‹ Des maladies mentales [electronic resource]Chapitre 30 sur 49 · MOIS · texte numérisé non relu

MOIS

TOTAUX

Janvier. . , .

Février. . . .

la

Juillet. , , .

Septembre. .

Octobre. . .

Novembre. .

Décembre. .

Totaux. . .

Total général. .

Il est mort depuis le V janvier 1826 jusqu'au 3i décembre i833 , 546 aliénés sur (oute la population de Charenton. La moyenne annuelle des morts a été de 68,3. La population comprend 492 individus existant dans l'établissement le 1" janvier i832, et 155; aliénés entrés dans la maison pendant les buit années de mon

DE CHARENTON. OgD

i service, ce qui porte la population réelle à 2,0^9 • La 1 mort n'a pas frappé seulement les aliénés admis ; elle a ! surtout exercé ses ravages sur les malades existans I lorsque jai commencé le service. Si je n'avais tenu ( compte que de la mortalité des malades admis pen- ( dant les huit années, le chiffre des morts eût été bien 1 moins élevé \ La mortalité a donc été, relativement iàla population réelle, comme i à 3, 75, c'est-à-dire ( d'un quart à-peu-près. La mortalité des hommes a été I plus considérable que celle des femmes , puisque l'on ( compt i4o femmes décédées et 4o6 hommes. La pro- I portion est comme i à 2 , 9. Je ferai remarquer que la I mortalité est moins forte dans les quatre dernières an- I nées : cette différence doit être attribuée , parliculière- I ment , à la diminution de la mortalité des femmes depuis : i83o. J'ai déjà dit , en parlant des guérisons , que depuis la même époque la guérison des femmes avait augmenté. I Ou ne saurait attribuer ces deux résultats qu'à i'habita- I tion des nouvelles contructions, dont les dames ont pris I possession dès le mois de mai 1829. Ni le régime, ni i les soins médicaux, ni les services domestiques, ni la ! surveillance n'ont changé; les habitations des femmes I sont devenues meilleures. Il faut conclure de là que des

• constructions bien faites, bien appropriées, ont une i influence incontestable, non-seulement sur le bien-être

• des aliénés, mais encore sur la durée de leur existence

• et sur leur guérison. Cette conséquence démontre la

• Cette considération a échappé à la légèreté d'un critique aussi inJulgeut pour lui-même que sévère pour les autres.

6g6 HISTOIRE ET STATISTIQUE

nécessité de constructions nouvelles pour la section des hommes traités à Cliarenton.

Trimestre d'hiver.

— de printemps.

— d'été.

— d'automne.

La mortalité est à son maximum en hiver, elle di-minue au printemps et à l'automne, elle est plus faible en été. L'été conserve la vie des infirmes, tandis que l'hiver leur est toujours contraire.

La mortalité de Charenton serait bien affligeante si l'on ne tenait compte dès circonstances dans lesquelles se trouvent les aliénés lors de leur admission. On n'envoie point dans cette maison des maladies aiguës de l'encéphale qui, dit-on, guérissent toujours, et qui grossissent le chiffre des guérisons de quelques élablissemens. Rarement il entre à Charenton des folies récentes : la plupart ont été rebelles à divers traitemens et sont anciennes. Plus d'un sixième des aliénés admis (^74) 6st atteint de la paralysie générale qui pousse incessamment l'aliéné vers la tombe. 62 sont épileptiques, 1 5 sont idiots , en tout 35i , nombre qui est aux admissions comme i à /i> 37. Que serait-ce si j'ajoutais à cette somme les paralytiques, les épileptiques et les idiots exlstans au i^'' janvier 1826? Nous ne pouvons dissimuler cependant que los vices de construction de quelques habitations des hommes nuisent à la conservation de leur vie. Ce que je disais tout-à-l'heure de la diminution de la mortalité des femmes , depuis qu'elles habi-

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^ent le quartier neuf, fortifie mon opinion à cet égard.

J'ai signalé le choléra-morbus comme une cause qui a conduit trois aliénés à Charenton. Le choléra était un temps d'épreuves pour cet établissement. M. Pal'.uy , directeur, après s'être consulté avec les médecins, prit les plus sages précautions de salubrité; plusieurs corridors et cellules furent blanchis à la chaux ; la surveillance des objets de propreté et de régime fut plus sévère; les aliénés reçurent un potage chaud le matin. Le choléra, qui frappa un grand nombre d'aliénés dans les hospices de Bicêtreet de la Salpêtrière, épargna les habitans de la maison de Charenton. Un seul aliéné , qui était dans les meilleures conditions de santé, fut atteint et mourut en treize heures. Un serviteur succomba moins au choléra qu'à son état d'ivresse habituelle.

L'envahissement du choléra dans la division des aliénés de Bicêtre et de la Salpêtrière fait sentir combien était erronée l'opinion de ceux qui pensaient que Ja folie était une immunité contre les épidémies. D'un autre côté la bonne santé des habitans de Charenton , pendant que le choléra sévissait dans le pays, démontre que la folie n'est pas non plus une prédisposition aux maladies épidémiques. La salubrité du site de Charenton , les sages mesures adoptées par le directeur , ontelles servi de préservatif aux aliénés de cet établissement, ou bien cet heureux résultat esl-il l'effet d'une de ces anomalies si souvent observées dans la marche du choléra? anomalies signalées, d'ailleurs, par tous les historiens des grandes épidémies qui ont porté leur ravages du sud-est au couchant.

Ouvertures de corps.

Les ouvertures de corps sont faites, à Charentoo,. avec la plus scrupuleuse attention. Elles sont inscrites sur le registre déposé dans le cabinet du médecin eu chef; celte inscription est faite à la suite des renseignemens déjà consignés au même registre, sur les causes, les symptômes et la marche de la folie de chaque décédé., Il résulte du dépouillement de ce grand nombre de faits, que les altérations du cerveau et de ses enveloppes ont lieu plus souvent que les lésions des viscères et des membranes contenus dans le thorax et l'abdomen. Le chiffre que je donnerais serait sans utilité et n'apprendrait rien sur le siège et la cause immédiate du délire. Ce que j'ai publié sur les ouvertures de corps de femmes aliénées de la Salpêlrière semble peu conforme aux résultats nécroscopiques obtenus à Charenton. Les altérations organiques des viscères et des membranes du thorax et de l'abdomen étaient plus fréquentes à la Salpêtrière. Je n'avais à faire, dans cet hospice, qu'à des femmes aliénées, et parmi elles très peu étaient paralytiques. En définitive, les recherches cadavériques faites dans ces deux grands établisseraens sont restées jusqu'ici stériles pour la détermination des conditions matérielles du délire.

Rien n'est plus impénétrable que l'action du cerveau sur la manifestation de l'intelligence; rien n'est plus obscur que les rapports de cet organe avec les perturbations intellectuelles et morales. Les travaux n'ont point manqué sur des sujets d'un si haut intérêt. Depuis

S temps antiques où l'on croyait que la folie était l'effet e la colère des dieux, jusqu'à nos jours où l'on prétend ue toutes les perturbations des idées, des affections, os déterminations chez les fous sont des actes sans DDScience; depuis Galien jusqu'à Tiedemann et Shaw, ûur l'anatomie du système nerveux ; depuis Démocrite, ui cherchait les causes de la folie dans les viscères abominaux, jusqu'à Gall qui trouve cette cause dans les rconvolutions du cerveau, que de théories, que de 'stèmes, que d'erreurs qui se sont détruits les uns les itres, sur les conditions matérielles de la raison et de folie. Les recherches cadavériques de Morgagni , Gre- Ing, Meckel, Rochoux, Rostan, Lallemand , Rouillaud, bercrombie, Foville, Bayle, Calmeil, etc., ont signalé ■s lésions organiques de l'encéphale qui se révèlent par s désordres de sensibilité ou de myotilité; mais quelues lumières que les travaux de ces auteurs aient réinckies sur les maladies du cerveau et des méninges, mystère de la pensée, les conditions de sa manifestion sont restés impénétrables, et la physiologie et la étaphysique n'ont pas été plus heureuses que l'ana- 'mie pathologique. Faut-il se décourager? Non, sans ^ute; les maladies que je voudrais appeler maladies 'ganiques de l'encéphale sont mieux connues; leur agnoslic est plus certain. De nouveaux efforts dévoiront peut-être les lésions cérébrales qui produisent la 'lie.

Les faits nécroscopiques recueillis à Charenton ne 'Dt point perdus pour la science; deux ouvrages d'ana- "iie pathologique ont été publiés depuis 1826; M. le

docteur Bayle, dans un ouvrage très intéressant qu'il publié sous le titre de Traité des maladies du ceweau a tenté de prouver que la paralysie et la mononamie d'eu gueil ont pour cause la méningite chronique. M, le do teur Cahneil, qui est encore inspecteur du service d santé à Charenton, a fait mieux connaître qu'elle nel' tait avant lui la paralysie générale des aliénés , paru suite d'observations du plus grand intérêt'. Cet infi tigable médecin , a publié depuis un mémoire sur moelle rachidienne , et s'est chargé , pour le dictio naire de médecine, de tous les articles sur les nialadi mentales et sur la pathologie du système nerveux. L articles qui ont déjà paru , font vivement désir ceux qui doivent les suivre. Quelques points d'anatom pathologique du cerveau et de ses enveloppes ont ser de texte aux dissertations inaugurales d'anciens élèves Charenton. M. le docteur Moreau s'est attaché à appr cier Ifinfluence des causes physiques sur la produ tion de l'aliénation mentale. Les tumeurs formées da la cavité crânienne font le sujet de la thèse de M. le do teur Malherbe.

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