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maladie; après quelques mois ou un an, s’ils n’ont engraissé beaucoup, ils deviennent très maigres; ils s’affaiblissent, marchent avec peine, se penchent ordinairement sur le côté gauche; les déjections deviennent involontaires, sans être plus liquides; il y a incontinence d’urine; l’embarras de la langue augmente ÿ les forces diminuent, quoiqu’ils fassent de l’exercice et que l’appétit soit vorace;- dès qu’ils s’alitent, il se forme des eschares gangréneuses au coccyx , aux trochanters, aux talons, aux coudes; ces gangrènes humides font des progrès rapides, dénudent bientôt les os; la fièvre se développe. Il survient des convulsions épileptiformes, les membres sont violets et très froids; le pouls ne se fait plus sentir; les malades meurent.
J’ai dû signaler ces deux terminaisons, parce que je les ai observées très souvent.
L’apoplexie est encore une des maladies qui termine la vie des aliénés : sur deux cent soixante-dix-sept individus, trente- sept sont morts apoplectiques. Pinel, le premier, a signalé cette variété de mort subite dont sont frappés quelques maniaques, et quelques monomaniaques, particulièrement pendant l’hiver: les vieillards y sont plus exposés que les jeunes gens. Toutà-coup la fureur la plus violente, le délire le plus exalté cessent, et en peu d’instans le malade meurt. Il semble que toutes les forces de la vie aient été épuisées par l’excès de l’excitation maniaque. J'ai donné des soins à un vieillard de soixante-douze ans, sec et maigre, qui, depuis trois mois, était dans une agitation et un délire continuels : à son réveil il demande, du ton le plus
DE LA. FOLIE
calme , sa tabatière à son domestique; il prend une prise de tabac et meurt. La putréfaction s’est emparée très vite de son corps , et l’intérieur du crâne n’a présenté aucune altération. M***, âgé de quarante-trois ans, d’un tempérament sec, était, depuis un mois, dans uu accès de délire avec fureur : le trente-et-unième jour, on l’aperçoit pâlir; il demande à s’asseoir et expire. J’ai trouvé dans la duplicature du repli falciforme de la dure-mère, un point osseux pisiforme, de trois lignes environ de diamètre , déprimant la circonvolution correspondante du cerveau. Chez d’autres je n’ai rien trouvé.