‹ Des maladies mentales et nerveuses v. 2Chapitre 7 sur 40 · DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE

Dans son mémoire sur remploi du datura, M. Moreau a dû s'abstenir de se prononcer sur Tefûcacité ou rinefficacité du traitement substitutif dans les cas d'hallucinations essentiellement chrouiques, non compliquées de démence. Les faits lui manquaient alors pour juger la question. Ceux qu'on va lire, s'ils ne sont pas concluants, jetteront, je l'espère, quelque jour sur ce point important de thérapeutique.

En effet, un seul des trois malades dont nous citons les observations, a guéri radicalement. Cependant, bien que, chez les deux autres, il n'y ait pas eu de guérison stable, définitive, les modifications opérées par l'action énergique, incontestable du remède, les changements survenus dans le cours de la maladie ont été tellement remarquables, qu'on ne saurait ne pas admettre leur témoignage en faveur d'un mode de traitement qui, dans les cas graves mais curables, réussit presque infailliblement. Les cas vraiment chroniques sont, à nos yeux, une véritable pierre de touche pour toute méthode du traitement. C'est en luttant vigoureusement et longtemps avec le mal, en suscitant dans la marche de la maladie des changements réels, profonds, évidents, c'est surtout en l'enrayant brusquement, en lui imprimant un caractère nouveau inattendu ; en provoquant une perturbation qui atteste, si l'on me permet de m'exprimer de la sorte, la lutte du mal et du remède, c'est alors, dis-je, que l'on peut croire à l'action d'une médication quelconque, à son efficacité, si la guérison vient à la suite ; à son inefficacité dans le cas contraire.

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