‹ Des maladies nerveuses en général, de l'épilepsie en particulier, et des moyens de les combattre avantageusement; recherches précédées d'un court examen physique et moral du système nerveux, et mêlées de réflexions sur quelques changemens à faire subir à notre législationChapitre 5 sur 33 · CHAPITRE PREMIER, i. Du Cerveau proprement dit · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER, i. Du Cerveau proprement dit

De tous nos organes, ]e plus précieux, le plus essentiel, le plus fécond en prodiges, c’est le cerveau ; c’est de lui qu’émanent tous nos sens, c’est lui qui recèle la pensée, opération de lame intelligente à laquelle l’homme est redevable du rang qu’il occupe clans ce vaste univers.

De même qu'il plut, à la Providence de mettre l’homme au sommet de l’échelle des êtres , elle plaça le cerveau à la partie la plus élevée du corps humain ? comme sur un trône d’ou il plane en souverain sur les autres organes, qu’il tient dans une dépendance plus ou moins étroite, sous la puissance, bien entendu, d’un principe qui échappe aux recherches de quelques observateurs, ou plutôt de certains incrédules. Ce principe, pour nous, est Dieu.

Le cerveau comprend la masse nerveuse renfermée dans le crâne et dans le canal vertébral ; c’est-à-dire, le cerveau proprement dit , le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière.

Les précautions prises par le Créateur pour la conservation de cet organe, attestent de quelle importance il est à la vie. Une boite osseuse, figurée en voûte, composée de plusieurs pièces, recouverte par quelques muscles et par des tegumens d’un tissu très serré, tapissée à 1 intérieur par trois membranes d une densite extrême ; un canal dans lequel ces trois mem-

branes se prolongent, formé par vingt-quatre vertèbres et l’os sacrum , fortifié par des couches ligamenteuses, protégé en dehors par des chairs épaisses : tels sont les remparts multipliés qui entourent la substance molle du cerveau.

L’exposition détaillée de ces pièces osseuses ne convient qu’à un ouvrage d’anatomie; bornons-nous à dire quelques mots des membranes et de la masse cérébrale.

La dure-mère , blanche, fibreuse, adhère extérieurement au crâne, surtout à l’endroit des trous et des sutures; elle se sépare assez facilement en deux lames, 1 une interne et l’autre externe. Les répits sphénoïdaux , la faux du cerveau , la lente et la faux du cervelet , dépendent de la première; mais la seconde concourt aussi à la production des prolongemens dont les principaux se portent dans l’orbite et l’épine dorsale. Les sinus, canaux triangulaires ou. demi-circulaires, résultent de l’écartement de ces lames; Mtués dans les différentes régions cérébrales, ils reçoivent le sang des veines, en ralentissent le

cours , et vont le verser dans les jugulaires internes.

JJ arachnoïde y mince, transparente, est placée sous la dure-mère. Elle secrète la sérosité

qui humecte leur surface contiguë.

La pie-mère , enfin , cette membrane vasculeuse s’insinue dans toutes les anfractuosités des circonvolutions cérébrales, s’enfonce dans les ventricules par plusieurs fentes, donne naissance aux plexus choroïdes, et, se continuant d’un autre côté dans le canal vertébral, dégénère en un ligament qui s’attache à la partie postérieure du Coccyx.

L’examen de la masse encéphalique , en commençant par sa partie supérieure , est assez connu , il ne nous reste donc qu’à en exposer une description, moins répandue jusqu’à présent, que l’on a proposée dans ces derniers temps.

Deux substances composent le système nerveux ; l’une, blanche et douée de sensibilité, a été successivement considérée comme solide, tubuleuse , vasculeuse, mais elle est plus vraisembla-

fol em en t fibreuse -, l’autre, grise, pulpeuse, et moins sensible en général, est regardée comme l’unique source de la première. Son tissu n’a d’abord paru qu’un entrelacement de vaisseaux sanguins,- cependant il existe encore entr’eux une matière particulière que peut-être ils secrétent. Ces deux substances varient par leur arrangement : elles sont tantôt confondues, tantôt séparées, tantôt en masse, et tantôt en couches. La grise occupe la partie interne de la moelle vertébrale, toute la surface interne du cerveau et quelques points de son intérieurses différens amas ont été nommés ganglions. La blanche offre une disposition presque inverse.

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