‹ Des maladies mentales [electronic resource]Chapitre 22 sur 49 · BULLETIN MEDICAL · texte numérisé non relu

BULLETIN MEDICAL

ÉTAT MESTAL.

TtAT rBY£IQDE.

Prokostic.

Charenlon, le i33 Le Médecin en, chef,

La visite des aliénés est faite tous les jours par le médecin en chef, ou par le médecin-adjoint. Le médecin inspecteur du service de santé et l'élève de garde font une visite tous les soirs.

Pendant la visite, le médecin en chef ou le médecinadjoiutest assisté par l'inspecteur du service de santé, par le pharmacien, par les élèves en médecine, par l in" firmier en chef dans la division des hommes; et par la première surveillante , les sous-surveillaulcs et les inhrmières dans la division des femmes. Les cahiers de

visite sont tenus par uq élève en médecine et par le pharmacien.

Le médecin fait inscrire sur le cahier de visite les médicamens, le régime alimentaire, le nom des pensionnaires qui doivent manger à la table commune : toutefois , on n'inscrit sur le cahier de visite que le nom des aliènes pour lesquels il est fait des prescriptions alimentaires particulières. Les autres sont portés en masse au bas de la feuille de chaque jour comme ayant droit à la portion entière.

Tous les ans le médecin en chef rend un compte statistique et moral sur les aliénés admis à Charenton pendant l'exercice précédent. Ce compte est lu à la commission dc'surveillance, et ensuite il est envoyé au ministre de l'intérieur.

Le médecin en chef a la haute surveillance sur les élèves en médecine, sur les infirmiers et les infirmières, sur le surveillant de la division des hommes, et sur les surveillantes de la division des femmes. Il fait la visite de la pharmacie et des médicamens toutes les fois qu'il le juge convenable. Il est consulté lorsque des changemens dans les bâtimens et dans leur distribution intérieure , sont jugés utiles : il est aussi consulté , lorsqu'on doit faire des constructions nouvelles.

La salle des bains, l'appareil des douches sont inspectés tous les six mois par le directeur , l'architecte , et le médecin en chef. Sur la demande de celui-ci , il est

' y oyez plus bas les comptes moraux et statistiques , depuis i8i6 jusques à i834.

fait ks changemens et améliorations jugés favorables à une meilleure administration de ces moyens du traitement.

Le médecin-adjoint doit résider dans l'établissement. Il remplace k médecin en chef dans toutes les parties du service médical toutes les fois qrae celui-ci est absent. Il' a la surveillance spéciale de la pharmacie.

Le chirurgien en chef, créé par le règlement de i8i4, est chargé du traitement des maladies externes des aliénés, et des pauvres du canton. En i833, il lui a été donné um adjoint, par aarrêté du ministre.

Le chirurgien en chef prescrit le régime des malades qu'il traite dans les infirmeries des aliénés et dans Thôpilal des indig'ens. L'élève en chirurgie suit sa visite et inscrit le régime et les prescriptions sur les cahiers des visites de chaque jour.. M. Déguise, qui a remplacé M. Déguise père, remplit honorablement les fonctions de chirurgien en chef.

Tous ks six mois le médecin en chef, le chirurgien em chef, le médecin-adjoint, l'inspecteur du service de santé, le pharmacien se réunissent chez le directeur pour lui communiquer leuiifs vues sur les moyens d'améliorer le service médical.

Le règlement de i8i4, en créant quatre élèves en médecine, donna des attributions particulières au premier de ces élèves. Mais le i4 janvier 1820, sur la demande de Royer-Collard alors médecin en chef, les attributions du premier élève furent supprimées et il est créé un médecin inspecteur du service de santé. Le me'decin inspecteur doit être choisi parmi les jeunes doc-

teurs. Il est nommé par le ministre , sur la présentation du médecin en chef. Il réside dans la maison. La place d'inspecteur du service de santé fut donnée le 8 février î 1820 au docteur Rob. Roche qui mourut en iSaS, et ne fut pas remplacé. En 1827 je réclamai la nomina* tien d'un inspecteur du service de santé, M. le docteur Cameil fut nommé. Sa nomination d'abord temporaire devint permanente par décision ministérielle du 7 août r832.

L'inspecteur du service de santé est sous l'autorité 1 immédiate du médecin en chef; il reçoit ses instructions, I lui rend compte jour par jour de ce qu'il observe, l'in- 1 1 forme de tout ce qui est relatif au service médical ; il I l'aide dans ses recherches , il observe les changemens ( qui ont lieu dans la marche du délire de chaque aliéné , ^ il tient note des maladies accidentelles qui se mani- 1 festent et viennent compliquer les affections cérébrales, ; afin d'en instruire le médecin lors de sa visite. Il s'as- ; sure de l'exacte administration des médicamens et des ; autres prescriptions, il accompagne les médecins dans i leurs visites , il est présent toutes les fois que la douche

est administrée ou que des moyens de répression sont ' mis en usage, il ordonne dans l'intervalle d'une visite 1 à l'autre, lorsque cela est nécessaire, mais il doit eu " rendre compte à la visite du lendemain. I| fait pendant

la journée plusieurs visites dans les différens quartiers , ! particulièrement auprès des aliénés qui sont actuelle-

ment en traitement.

I-'inspccteur du service de santé a la surveillance diecte des élèvesj il les dirige dans leurs fonctions, dans

la rédaction des observations dont ils sont chargés, dans celle des ouvertures des cadavres qu'il fait ou fait faire en sa présence lorsque le médecin est absent ; il inspecte la tenue des cahiers de visite, du registre médical et des feuilles de régime.

Le règlement de i8i4 avait confié le service de la pharmacie à un élève, plus tard on créa un pharmacien et un élève; enfin, en 1828, par décision du 9 août, il n'y eut plus qu'un pharmacien. La tenue de la pharmacie, la garde des médicamens , leur préparation et leur distribution appartiennent au pharmacien sous l'autorité du médecin en chef, et sous la surveillance du médecin-adjoint. Les médicamens ne sont reçus qu'après la visite du médecin-adjoint et celle du pharmacien. Celui-ci tient un registre de recette où sont portées, jour par jour, les substances reçues pour la pharmacie, indiquant la date de la livraison, le nom du fournisseur, la quantité et la qualité des substances consommées. Ces registres sont arrêtés tous les mois par le directeur, et paraphés tous les trois mois par un membre de la commission de surveillance. Un double de ces registres est déposé chaque mois chez le directeur. Le pharmacien suit la visite des médecins et des chirurgiens, et écrit les prescriptions sur le cahier do visite ; les boissons simples sont administrées aux malades par les infirmiers, les médicamens du matin sont distribuées par le pharmacien ; celui-ci fait prendre devant lui et devant le surveillant du service du santé, ou l'élève de garde, les médicamens qu'il serait dangereux de confier aux infirmieis

DE CHAREKTON.

Un infirmier, garçon de pharmacie , est spécialement nommé pour l'office de la pharmacie.

Des élèves en médecine et en chirurgie sont attachés au service sanitaire. Le règlement de i8i4 avait fixé leur nombre à quatre et avait assigné des fonctions spéciales au premier élève. L'art. ï36 du règlement dit que, indépendamment des élèves internes, il pourra être admis dans la maison des élèves externes, nommés par le directeur sur la présentation du médecin en chef; que la durée de leurs fonctions est de deux ans, et qu'ils doivent être choisis de préférence pour les places d'élèves internes devenues vacantes. Il résultait de ces dispositions que les mêmes élèves passaient cinq ans dans la maison , ce qui donnait lieu à plusieurs inconvénieus que je signalai à l'autorité. D'après mes observations, appuyées par le directeur, le minisire adopta , le 9 août i832 , une nouvelle organisation pour les élèves en médecine et en chirurgie. Il n'y a plus à l'avenir, dans la maison, que trois élèves ayant le titre d'élèves internes, et des attributions semblables; ils ne sont nommés que pour trois ans. L'un d'eux est attaché à la chirurgie , et sous les ordres du chirurgien en chef; les deux autres appartiennent à la médecine. Ils sont nommés les uns et les autres par le directeur, sur la présentation du médecin en chef; ils doivent avoir pris douze inscriptions dans Tune des facultés de médecine.

Les élèves en médecine et l'élève en chirurgie suivent les visites des médecins et des chirurgiens, et tiennent les cahiers de visite. Les cahiers de visite sont divisés en plusieurs colonnes; sur chacune d'elles sont

g5o HISTOIRE ET STATISTIQUE

inscrits le nom des malades, la date de leur entrée, le caractère de leur délire, le régime gras ou maigre, la prescription des médicamens internes ou externes, les bains, les douches, les récompenses, les visites des parens, la permission de se promener hors de la maison, le mode et degré de surveillance qu'exige chaque malade.

Les élèves, après les visites, rédigent les feuilles de la journée; ils font le bulletin pour le bouillon, la viande, les légumes, le pain, le vin, la somme des portions entières, demi -portions, quart de portion de chaque classe de malades, et le remettent à l'économe. Le bulletin des médicamens est déposé à la pharmacie; le bulletin des parisemens et secours chirurgicaux est remis à l'élève en chirurgie; enfin , le bulletin pour les objets de police et de direction médicale est donné au médecin surveillant du service de santé.

Les trois élèves montent la garde à tour de rôle et pendant les vingt-quatre heures; l'élève de garde ne peut s'absenter de la maison sans une permission expresse du directeur; et après lui avoir indiqué celui de ses collègues qui doit le remplacer, il fait tous les soirs, seul ou avec le surveillant du service de santé, une visite dans tous les quartiers; s'il survient quelque changement important ou quelque acciaent grave, il en informe aussitôt le médecin-inspecteur; il doit se rendre auprès des malades dès que les infirmiers viennent le chercher.

Par cette sage disposition du règlement, à toute heure du jour et de la nuit, s'il survient des accidens imprévus.

l-les malades sont assistés, d'abord par l'élève de garde, [at, s'il y a lieu, par le médecin-adjoint, par le chirur- :aen-adjoint et par l'inspecteur du service de santé. I Averti de l'entrée d'un malade, l'élève de garde doit ;e rendre auprès des parens ou tuteurs qui le conduisent, ifin de recueillir tout ce qui peut faire connaître les causes de la maladie et sa nature; il prend des notes mr la date de l'invasion de la maladie, sur sa marche, iur les moyens employés jusque-là pour la combat- 'îre, etc., etc., il doit ensuite visiter le malade, décrire son état physique, intellectuel et moral, s'assurer soii^neiisement s'il a des plaies, des exutoires, des impulsions dangereuses pour lui-même ou pour ceux qui I l'entourent, etc., etc. Tous ces documens sont remis à la ••asite du médecin et communiqués à l'élève chargé par ( e médecin de la tenue du registre médical. I Les élèves assistent les médecins et l'inspecteur du lervice de sanlé dans les ouvertures des cadavres; le irocès-verbal de toute nécropsie est transcrit sur le registre médical par l'élève qui est chargé de la tenue de «registre. En faisant cette transcription, l'élève a soin le compléter les documens qui ont été recueillis à l'é- )oque de l'admission, par tout ce qui a été appris de- 'uis, parce qui a été observé sur la marche de l'affection ! cérébrale, sur sa durée et sur la maladie qui a précédé »u causé la mort de l'aliéné. A cet effet, un registre stniis, au commencement de chaque année, à la dis- 'osition du médecin en chef, qui fait inscrire dans ce Pgistre toutes les notes qu'il a recueillies, par lui-même 'Il par les élèves, sur chaque aliéné, lors de son entrée

dans la maison, pendant le séjour qu'il y a fait, et à| l'époque de sa sortie ou de son décès. Ce registre serl de base au compte moral que le médecin en chef rédigt tous les ans.

Les élèves ne peuvent venir à Paris qu'après avoij obtenu l'autorisation du médecin et la permission di directeur.

Le surveillant général est l'intermédiaire entre le; malades, les médecins, les élèves et l'adminislration Il est spécialement chargé de la surveillance du matériel de l'établissement, relativement au bien-être de| malades; il surveille tout ce qui a rapport à la propreti des cours, des promenoirs, des corridors, des chambres de la literie, du linge, des habits, des chaussures, etc., etc H s'adresse au directeur ou à l'économe pour tous ce objets; il fait plusieurs tournées dans les différens quaitiers, constate les plaintes des malades, informe le di recteur de tous les abus, particulièrement de la conduit des infirmiers; il avertit le médecin des négligences des erreurs et des fautes relatives à la santé des alié nés, et à la conduite des infirmiers envers ces mal heureux.

Il exerce la surveillance immédiate sur l'infirmier o chef de la division des hommes, sur les surveillante des femmes et sur les infirmiers et infirmières; tous le jours il reçoit les rapports de l'infirmier en chef et d la première surveillante; il préside aux visites que K parens, les tuteurs ou les âmis font aux aliénés, afii d'empêcher qu'il ne soit dit ni fait rien qui puisse nuir à ces malades.

DE CHAIIEJVTOÎJ. 653

Il veille aussi à la bonne tenue de la salle des iudigens l'du canton.

Il est chargé de la conservation et de la distribution ides livres cpe la maison achète pour les pensionnaires,

I s'en référant au médecin pour le choix des livres qui (Conviennent à chacun d'eux.

•Les aliénés sont servis par des infirmiers et des inifîrmières choisis par l'inspecteur général et acceptés par île directeur. Les infirmiers ont à leur tête un infirmier len chef pour la division des hommes. Dans la division

! des femmes, il y a une surveillante et deux sous-survcillantes.

I L'infirmier en chef et la surveillante en chef dirigent Met surveillent les infirmiers et les infirmières, les invirtant, par leur exemple et leurs discours, à traiter les 1 malades avec douceur, politesse et bienveillance. Pour cela, ils doivent se tenir sans cesse dans leur division et en parcourir continuellement les différens quartiers.

Ils président au balayage des chambres, des corridors, des chauffoirs, des escaliers, des latrines, des l 'Cours; ils s'assurent que les lits sont faits avec soin; [que les malades sales sont lavés et changés de linge; que 'le linge et les draps de lit sont renouvelés lorsqu'ils sont salis .

U Ils doivent être présens aux visites des médecins, de I l'inspecteur du service de santé et de l'élève de garde; ils doivent accompagner les infirmiers lorsque ceux-ci conduisent un maniaque furieux au bain, ou mettent ''' a exécution l'ordre de faire passer un aliéné d'un quar- ' tier dans un autre; de le renfermer dans sa cellule ou

de lui mettre le gilel de force, afin de prévenir toui acte de violence ou de brutalité de la part des infirn miers. !

Ils assistent au lever et au coucher des aliénés agin tés, difficiles; à la distribution des alimens, afin d'em-! pêcher les abus et les soustractions, afin de faire nian-; ger les malades qui refusent de prendre des alimensi Ils font une tournée dans tous les quartiers après l'heura du coucher, pour s'assurer que les lumières et le feu sont éteints; que chaque malade est dans son lit, cba^ que infirmier dans sa chambre, et que les portes soni fermées.

Le règlement veut qu'il y ait un infirmier pour dis aliénés. Il est évident que ce nombre de serviteurs es! insuffisant; si l'on se pénétrait bien de tous les besoins des aliénés et de la minutieuse surveillance qu'ils exigent , on acquerrait bientôt la conviction que ces mak-s des, plus que tous les autres, réclament un plus grand nombre d'infirmiers. Cette vérité est d'autant plus ap-: plicable à la maison de Charenton , que cette maison se compose d'un grand nombre de bâtimeus séparés, lai; plupart élevés de plusieurs étages ; que les infirmiersn perdent beaucoup de temps à monter et à descendre àà nombreux escaliers, ce qui rend le service plus long,;i plus difficile , plus pénible, et par conséquent ce qui; exige un plus grand nombre de serviteurs. Les divisions!^ en dortoirs, corridors, infirmeries, sont telles que tel dortoir , telle Infirmerie , n'a que six à huit lils , et ne peut cepcndant:pas être desservie par un seul infirmier; en effet, pendant que l'infirmier va chercher les alimens,^

le linge des malades, pendant les absences qu'il est forcé défaire pour son propre compte, les aliénés resteraient nécessairement seuls , sans secours et sans surveillance : aussi le nombre des infirmiers et des infirmières dépasset-il de beaucoup le nombre fixé par le règlement.

Ces infirmiers attachés immédiatement au service des aliénés sont au nombre de "yS : savoir, 4i hommes et 32 femmes. Ce qui fait un infirmier et un tiers pour six malades , distribues ainsi qu'il suit :

Infirmiers de i " classe, i o

Idem de i^ classe. 1 5

Idem surnuméraires. 6

Idem pour un seul malade. 5

Ideffi pris parmi les pensionnaires. i

Infirmières de l'^f classe. lo

Idem de 2" classe. 18

Idem surnuméraires . 6

Idem pour une seule pensionnaire. a

Deux infirmiers sont tenus de rester dans les jardinspour surveiller les malades qui se promènent.

Les infirmiers sont divisés en trois classes. Dans chaque corridor, dans chaque infirmerie, il y a un infirmier de première classe , aidé par des infirmiers de deuxième classe et des infii'miers surnuméraires.

L'infirmier de première classe a des gages plus forts que les infirmiers de deuxième classe. Les infirmiers surnuméraires ne sont pas payés. L'infirmier de pre-

mière classe est responsable du mobilier de la maison, des effets appartenant auxpensionnaires, de la tenue, de l'ordre, de la propreté du quartier qui lui est confié; il surveilleel dirige les infirmiers de deuxième classe et les surméraifes; il veille à ce qu'ils ne s'absentent point, à ce qu'ils traitent bien les malades; il fait la distribution des alimens aux malades du quartier dont il est charge.

Les infirmiers de deuxième classe et les surnuméraires sont attachés à chaque quartier, sous la direction de l'infirmier de première classe , dans la proportion du nombre et du caractère des malades qui habitent le quartier dont ils font le service. Ainsi , un dortoir, un corridor, habités par un même nombre d'aliénés paisibles et propres, ne réclame point un aussi grand nombre de serviteurs qu'un quartier occupé par des aliénés agités; furieux, malpropres ou infirmes. Mais il reste toujours vrai que, quelque soin que l'on ait de proportionner le nombre des serviteurs aux exigences des malades, ce nombre dépasse beaucoup celui qui est accordé par le règlement.

L'admission des infirmiers surnuméraires est un moyen économi((ue de pourvoir au service. Mais, qu'il me soit permis de le dire, ces surnuméraires sont ordinairement des individus réduits à la plus grande détresse, qui ne demandent à entrer dans la maison de Charenton qu'au défaut de travail et de tout moyen d'existence. Or, un individu ([ui ne trouve point de l'ouvrage pour satisfaire aux premiers besoins de la vie est ordinairemont vicieux ou paresseux. Quelques soins que l'on iiiettcdanslc choix de cessurnuméraires,il est impossible

DE tiïARENTOrf. bb'J

d'échapper à cette alternative. Il résulte encore de laque, pendant leur surnumérariat, ces infirmiers, au lieu de rester à leur poste, emploient leur temps à chercher une place, et qu'ils quittent la maison dès qu'ils en trouvent une meilleure. Je dois ajouter que les gages des infirmiers, particulièrement ceux qui desservent les quartiers des aliénés furieux , sont généralement trop faibles, ce qui empêche les bons sujets de se présenter, et décourage même ceux qui déjà sont employés dans !a maison. En augmentant les gages, on pourrait obliger les infirmiers à déposer tous les mois une petite somme fixe, entre les mains de Téconoine, on créerait une .aisse d'épargne pour ceux qui , après un long service, îuraient besoin de repos ou devi'.;ndraicnt infirmes; ce serait un puissant moyen poui- encourager les serviteurs clans leur service et pour les fixer ('ans la maison.

Lorsqu'un infirmier est admis dans l'établissement il lui est délivré, comme à tous les domestiques et our vriers de Paris, un livret, sur lequel est inscrit le nom, l'âge, la profession, le lieu de naissance, l'habitation Ultérieure de l'infirmier, la date de son entrée. S'il sort de la maison, un certificat, inscrit sur ce même livret , constate la durée de son séjour et sa bonne conduite, l^e même livret contient luic instruction courte et simple sur les devoirs de chaciue infirmier, s:ir sa conduite ^vec les chefs et les malades.

On se ferait une idée fausse de tout ce qu'exige le ser- '■ice d'une maison d'aliénés et de toute la dépense que nécessite ce service, si l'on ne tenait compte que du nomiire des serviteurs immédiatement attachés au service de

658 HISTOIBE ET STATISTIQUE

ces malades; il faut aussi compter les serviteurs attar chés aux services généraux de la maison, et les employés qui concourent à son administration. L'addition du nombre des infirmiers , de celui des employés et des chefs de l'établissement prouve qu'au lieu de six mala-» les pour un serviteur, nous avons un individu bien portant pour moins de trois aliénés, ainsi que le confirme l'état suivant de tous les employés de la maison.

Page 1