‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 16 sur 58 · Ô'A2 DES HÉMORRHAGIES PAR LÉSION · texte numérisé non relu

Ô'A2 DES HÉMORRHAGIES PAR LÉSION

qui puisse sauver la femme. L’utérus revient sur lui-même après raccouchement , et il est d’observation que l’hémorrhagie cesse à l’instant. En bien des cas , une heure de retard peut occasionner la perte de la malade.

Quand l’hémorrhagie diminue à mesure que les contractions augmentent, on abandonne l’expulsion de l’enfant à la nature ; mais si elle ne cesse pas d’être élira yante , et que l’on craigne jiour la vie de la malade , on achève l’accouchement.

On dilate graduellement le col de l’utérus , en y introduisant les doigts successivement. Si la tête se présente la première, on la déplace pour retourner l’enfant et l’amener par les pieds.

Si la tête était enfoncée dans le bassin , il faudrait, lorsque la perte est violente , terminer l’accouchement avec le forceps ; et si l’on n’avait pas cet instrument sous la main , on repousserait la tête pour aller chercher les pieds. Si l’enfant se présentait de quclqu’autrc manière , on suivrait les manœuvres indiquées pour ces autres positions.

Dans l’hémorrhagie qui a lieu avant la délivrance, on s'assure de la cause qui l’a déterminée. Lorsque l’cxoïilemcnt de sang paraît tenir à une surabondance de forces , à l’état pléthorique de la malade, on cherche é diminuer l’excitabilité de tout le système nerveux , et à empêcher le sang de se ])orter vers l’utérus. On découvre la malade, et on l’expose à un air frais ; on luifrolt<‘

les tempes avec de l’eau froide et du vinaigre ; on lui donne une boisson acidulé et froide , telle que la limonade, l’eau à la glace ; on lui fait garder la position horizontale ; on lui impose le sileiiijip le plus absolu , et l’on évite tout ce qui pourrait lui occasionner la plus légère émotion. L’bémorrliagie qui est l’effet d’une contusion, ou d’une déchirure de l’utérus , ne demande presque aucun traitement , et ne tarde pas à s’arrêter.

Celle qui tient à une irritation spasmodique ou sympathique exige l’emploi des moyens que nous avons indiqués (i).

Enfin , celle qui provient de l’inertie de l’utériis est la plus dangereuse, et exige les secours les plus prompts : on se comporte alors suivant le degré d’inertie.

Quand l’inertie est complète , il faut se hâter d’arrêter le sang , qui coule à flots , en faisant des frictions sur le bas-ventre, pour rendre à l’utérus son énergie : et l’on emploie les moyens de compression que nous avons indiqués en traitant de l’inertie de l’utérus (2).

Les praticiens ne s'ont pas d’accord sur la conduite à tenir dans l’hémorrhagie à la suite de 1 accouchement , lorsqu’elle est due à la formation d un caillot. Les uns veulent qu’on retire le caillot, en portant la main dans l’utérus, et qu’on

(O ^oy. Du Spasme de l’ utérus.

(2) Voy. De la Paralysie de Vuléius.

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exerce ensuite une compression sur cet organe : ils s’étayent d’observations dans lesquelles l’hémorrhagie n’a pu , selon eux , être arrêtée que par cc procédé.

D’autres croient que l’extraction de ce c^t est inutile , et qu’il suffît d’exercer la compression : le caillot , disent-ils , servira de point d’appui pour agir sur la cavité de l’utérus.

Quel que soit le procédé que l’on emploie , pourvu que la compression soit bien faite , il est rare que l’hémorrhagie tarde à s’arrêter (i ). J’ai eu occasion de voir plusieurs de ces hémorrhagies , avec perte totale d’irritabilité de l’utérus , qui se sont entièrement arrêtées en peu de temps , par l’usage de la compression de l’utérus , exercée méthodiquement ; tandis que j’ai vu des personnes dans un très-grand danger , parce qu’on n’avait pas fait usage de cette compression.

Je fus appelé , au mois d’octobre 1809, auprès d’une dame qui , après un accouchement peu laborieux, éprouva, sans interruption , une perte d’abord légère , et ensuite considérable. I^a malade perdait ses forces et s’eirra5\ait : elle était d’une pâleur extrême, le pouls faible , petit , et elle pouvait à peine se mouvoir. L’accoucheur avait attribué cette perle à une simple faiblesse de l’utérus , et avait cru ne devoir ordonner que des astringens.

(ijVoy. De V Accumulation du sang dans T utérus ^

•fe le fis appeler, et nous prîmes eonnaissance <Ie l’état (le futériis : le col n’était pas revenu sur lui-niéme ; son orifice était b('ant , et présentait une ouverture d’environ un pouce de diamètre. En introduisant le doigt dans cette ouverture , on s’apercevait que le corps de futérus ne s’était con~ tracté qii’imparfaitement.

Nous plaçâmes sur le bas-ventre des compresses trempées dans de l’eau et du vinaigre , et nous les maintînmes en position par un bandage de corps un peu serré.

Nous fîmes faire quelques injections de la même liqueur dans le vagin, et la perte fut arrêtée en peu d’instans.

Nous prescrivîmes des potions calmantes et toniques, des boissons toniques et acidulés, une nourriture légère et bien soignée : les forces reprirent en peu de temps , et la malade ne tarda pas à recouvrer la santé.

Lorsqu’on ne donne pas à cette hémorrhagie toute l’attention qu’elle exige , elle peut occasionner la perte de la malade.

J ai fait plusieurs fois l’ouverture de personnes qui ont succombé à la suite d’hémorrhagies de celte espèce. Le corps et le col de l’iitérus ne forment qu’une seule cavité ; cet organe const?rve un volume trois fois plus considérable que dans l’étal ordinaire, ainsi que son caractère musculeux.

Let accident est heureusement rare : on par-

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vient presque toujours à arrêter l’hémorrhagie , et on cherche ensuite à rétablir les forces de la femme par l’usage des toniques.

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