‹ Des maladies héréditaires these présentée au concours pour l'agrégation (Section de médecine et de médecine légale) et soutenue à la Faculté de médecine de ParisChapitre 31 sur 34 · COIN · texte numérisé non relu

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(1) Goste, Comptes rendus de l'Académie des sciences , l\ juin 1860.

(2) Finlay Dun, Mémoire sur les maladies héréditaires des chevaux. (. Monthhj Journal of veterinary science, 1853.)

L’influence héréditaire se montre chez les animaux avec des degrés d’intensité variable ; c’est ainsi qu’elle suffit quelquefois à faire naître la maladie en dehors des circonstances extérieures qui provoquent habituellement son apparition ; c’est ainsi qu’elle modifie et s’approprie les maladies accidentelles faisant une phthisie à l’occasion d’une pneumonie chez un individu né de parents tuberculeux (1).

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u|eilI De toutes les maladies, celles qui se transmettent le plus ordinairement, par voie héréditaire chez les animaux, sont les affections tuberculeuses et scrofuleuses.

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Les vétérinaires sont unanimes à cet égard. Roll (2), Dupuy (3), Gauvet (h), Finlay Dun (5), Delafont (6), attestent l’hérédité de ces maladies. Hensinger (7) n’est pas moins explicite. M. Richard (8), dans sa thèse sur la Pathologie comparée de la phthisie , avait apporté des faits en faveur de cette opinion qui se trouve également confirmée par les belles recherches de M, Rayer (9).

Les tubercules héréditaires se développant comme chez l’homme, principalement dans les poumons (10); souvent aussi

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(1) Finlay Dun, dans Monthly Journal , loc. cit.

(2) Roll. Lehrbuch der Pathologie u. Thérapie der Hausthiere , Vienne 1860, p. 224-243.

(3) Dupuy. Affections tuberculeuses, Paris 1817, p. 285-341.

(4) Gauvet. Etude sur la maladie scrofuleuse du porc (Journal des vétérinaires du midi , 1850, 2e série, t. III, p. 441).

(5) Dun. Loc. cit.

(6) Delafont. Traité de pathologie générale comparée des animaux domestiques , 2e édition 1855, p. 87-88.

(7) Hensinger. Recherches de pathologie comparée.

(8) Richard (Antoine). Essai sur la phthisie pulmonaire tuberculeuse, comparée dans l'homme et dans les autres vertébrés des deux premières classes du règne animal. (Thèse. Strasbourg 1833, p. 19.)

(9) Rayer. De la phthisie chez l’homme et chez les animaux, dans Arch. de méd. comp., t. I, p. 189.

(10) Roll, /oc* cit., § 121. — Ilensingerj loc . c/f.— Dupuy, loc . ciU — Richard, loc. cit . — Dun, loc. cit .

dans les ganglions mésentériques (1), donnent naissance à la phthisie pulmonaire et à la phthisie abdominale.

Ils ont été observés dans les ganglions bronchiques où ils peuvent être l’une des causes du cornage, dans les ganglions sous-maxillaires (2), où ils constituent l’une des lésions de la fausse gourme.

Cette hérédité du tubercule a été notée dans presque tous nos animaux domestiques. Toutefois des erreurs nombreuses ont pu être commises relativement à cette transmission chez le cheval. M. Rayer (3) fait remarquer, en effet, etcette opinion a été confirmée par un grand nombre d’observateurs, que les tubercules pulmonaires ne paraissent fréquents chez le cheval que parce qu’on les confond souvent avec les lésions de la morve chronique. Dans l’espèce ovine, la phthisie est souvent héréditaire (â).

Chez le porc la scrofule attaque assez souvent plusieurs générations successives; mais il résulte des recherches de M. Cauvet (5) que la consanguinité plutôt que l’hérédité est la cause principale de cette dégénérescence. Si le même male sert à plusieurs générations consécutives, elle ne tarde pas à se montrer, et en même temps les portées donnent un moins grand nombre de produits ; tandis que des truies scrofuleuses \ donnent des gorets parfaitement sains lorsqu’on les accouple avec un mâle étranger, même de chétive apparence.

Des faits très curieux ont été rapportés par des médecins et ; par des vétérinaires touchant le développement héréditaire des tubercules chez le fœtus. M. Richard (6) dit avoir trouvé . dans les poumons d’un fœtus de six mois environ des tuber-

(1) Hensinger, lue . cit. p. 2Zi4. — Dan, loc. cit.

(2) Roll, lue. cit.

(3) Archives de médecine comparée , t. J.

(/)) Dun, Munthly Journal , loc. cit.

(5) Cauvet, loc. cit., p.

(6) Richard (A.), loc. cit.

cules miliaires en assez grande quantité ; ce fœtus provenait d’une vache phthisique. M. Dupuy (1) a aussi rapporté des observations d’affections tuberculeuses chez des agneaux de deux ou trois mois nés de mères phthisiques.

2° Le cancer qui est si fréquent dans certaines espèces animales où il est loin toutefois d’offrir la même gravité que chez l’homme, ne paraît pas avoir une grande tendance à se transmettre parvoie d’hérédité. Cependant on le considère en général comme pouvant être rangé parmi les maladies héréditaires. Leblanc (2) dit que ce mode de propagation est démontré au moins par le chien; Obermaier (3) signale chez le cheval l’hérédité du cancer du sabot. Roll (h) enfin déclare que ce qu’il appelle la maladie sarcomateuse des bœufs se transmet des parents aux produits ; il dit même que souvent les veaux en sont atteints à la naissance. Hensinger (5) mentionne, sans preuves à l’appui de son assertion, l’hérédité de la mélanose chez les animaux domestiques, et Gohier, cité par Hurtrel d’Arboval (6), rapporte l’exemple d’un jeune étalon affecté héréditairement d’espèces de verrues ou tumeurs noires qu’il dit être particulières aux chevaux gris et blancs. Mais peut-on donner le nom de cancer à des tumeurs aussi bénignes?

3° Le rachitisme est aussi considéré comme une affection héréditaire. Finlay Dun (7) se range â cette opinion sans établir de distinction parmi les espèces animales ; mais c’est surtout

(1) Dupuy, Affections tuberculeuses, etc.

(2) Leblanc, Recherches sur le cancer des animaux. Mémoire lu à l’Académie de médecine, le 31 août 1852.

(3) Obermaier, dans Wochenschrifft der Ihierheilkunde, etc. Augsbourg,

(6) Roll, loc. cit. p. 589.

(5) Hensinger, Recherches de 'pathologie comparée.

(6) Hurtrel d’Arboval, Dictionnaire de médecine et de chirurgie vétérinaires, Paris 1827, t. II, p. 305.

(7) Dun, loc. cit.

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chez certaines races de chiens et chez les cochons que s’observe cette transformation morbide. Les bassets, les terriers, les doguins y sont particulièrement sujets, et il n’est pas rare, d’après Hensinger (1), qu’on rencontre en même temps chez eux les lésions de la scrofule viscérale. Behrs (2) a signalé la fréquence de la propagation héréditaire du rachitisme chez le porc, et Spinola (4), dans son Traité des maladies du cochon , dit que si cette vérité parait douteuse au premier abord, elle devient évidente lorsqu’on compare le nombre considérable de sujets rachitiques qu’on peut trouver dans une lignée issue de parents rachitiques au nombre minime qu’offrent les lignées issues de parents sains, alors même que les individus vivaient dans des conditions hygiéniques identiques.

4° On a beaucoup parlé de la transmission héréditaire du rhumatisme; Dun (4) et Hensinger (5) la mentionnent; mais il semble que le plus souvent on a voulu indiquer les déformations articulaires ou certaines paralysies congénitales. Nous ne parlerons pas non plus de la goutte, bien que quelques auteurs considèrent l’ophthalmie périodique qui est si franchement héréditaire comme une maladie de nature goutteuse.

5° Si nous abordons maintenant la question des maladies virulentes, nous verrons que, de même que chez l’homme, elles semblent pouvoir se transmettre de la mère au produit. Toutefois les faits qui servent à étayer cette opinion sont peu nombreux, et, il faut l’avouer, dépourvus de toutes les garan-

(1) Hensinger, loc. cit. p. 15.

(2) Rehrs, Sur le rachitisme des cochons. Magazin fur die gesammte Thierheilkunde 1847, p. 305.)

(3) Magazin fur die gesammte Thierheilkunde. Analyse du traité de Spinola 18/42, p. 311.

(Zi) Dun, loc. cit.

(5) Hensinger, loc. cit.

ties d’authenticité désirables. Pour la morve cependant , les vétérinaires paraissent admettre généralement que le fœtus peut en puiser le germe dans le sein de sa mère. Ainsi Richter (1), après avoir cité un fait négatif, rapporte qu’à Sarrelouis un poulain mis bas par une jument farcineuse a paru suspect de morve et de farcin. Roll (2), Hensinger (3) sont plus affirmatifs, mais ils n’a,pportent aucun fait à l’appui de leur assertion. M. Viennois [U) cite un cas analogue.

Pour la rage, les faits sont encore plus obscurs. S. Moore (5) rapporte l’observation d’un cas de rage chez une jument qui devint malade cinquante et un jours après la morsure. La maladie dura trente heures. À l’autopsie on trouva la muqueuse des bronches, de la trachée, de la glotte, fortement bypérémiées; les papilles latérales de la langue saillantes; le sang partout foncé et non coagulé; le cœur gros, ramolli; les méninges enflammées. Cette jument portait depuis huit mois. Moore remarqua que le fœtus présentait absolument les mêmes lésions pathologiques que la mère. On trouve dans le Journal de Gurtl et Hertwig (6) la relation suivante : « Un troupeau fut mordu par des chiens enragés. La rage resta latente de cinq à onze mois. Un veau fut pris de la rage quinze jours après la naissance, tandis que la mère qui avait été mordue pendant la gestation resta saine. » Enfin M. Canillac a rapporté dans le Cahier de mai 1857 du Recueil de médecine vétérinaire l’observation de cas de rage développée sur deux vaches et un bœuf. « L’une des vaches vêla pendant la maladie et la j rage se déclara chez son veau trois jours après. » Mais cette observation n’est pas inattaquable, car les animaux n’ont pas

(1) Richter, mittheüungen aus derthierarztlichen praxis im preüssischen

? streate , 1857-58, p. et 3.

(2) Rôti, loc. cit.

(3) Hensinger, loc. cit.

(Zi) Viennois, Transmission de la syphilis par la vaccination.

(5) Moore, Monthly Journal of veterinar y science. London, 1850.

(6) Magazin fur die gesammte Thierheilfiunde. Berlin, 1856.

été suffisamment surveillés pour qu’on puisse affirmer que la maladie n’a pas été inoculée par la mère après la naissance. On comprend qu’avec de pareils faits toute conclusion est impossible.

Maladies locales. — Ce ne sont pas seulement les maladies générales qui se transmettent héréditairement : certaines maladies locales ont aussi ce triste privilège.

S’il en est quelques-unes dans lesquelles cette influence est encore contestée, il en est d’autres dans lesquelles elle est établie par des observations qui ne peuvent permettre le doute.

Les os du cheval présentent souvent des exostoses que l’on a désignées par des noms qui changent avec leur siège: éparvin, courbe, forme. Les faits de tous les jours ne permettent pas de doute sur leur hérédité. Cette particularité signalée par Soleysel (1), l’a été depuis par Grogner (2), Dtfn, etc. Perceval (3) rapporte, par exemple, que les formes autrefois communes dans le nord de l’Angleterre, sont rares aujourd’hui, parce qu’aucun éleveur ne mène de jument à un étalon atteint de cette maladie.

Il y a plusieurs maladies chroniques des articulations dans lesquelles l’hérédité joue un rôle. Nous citerons la déformation des articulations, les tumeurs osseuses, le javart. C’est du moins l’opinion de Delafont, Dun, Grognier, etc.; Grognier va même jusqu’à admettre l’hérédité des ankylosés.

Depuis longtemps les vétérinaires sont instruits par l’expérience de l’hérédité dans la fluxion périodique. On peut citer, en effet, Huzardpère, Bourgelat, Garrault (4), Lafosse, Hurtrel

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(1) Soleysel, Parf. maréchal .

(2) Grognier, loc. cit., p. 2 44.

(3) W. Perce val, Lameness inthe horses. 1849.

(4) Garrault, Nouv. parf. maréchal.

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