‹ Des maladies héréditaires these présentée au concours pour l'agrégation (Section de médecine et de médecine légale) et soutenue à la Faculté de médecine de ParisChapitre 18 sur 34 · DIM · texte numérisé non relu

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XL Apoplexie cérébrale. — Fréquemment liée soit à un<| constitution spéciale, à une manière d’être générale de l’organisme représentant ce que l’on dénomme ordinairement sou l| le nom de tempérament apoplectique, et d’autre part à des al fections du cœur ou des vaisseaux, on comprend comment i| peut se faire que, dans certaines circonstances, des phénomènes apoplectiques puissent apparaître dans une série d’in

(1) Tome 11, p. 696.

lividus delà même famille, par ce fait même qu’ils ont hérité les conditions spéciales d’organisation qui prédisposent à l’api >arition des accidents apoplectiques, bizanl La plupart des auteurs ont considéré l’apoplexie cérébrale omme pouvant se propager par génération. Pujol, Fodéré, ’ortal et Poilroux (1) abondent dans le même sens. Quinze mémoires adressés à la Société médicale de Marseille en 1810, sur i même question, la résolvent tous par l’aflirmative.

M. Piorry (p. 107) a rapporté des faits qui lui sont peronnels et qui paraissent du plus haut intérêt. « Nous voyons, it-il , que sur 15 cas d’hémorrhagie cérébrale observés, fois les parents ont été affectés de cette maladie, et enuite que , sur 27 cas de paralysie dont la plupart étaient eu apport avec d’anciennes hémorrhagies cérébrales, les parents n ont été affectés 15 fois; ainsi, sur à2 cas d’atfections de ce enre, en voilà précisément la moitié où l’on peut noter des irconstances d’hérédité du côté des parents. »

Nous rapprocherons de ces faits un cas digne de remarque bservé par M. Lucas lui-même : il s’agit d’une famille dans iquelle la mère meurt à soixante-trois ans d’apoplexie ; des eux filles qu’elle laisse, l’une succombe à son tpur à cinquanterois ans de la même affection; l’autre perd ses 12 enfants de îéningite tuberculeuse, et à soixante-sept ans, moins viocmment atteinte que sa mère et sa sœur, demeure hémipléique (2).

M. Piorry, à propos des manifestations morbides, soit de mrme congestive, soit déformé hémorrhagique, qui peuvent se résenter du côté des centres nerveux, arrive à cette concluion que ces affections sont fréquemment héréditaires. C’est i, croyons-nous, une sage réserve, car nous ne pouvons pas ous empêcher de faire observer combien les observations

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(1) Cités par Lucas, p. ll\l.

(! 2 ) Tonie II, p. 7/t8.

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sur ce point présentent la plupart du temps des lacunes regrettables dans la pratique civile ; et ne sait-on pas que sous la dénomination d’apoplexie, se cachent des états morbides bien dissemblables par leur cause, et que tel qui paraît avoir été enlevé par une hémorrhagie cérébrale, a succombé aux lésions produites par un infarctus fibrineux détaché d’une valvule malade et lancé inopinément dans les artères cérébrales , et peut être ainsi à un ramollissement à marche aiguë ? Ce sont là des faits trop récemment établis pour que l’on puisse les généraliser, mais il sera bon d’en tenir ultérieurement compte, ne fût-ce que pour donner plus de rigueur aux bases d’une bonne statistique.

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XII. Paralysie générale. — Péri-méningo-encéphalite (Calmeil). — Les détails dans lesquels nous sommes entré à propos de la transmission héréditaire de l’aliénation mentale, nous dispensent de nous étendre longuement au sujet de l’hérédité de cette forme de méningo-eneéphalite diffuse , qui se décèle par des symptômes de paralysie générale.

Parler de l’hérédité de la folie, c’est, dans bien des cas, parler de l’hérédité de la paralysie générale, puisque la plupart du temps les premières phases de cette terrible maladie ne sont signalées que par des conceptions délirantes d’une nature spéciale. Dans la plupart des faits que nous avons passés en revue, nous avons signalé bien souvent la prédisposition héréditaire de l’aliénation mentale chez les individus, au moment, par exemple, où ils étaient examinés par le médecin. Mais l’évolution ultérieure de ces folies héréditaires, quelle est-elle? Que sont devenus les aliénés chez lesquels l’hérédité a été une fois constatée? Nous n’avons pu l’établir d’une manière précise , ni réunir un nombre suffisant de détails circo" stanciés à ce sujet. Faute de données suffisantes, nous sommes donc momentanément obligé de suspendre notre jugement : Cependant voici les renseignements succincts que M. Calmeil

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a consignés dans son remarquable ouvrage; ils semblent, quoique abrégés, établir d’une manière positive l’action de l’influence héréditaire (1) :

«Plusieurs de ces malades, dit-il, comptent parmi leurs as- » cendants ou parmi leurs lignées collatérales un bon nombre » de parents qui ont succombé, soit à des encéphalites dif- » fuses chroniques, soit à des encéphalites à foyers profonds » circonscrits , soit à des affections congestives des centres » nerveux intra-crâniens ou cérébro-spinaux. Il est donc plus » que vraisemblable que leurs appareils nerveux péchaient » depuis la naissance ou de bonne heure par une préorgani- » sation vicieuse. »

Quant à la seconde forme de la paralysie générale, qui ne se dénote au début que par quelques troubles fugaces dans les mouvements de la langue et des membres, par un état de titubation spéciale dans la démarche, par de la faiblesse générale, et qui, n’étant pas accompagnée de perversion intellectuelle, présente au contraire plutôt un certain degré de diminution dans les manifestations de l’entendement ; cette seconde forme, disons-nous, qui ne s’observe pas exclusivement dans les asiles d’aliénés, et dont la pratique hospitalière habituelle présente des exemples d’autant plus fréquents, à mesure qu’on sait mieux les reconnaître, faut-il la ranger parmi les affections du système nerveux qui se propagent par hérédité ?

La part qu’il faut faire aux ascendants dans ces cas est impossible à déterminer actuellement.

Les statistiques manquent complètement ; et, d’une autre part, l’action des intoxications chroniques produites, soit par l’alcool, soit par le plomb sur les centres nerveux , est encore trop vaguement spécifiée pour que l’on ne puisse pas être iexposé dans des cas de ce genre à considérer comme atteint

(1) Calmeil, Traité des maladies inflammatoires du cerveau, t. I, p. 3*

d’une paralysie générale héréditaire, tel individu, par exemple, qui aura été soumis à une intoxication saturnine prolongée ; il y a donc encore à ce propos bien des lacunes à combler.

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