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DE LA GANGRÈNE

tiques. 11 arrive souvent qu’on la méconnaît pendant la vie, et qu’on n’acquiert la certitude de son existence qu’après la mort.

Lorsque la gangrène affecte l’utérus dans une certaine étendue , elle y présente les symptômes qu’on lui remarque dans les autres organes. Après des douleurs violentes , une chaleur brûlante, une grande tension , il survient un calme subit ; les parties affectées perdent leur sensibilité , leur chaleur ; elles s’affaissent , et il ne s’y fait aucun mouvement circulatoire. Elles deviennent livides, d’un rouge violacé , et noires : il s’en exhale une odeur fétide , particulière à l’état gangréneux ; il en découle, lorsque la marche de la maladie est rapide , la putréfaction prompte , un liquide sanieux , noirâtre , qui a fait donner à cette gangrène la dénomination d’humide. Quand la putréfaction est lente-, le liquide peu abondant, la maladie prend le nom de sèche.

Dès que la gangrène a une tendance à se circonscrire , il se fait , dans les parties saines ou peu affectées , une réaction vitale , de nature inflammatoire, pour opérer leur séparation d’avec celles qui le sont complètement. Ces dernières se détachent, et mettent à découvert dos ulcères étendus dont la cicatrisation , avec perte de substance , est suivie de fistules difliciles à se consolider.

Si la gangrène ne se borne pas , si elle se communique aux parties voisines , et que l’on ne puisse

DKS ORGANES.

pas en arrêter le cours , les malades ne tardent pas à succomber.

La gangrène qui se manifeste dans les parties affectées de cancer ou d une maladie spécifique , les envahit peu-à-peu , et s’étend rarement audelà. Sa marche est lente ; les tissus affectés sont peu imprégnés de sérosité. C’est à elle qu’on doit rapporter la plupart des dégénérescences noirâtres que Laennec a improprement désignées sous^le nomde mélanoses, et dont M. Alibert a fait son espèce de cancer mélané.

La gangrène de futérus , dans son état de vacuité, n’arrive guère que dans le cas de descente de cet organe , par la lésion d’un pessaire gardé trop long-temps et altéré ; elle pourrait cependant avoir lieu à la suite de coups , de chute , d’étranglement , de compression exercée de toute autre manière. Elle est fréquemment la suite d’une inflammation violente de la totalité ou d’une portion de cet organe.

Elle survient aussi durant la grossesse, après la rnort du fœtus , durant un accouchement laborieux, lorsque l’enfant reste trop long-temps engagé ou bien à la suite des couches, à raison du séjour des caillots de sang ou d’une portion du placenta dans l’utérus.

La gangrène superficielle est ordinairement une terminaison de l’inflammation aiguë de l’utérus , compliquée de péritonite , surtout lorsque cette

DE LA GANGRÈINE

dernière affection se manifeste épidéiniquement^ On dit cependant l’avoir observée sans qu’elle ait été précédée d’inflammation (i).

Il est rare que le vagin ne participe pas à l’état de l’utérus. Ce conduit peut éprouver isolément cette maladie dans les mêmes circonstances ^ sur-^ tout lors d’un accouchement laborieux, lorsque la tête de l’enfant a exercé une grande pression sur ses parois. Les mamelles en sont aussi affectées à l’état smple , à la suite de leur inflammation.

La gangrène complexe a lieu à la suite de l’absorption d’un principe du charbon ou de la pustule maligne, de la présence de diverses maladies spécifiques , et spécialement de l’affection cancéreuse.

Il est quelquefois difficile de distinguer la gangrène dans son principe , tant simple que complexe , d’avec les ulcères ou d’autres affections : on y parvient cependant, en y mettant un peu d’attention.

Que cette maladie soit superficielle ou profonde, simple ou complexe, elle est toujours grave. Lorsqu’elle occupe le corps do rutériis à la suite de son inflammation , elle est mortelle; on en obtient parfois la guérison, si c’est le col. Il en est de même quand elle a son siège dans le vagin et les mamelles , à raison de la possibilité qu’éprouvent

(i) Voy. Dict. de méd.en 21 vol. , art. Utérus.

Di^S oaCAN'Î.S.

les parties gangrénées d etre évacuées au dehors.

On a vu dans la gangrène complexe , les parties de rntérus et des mamelles alFeclées de cancer, se détacher entièrement , et procurer ainsi la guérison de la maladie. Ce cas au surplus est trèsrare.

Dans le traitement de la gangrène simple du col de l’utérus , dans son état de vacuité , ou du vagin , on cherche à détruire la cause de la maladie, s’il y a possibilité. Ainsi , lorsqu’elle est due à une portion de pessaire altérée , on en fait l’extraction ; on fait ensuite des injections légèrement antiseptiques dans le vagin , avec l’infusion de fleurs de camomille , la décoction de quinquina ; on y ajoute aussi une petite quantité de chlorure de chaux ou de sodium, afin de détruire l’odeur fétide qui s’en exhale , et l’on a le plus souvent l’avantage de sauver la malade.

Quelquefois les fistules mêmes , qui résultent de la perte de substance opérée par la gangrène, guérissent ; d’autres fois elles sont incurables.

L’on doit toujours, dans la gangrène superficielle, se guider, pour le traitement , d'après l’état du pouls et celui des forces. Y a-t-il de la chaleur, de la douleur, de la force dans le pouls, on insiste sur les débilitans, sur les dérivatifs, tout en faisant des injections toniques dans le conduit vulvo-utérin.

Quand la malade est faible , froide, sans qu’elle éprouve de douleurs , on insiste sur les toniques , tant à l’intérieur que localement.

DE l/rNACT[ON DES NEUFS

Dciiis la gangrène complexe, on attend que la nature procure la séparation et l’expulsion des parties affectées.

Si les douleurs sont très- violentes , on prescrit une légère évacuation sanguine dans les parties qui avoisinent le cancer. On fait , si elles le sont peu, des injections antiseptiques dans l’utérus ; on remédie à la mauvaise odeur par les moyens indiqués. Le cancer est traité comme il sera indiqué en son lieu.

De i Inaction des Nerfs des organes propres aux femmes.

Les nerfs spinaux de l’utérus , des mamelles, ou de leurs dépendances , éprouvent fréquemment , soit ensemble , soit séparément, un affaiblissement, une interruption , ou même une cessation complète dans leur action. Probablement il en est de même des nerfs ganglionaires ; mais on n’a pas de moyens de s’en assurer.

We recevant plus de stimulation du système cérébral , les organes propres aux femmes en éprouvent un trouble marqué dans leurs fonctions. C’est même ce trouble , joint à la cause de l’inaction , qui peut servir à la faire connaître. Ainsi cette maladie nuit au premier développement des règles , à leur quantité , à leur régularité. Elle détermine leur suppression , de même que la stérilité , des accidens divers durant la grossesse , des

DES OUUAiNES.

lenteurs dans l'accouchement et la délivrance, la paralysie de rutérus , des hémorrhagies utérines, des variations dans la sécrétion et l’excrétion du lait, la suppression dece liquide. Cette inaction est quelquefois de peu de durée ; d’autres fois, elle se prolonge en raison de la cause qui la produit.

Elle n’est jamais une afï'ection primitive ; elle dépend toujours d’une cause qui peut être regardée comme la maladie principale.

Elle peut être occasionhée par la pression d’uné tumeur sur le trajet tles nerfs spinaux , par une contusion ^ un ébranlement de la moelle de l’épine qui porte le trouble dans leurs fonctions ; c’est un accident assez fréquenta la suite des chutes sur le siège. Quelquefois elle provient des causes qui déterminent la paralysie , une Carie de la colonne vertébrale , un développement d’hydalides dans le canal vertébral, ou bien l’hémiplégie, comme Une congestion sanguine à la tête , en observant que dans le dernier cas il n’y a de nerfs dont l’action soit affectée que ceux du côté paralysé.

Cette inaction peut être produite par l’apoplexie , le coma , la léthargie , l’asphyxie j la syncope , et les autres affections dans lesquelles il y a atonie générale ou partielle du cerveau, suspension ou abolition de scs fonctions ; par des modifications souvent inconnues dans ce viscère , qui donnent lieu à certaines lésions des facultés intellectuelles : l’idiotisme , l’imbécillité , la démence chronique.

Cette inaetioh peut encore survenir , quoique

DE l/l N ACTION DES NEUFS

plus rarement , dans les cas de surexcitation du cerveau , comme dans l('s spasmes , l’épilepsie , la manie ; l’énergie vitale étant concentrée dans ce viscère, les autres parties ne reçoivent pas d’influx nerveux , ou il ne leur arrive que d’une manière irrégulière.

Enfin elle peut tenir à la présence d’une maladie spécifique dans le cerveau. ]M. Rullier fait mention d’une maladie de ce genre, qui avait donné lieu à une hémiplégie , laquelle ne céda pas à l’usage des mercuriaux.

L’action des nerfs spinaux des mamelles peut aussi être suspendue ; mais ce n’est guère que dans le cas d interruption dans les fonctions du cerveau.

11 est souvent difficile de distinguer cette inaction dans les organes des femmes , d’avec l’état naturel. Qu’après une chute sur le siège . durant la menstruation, il survienne une paralysie de la vessie et du sphincter de l’anus , et une suppression des règles , il n’est pas douteux que cette chute n’ait déterminé l’ébranlement de la moelle de l’épine, et suspendu l’action des nerfs spinaux de la vessie , du rectum et de l’utérus. Si le même événement arrive après la cessation des règles , l’inaction des nerfs de la vessie et du rectum poui'ra faire soupçonner celle des nerfs spinaux de l’utérus ; mais l’on manque de moyens pour l’établir.

Quelquefois on ne peut même distinguer l’inac-

DES ORGANES

lion de ces nerfs , d’avec leur excitation ; ce n’est que d’après les circonstances qui les ont déterminées , d’après les effets des traitemens à son égard , qu’on peut y parvenir.

Le défaut d’action des nerfs spinaux de l’utérus et des mamelles est peu dangereux ; mais il peut le devenir par le trouble qu’il porte dans les fonctions de ces organes , et par la nature des causes qui l’ont occasionné.

Son traitement varie en raison de ce dérangement et de ces causes. Si la maladie est produite par la pression d’une tumeur sur le trajet du nerf ♦ affecté , on tâche de faire cesser cette pression.

Quand elle provient d’un ébranlement récent de la moelle épinière, elle doit être traitée par les excitans diffusibles , afin de retirer le système nerveux de l’état d’engourdissement où il se trouve. On fait des embrocations , des frictions sur les parlies affectées , avec de l’eau-de-vie camphrée , de l’eau de Cologne , de l’éther. Pour prévenir l’afflux du sang dans ces parlies, on applique pardessus une certaine quantité de sangsues ; et selon la gravité de l’accident , on pratique une ou plusieurs saignées du bras. L’eau froide, l’acétate de plomb liquide , le cyanure de plomb délayés dans de l’eau , sont alors utiles. S’il se manifeste des symptômes inflammatoires , on les combat par de nouvelles saignées, des cataplasmes éinolliens, des bains tièdes, et le traitement antiphlegmasique ( 1 ) .

(t) Voy. Ue rinflamin. dis organes propres aux femmes.

DE l’inaction des NERFS

Lorsque la maladie persiste , qu’il n’y â point d’épanchement apparent , de suppuration , et qu’on peut attribuer l’inaction du système nerveux à une sorte d’atonie de ce système et du cerveau , on tâche de relever leur énergie aii moyen de médicamens qui paraissent avoir sur leur système circulatoire une action excitante.

Le premier est la strychnine. Trop vantée par les uns , trop dépréciée par d’autres , elle n’en est pas moins un médicament actif et utile. On la donne sous forme de pilules , à la dose d’un seizième de grain , que l’on peut porter graduellement à celle d’un huitième , d’un quart , d’un demi . et même d’un ou de deux grains par jour. On peutj aussi l’incorporer dans une potion, et la donner aux mêmes doses.

L’ammoniaque, le intiriate , l’acétate, le carbonate , le phosphate d’ammoniaque , et tous les sels neutres dans lesquels ce dernier corps forme Un des élémens, ont été mis à tort au nombre des caïmans du système nerveux ; ils en sont de vrais excitans. On les donne à la dose d’un demi-gros à deux gros par jour.

Le chlore n’a guère été regardé comme un excitant du système nerveux ; mais , dans divers cas , j’en ai retiré des elfets énergiques. On le donne à la dose d’un à deux gros par jour, délayé dans de l’eau , ou dans une boisson adoucissante. On emploie aussi , comme excitant de ce système, l’alcohol et ses composés , l’éther, les sub-

DES OUÜANES , etC.

stances aromatiques , le café, le thé, le borax, les alcalis , les acides un peu concentrés , le camphre , le musc , l’ambre , le castoréum , l’oxyde de zinc; on emploie de même: le moxa, le séton, les vésicatoires, les cautères, les sinapismes, les frictions sèches , et les autres moyens de dérivation ; la glace, l’eau froide, les bains froids , les bains de mer, le phosphore, l’électricité , le galvanisme , peut-être le magnétisme minéral. La respiration d’un air pur , l’habitation à la campagne, des exercices fréquens , des travaux manuels , sont aussi très-utiles comme fortifians.

Quelquefois, après avoir employé les excitans , on est obligé d’avoir recours aux sédatifs , surtout lorsqu’il se manifeste une phlegmasie de l’estomac, du bas-ventre, ou de quelque autre partie ; les excitans seraient alors dangereux; les sédatifs doux , mucilagineux et acidulés sont les seuls convenables.

Quand il y a paralysie, hémiplégie, ou d’autres afiections dépendantes de la moelle de l’épine ou du cerveau , avec atonie, état nerveux cérébral , lésion dans les facultés intellectuelles , on prescrit les traitcmens employés contre ces maladies.

On remédie aux lésions des fonctions de l’utérus et des mamelles provenant de l’inaction de leurs nerfs spinaux, parles moyens que nous indiquerons en nous occupant de chacune de ces lésions.

4 7^ Dli l’iaactioa ües nerfs

De l’inacl'wn des Nerfs des organes génitaux.

Cette maladie est connue sous le nom d’ana-. phrodisie, ou indifierence pour les plaisirs des sens. Les personnes qui en sont allectées n’éprnuvent aucun orgasme dans les parties ej^térieures de la génération ; elles n’ont aucune volupté , aucune sensation dans l’ union du sexe. L’utérus et ses dépendances y exercent faiblement leurs fonctions.

Les femmes qui habitent les lieux bas et hu:mides , dont la nourritûre est mauvaise , qui sont épuisées par des travaux pénibles ; celles qui se livrent avec trop d’ardeur aux travaux du cabinet ; celles qui ont peu d’inclination pour leurs maris , qui ont abusé des plaisirs des sens ; qui n’ont jamais eu de règles ; celles dont les organes génitaux sont peu développés, qui sont enceintes , qui allaitent; celles qui sont affectées de diverses maladies chroniques, de fleurs blanches abondantes, d’œdematie, sont très-exposées à cette affection.

Celle-ci est ordinairement l’effet d’un affaiblissement dans l’action des nerfs des organes sexuels, ou de l’inaction du cerveau , (|ui ne fournit pas l’influx nerveux nécessaire pour mettre les organes utérins dans un état d’excitation.

Cette inaction ne présente pas de dangers par elle-même; elle peut seulement contribuer à la stérilité.

Dans l’inaction qui tient à une habitation peiy

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