DE L’UTILITÉ DES ÉCOLES, ETC
pas fait pour la guérison de ces malades, est-ce tout ce que peut la science pour les guérir ? Faut-il, une fois que le malade est soustrait aux influences extérieures défavorables, le laisser complètement à luimême, sans chercher à calmer son excitation, son exaltation, sans s’occuper de détruire la fixité de ses préoccupations maladives ? Évidemment non. Il ne faut pas se borner à éloigner les causes qui peuvent fomenter le délire, il faut le combattre lui-même, et dans ce but, l’expérience ne reconnaît pas de moyen plus efficace que de fixer l’attention des uns sur les objets les plus capables de les captiver, et de faire diversion aux idées fixes des autres, en mettant sans cesse sous leurs yeux des objets étrangers à leur délire, et en ayant le soin de diriger tellement leur attention sur toutes sortes d’occupations, qu’ils soient dans l’impossibilité de songer au sujet de leur maladie.
Ce principe, la diversion au délire , est certainement le moyen de traitement le plus efficace des maladies mentales. Il a de plus l’immense avantage d’être applicable à tous les aliénés, avantage considérable et surtout précieux dans les grands centres de population d’aliénés.
Examinons donc si les écoles et les réunions sont d’heureuses applications d’un principe aussi fécond.
En faisant apprendre aux aliénés la lecture, l’écriture, le calcul, le dessin, la musique, des morceaux de poésie choisis dans nos meilleurs auteurs, que faiton, sinon fixer leur attention d’une manière prolongée, constante, sur des objets étrangers à leur délire, au lieu de laisser les uns en proie à l’excitation qui les domine, à la succession rapide et irrégulière de leurs pensées délirantes et les autres à la fixité de leurs