‹ Des maladies héréditaires these présentée au concours pour l'agrégation (Section de médecine et de médecine légale) et soutenue à la Faculté de médecine de ParisChapitre 5 sur 34 · partie · texte numérisé non relu

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(1) C’est ainsi que Lugol, à qui ces détails sont empruntés, avait dans la lie Saint -Jean , à l’hôpital Saint-Louis, un scrofuleux âgé de vingt ans qui avait que lin,2ü de haut, qui, loin de grandir pendant quatre années qu’il journa à l’hôpital, sembla au contraire s’être affaissé.

Beacoup plus rarement il existe un appétit vorace qui n’e nullement profitable.

Les excrétions se font irrégulièrement. On observe d

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alternatives de diarrhée et de constipation. Il y a de la ma

greur ou une hypertrophie particulière de la peau et du tis^ cellulaire qui grossit les formes et les défigure.

Le tégument externe est assez fréquemment couvert t|

papules, de lichen et de prurigo, et présente sur la pli grande étendue de sa surface une sécheresse qui contraste avè des sueurs partielles et très odorantes des pieds, des mains | des aisselles.

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A côté de ces caractères, il faut encore signaler une somm If* lance et une apathie insurmontables, dont on peut chercher .lie cause dans la débilité de tous les tissus, de tous les organes qi|vo concourent au mouvement, et aussi dans ce défaut d’harmon du squelette dont il a été parlé plus haut.

Les individus en proie à la maladie héréditaire que noi étudions sont sujets à des lassitudes spontanées qui augmer tent plutôt qu’elles ne diminuent par le repos. Chez eux, ll(]i nuit ne répare pas les pertes faites à l’état de veille ; et le mati ji au réveil il semble que tout ce qui dénote cette lâcheuse pre M disposition soit en quelque sorte mis en relief. C’est ainsi qujl le gonflement de la lèvre supérieure est plus prononcée quidam la journée, et que les ophthalmies sont plus douloureuse: |L

On rencontre quelques individus qui présentent une dispcj sition congénitale tout autre. Ils sont doués d’une certain activité, mais, à la suite des exercices corporels qu’elle prc voque, on observe non un accroissement physique, mais un diminution considérable des forces et de l’appétit, et cela d’un façon durable.

Chez le plus grand nombre des sujets scrofuleux, on constat un arrêt de développement des organes génitaux, et il n’e: pas rare, par exemple, de trouver des jeunes gens de dix-hu: à vingt ans dont les organes sexuels ont l’apparence de ceu

'uW’enfants de sept à huit ans bien constitués. Les testicules arrivent tardivement dans les bourses. Lugol a eu dans son service !iin scrofuleux de vingt ans, très peu développé sous tous les ^rapports, et dont les testicules étaient encore cachés dans le « il bas- ventre.

Les mêmes imperfections s’observent dans le sexe féminin. ei’tfiA dix-sept et même dix-huit ans, les jeunes filles ne sont pas a pis encore menstruées ; ensuite elles sont sujettes à des dysméte avti (norrhées de toute sorte. Leurs règles sont presque nulles, ou ûinsï bien elle constituent de véritables hémorrhagies. Les glandes mammaires sont en quelque sorte arrêtées dans leur développement.

Les désirs sexuels ne se manifestent pas à l’époque voulue, la voix reste enfantine ; en un mot, pour nous servir de l’exïuûîi pression de Lugol, il y a avortement de la puberté.

Quelques scrofuleux font cependant exception à la règle que nous venons de poser, et leurs organes sexuels ont un volume considérable. Mais c’est là un développement de mauvais aloi, et qui est loin d’être en rapport avec un fonctionnement énergique. Les bourses sont pendantes et très relâchées, mais les testicules peu volumineux.

Le pénis, très gros, contraste par ses proportions avec les ée (j«i glandes spermatiques.

La plupart de ces individus, contrairement à l’opinion du vulgaire, ont des besoins très modérés, dont la satisfaction amène rapidement la fatigue et la satiété.

On a beaucoup parlé du faciès scrofuleux , il est loin d’avoir iis oi toute l’importance qu’on lui a attribuée; car sur 100 malades atteints de scrofule, que renfermaient les salles de Lugol, à l’hôpital Saint-Louis, ce médecin a vu s’écouler des périodes pendant lesquelles aucun d’eux ne présentait ce faciès. Lors-

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il là qu’il existe, c’est que la scrofule fixe son siège principal à la face. Dans ces cas, voici ce que l’on observe :

Les traits du visage sont défigurés par une hypertrophie des

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lèvres, surtout de la supérieure, du nez, des yeux, des pau pières, du lobule des oreilles.

La remarque que nous venons de faire sur le faciès s’ap plique à la complexion scrofuleuse , à cet embonpoint tou particulier que l’on observe surtout chez la femme. Elle n’es pas constante dans le cas de scrofule prédisposante, d’ail leurs elle est caractérisée par une peau blanche et colorée un teint frais et rose, des yeux un peu humides, à corné* transparente et légèrement bleuâtre, par des formes tou arrondies. Cet ensemble constitue une apparence de beaut trompeuse pour les personnes étrangères à notre art, mai que le médecin doit toujours tenir suspecte.

« En général, dit Lugol, les sujets scrofuleux ne suppor » tent ni fatigue corporelle, ni contention d’esprit. Ils on » quelquefois de l’esprit, mais point de suite ni d’applicatioi » dans les idées, ils n’éprouvent aucune vivacité soutenue de

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» appétits physiques non plus que des facultés intellectuelle! ml » et des sentiments moraux ; ils n’ont rien de normal, rie » de fort, rien de durable. Toutes les phases de leur existenc » avortent ; ils n’ont ni puberté ni âge viril ; les difficultés qu’il » ont à croître n’ont point de fin ; leur développement phy » sique et intellectuel reste inachevé. » *

B . — Nous avons dit qu’un autre caractère de l’hérédité étai la mortalité qui règne dans les familles scrofuleuses. On e

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voit beaucoup clans lesquelles il ne reste que deux enfants su huit ou dix, et les survivants sont scrofuleux (1).

Une mortalité aussi fatale ne peut trouver une explicatio que dans la santé des descendants. Les causes extérieures n sauraient être incriminées. « Ces deux caractères, dit Lugol,

» savoir la généralité de la scrofule dans la famille, et, par suite k

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(1) La mort peut avoir lieu clans le sein de la mère. — Lugol a connu ur dame scrofuleuse qui a perdu cinq enfants dans son sein, et qui a donné jour à deux tilles scrofuleuses.

» la mort du plus grand nombre des enfants, non-seulement » démontrentl’origine héréditaire de cette maladie, mais encore » doivent être regardés comme les signes de l’hérédité au plus » haut degré que Ton connaisse. Aucune autre maladie ne peut )> être comparée, sous ce rapport, à la scrofule ; l’épilepsie, le » suicide, l’aliénation mentale, le cancer, la goutte, l’apoplexie,

» ne sont pas aussi généralement répandus, et ils n’occasion- » nentpas une mortalité aussi hâtive, aussi générale que celle » que l’on observe dans les familles scrofuleuses.

» Peut-être même pourrait-on avancer que les maladies » héréditaires, en général, sont d’origine scrofuleuse à un » degré plus ou moins éloigné, et que les caractères de l’hé- » rédité sont en raison de la parenté des maladies héréditaires » avec la scrofule (I). »

On le voit, Lugol, dont la pratique était très étendue, professait sur l’influence de l’hérédité dans le développement des maladies scrofuleuses, les idées les plus larges et les plus

solides.

11 croyait la transmission inévitable lorsqu’elle prenait sa source dans la santé du père, mais elle lui a paru souffrir quelques exceptions, quand un homme sain fécondait une ïfemme strumeuse.

Suivant lui, dans un assez grand nombre de cas, les parents transmettraient la même espèce de scrofule que celle dont ils auraient été affectés. Et il ajoute que, lorsqu’on observe la scrofule sur trois générations successives, le plus souvent la troisième s’éteint presque en naissant.

Lebert est loin d’être aussi affirmatif que Lugol, sur l’influence de l’hérédité dans le développement de la scrofule et des tubercules. Il résume, dans le tableau suivant, le résultat des faits qu’il a recueillis :

(1) Lugol, Ouv. cit,, p. 50.

Individus

| Scrofuleux .

. . ( Scrofuleux et { Tuberculeux

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