévère que les observateurs ont mise à étudier les antécédents de leurs malades, les bases essentiellement dissemblables qu’ils ont choisies pour établir la proportion des cas héréditaires, enfin les conditions sociales des malades qui
(1) Julius. Beitrdge s. Britische Irrenheilk^ p. 280.
(2) Annales médico-psychologiques , 1856.
(3) Suzgio di statistica del R. Manicomio di Firenze, de 1850 à 1853.
(Zj) Statist. reports of Cases of Insanity treated of Abingdon Abbey , etc.
Northampton, 1859.
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ont été l’objet de ses recherches, tels sont assurément les motifs qui expliquent de pareilles différences dans les résultats obtenus. Griesinger lait observer que les petites statistiques , celles qui ne portent que sur un nombre restreint de malades, donnent invariablement une proportion bien plus considérable que les autres : c’est là, sans doute, une conséquence bien naturelle des soins apportés à l’étude de chaque cas en particulier, dans les établissements où le petit nombre des sujets 1 m permet plus facilement de recueillir des observations détaillées.
Il est évident, d’une autre part, que les auteurs qui se sont bornés à constater l’hérédité directe, sans tenir aucun compte de l’état intellectuel des parents éloignés, ont dû obtenir des résultats moins complets que les autres observateurs. Lorsque, au contraire, on recherche dans les antécédents de famille de l’aliéné non-seulement les névroses de toute espèce, mais encore des affections étrangères au système nerveux, la phthisie, la scrofule et le rachitisme, par exemple, il est évident qu’on devra rencontrer, dans l’immense majorité des cas, le vice héréditaire ; c’est ce qui justifie l’opinion déjà citée de M. Moreau (de Tours); mais, pour obtenir des résultats, il serait indispensable de s’entendre sur les bases qu’il convient d’adopter pour ce travail.
L’influence des mariages consanguins qui, d’après tous les auteurs qui ont étudié ces questions difficiles, qui est la source d’une multitude d’infirmités héréditaires , est un élément dont il faut souvent tenir compte. Chez les sectes religieuses qui repoussent l’alliance des étrangers, le nombre des aliénés est incontestablement plus considérable, et l’influence des aïeux se fait plus distinctement sentir. Nous avons déjà signalé les résultats constatés à l’asile d’York; un fait curieux qui viendrait à l’appui de cette manière de voir, c’est que dans certaines localités où les habitants ont depuis longtemps continué de se marier entre eux, la proportion des aliénés est notable-
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nient plus forte que dans les contrées voisines! 11 eu serait ainsi dans les îles de la Manche, d’après le rapport adressé
par M. le docteur van Leuwen aux Etats de l’île de Jersey ;
dans certaines communes, il y aurait 1 aliéné sur AJ 0 liabi-
tants ; le rapport n’est que de 1 à 000 en Angleterre, et J sur
1 000 en Europe (1). On pourrait attribuer en partie à celte
cause la fréquence plus considérable de la folie héréditaire
parmi les classes aisées de la société, et plus spécialement chez
les grands personnages ; il est cependant bien d’autres influences qui doivent évidemment concourir à ce résultat, et sans parler des excès de tout genre qu’il est permis de soupçonner en pareil cas, ne doit-on pas s’attendre à voir les troubles du système nerveux se transmettre moins souvent des pères aux enfants, parmi de simples ouvriers ou de pauvres paysans, que chez des familles mêlées depuis longtemps au mouvement intellectuel de leur époque.
Il est un dernier fait que nous croyons devoir signaler à l’attention de nos lecteurs. La proportion des cas héréditaires parmi les aliénés, les épileptiques et les autres individus atteints de maladies nerveuses, serait a coup sur bien plus considérable, si la plupart de leurs enfants ne succombaient point en bas âge à des convulsions ; c’est là, pour ainsi dire, l’équivalent de la folie chez les jeunes sujets qui présentent rarement, comme on le sait, de véritables cas d’aliénation, mentale.
IL Monomanies. — La folie est donc une affection essentiellement héréditaire ; mais les manifestations spéciales de cette maladie sont-elles également transmissibles ? Le fait en lui-même ne saurait être douteux, bien qu’il soit difficile de produire à cet égard des statistiques aussi concluantes que lorsqu’il s’agit des conditions générales de l'aliénation mentale. « On a vu, dit M. Moreau (de Tours), le délire se reproduire
(1) Annales médico-psijchulugiqueÿ , 1850.
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» chez les enlaiits avec les mêmes caractères, les mêmes » nuances qu’il avait présentés chez les parents. Tous les au- » leurs rapportent des cas de ce genre : les enfants perdent la » tête, sont frappés des mêmes anomalies intellectuelles, sous » l’influence des mêmes causes, à la même période de l’exis- » tence que leur père ou leur mère (1). »
L’observation suivante que nous empruntons à l’ouvrage de More (2) présente un exemple singulier de cette coïncidence pathologique.
Une femme, accouchée depuis deux mois, étant tombée malade, éprouve un violent désir de tuer son nourrisson. Une surveillance attentive l’ayant empêchée de donner suite à ce projet, elle finit par guérir, et devint excellente mère.
Trente ans plus tard, sa hile, devenue mère à son tour, éprouve pendant le cours de l’allaitement des hallucinations: elle entend des voix qui lui ordonnent de tuer son nourrisson. Elle fut sur le point de céder à celte impulsion homicide, mais les personnes qui l’entouraient l’ayant empêchée de commettre ce crime, elle fut prise d’un délire maniaque pendant la nuit. Elle finit plus tard par recouvrer la raison.
Il serait aisé de multiplier les exemples de ce genre : chez presque tous les auteurs qui ont étudié ce sujet, on trouve des observations de monomanie homicide héréditaire, de folie érotique ou religieuse, de démonomanie (3) transmises d’une génération à l’autre. Mais de toutes les monomanies, celle du suicide est assurément la plus apte à se propager parmi tous les membres d’une famille : sur vingt cas de cette espèce, M. Falret a noté cinq fois l’influence héréditaire (h). Zimmermann rapporte qu’il existe en Suisse un village où il n’y a pas
(1) Psychologie morbide, p. 168.
(2) De la folie , t. 1.
(3) Esquirol fait observer qu'il était parlé jadis de familles vouées au diable pendant plusieurs générations. {Des maladi es mentales, t. I, p. 482.)
(4) Falret, De Vhypochondrie et du suicide, Paris, 1822,*p. 6.
une famille dont quelque membre ne se soit volontairement tué (1). Ces tendances distinctes sont d’autant plus remar- liUJ quables qu’elles s’attaquent souvent à des gens d’ailleurs parfaitement raisonnables, quelquefois même très intelligents, et (jui ne diffèrent du commun des hommes que par un mépris exagéré de la vie. Les observations de ce genre abondent chez tous les auteurs : nous nous bornerons à rapporter le fait suivant , que nous empruntons encore à M. Moreau ( de Tours) (2): : ij®
« B... appartient à une famille où la tendance au suicide est héréditaire depuis trois générations; ce sont des impulsions de la même nature qui l’ont conduit à l’acte qui l’amène aujourd’hui à Bicêtre.
» B raconte que son grand-père, homme violent, excentrique, lei d’un caractère insupportable, s’est pendu dans le bois de Clairvaux, où il était employé des eaux et forêts... L’une de ses fdles, exaspérée par les mauvais traitements de son père, ll: est allée se jeter sous un marteau de forge; elle est morte peu pn de jours après de ses blessures. La grand’mère du sujet, qui sx est morte de chagrin par suite de la brutalité de son mari, 111 l’avait souvent menacé de mettre fin à ses jours, à la manière de sa propre sœur, qui s’était jetée dans un puits. \
» Les trois enfants qui ont survécu à leurs parents sont venus ro à Paris. Le fils aîné, qui est l’oncle du malade, a gagné beaucoup d’argent comme propriétaire de cabriolets, et l’a dissipé n’ en folles débauches; il voulait, disait-il, se donner la mort, Ht aussitôt un certain chiffre de fortune réalisé. On ne sait s’il a donné suite à ses desseins. pa
»Le père dumalade, vivement affligé de la mort de sa femme, jî a été le soir même se faire broyer sous les roues d’une loco- te
(1) Falret, loc. cit ., p. 29. On pourra consulter également avec fruit les jj recherches de M. Cazauvielh. (Du suicide , de V aliénation mentale et des crimes contre les personnes, etc., 1840).
(2) Psychologie morbide , p, 173.
motive, après avoir recommandé ses enfants à son fils aîné, sujet de l’observation présente.
» L’un des frères du malade s’est jeté du haut des tours de Notre-Dame, à vingt-sept ans, bien qu’il eût à cette époque une assez belle fortune. Le plus jeune de ces huit enfants, auquel le malade s’est tout particulièrement attaché, et pour l’éducation duquel il avait fait de grands sacrifices, avait souvent pensé à se donner la mort : il proposait quelquefois à son frère de se lier l’un à l’autre par des cordes, pour se jeter ensuite dans la Seine. Il a fini par céder aux impulsions qui le tourmentaient depuis si longtemps, et, dans les derniers jours | de mars 1856, il s’est pendu à l’un des arbres qui bordaient ! la route de Caen à Lisieux. La nouvelle de sa mort a enfin dé-
terminé le malade à la tentative de suicide qui le conduit à j Bicêtre. »
Nous voyons dans cette singulière observation un exemple frappant d’une monomanie héréditaire qui a fait six victimes ! en trois générations, chez des individus qui, malgré quelques | excentricités, n’avaient point montré de la perversion intellectuelle sous d’autres rapports.
Le malade, assiégé depuis longtemps par les prédispositions de famille qui le portaient à se détruire, avait enfin cédé à ces impulsions funestes, après une lutte prolongée.
Nous ne savons pas ce qu’il est devenu plus tard; mais il , n’est que trop probable qu’il n’aura point échappé à la fatalité qui le poursuivait.
Nous ajouterons, pour terminer, que la folie puerpérale paraît mériter une place parmi les vésanies qui descendent de génération en génération. Sur 57 cas de manie chez les nou- | velles accouchées, Burrow a constaté l’hérédité 28 fois, et à | l’hôpital de Bethléem, on l’aurait constatée 45 fois sur 111 cas (1).
(1) Requin, Pathologie médicale, t. IV, p. 750.
Nous avons longuement insisté sur les données statistiques qui démontrent la transmission héréditaire de l’aliénation mentale, en raison de l’importance du sujet et de l’abondance des matériaux que possède la science sur ce point. Nous seront plus bref pour ce qui touche aux autres névroses, dont l’histoire est loin d’être aussi complète sous ce rapport.
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111. Epilepsie. — Les opinions des auteurs sur la transmissibilité de l’épilepsie sont loin d’offrir cette concordance que nous avons rencontrée au sujet de l’hérédité dans les affections mentales. Selon Tissot, la transmission de cette maladie, quoique possible, doit être considérée comme un fait exceptionnel (J); M. Gintrac, après une analyse approfondie, finit par se rangera cette opinion ('2). Esquirol et la plupart des médecins qui ont étudié cette affection la considèrent, au contraire, comme l’une de celles qui descendent le plus ordinairement des parents aux enfants. « Neque, dit J. Hoffmann, est ullus » morbus magis gentilitius, et qui tune facile a parentibus in » liberos devolvitur (3). »
Dans les statistiques dressées par divers observateurs, au sujet de l’hérédité dans l’épilepsie, nous retrouvons les mêmes divergences que pour l’aliénation mentale, et cela sans doute par les mêmes raisons. Esquirol (h) a rencontré des vestiges d’hérédité dans 105 cas, sur 321 épileptiques. MM. Boucher et
Cazauvielh (5) sont parvenus aux résultats suivants: sur 130
épileptiques, 99 venaient de parents exempts d’affections nerveuses, et 31, de parents aliénés, épileptiques, imbéciles et hystériques.
58 femmes, devenues mères pendant le cours de leur mala-
(1) De l’épilepsie, p. 27.
(2) Mémoire cité, p. 322.
(3) Opéra omnia , t. III, p. 10.
(Zi) Dict. des sciences médicales, art. Epilepsie.
(5) Arch. générales de médecine. 1826, t. IX, p. 510, et t. X, p. 5.
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lie, donnèrent naissance à 58 enfants, dont *21 ont vécu, et 37 sont morts. Sur ces 21, M\ sont sains, 3 épileptiques, et h hystériques. De tous les enfants morts, le plus âgé avait quatorze ans, les autres sont morts en bas âge, et presque tous, m rapport des mères, dans des convulsions.
M. Beau (1) n’a rencontré l’hérédité que 22 fois sur 232 cas.
Enfin, M. Herpin (2), après de laborieuses recherches, est parvenu à dresser le tableau suivant :
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Maladies constatées chez les parents des épileptiques.