DÉCÈS
181 3 36 — Il — .•
Au 1"' janvier j8i5, il y. avait en traitement dans' la maison 286 hommes. i3r>. femmes. ]
Au i'=\'ioût 1818 283 ^ 107 — j
J'arrive à la partie la plus importante de mon traJ vad. Il ne suffît pas d'avoir décrit les bâtimens de lîj maison de Charenlon, leurs accroissemens et leurs amé-' lioralions, d'en avoir signalé les défauts. Il ne suffit pas d'avoir publié le règlement donné en 181 4, afin de
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faire mieux apprécier les principes qui président à l'administration et l'esprit qui dirige toutes les parties du service. Voilà la part faite au matériel et au personnel. Il reste au médecin une tâche plus difficile à remplir : il doit compte de ses soins, de ses efforls , de sa pratique : il doit dire franchement ses revers et ses succès. Un article du règlement prescrit au m.édecin en chef ■i de rendre tous les ans un compte médical de son ser- :' yice. Ce sont ces rapports annuels lus chaque année à ] la commission de surveillance, que j'ai réunis pour forj mer la statistique médicale de Charenton, pendant les { huit années démon exercice, depuis 1826 jusqu'en i833' i inclusivement.
, ït 11 est des médecins de bonne foi qui n'aiment pas la s statistique? Ont-ils bien réfléchi que les sciences d'obj servation ne peuvent se perfectionner que par la statist tique? Qu'est-ce que l'expérience, sinon l'observation des faits l'épétce souvent et confiée à la mémoire? Mais ; la mémoire est quelquefois infidèle; la statistique enre- £ gistre et n'oublie pas. Avant qu'uu médecin porte un u pronostic, il a ûiit mentalement un calcul de probabilité • ^etréjolu un problème de stallstiquey savoir, qu'il a ob- » serve les mêjnes symptômes dix, trente, cent fois (soui'ent) dans les mêmes circonstances^ d'où il conclut.' i Toute auîre combinaison de l'esprit ment au praticien;' ■ SI la médecine n'avait pas négligé cet instrument de i progrès, elle posséderait un plus grand nombre de v«';- ■ntés positives, on l'accuserait moins d'être une scienc(* ^sans principes fixes, une science vagije et conjecluralc. Il en est qtii dédaignent la statistique parce qu'on en
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abuse, parce que ses résultats sont quelquefois infidèles et mensongers. Recueillir des tableaux statistiques d'après des faits qu'on n'a point observés soi-même, c'est courir à l'erreur. Une statistique médicale, par exemple, faite par des employés, est nécessairement inexacte. Quel est le médecin qui oserait rédiger la constitution médicale de son hôpital d'après les registres des bureaux aux entrées et aux sorties? Nous ne parlerons pointées individus qui dissimulent ou dénaturent la vérité des chiffres : il est évident que leur statistique ne peut servit les sciences, mais l'abus d'une chose doit-il la faire proscrire ? •
D'autres dénigrent la statistique, parce que c'est Uïïe œuvre de travail pénible et opiniâtre, et qu'ils redoutent le îabor improbus. Ils préfèrent les mots, les phrases, les subtilités aussi vides que leur esprit, aux vérités d'observation. Qu'on demande à M. Louis ce que \vk ont coûté de labeur et de temps, ses recherches statis- • tiques sur la phthisie. (t)
Quelques esprits légers déclarent que des recherchesi statistiques sur l'âge, le sexe, la profession des aliénés,, sur les causes de la folie, etc., sont secondaires, sansi importance, indignes de leur attention. Pinel ne pensaÎTI pas ainsi. Ce grand maître a fait de la statistique dai»l la seconde édition de son immortel Traité de raliénatioiii
' Recherches anatomico-pathologlques sur la phthisie, Paris, iSaS, in-Ô.J — Noie sur la fréquence relative de la plitliisie chez les deux sexes {Âhî^ nales (T Hygiène publique, Paris, i83i, ton., vt, pag. 5o et suiv.). — laslrucllon sur l'étude de la phlliisie considérée dans les divers climats {Bullt-\ w de l'Académie royale de Médecine, Paris, 1837, tom. i", pag. 3ia èti( suiv, ). '
m: CHAiiENTOW. bbj
leniale. Pinel enseignait que le médecin puise ses inspiations thérapeutiques dans l'étude du commémoralif ls affections cérébrales et dans la connaissance de tout e qui a précédé l'explosion du délire. Les docteurs îuch en Amérique, Burrow etHalliday en Angleterre, [olst en Norwège^, Guallandi en Italie, Rech à Montellier, et bien d'autres, ont pensé comme Pinel. Des tableaux stalisliques, construits avec conscience, 'après des notes journalières, recueillies, pendant pluleurs années, sur un grand nombre d'aliénés soumis ux mêmes conditions, fourniraient des termes de comiraison avec d'autres tableaux rédigés d'après des ob- Tvalions faites sur des aliénés vivant dans des climats pposés, sous l'influence de mœurs, de lois, de régime ifférens. Que de résultats précieux pour la connaisance de la folie et de ses causes surgiraient de ces faits 1 ipprochés, comparés par une sage critique! que de ; ueslions de haute philosophie résolues par la compa- I lison de ces travaux statistiques!
( ' J'aime la statistique en médecine, parce que je crois son utilité; aussi, depuis trente ans, m'en suis-je aidé ins mes travaux sur les maladies mentales. C'est le leilleur instrument pour mesurer l'influence des loca-^j tes, du régime et des méthodes du traitement. Nous avons recueilli tous les jours les élémens de nos 'Pports statisiliques annuels; ije dis nous, parce que
' Voyez Remarques sur In statutlque des aliénés et sur le rapport du "il're des aliénés à la population et Analyse Je la statistique des aliénés dt ^orwège (Annales d'hygiène publique et de médecine légale, tom. vi, ig- >9a).
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M. Bleynie, médecin-adjoint, et M. Calmeil, médecii inspecteur du service de sauté, ont une forte part dar ces recherches. Les employés n'y sont pour rien; lesr gistres de l'administration servent seulement decoutrôli
J'ai fait connaître assez amplement les localités et Id circonstances au milieu desquelles vivent nos maladi pendant leur séjour et la durée de leur traitement dai la maison de Charenton. Je n'ai plus qu'à rappeler qu'o admet, dans cette maison, des aliénés de tout âge,. c tout sexe, de tout rang, quels que soient les causes, caractère, les complications, l'ancienneté de raffectio| mentale qui les a conduits dans l'établissement.
Voulant obtenir les résultats les plus incontestable; j'ai tenu compte, dans la construction de mes tableai statistiques, de tous les aliénés admis, quel que fût l'ét; de leur santé à l'époque de leur admission. Nous resUi! ainsi dans des conditions peu favoi\ibles au chiffre d guérisons, puisque, outre les idiots, les épileptiques les paralytiques, il entre, à Charenton, beaucoup çl'al ■ nés qui sont privés de la raison depuis un grand noml; d'années.
Tableau général des admissicns.
Années.
Tôt,
Hommes.
Femmes,
Total. . .
DE CUARENTON. DOg
I Le Ici nie moyen des admissions, pendant les huit anées dont nous rendons compte, est de I944' Ce terme t plus élevé, pendant les quatre premières années, lie pendant les quatre années suivantes. Faut-il attriaer cette différence à des circonstances générales qui at éloigné de la capitale les personnes qui s'y rendaient ant I 83o, ou mieux, à la création et à l'amélioration ?s élablissemens d'aliénés dans plusieurs départemens )isins de la capitale, établissemens qui retiennent les tiénés qui avant étaient dirigés sur Paris? L'autorisaon nouvelle et étrange (jui permet l'admission des liénés non indigens dans les hospices de Bicêtre et de 'Salpêtrière, ne serait-elle pas une troisième cause de :tte différence? En admettant les aliénés non indigens uns les hospices, remplit-on le but de l'institution de >s établissemens qui ont été créés pour les pauvres? e craint-on pas d'altérer le sentiment moral qui doit KP tous les membres de la famille, en favorisant l'avace de quelques parens d'aliénés qui préfèrent, comme lus économique, le séjour et le traitement dans les ospices que dans la maison de Charenton, où tout le tonde paie?
TABLEAU Des admissions relativement aux saisons.
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Si l'on divise les admissions relativement aux saisons, É elles se présentent dans les proportions suivantes :
Trimestre de printemps.
— d'été.
— d'automne.
— d'hiver.
Il faut conclure des deux tableaux qui précèdent, 1 1» que les admissions sont plus nombreuses dans le mois ide juillet et dans le trimestre d'été ; qu'elles sont moins xonsidérables pendant le mois de septembre et pendant lie trimestre d'hiver; que la folie qui a commencé à pa- ■raître plus nombreuse au printemps, arrive à la plus haute période de fréquence pendant l'été; qu'elle dimiinue en automne et diminue encore de fréquence en ihiver; 2" que si les admissions sont, pour les deux isexes, plus fréquentes en été, elles sont moins considé- •rables en hiver pour les hommes; tandis qu'elles sont imoins nombreuses au printemps pour les femmes.
TABLEAU
Des admlsilons rclath'cment aux âges.
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TABLEAU
Des admissions classées d'après leur fréquence , relativement