‹ Des maladies mentales et des asiles d'aliénés. Leçons cliniques et considérations généralesChapitre 29 sur 45 · DE L'UTILITÉ DES ÉCOLES, ETC · texte numérisé non relu

DE L'UTILITÉ DES ÉCOLES, ETC

trêve à la monotonie de leur existence, et de leur donner une occupation, qui non-seulement est une distraction dans le moment présent, mais dont on conserve un agréable souvenir et qui devient un aliment pour la conversation, en même temps qu’un but pour de nouveaux efforts?

Qu’a-t-on donc à objecter à des occupations si dignes et si utiles sous tant de rapports? Leur reproche- t-on de développer la vanité, l’amour-propre? Sans doute, c’est possible dans certains cas. Je sais que les déceptions ont quelquefois pour résultat de mettre le malade en hostilité vive avec ceux qui blessent sa vanité et de le jeter dans un découragement profond. Mais d’abord, ce fait est rare, et le médecin peut toujours, surtout avec l’aide du sentiment religieux, s’opposer à cet envahissement de l’amour-propre. D’ailleurs, le remède se trouve à côté du mal. Les malades réagissent utilement les uns sur les autres, et l’excitation de l’amourpropre a précisément son contre-poids dans la supériorité relative de quelques-uns de leurs compagnons d’infortune. Ajoutons que l’amour-propre n’est pas un mal sans mélange de bien ; il fait tendre toutes les facultés de l’individu vers un même but et par conséquent l’éloigne de l’objet de son délire.

Ainsi donc, les réunions ont l’avantage d’augmenter l’autorité du médecin, l’obéissance des malades, et partant l’ordre de l’établissement, de faciliter le traitement individuel, enfin, et c’est là leur plus grande influence, elles constituent le meilleur moyen de mettre en pratique la diversion , principe que nous regardons comme fondamental dans le traitement des aliénations mentales.

On a soulevé la question de savoir si la présence

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d’étrangers à nos réunions, si leur coopération pouvaient être utiles ou nuisibles aux aliénés ? Nous ne balançons pas, pour notre part, à nous prononcer en faveur de leur utilité. Nous sommes convaincu, en effet, par l’expérience et par le raisonnement, que la présence d’étrangers au milieu des aliénés est tout. à fait favorable. Les malades exercent plus d’empire sur euxmêmes, précisément parce que des personnes étrangères fixent leur attention à un plus haut degré que leurs compagnons d’infortune. Les uns se conduisent mieux parce qu’ils sont plus captivés, et les autres, récitent et chantent mieux parce qu’ils ont des auditeurs nouveaux et inconnus . Aj ou tons que la solennité pl us grande de la réunion, en servant à tous d’encouragement et d’appui, devient pour le médecin un levier plus puissant pour maintenir l’ordre et redresser les idées et les; sentiments des aliénés.. Si, de plus, les personnes admises dans les réunions y participent activement elles-mêmes, par leurs récitations et par leurs chants, tous les avantages que nous venons d’énumérer se trouvent encore rehaussés, et l’éclat plus grand de *la solennité assure l’excellence du résultat.

OBSERVATIONS

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