‹ Des maladies héréditaires these présentée au concours pour l'agrégation (Section de médecine et de médecine légale) et soutenue à la Faculté de médecine de ParisChapitre 32 sur 34 · DU · texte numérisé non relu

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d’Arboval (1). Les recherches faites par Dun (2), Varnell (3), Hensinger (à), confirment cette opinion. Les résultats de l’enquête faite par l’administration des haras, à la demande de M. Reynal, sont extrêmement concluants (5). Ils établissent non-seulement l’existence de la prédisposition, mais encore de l’hérédité. On voit la maladie développée sur des poulains avant même leur naissance, des juments donner des produits fluxionnaires ou non, suivant qu’elles ont été saillies par un étalon malade ou par un étalon dont les yeux étaient sains; on voit encore, dit cet auteur, des étalons dont toute la descendance, sans exception, est fluxionnaire. Il arrive même la maladie rester à l’état latent sur la descendance directe, et ne devenir appréciable que sur les générations suivantes, de sorte qu’un reproducteur non atteint peut transmettre la maladie à ses descendants. On voit combien ces faits se rapprochent de ceux que nous avons déjà signalés chez l’homme à propos de la transmission des maladies héréditaires.

Bouley, tisonnant par analogie, admet l’hérédité dans l’amaurose. D’après Hensinger ( loc . cit.), la surdité serait héréditaire dans une race de chats blancs.

On a quelquefois constaté l’hérédité du goitre ; il peut même être congénital (6). On l’observe chez le cheval, mais surtout dans certaines races de chiens (7).

Le cornage, si fréquent chez les animaux, tient souvent à l’hérédité, d’après F. Dun (8), Delafond (9), M. Renault,

(1) H. d'Arboval, loc. cit.

(2) Dun, loc cit.

(3) Varnell, Veterinariari record and transactions of the r. medical association. Londres, 18Z|6, 18 Û7.

(â) Hensinger. loc. cit.

(5) Bouley et Reynal, Dict., vol. VII.

(6) Il est bon à ce sujet de tenir compte des faits signalés récemment par M. Baillarger sur l’examen du goitre endémique chez les animaux.

(7) Hensinger, loc. cit.

(8) Dun, loc. cit.

(9) Delafond, loc. cit.

Dupuy, Girard fils (1), de Montembre, Grognier (2). M. Renault cite des faits concluants à l’appui de cette croyance si générale chez les. éleveurs. L’auteur de l’article Cornage (. Dict . Bouley et Reynal) est aussi explicite. Godin jeune (3) va même jusqu’à prétendre que la maladie a été introduite en Normandie, en 1764, par des étalons danois; malheureusement il ne donne pas de preuves.

Il est d’autres affections des organes de la respiration, dans lesquelles l'hérédité est admise : toux chronique (4), asthme, pousse (5). Nous n’entrerons pas, à propos de la pousse, dans les discussions sur la nature de la maladie, nous dirons seulement qu’aujourd’hui, les auteurs les plus compétents, la rattachent à l’emphysème vésiculaire du poumon (6). Dans cette maladie, l’hérédité agit manifestement, ce qui n’avait pas échappé à la sagacité des anciens hippiatres (7). Les auteurs modernes soutiennent cette idée : F. Dun (8), Delàfond (9), Percival(lO), Hensinger(il). M. Bouley (12), surtout, cite un fait extrêmement concluant, qui s’est passé sous ses yeux.

Dans plusieurs ouvrages de l’ancienne hippiatrie, on admet l’hérédité des eaux aux jambes. Elle est également admise par Dun. Reynal (Dict. Bouley et Reynal) est peu disposé à l’admettre. En effet, par exemple, les baudets sont souvent atteints de cette maladie, tandis que les mulets ne le sont que très exceptionnellement.

(1) Recueil d’ Al fort, 1825.

(2) Cours de multiplication chez les animaux.

(3) Godin jeune, Traité d'hygiène.

(h) Dun, loc. cit.

(5) Hensinger.

(G) Bouley et Reynal, Dict.

(7) Soleysel, Parf. maréchal.

(8) Dun, loc. cit.

,(9) Delafond, loc. cit.

(10) Perceval, Monthly Journal of veterinary science. London, 185à.

(11) Hensinger, loc. cit.

(12) Bouley et Reynal, Dict.

Les vétérinaires russes paraissent disposés à croire à Tinfluence de l’hérédité dans le mal du coït, cette maladie si bizarre, qui a pénétré depuis quelques années dans le midi de la France. Ils la connaissent depuis longtemps; et Iessey (1) dit qu’on ne la voit pas se communiquer par contagion. Les vétérinaires français, au contraire, croient que c’est le seul mode de transmission.

Certaines maladies parasitaires seraient susceptibles de se transmettre héréditairement. Delafond (2) l’admet pour le tournis et la ladrerie. Cette opinion est celle de plusieurs auteurs.

Des vétérinaires disent avoir vu, à plusieurs reprises, l’hérédité exercer son influence dans la péripneumonie épizootique (3). Nous ne citerons que pour mémoire l’hydrocéphale (4), l’infiltration des jambes, la diarrhée, que Ton prétend soumises à la même influence.

Névroses. — Nous ne passerons pas en revue dans cet article toutes les maladies nerveuses des animaux qui ont paru susceptibles de se transmettre héréditairement, nous, n’insisterons que sur Tune d’elles, l’épilepsie. Quant à l’amaurose, à la surdité, qui sont plutôt le produit d’altérations des orga nés que de véritables névroses , nous les renvoyons au chapitre des maladies locales ; de même pour la pousse , bien que quelques auteurs en aient voulu faire un spasme du diaphragme.

' On a parlé de l’hérédité de la chorée, mais rien ne l’établit d’une façon positive. On ne possède qu’une observation de

(1) Magasin vétérinaire , 1860. Berlin.

(2) Loc. cit.

(3) Journal des vétér. du midi, lre série, t. Vtll, 1845. Toulouse. — Même journal, 2e série, t. VIII, p. 189.

(4) Varnell, loc. cit.

Parravicini (1), qui dit avoir traité pour cette maladie une chienne et l’un de ses produits. Heusinger et Delafont signalent aussi l’hérédité de la maladie tremblante.

La transmission héréditaire de l’épilepsie est un des faits les mieux établis en médecine vétérinaire. Roll (2) dit que personne ne songe à la mettre en doute. M. Delafond (3) est tout aussi catégorique. M. Reynal (A) déclare avoir vu une chatte épileptique dont les petits, pendant trois générations, furent affectés d’épilepsie, aux suites de laquelle tous succombèrent dans l’espace d’une année. Il dit avoir observé le même fait dans l’espèce canine : trois chiens mâles et une femelle ont transmis à quelques-uns de leurs produits l’épilepsie dont ils étaient atteints.

Mais les faits les plus curieux qui déposent en faveur de l’hérédité de l’épilepsie ont été consignés par M. Brown- Séquard (5) dans une note lue à la Société de biologie, et que je crois utile de citer textuellement.

« Depuis quelques années, dit-il, j’ai pu observer un assez grand nombre de petits, nés de cochons d’Inde qu’on avait rendus épileptiques en pratiquant sur eux diverses lésions de la moelle épinière. Or, chez quelques-uns de ces petits j’ai constaté une affection épileptiforme très nette, avec des accès bien caractérisés, mais un peu différents de ceux des parents. En effet, on sait que chez ceux-ci il y a non-seulement des accès spontanés, mais que, de plus, on peut déterminer à volonté une attaque en excitant, en pinçant la peau de la face. Chez les cochons d’Inde, qui paraissent tenir leur affection

(1) Verheyen, t. III, p. 672.

(2) 1\611, loc. cit ., p. Zt38.

(3) Delafond, loc. cit.

(à) Boulay et Reynal, Dict., t. VI, p. 192.

(5) De la transmission par hérédité chez les mammifères et particulièrement chez les cochons d'Inde , d'une affection épileptiforme produite chez les parents par des lésions traumatiques de la moelle épinière ( Mémoires de la Société de biologie , 1859, 3e série, t. I, p. 19â).

convulsive de leurs parents, on ne peut point provoquer de ! cette manière les accès. La forme de ceux-ci n’est pas non plus tout à fait la même : lorsqu’un accès commence, l’animal est pris de tremblement, puis il tombe sur le flanc et agite alors les membres spasmodiquement.

» Les cochons d’Inde ainsi malades que je possède en ce moment, proviennent, en nombre à peu près égal, les uns d’une mère rendue épileptique par lésion de la moelle, les autres j d’un père placé dans les mêmes conditions. D’ailleurs, on peut voir des parents épileptiques par myélo-lraumatisme, donner naissance à des petits dont aucun ne sera pris d’affection du même genre, ou dont les uns en seront exempts pendant que d’autres auront des accès convulsifs. J’ai eu sous les yeux un nombre très grand de cochons d’Inde, et bien que je sois loin de nier la possibilité du fait, je n’ai jamais vu un seul de ces animaux présenter un mal convulsif analogue, s’il n’avait préalablement subi une lésion de la moelle, ou s’il n’était pas né d’un parent rendu épileptique par une expérience de cette nature.

» Ces observations ont une haute valeur, car elles ajoutent un nouveau trait de ressemblance à ceux qui rapprochaient déjà l’épilepsie chez l’homme de l’affection convulsive déterminée chez les mammifères par hérédité. Plus l’analogie sera grande entre ces deux maladies, plus l’étude de l’épilepsie des animaux sous tous les points divers, pourra venir en aide aux difficiles recherches qu’exige encore l’histoire de l’épilepsie chez l’homme.

» Je ferai aussi remarquer que ces faits ont un autre genre d’intérêt. On sait que les lésions traumatiques ne se transmet tent guère par hérédité, ou du moins que cette transmission est très rare. Or, on pourrait invoquer les cas dont il s'agit comme des exemples démontrant la possibilité de cette transmission, mais ce serait à tort. En effet, chez les descendants des cochons d’Inde épileptiques, la moelle, examinée à l’œil nu

ou au microscope, paraît parfaitement saine. Ce n’est pas la lésion locale qui se transmet, c’est l’altération ou disposition organique générale du système nerveux, déterminée par la lésion et qui s’est imprimée profondément chez les parents ou chez l’un d’eux. On doit donc plutôt rapprocher ces exemples des cas de transmission héréditaire d’une affection diathésique produite chez un individu, homme ou femme, par quelque cause bien déterminée. »

On voit donc, d’après ce court aperçu des principaux faits de pathologie comparée , extraits des annales de l’art vétérinaire, combien d’enseignements féconds cette étude comparative de la pathologie en général est susceptible de fournir, et combien elle est apte à révéler ultérieurement des données utilisables pour l’espèce humaine, soit au point de vue de la pathogénie, soit au point de vue de la prophylaxie des maladies héréditaires.

Tout ce qui a vie, obéit aux mêmes lois, subit les mêmes séries d’évolutions successives, et l’on peut dire que partout les manifestations fonctionnelles des êtres vivants se reproduisent, soit dans le domaine de la physiologie, soit dans le domaine de la pathologie, avec les mêmes caractères d’unité et de constance.

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