‹ Des maladies mentales et nerveusesChapitre 24 sur 50 · ASILE DE SAINTE-GEMMES · texte numérisé non relu

ASILE DE SAINTE-GEMMES

Tandis que, dans la première des trois observations qui suivent, la volonté se montre lésée dans le sens de l'irrésistibilité des actes, et que le sujet est mû par des entraînements irrésistibles à vouloir malgré lui, si l'on peut ainsi dire, et à commettre, par suite, certains actes que sa raison déplore; dans les deux autres, au contraire, la volonté est lésée dans le sens d'une impossibilité de vouloir, d'une absence complète d'initiative qui, condamnant les malades à l'immobilité et à l'inaction les plus absolues, constitue une sorte de paralysie de la volonté.

Ces observations viennent s'ajouter à celles qui ont servi de base au mémoire que- nous avons publié, en 1847, dans les Annales médico-psychologiqiies sur les maladies de la volonté ou plutôt sur l'étude des lésions de cette faculté dans l'aliénation mentale.

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Nous les avons choisies comme types parmi plusieurs autres exemples que nous avons observés depuis la publication dudit mémoire, et dont il serait oiseux de multiplier les citations.

Qu'il nous suffise de rappeler, à cette occasion, le paralysé général cité par M. Combes dans sa thèse, et chez lequel M. Baillarger a cru pouvoir relever les caractères d'un délire hypocondriaque comme prodromes de paralysie générale, alors qu'il ne présentait encore que les symptômes de la mélancoUe avec stupeur. Or, dans cette période de la maladie, non seulement il y avait une absence complète de spontanéité, mais encore on peut dire que l'exercice de la volonté, lorsqu'il était provoqué par la force, était réellement douloureux, à telles enseignes que le moindre mouvement pour l'accomplissement des actes les plus ordinaires de la vie, et notamment pour le lever et le coucher, arrachait au malade les sanglots et les cris les plus déchirants. Je citerai encore, à la même occasion, une aliénée de l'Eure entretenue à l'asile de Blois et nommée L.. , qui passait toutes ses journées accroupie dans un coin de la salle ou du préau où on l'avait déposée, et chez laquelle le moindre déplacement était devenu l'occasion d'une véritable douleur. On n'avait d'autre moyen de la faire lever et marcher, pour se rendre le soir à son lit et pour revenir le matin à son habitation de jour, que de lui verser, pendant tout le trajet un peu d'eau sur la tète avec un petit arrosoir de chambre, et ce n'était jamais sans qu'elle poussât des cris, déterminés beaucoup moins par l'impression de l'eau que par la douleur du mouvement, car elle poussait les mêmes cris lors-

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qu'on la prenait par le bras et qu'on la faisait marcher par la contrainte.

On n'avait constaté, d'ailleurs, chez elle aucune conception délirante qui témoignât de la participation de l'intelligence au trouble de la volonté.

Un autre aUéné, également du département de l'Eure, affecté de lypémanie avec stupeur, présentait, de même que les précédents, une absence complète d'initiative et de spontanéité; mais, de plus qu'eux il était exposé à des accidents semblant constituer une affection nerveuse spéciale, et' ne pouvant du moins se rapporter à aucune des névroses connues. Cet individu s'affaissait trois ou quatre fois par jour sur lui-même et restait pendant trois ou quatre minutes dans un état de coUapsus musculaire général. Cet état se distinguait de l'épilepsie par la conservation de la connaissance et s'en distinguait également, de même que de toutes les névroses connues, par l'absence complète de convulsions, par le relâchement des muscles, plutôt que par leur état de contraction. Le malade étant mort quelques mois après dans le marasme, l'autopsie révéla un œdème du cerveau des plus caractérisés.

Lésions de la volonté.

Irrésistibilité dans les actes co-existant avec une intégrité relative des facultés intellectuelles.

Sommaire. — Propension irrésistible au vol (kleptomanie), depuis longtemps précédée également d'une tendance irrésistible à voyager. — Aucune conception délirante appréciable, et jusqu'à un certain point conscience de son état. — Aucun amendement de cet état mental depuis l'entrée dans l'établissement, laquelle remonte au 15 juin 1860, c'est-à-dire à près de quinze mois.

(Cette observation a été recueillie par M. Aubert, interne du service.)

R... (Baptiste-Jean), né à Doué (Maine-et-Loire), exerçait la profession de cordonnier. Séquestré au quartier d'aliénés de Tours (l'époque de l'admission dans cet asile est inconnue), il fut transféré à Sainte- Gemmes le 15 juin 1860 et conduit par la gendarmerie.

A l'entrée du malade, on n'a pas d'autre source de renseignements qu'un certificat du médecin de l'asile d'Indre-et-Loire, qui constate que « R... est atteint de monomanie avec hallucinations, que son état est à peu près resté le même depuis son admission, et qu'il offre peu de chances de curabilité. »

Il a donc fallu observer attentivement le malade pour arriver à un diagnostic certain.

Le lendemain, à la visite du matin, nous trouvons R... parfaitement calme, répondant aux questions avec la plus grande justesse et demandant une sortie pro-

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chaine. Sa tenue est décente, ses manières polies et affectueuses; il nous dit avoir été séquestré à Tours pour des tendances irrésistibles à voijager. En effet, après avoir parcouru toute la France, il aurait poussé ses pérégrinations en Italie et en Angleterre; tantôt il vivait de son métier de cordonnier, tantôt il servait comme domestique pour suffire à ses besoins et satisfaire aux dépenses de ses nombreux voyages. Dès qu'il arrivait dans une ville, il ne pouvait s'y fixer malgré la ferme intention qu'il en avait prise avant de s'y diriger, et il était poussé à chercher plus loin un séjour qui lui convînt.

Il nous dit aujourd'hui n'avoir plus ces tendances à voyager; il reconnaît qu'il y a, dans cette espèce de vagabondage, un état mental maladif, et prie qu'on veuille bien l'observer pendant quelque temps, espérant qu'on lui rendra bientôt la liberté, puisque son penchant à courir de localité en localité a disparu.

R... ne délire pas pendant les premiers jours qui suivent son entrée; il travaille même avec intelligence et régularité, mais bientôt il cherche à s'évader, et on doit lui faire suspendre tout travail.

Quelques jours après, R... se précipite sur la boîte d'appareil portée par un infirmier, et s'empare d'une serviette qu'on a beaucoup de peine à lui enlever. Rien n'avait pu faire prévoir jusque-là un pareil acte de la part du malade. Mais depuis lors on observe chez lui une propension irrésistible au vol; il prend tout ce qui lui tombe sous la main; il va même jusqu'à fouiller dans les poches des déments pour leur enlever une tabatière; il vole du pain, pendant les repas, à ses compagnons d'infortune, etc., etc.

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Pour empêcher de nombreux vols, on est obligé de lui mettre la camisole.

Si R... ne peut plus rien soustraire, il conserve cependant les mêmes tendances. Qu'on lui présente un objet quelconque, il se précipite pour le dérober; bien plus, il se dirige quelquefois derrière vous, en dissimulant ses pas, pour saisir avec les dents votre chapeau; d'autres fois il se traîne sur les genoux pour s'emparer d'un objet qu'on a dans la main. Si on lui fait des reproches sur sa conduite, il s'éloigne, baisse les yeux, paraît éprouver du repentir. Si on lui demande l'usage auquel il emploierait le produit de ses vols, il répond qu'il n'a plus qu'un désir, avoir de l'argent pour se retirer à la Trappe et y finir ses jours.

Depuis plus d'un an que R... est à l'asile, la kleptomanie dont il est atteint n'a subi aucune heureuse modification. Malgré la camisole qui empêche le libre exercice de ses mains, il parvient souvent à commettre quelques nouveaux rapts. Il n'est pas nécessaire pour lui que les objets aient une certaine valeur : une pierre, une paille, du papier, sont le but de ses convoitises. Un jour, je me trouvais près de lui et tenais en main le dossier d'un malade arrivé de la veille à l'asile; à la vue de ces papiers, R... se précipite brusquement et saisit avec force entre ses deux poignets le dossier dont il ne veut plus se dessaisir, et qu'on ne peut lui enlever que par morceaux.

R... est toujours calme et affectueux, raisonnable même, lorsqu'il n'a rien sous les yeux qui puisse exciter sa kleptomanie. Il regrette et déplore beau-

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coup ses mauvaises tendances, et il a une conscience parfaite de son état mental. « J'ai tort, dit-il, je le sais, c'est de la folie, mais que voulez-vous ? c'est plus fort que moi ; dans les moments où je cherche à voler, ma tête s'égare ; je ne suis plus maître de mes actions ni de ma volonté, et je ne puis mieux comparer ce que j'éprouve dans ma tête qu'à une espèce d'ivresse. »

Ce malade appartient à la catégorie des héréditaires chez lesquels s'observent le plus souvent les impulsions irrésistibles. 11 a eu un frère dans l'étabhssement et ce frère a eu aussi des impulsions irrésistibles. Un autre frère voyage depuis plus de vingt ans sans s'arrêter et on ne sait où il est.

Sommaire. — Abolition complète de l'activité. — Défaut absolu d'initiative et de spontanéité constituant une sorte de paralysie de la volonté et jetant le malade dans un état comparable à celui des animaux hibernants. — OEdème du cerveau.

R... (Jacqueline), née à Chazé-sur-Argos (Maineet-Loire), domestique, célibataire, âgée de soixantequatre ans, est entrée à l'asile de Sainte-Gemmes le 15 mars 1856.

Cette malade était depuis plus de deux mois atteinte d'aliénation, lorsqu'eut lieu sa séquestration dans un établissement spécial. Elle vivait depuis fort longtemps en concubinage avec son maître, et un fils était né de ces rapports immoraux. Est-ce le remords de sa vie passée ou toute autre cause qui a déterminé l'aliénation ? On l'ignore ; toujours est-il cependant qu'on ne peut invoquer pour elle l'hérédité.

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Lorsqu'elle fut amenée à l'asile, cette aliénée était atteinte d'une lypémanie démoniaque avec hallucinations de la vue et de l'ouïe, et tremblements choréiques. Elle se disait damnée, voyait et entendait le démon et croyait même être Satan. Elle mangeait par caprice et était inoffensive pour elle-même et pour les autres.

Quelques jours après son arrivée, les mouvements choréiques cessèrent, mais l'état mental resta le même.

En mai 1856, la malade tomba dans une dépression profonde portée presque jusqu'à la stupeur. Très mélancolique, elle parut vivre dans un monde à part ; bien qu'on otservât parfois chez elle une certaine initiative, on était souvent obhgé de l'exciter à manger et à se mouvoir. Cet état si grave n'était cependant que le prélude d'un état mental plus grave encore ; car, dès le mois de juillet, on put déjà noter une absence complète d'initiative et un collapsus-musculaire général qui força la malade à garder le lit. Bientôt la volonté fut totalement paralysée, et la malade tomba dans un état qui ne peut être mieux comparé qu'à celui d'un animal hibernant. Dès lors, elle ne répondit plus aux questions qu'on lui adressait, elle n'exécuta plus aucun mouvement et n'ouvrit la bouche que pour pousser de petits cris plaintifs. Ces cris, qui cessaient de temps en temps, reparaissaient d'une manière plus énergique si l'on touchait, même légèrement, le cuir chevelu de cette aliénée, ce qui pouvait faire croire qu'il existait dans le cerveau un état pathologique grave ; d'ailleurs la sensibilité générale n'était pas abolie.

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Cet état est resté absolument le même jusqu'à l'époque de la mort, survenue par suite de diarrhée et de marasme, le 16 avril 1859, c'est-à-dire pendant près de trois ans. Les idées de damnation ont-elles persisté ? C'est ce qu'on n'a pu savoir, puisqu'il était impossible à la malade de manifester ses idées délirantes. Pendant l'agonie, l'intelligence ne s'est pas réveillée, comme cela se remarque parfois, et la malade est morte dans le même état d'annihilation de la volonté qu'elle présentait auparavant.

L'autopsie, faite vingt-six heures après la mort, a révélé les lésions suivantes :

Habitus extérieur. — Maigreur extrême, eschares au sacrum et aux grands tro chanter s.

Crâne. — Os amincis; arachnoïde et pie-mère blanchâtres ; sérosité hmpide très abondante dans la cavité sous-arachnoïdienne ; substance cérébrale œdémateuse, ramolhe; ventricules latéraux remplis d'un liquide séreux de couleur citrine ; cervelet sain.

Thorax. — Adhérences très nombreuses et très résistantes aux parois thoraciques ; cœur petit, presque vide de sang ; poumons à l'état normal.

Abdomen. — Le jéjunum et l'iléon paraissent diminués de volume et présentent une injection par arborisations.

Le foie est hypertrophié, les reins sont frêles, la rate est gorgée d'un sang couleur Ue de vin, les organes génito-urinaires sont sains.

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Sommaire. - Démence avec abolition complète de l'activité. - Défaut absolu d'initiative et de spontanéité. - Anesthésie concomitante.

S... (Joséphine-Félicité), née à Trémentines (Maineet-Loire), le 20 août 1833, célibataire, est amenée à l'asile de Sainte-Gemmes le 12 octobre 1858.

Cette malade sort de l'asile de Napoléon-Vendée, où elle avait été admise le 15 août 1858. Au moment de son admission dans cet établissement, il n'avait été fourni aucun renseignement sur son état mental antérieur. Joséphine avait été arrêtée dans le département de la Vendée, pour vagabondage.

Cette aliénée arrive à l'asile de Sainte-Gemmes, dans un état de malpropreté repoussante. La taille est élevée, le tempérament bilioso-nerveux, la constitution très affaiblie, la physionomie est sans expression ; la malade se renferme dans un mutisme presque absolu qui n'est interrompu que par quelques mots inintelligibles qu'elle marmotte de temps en temps.

Deux jours après son entrée, elle est étrangère à tout ce qui passe autour d'elle. Tantôt accroupie dans un coin, tantôt debout et la tête penchée vers le sol, elle garde cette position pendant des heures entières sans faire le moindre mouvement et sans que son regard paraisse révéler la moindre intelligence. Ce n'est qu'après avoir été longtemps solhcitçe, et seulement pour participer aux repas avec les autres ahénées, qu'elle se décide à se lever ou à marcher, et encore est-on obligé de la conduire. Par

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suite du mutisme dans lequel elle se renferme, il est impossible de préciser la nature des préoccupations qui absorbent la malade.

Obligée de s'aliter vers le mois d'avril 1859, pour une diarrhée abondante, et qui a miné de plus en plus sa constitution déjà très faible, elle n'a éprouvé dans son état mental aucune modification heureuse, par suite de cette maladie incidente. Depuis cette époque, la malade garde le lit, reste constamment couchée sur le côté gauche, et ne prononce plus une seule parole. Rien ne l'excite, rien ne peut la secouer de l'apathie dans laquelle elle est plongée. La volonté est inerte, et toute initiative est complètement perdue. La vue des aliments paraît réveiller la malade un instant, mais elle retombe bien vite dans cette dépression et dans cette torpeur qui caractérisent son état, et elle mourrait certainement d'inanition si on ne l'engageait pas à prendre de la nourriture. La peau est, si je puis m'exprimer ainsi , insensible comme la volonté ; l'anesthésie est complète sur toute la surface du corps. La malade olTre en un mot le type de la vie végétative.

La diarrhée a cédé depuis longtemps à des médicaments appropriés et cette aliénée ne garde le lit que par suite du délabrement de sa constitution. .

L'emploi prolongé de la faradisation chez cette malade, de même que chez la précédente, n'a donné aucun résultat.

DES LÉSIONS DE LA VOLONTÉ

Sommaire. — Antécédents. — Exercice pénible de la volonté co-existant avec l'intégrité des autres facultés. — Les peines et les luttes que cet état méconnu occasionne et suscite engendrent un délire de persécutions. — Premier séjour à l'asile. — Disparition immédiate de toute idée délirante, mais persistance de la difficulté de mettre à exécution les actes délibérés. — Sortie de la malade. — Nouvelles idées de persécution produites par les mêmes causes. — Deuxième entrée à l'asile. — L'état mental se comporte comme après la première. — Explication probable de cette lésion de la volonté. -— Quelques mots à M. Michéa.

Élisa C... est née à L .. le 12 novembre 1835. Nous ne trouvons dans sa famille aucun antécédent d'aliénation mentale ou de névropathie quelconque. Sa faible constitution, son tempérament lymphatique, la disposent à des affections de nature scrofuleuse qui font de son enfance une des plus maladives. Cependant l'état général iinit par se modifier peu à peu, et quand M^^^ Élisa C... atteignit sa quatorzième année, il ne lui restait plus qu'une conjonctivite légère qui ne se montrait plus qu'à de rares intervalles.

Pendant cette période, les facultés intellectuelles prirent un développement normal. Malgré sa mauvaise santé, Mlle Élisa G... savait ce que savent d'ordinaire les enfants de son âge ; mais il est vrai de dire que, si elle saisissait assez bien ce qu'on lui montrait, elle manquait cependant d'initiative, quand il lui fallait agir par elle-même.

Son caractère ne se faisait remarquer par aucune singularité ; on pouvait seulement lui reprocher un peu de vanité. C'est vers cette époque qu'elle est mise en pension, et par le choix peu judicieux des parents,

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dans un couvent où sont particulièrement élevées des demoiselles nobles. En rapport continuel avec un monde supérieur au sien, elle ne tarde pas à prendre des goûts qui plus tard pourront lui être funestes.

Tout d'abord rien ne distingue sa manière d'être de celle des autres élèves ; son travail est régulier, son application habituelle, ses progrès assez sensibles; enfin, tout annonce chez elle une intelligence ordinaire. Les manifestations de la scrofule sont de plus en plus rares ; mais, à mesure qu'elles disparaissent, des souffrances d'un autre genre se manifestent : ce sont des céphalalgies qui, rares et peu intenses d'abord, ne tardent pas à devenir plus fréquentes et à prendre un caractère d'acuité de plus en plus prononcé. C'est surtout après une contention d'esprit un peu prolongée que ces maux de tête s'exaspèrent. Ces souffrances continuelles impriment au caractère de cette jeune fille des modifications qui, insensibles d'abord, deviennent de plus en plus frappantes : elle s'éloigne de ses compagnes, elle se fâche et s'irrite pour un rien; le travail la rendant plus malade, elle fuit instinctivement toute occupation un peu pénible.

C'est vers cette époque que se montrent les menstrues, leur établissement est très pénible et vient même ajouter aux maux physiques de notre malade. Du reste, nous devons noter que jamais jusqu'à ce jour les règles n'ont eu une marche réguhère ; il y a aménorrhée habituelle ou tout au moins dysménorrhée.

C'est dans ces circonstances que cette jeune fille, après un séjour de près de trois ans en pension, rentra dans sa famille. Son père, commerçant aisé,

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possède parfaitement l'intelligence des affaires, mais il ne comprend pas les souffrances dont sa fille s'est plainte bien des fois ; esclave de ses travaux, il veut qu'elle le soit aussi. Il la place dans son comptoir et lui donne des écritures à tenir, en même qu'elle est chargée par sa mère de veiller sur le ménage à ses moments perdus. Cette vie sédentaire et monotone, cette tension continuelle de l'esprit dans des travaux arides, ces détails grossiers dans lesquels elle est obligée d'entrer, et qu'elle regarde comme au-dessous d'elle, ne tardent pas à exaspérer ses souffrances. Elle fait tous ses efforts pour satisfaire l'exigence de son père, mais ses efforts sont vains. De là des luttes continuelles, des querelles sans fin. Le père ne comprend pas que, pouvant faire mieu^c, elle reste sans cesse au-dessous de sa tâche, et au lieu d'employer envers sa fille une sage sévérité, une prudente indulgence, il substitue à cette douce autorité du père de famille un aveugle entêtement. Il fait prendre des remèdes à sa fille, mais ne cesse, sur ce qu'il appelle sa paresse, de la poursuivre de ses reproches. Dès ce moment, la vie devient impossible pour M^^e Éi^ga ; s'exagérant ses fautes et les châtiments qu'on lui inflige, elle s'irrite contre elle-même et contre ses parents ; son caractère s'aigrit encore ; plus que jamais elle recherche la solitude, et, désespérant de s'acquitter de ses travaux, elle se renferme dans une morne apathie. Ses facultés intellectuelles ne tardent pas à subir le contre-coup de ses tribulations, et un délire de persécutions non équivoque finit par se montrer ; elle va jusqu'à dire que les gendarmes vont l'arrêter pour la crucifier. C'est à ce moment que ses parents, après m'avoir

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consulté, pensent à la faire entrer dans un asile ; elle est conduite à Sainte-Gemmes, le 2 avril 1859. La vie tranquille, calme et régulière qui, dans cette maison, succède brusquement à l'agitation, aux tracasseries auxquelles elle était en butte, produisent un effet immédiat, et, pendant un séjour de quatorze mois que la malade fait dans l'établissement, on ne constate aucune idée délirante. Les souffrances physiques même paraissent s'amender. Le travail intellectuel est toujours pénible, mais à un degré moindre, et la malade, pleine de bonne volonté, peut entretenir avec sa famille une correspondance assez suivie. Nous pouvons par ce moyen constater toute l'intégrité des facultés intellectuelles ; ses lettres sont sensées, correctes, et d'un autre côté, la conduite ne laisse rien à désirer. En un mot, nous pouvons définir l'état mental de la malade en disant que l'intelligence est intacte, que la sensibilité morale est normale, mais que l'exercice de la volonté est pénible, douloureux même. Sous l'influence d'un traitement physique consistant surtout en des dérivatifs, en tentatives faites pour régulariser les menstruations, et d'un traitement moral ayant pour but d'amener peu à peu la malade à exécuter ses déterminations, l'application intellectuelle est plus facile, sans jamais cesser cependant d'être douloureuse. Élisa G..., sur la demande de ses parents, sort de l'asile, à titre d'essai, le 30 juin 1860.

Pendant les premiers temps de son séjour chez elle, cette jeune fille, heureuse de se retrouver au milieu de sa famille, de ses connaissances, de jouir enfin d'une certaine liberté, semble délivrée de ses tourments passés ; elle reprend la tenue des livres avec

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plus de succès que jamais et s'occupe sans répugnance des soins du ménage. Se croyant elle-même définitivement remise, elle m'écrit, le 21 août 1860, la lettre suivante :

« Je viens aujourd'hui vous prier de réaliser la pro- (( messe que vous m'avez faite, lorsque je quittai « l'établissement, de me rayer de votre liste au bout « de six semaines à deux mois d'épreuve. Ce temps « est arrivé, si vous le jugez convenable. Je vais bien « et j'irai tout à fait bien, quand je saurai quelle déci- « sion vous avez prise à mon égard. Croyez, Monsieur, « que mes efforts tendront à profiter de vos bons soins, « afin que mon séjour dans votre maison me soit (( utile.

« Je vous prie d'être mon interprète auprès de « M. l'aumônier et de ces dames religieuses, et aussi (( auprès de ces dames pensionnaires que je n'oublie « pas. Je pense souvent aux jolies promenades de « Sainte-Gemmes et aux petites fêtes que vous nous « donniez, etc. »

Malheureusement ce mieux ne se soutint pas. Les mêmes phénomènes qui avaient précédé le premier placement à l'asile ne tardèrent pas à se montrer, et le 26 novembre 1860, elle était ramenée à peu près dans le même état que lors de sa première admission. Comme alors aussi, le régime moral de l'asile amène une amélioration immédiate : mais la difficulté de faire exécuter à certaines fonctions, à certaines facultés ce que la volonté a conçu, délibéré et jugé devoir être exécuté persiste au même degré. De plus, nous remarquons que la malade a une aversion plus qu'ordinaire pour la douleur, aversion qu'elle manifeste alors

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même que rien ne semblerait faire prévoir qu elle dût en supporter. Qu'il soit question devant elle de lui prescrire quelques médicaments, elle nous supplie de ne pas ordonner d'opération, elle ne pourrait pas les supporter, elle aime mieux rester malade que de souffrir.

Ainsi la malade, avec les meilleures intentions de bien faire, avec des connaissances plus que suffisantes pour mettre ses intentions à exécution, avec des aptitudes physiques normales, ne peut, malgré tous ses efforts, malgré la contrainte qui l'environne, malgré les récompenses qu'on lui promet, ne peut, disonsnous, s'acquitter de travaux qu'elle sait très bien ne pas paraître au-dessus de ses forces. Elle essaye sans cesse ; plus que personne elle gémit de son impuissance, mais, découragée de ces luttes dans lesquelles sa volonté est toujours vaincue, une prostration complète s'empare de son esprit et elle ne veut plus rien tenter jusqu'à ce que, sortant de nouveau de sa vie en quelque sorte végétative, elle s'exerce encore à mettre en jeu son intelligence. Nous l'avons vue nousmême à l'œuvre ; elle est restée, il y a quelques jours, vingt-et-une heures pour faire une lettre de cinq pages. Elle lit quelquefois, mais bientôt elle jette loin d'elle le livre qu'elle parcourait avec plaisir, il y a un instant ; elle le rejette et cependant son plus grand désir serait de le parcourir encore ; mais, les mots et les syllabes ne forment plus que de vains sons pour elle. Les travaux d'aiguille aussi, qui demandent quelque attention, sont pénibles et toujours, quand elle veut se faire violence, la céphalalgie qui ne la quitte presque jamais s'exaspère à un haut degré, et la malade est obligée

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de cesser tout travail. Le délire qui s'est montré à deux reprises et qui a cessé dès qu'elle a été soustraite à l'influence de son milieu habituel, peut être regardé comme la conséquence des violences trop grandes que cette jeune fille s'imposait pour agir ; il est donc en dehors de son état actuel. Si nous considérons maintenant que toutes les facultés sont intactes, que le hen seul qui relie l'exécution à la pensée est atteint, nous sommes, je le crois, en droit de reconnaître dans notre malade un nouveau cas de cette lésion propre de la volonté dont nous avons déjà publié quelques observations.

La malade, avons-nous dit plus haut, a pour la douleur l'appréhension la plus invincible ; nous savons que la volonté, force puissance quand nous sommes actifs, devient force résistance quand nous sommes passifs. La douleur est précisément le cas où cette force de résistance se manifeste avec le plus d'énergie ; mais, de même que notre malade sait ne pas pouvoir agir, de même elle sait qu'elle ne trouvera pas chez elle assez de force de volonté pour lutter contre la douleur, et c'est pourquoi elle fuit, avec un soin qu'elle exagère, tout ce qui pourrait lui en occasionner. Cette manière d'agir résulte immédiatement de la conscience parfaite que cette jeune fille a de son état. Ainsi cette circonstance n'infirme en rien notre manière de voir.

Il nous resterait maintenant à examiner quelle peut être la pathogénie de cette lésion de la volonté. A notre avis, ces douleurs de tête, produites primitivement par un état chlorotique ou par quelque autre cause et que l'exercice de la volonté exaspère toujours, ont dû

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amener insensiblement la malade à agir le moins possible, la même cause, contention d'esprit, amenant invariablement le même résultat : doukiir ; la malade devait nécessairement être conduite à repousser la cause pour éviter l'effet, et cela, qu'on nous permette cette comparaison, de la même manière que le chat qui a brûlé sa patte fuit le feu, c'est-à-dire instinctivement et à son insu même.

Cette lésion de la volonté n'a aucun rapport avec l'inertie de certains lypémaniaques, et nous l'en avons toujours soigneusement distinguée. C'est donc avec un profond étonnement que nous nous sommes vu reprocher récemment par M. Michéa, d'avoir confondu ces deux états. Nous lisons, en effet, dans l'article qu'il a pubhé dans la Gazette des hôpitaux, le 17 juin 1862, le passage suivant : « Ce qui semble anéanti chez ces « malades (les inertes), c'est le besoin en vertu duquel « l'homme est sollicité à la locomotion, besoin tout à fait « distinct de la volonté qui commande aux organes du « mouvement, bien que certains auteurs, M. Billod « entre autres, aient donné à cet état mental le nom « impropre de paralysie de la volonté. »

Or, pour prouver à notre honoré confrère que nous sommes loin de mériter le reproche qu'il formule contre nous, il nous suffira de reproduire l'extrait qui suit du mémoire même dans lequel nous nous sommes occupé des lésions avec la volonté et où nous exprimons une opinion identique de la sienne et presque dans les mêmes termes : « Plusieurs lypémaniaques « présentent une véritable inertie qui pourrait en « imposer pour une altération de la volonté, si elle « n'était pas interprétée dans sa signification véri-

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« table. C'est, la plupart du temps, une lésion de la « sensibilité, une absence de désir, un dégoût, au « contraire, de toutes choses, qui prive la volonté d'un « stimulant propre à déterminer son exercice et « entraîne nécessairement cette inertie ; la volonté ne « s'exerce pas, faute de mobiles. »

Pour compléter ma réponse, je demanderais à M. Michéa la permission de lui faire observer que la malade dont l'observation sert principalement de base à mon travail accusait précisément ce besoin d'action qui manque aux inertes, à telles enseignes qu'elle déplorait amèrement l'impossibilité où elle était de ne pas pouvoir le satisfaire, et qu'elle s'en plaignait incessamment. Je ne puis, du reste, qu'engager mon savant confrère à se reporter à cette observation pour juger plus complètement de la distance qui sépare cette sorte de paralysie de la volonté, de l'inertie de certains lypémaniaques.

ALIIENTATIOI FOECÊE

DES ALIÉNÉS

Charrière a présenté en notre nom à TAcadémie de naédecine, dans la séance du 7 mars 1850, un appareil construit par lui, d'après nos indications , et destiné à l'alimentation forcée des aliénés.

«c Cet appareil se compose d'une plaque métallique percée d'un trou rond qui représente une sorte de bouche. Sur la lèvre inférieure s'applique et s'appuie une gouttière en acier, légèrement recourbée transversalement et arrondie par le bout. La face postérieure de la plaque est disposée de manière à se mouler sur le pourtour de la bouche et à la clore exactement, tandis que la gouttière métallique déprime la langue. L'ouverture ovalaire est munie d'une soupape s'ouvrant de dehors en dedans lorsqu'on introduit une cuillère, et se refermant aussitôt de manière à s'opposer au rejet des aliments.

« Le malade, contenu par la camisole, est assis sur une chaise, la tête un peu renversée en arrière et fortement appuyée par un aide contre sa poitrine ; le médecin glisse entre les mâchoires la gouttière linguale. Un aide maintient l'appareil en place au moyen de trois doigts ou d'un lien fixé par les deux anses, et l'opérateur introduit dans la bouche, au moyen d'une cuillère, l'aliment, soit tout à fait liquide, soit d'une très médiocre consistance. A chaque cuillerée, on doit serrer un peu les narines du malade. »

Commission : MM. Ferrus et Falret.

Une discussion s'étant ouverte au sein de la Société médicopsychologique dans la séance du 29 juin 1874, sur l'alimentation forcée des aliénés, nous avons cru pouvoir y prendre part et nous

ALIMENTATION FORCÉE DES ALIÉNÉS

avons à cette occasion entretenu cette assemblée de l'appareil dont il s'agit, et qui est connu aujourd'hui sous le nom de • bouche d'argent pour l'alimentation forcée des aliénés.

Nous reproduisons cette communication et nous la faisons suivre des observations auxquelles elle a donné lieu dans le cours de la discussion, en les extrayant du procès-verbal de la séance.

« Je ne vous décrirai pas cet appareil que la plupart d'entre vous connaissent peut-être et que j'ai trouvé employé dans presque tous les asiles que j'ai eu occasion de visiter en France et ailleurs ; il me paraît plus simple de vous le montrer.

« Je tiens seulement à vous en dire, en quelques mots, les avantages et les inconvénients.

(( Le principal avantage est de rapprocher le plus possible l'alimentation forcée de l'alimentation ordinaire. Le malade mange, à l'aide de ce moyen, par la bouche, et cuillerée par cuillerée.

« Cet instrument a, sur la sonde œsophagienne, cet autre avantage de ne pas exposer le malade au danger d'une pénétration dans les voies aériennes.

« Son aspect, d'ailleurs, n'a rien d'effrayant et satisfait, par suite , à cette condition du progrès en médecine mentale , de dissimuler autant que possible l'emploi de la force, quand il ne peut pas être évité et sous la forme qui la laisse le moins apercevoir. J'ajoute : que dans quelques cas, il suffit de montrer l'instrument au malade qui refuse de manger, de lui en expliquer le mécanisme et de le convaincre par là de l'inanité de sa résistance pour en avoir raison : c'est ce qui est

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arrivé récemment chez une mélancolique qui, depuis deux jours, refusait de manger. On peut aussi, pour achever la démonstration, quand cela semble nécessaire, faire fonctionner l'instrument devant le malade sur une tierce personne.

(( Après avoir énuméré les avantages de cet instrument, il me reste à signaler ses inconvénients et je cherche si peu à les dissimuler que je n'hésite pas a déclarer que, dans un certain nombre de cas, ils rendent son usage impossible et même dangereux. Le principal de ces inconvénients résulte de l'impossibilité où l'on est quelquefois d'écarter les mâchoires que les malades serrent avec une force dont il est, dans certains cas, impossible de se faire une idée. Quelques efforts pour glisser la gouttière hnguale entre les deux mâchoires, efforts favorisés parle froid du métal et aidés, dans quelques cas, par l'action d'un courant électro-magnétique , suffisent le plus souvent à surmonter cet obstacle.

a Mais, je dois reconnaître qu'il est des cas dans lesquels la résistance est telle que tous ces efforts sont superflus et qu'il y aurait même danger à les prolonger.

« Cette première difficulté vaincue, il peut en surgir une autre que l'expérience m'a démontré être aussi insurmontable : c'est celle qui résulte de l'impossibilité de faire avaler l'aUment après son introduction dans la bouche. Le plus ordinairement il suffit de fermer les narines par un pincement du nez pour déterminer la déglutition ; mais ce moyen échoue quelquefois et l'on voit des malades qui, pour empêcher cette déglutition, retiennent leur respiration assez longtemps pour qu'il

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y ait danger d'asphyxie. Mais, ces cas sont très rares, et une expérience de près de vingt-cinq ans m'a démontré qu'ils se présentent dans la proportion d'un tiers des cas et que, dans les deux tiers, l'emploi de la bouche d'argent donne des résultats certains; mais, lorsqu'il échoue, l'hésitation n'est plus possible, et il faut en venir à l'emploi de la sonde œsophagienne, soit à celle à mandrin flexible et rigide de M. Baillarger' soit à celle à mandrin articulé de M. Blanche.

« Je viens de faire connaître le résultat de mon expérience personnelle ; mais comme on pourrait me suspecter d'être quelque peu prévenu en faveur de l'appareil dont il s'agit, je suis heureux de pouvoir m'étayer de l'avis de la plupart de mes collègues qui ont bien voulu l'expérimenter ou l'employer.

« La plupart des traités spéciaux et, par exemple, ceux de Marie, de Morel, etc., en reconnaissent l'utilité ; Morel, entre autres, en porte ce jugement :

« Celui de M. Billod m'a été très utile dans des circonstances très difficiles. »

« La même appréciation se trouve reproduite dans le Traité d'hygiène alimentaire M. Fonsagrives, dans les termes suivants : « M. Morel se loue beaucoup de l'emploi de cet appareil qui, dans les cas rares où il s'est cru obHgé de l'employer, ne lui a jamais fait défaut. »

« M. Falret père m'a, lui aussi, parlé des services que le même appareil lui a rendus soit à la Salpêtrière, soit à Vanves et je ne crois pas que notre honoré collègue Jules Falret, son digne fils, y contredise.

« Je regrette, Messieurs, de m'être ainsi étendu sur un sujet qui m'est aussi personnel et je crois devoir

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clore cette communication en en m'excusant auprès de ■ vous. »

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