FEMMES
De 35 -à 4.0 ans.
Avant 20 ans.
' A quelques variations près , en comparant les âges de nos aliénés clans les différentes années , il faut conclure des deux tableaux précédons : i^que le maximum des admissions a lieu de 3o à 35 ans; 2° que de 10 à 35 ans les admissions, divisées de cinq en cinq ans , se sont élevées au même nombre et ont été stationnaires ; ' 3° que les admissions des hommes sont plus nombreuses de a5 à 3o , et celles des femmes de 35 à L\o aus. Viennent ensuite les admissions de 3o à 35 pour les hommes , et celles de <o à 45 pour les femmes. Les admissions des hommes de 20 à 2 5 ans occupent le troisième rang de fréquence, tandis que ce même àgc de 20 à 25 n'est qu'au sixième rang de fréquence pour los ZI. 43
femmes. D'où je conclus, que la folie est plusliâlive chez les hommes que chez les femmes. A l'âge de 5o à 55 ans la folie est peu moins fréquente. Passé 55 ans, les admissions décroissent rapidement dans les deux sexes, quoiqu'elles soient un peu plus nombreuses chez les femmes. Ces résultats sont vrais , quant au nombre absolu des admissions; mais eu comparant les admissions avec la population générale de chaque âge, on acquiert la preuve qu'avec les progrès de l'âge, qu'en vieillissant, le cerveau s'use et les facultés intellectuelles s'affaiblissent et s'éteignent.
Pour déduire des conséquences rigoureuses du nombre absolu des aliénés relativement aux âges, il ne sufr fit pas de constater qu'il existe numériquement plus de fous âgés de 3o à l[0 ans; il importe de rechercher et de connaître le nombre des fous comparé à celui de la population de chaque âge.
Pour cela, nous avons constaté l'âge de 12,869 alié* nés, observés à Bicêtre, à la Salpêtrière et à Chareuton. Nous avons classé ces 12,869 individus d'après leur âge, et nous les avons rapportés à une échelle d'où il est résulté des quantités géométriques qià permettent de saisir d'un coup-d'œil le nombre et la différence des aliénés dans chaque âge, de comparer ce nombre et ces différences , et de les soumettre même à des proportions mathématiques (^'oy. la planche xxvij. Cette même opération a été faite sur dix millions d'individus classés d'après leur âge, afin de constater la population propre à chaque âge de la vie. V^nnuairv du bureau des longitudes a servi de base à ce travail, qui a été fait par M. le docteur Leuret.
DE CHARENTOTT. O'jb
La population absolue diminue d'âge en âge; cette diminution est graduelle et s'opère dans des proportions â-peu-près égales de 20 à 35 ans. Elle est plus forte de 35 à 45 : elle est plus tranchée de à 60; très rapide depuis 60 et surtout depuis 65. A cette dernière époque, jusqu'à la décrépitudë, cette diminution s'opère régu- Kèrement et dans une progression presque géométrique.
La fréquence de la folie, comparée aux âges, ne suit pas la même loi que la population généx^ale; elle offre des anomalies bien singulières, quoiqu'elle aille toujours en augmentant. Ainsi, plus l'homme avance dans la vie, plus il est exposé à la perte de la raison , mais avec des chances différentes, relativement aux âges. Il y a moins de fous de 20 à 3o ans , comparativement à la population de cette époque de la vie : il y en a plus de 3o à 4o ans, quoique la population ait déjà diminué, et néanmoins le nombre des fous est moins élevé, comparativement à la population dans les âges suivans : de 4o à 45 ans, la population est diminuée et le nombre relatif des fous augmente à raison de cette même diminution : il en est de même de 45 à 5o ans. L'augmentation relative du nombre des fous est plus marquée encore de 5o à 55 ans. De 70 à et de ^5 à 80 , le nombre des aliénés relatif à la population est énorme. C'est l'âge de la démence sénile.
Ainsi, quoique numériquement et d'une manière absolue, il soit vrai de dire qu'il y a plus d'aliénés de l'âge de 3o à 4o ans qu'avant et après cette époque de la vie, on se tromperait si l'on en tirait la conclusion qu'à cet âge l'homme est plus exposé à perdre la raison, puisque
Qrji^ HISTOIRE ET STATISTIQUE
relativement à la population générale, il y a moins de fous âgés de 3o à Zjo ans que dans les âges suivans.
L'on reçoit à Cliarenlon plus d'hommes que de femmes; la différence est comme 3:2. Cette différence est due à l'admission des militaires , des marins qui entrent presque pour un cinquième de la population habituelle de l'établissement et pour un septième à-peu-près des admissions ; à ce que les admissions gratuites sont plus fréquemment accordées aux hommes qu'aux femmes. Il résulte de mes recherches que sur 'y6,ooo aliénés, la différence des hommes aux femmes est comme à 38, mais que cette différence varie suivant les climats, la population, et les mœurs, dans le même pays.
TABLEAU Des admissions relativement à l'état civil.
6^8 HISTOIBE ET STATISTIQUE
Il résulte du tableau relatif à l'état civil : i** que les célibataires aliénés reçus à Gharenton sont aux admissions totales comme i est à 2,22; que les hommes célibataires sont aux femmes comme 5 : 2 ; 2° que les aliénés mariés sont aux admissions comme 1:2; qu'il y a très peu de différence des hommes mariés aux femmes; 3° que les hommes et les femmes veufs , ne sont que pour un quinzième dans la totalité des admissions ; que les hommes veufs sont aux femmes veuves comme f\ : 7 moins une fraction. Les hommes célibataires sont plus fréquemment aliénés que les femmes mariées, parce que la folie atteint les hommes dès l'âge de 26 à 3o ans , et qu'à cette époque de la vie, les hommes songent à peine à se marier; ils sont plus tyrannisés par les passions; tandis que les femmes sont généralement mariées. Le nombre des femmes mariées admises à Gharenton, égale le nombre des hommes mariés. Le mariage, à cause des douleurs physiques et morales qui tourmentent plus souvent la vie des femmes mariées, îes exposet-elle plus souvent à l'égarement de la raison ? Ces considérations , auxquelles je pourrais en ajouter d'autres, prouvent que rien n'est indifférent dans l'étude de la folie; que les recherches sur l'état civil des aliénés, si peu importantes au premier aperçu, peuvent conduire à des données d'un haut intérêt.
TABLEAU
Des admissions relativement aux professions.