DJU SPASME ET DES CONVULSIONS DES ORGANES PROPRES
Considérations sur le Spasme.
Le spasme est une excitation désordonnée , non fébrile , du système cérébral, qui se transmet aux parties auxquelles les nerfs se distribuent , ou qui prend naissance dans ces parties , et se transmet au cerveau par le même moyen des nerfs. Le spasme prend le nom de cérébral, de pulmonaire, d’hypocondrie, d’hystérie, de névralgie , à raison desonsiège; d’accès convulsifs , de catalepsie , etc. d’après ses symptômes. Ces dernières dénominations , fondées sur des accidens variables , ne sont guère rationelles , mais on est obligé de les conserver; l’état delà science ne permettant pas de préciser les rapports des lésions du système encépha-
llmc Partie. aS bis.
CONSIDIÎRATIONS
lique, avec les accidens quelles déterminent. ( 1 )
On reconnaît la présence d’un spasme , au trouble des fonctions des organes , et à la convulsion des muscles qui en sont le siège.
Le cerveau et ses dépendances peuvent être affectés de cette maladie partiellement, ou dans leur ensemble. Quoiqu’on ne puisse pas préciser les fonctions de toutes leurs parties , ces fonctions y sont cependant distinctes , et diffèrent peut-être dans le même tissu de chacune de ces parties. Je crois être le premier qui-ait établi, par des expériences positives, cette différence d’action entre les diverses parties du cerveau , et entre cet organe et le cervelet. ( 1 )
Les fonctions du cerveau peuvent être troublées isolément, les unes fortement , tandis que les autres restent dans leur intégrité. Cela provient -il de ce que chaque tissu est affecté séparément , ou de ce que le même tissu a éprouvé divers degrés de modification ? C’est sur quoi je n’oserais prononcer.
L’excitation du cerveau dans le siège des facultés intellectuelles , est suivie d’un trouble dans ces facultés ; le malade est incapable de toute application , d’attention soutenue ; il ne peut comparer , réfléchir, suivre un raisonnement , il perd la mémoire ; il éprouve de l’ennui , une tristesse pro-
(1) O'j. l’Introduction , p. 8.
(2) . Voy. en noie, à la fin de l’ouvrage , un Rapport sur diverses expériences galvaniques que j’ai cru devoir reproduire pour l’intelligcnoc de cct article.
SUR LE SPASME
fonde, il a de la mélancolie, il verse des pleurs involontaires, et éprouve parfois un vrai dérangement dans les facultés intellectuelles.
La lésion du tissu dont les sens retirent leur action, produit une altération dans leurs fonctions, des bourdonnemens , des tintemens dans les oreilles, des perversions dans fouie, la vue, l’odorat, etc.
Enfin , quand le spasme a lieu comme pour l’épilepsie , dans le tissu du cerveau qui est le siège du principe excitateur des organes musculaires, il se manifeste des mouvemens convulsifs dans les muscles soumis à l’action de cet organe , une perte de connaissance, et des accidens annonçant que ce viscère est fortement excité. Après que l’accès a cessé, il reste un désordre dans les idées et dans les fonctions intellectuelles , qui se prolonge plus ou moins long-temps. Durantees spasmes intenses, il se forme parfois des congestions , des épanchemens dans le cerveau , suivis d’assoupissement, d’apoplexie , de paralysie ; ce qui indique qu’à l’état de spasme, d’excitation, a succédé celui d’affaissement , d’atonie.
Les mêmes phénomènes se développent avec moins d’intensité quand le spasme n’occupe que le cerveau proprement dit. Lorsqu’ilaffectelecervelet, le malade éprouve des vacillations comme dans l’ivresse, des irritations dans les organes sexuels : il n’y a pas de mouvemens convulsifs dans les membranes.
Si le spasme n’a lieu que dans un hémisi)hèrc du
SqB considérations
cerveau . la lésion des fonctions est moindre , la perte de connaissance légère ; les convulsions sont bornées aux membres de la moitié du corps opposée à celui de l’hémisphère affecté ; elles peuvent même être circonscrites à quelques muscles isolés, comme ceux de la face, quand il n’y a qu’une portion d’un hémisphère affecté , principalement sa partie superficielle ( i ) .
Si la moelle alongée est le siège du spasme , le trouble des fonctions est limité à cette partie , et à tout ce qui est au-dessous ; le cerveau y participe peu , la malade éprouve une gêne dans la respiration, des palpitations du cœur, des convulsions dans les membres supérieurs et inférieurs : les muscles de la tête , et ceux de la face sont en repos.
Si c’est la moelle de l’épine qui est affectée , les muscles soumis à son influence entrent en convulsion ; quand le spasme n’est que dans la partie moyenne , ceux des extrémités inférieures sont les seuls en convulsion , tandis que ceux des extrémités supérieures sont en repos.
(i) Il sciublcrail , d’après les expériences de M. Floureiis , que les liémisplicres du cerveau ne peuvent serv ir à l’excitation des contractions musculaires ; mais c’est à tort. J’ai déterminé dans le temps, sur des lapins , au moyen du galvanisme, les contractions des muscles de la lace et du cuir-clievelu eu n’excitant que la superficie de ces hémisphères. Ce qui a induit en erreur ce savant expérimentateur, c’est qu’il n a opéré que sur les animaux chez lesquels l’excitation des hémisphères ne pouvait être rendue sensible par des contractions musculaires.
sua LL Sl’ASME.
Le spasme borné à un seul côté de la moelle , ne produit de convulsions que dans le même côté du corps (danse de St.-Gui). Lorsqu’il n’affecte qu’un filet nerveux , il n’y a de lésion des fonctions que dans ce filet , et de contractions que dans les muscles soumis à son influence ( névralgie).
Lorsque les viscères sont le siège de celte excitation, les accidens sont très- variés ; il en résulte des céphalalgies, des étourdissemens , des bourdonnemens , des vomissemens , le hoquet , des suppressions de règles , des menstruations trop abondantes , et d’autres symptômes que nous indiquerons plus bas.
Le spasme d’une partie reste rarement isolé ; il se propage à celles avec lesquelles elle a des connexions sympathiques.
Cette affection ne laisse par elle-même aucune altération apparente dans les organes ; mais on trouve fréquemment dans ceux qui en ont été le siège , ou dans d’autres éloignés , des affections qui ont pu en être la cause déterminante.
Quelques modernes ont divisé cette maladie d’après son siège , en spasme des nerfs de la vie de relation, et en spasme des nerfs ganglionnaires, ou de la vie organique ; au premier , ils rapportent celui qui intéresse les muscles soumis à la volonté ; Je deuxième comprend le spasme des viscères qui reçoivent une impression des nerfs des ganglions.
Bien des faits dénotent l’influence de l’organe encéphalique sur la production du spasme des
CONSIDÉliATIONS