FEMMES
Ces organes peuvent devenir le siège de maladies qu’on a désignées sous le nom de spécifiques : ce sont les affections scrofuleuses , syphilitiques , dartreuses , psoriques , rhumatismales, goutteuses, scorbutiques, et cancéreuses.
La présence de ces maladies dans les organes génito-niammaires est quelquefois obscure. Le plus souvent elle se manifeste par un changement dans les propriétés vitales de ces organes , un dérangement dans leurs fonctions et par des phénomènes propres à chacune de ces maladies. Ainsi ces dernières donnent lieu à un état d’irritation, d’inflammation, ou d’atonie dans le système fibrovasculeux , d’exaltation ou d’affaissement dans l’action du système cérébro-nerveux , à des productions accidenlelles , à des transformations et à la plupart des modifications morbides que nous avons indiquées (i), et à des altérations
(i) Voy. ])es ISlodiJirations inorhi(^es.
DES OEGANES , etC.
diverses dans les liquides des organes génito-mainuiaires. Les maladies spécifiques peuvent exister plusieurs en même temps, se convertir quelquefois les unes dans les autres : ainsi il n’est pas rare de voir une alïection scrofuleuse ou syphilitique passer à l’état cancéreux.
Ces maladies sont souvent mobiles , sujettes «à se déplacer, se communiquent de proche en proche, ou se transportent d’un organe à un autre , souvent très-éloigné de celui qui est primitivement affecté.
Quand elles se portent de l’intérieur à l’extérieur , ce déplacement est connu sous le nom de rétrocession , il en provient des accidens d’un nouveau genre qui varient en raison des désordres qui en résultent pour les organes qui en sont successivement affectés.
Les maladies spécifiques tiennent à un principe, à un vice dont la nature est inconnue, dont on a mis même en doute l’existence , et qui me paraît incontestable.
Ce principe est tantôt héréditaire, comme dans la goutte , les scrofules ; tantôt il vient du dehors, comme dans la gale , la maladie syphilitique. 11 peut enfin s’engendrer dans l’économie , comme dans les dartres , le scorbut. C’est à ce principe qu’on doit attribuer la persévérance de la maladie spécifique , dont la guérison ne tarde pas à avoir lieu dès qu’il est détruit ou éliminé.
On éprouve souvent beaucoup de difïicultés
DES MALADIES SPECIFIQUES
pour distinguer les maladies spécifiques entre elles. On n’y parvient que par l’examen approfondi des symptômes qui les accompagnent, des circonstances qui les déterminent et des effets des Iraitemens à leur égard. Cette distinction est cependant indispensable pour spécifier le traitement convenable à chacune d’elles.
On ne saurait trop se hâter de débarrasser l’économie de ces maladies, du moment que l’on s’aperçoit de leur présence. Peu d’entre elles guérissent par les seuls efforts de la nature ; l’art est assez heureux pour obtenir la guérison du plus grand nombre ; dans d’autres , la nature et l’art sont également impuissans.
Quoiqu’on n’ait aucune idée sur leur principe, sur la nature des modifications qu’elles produisent dans nos organes , l’expérience a indiqué des moyens qui exercent sur chacune de ces maladies, une influence plus ou moins grande.
Dans leur traitement , il faut d’abord combattre l’état inflammatoire ou d’atonie du système fibrovasculeux , d’excitation ou d’affaiblissement dans l’action du système cérébro -nerveux , lesquels états peuvent s’étre développés parla présence de la maladie spécifique ; on remonte ensuite au principe de cette maladie , on tâche de l'éliminer, de le détruire par des moyens particuliers à chacune d’elles , dont le mode d’action est inconnu , mais dont l’expérience a constaté l’utilité. On s’attache ensuite à empêcher un nouveau dévelop-
DES Or.UANES , ctc. 5^9
pemeiit du jsrincipe spécifique, à détruire des altérations morbides et à faire cesser les accidens secondaires que la maladie spécifique a déterminés.
De$ Scrofules.
Les organes propres aux femmes peuvent être affectés primitivement de scrofules, ou y participer dès que la constitution en est atteinte. Cette maladie peut leur faire éprouver des altérations diverses ; ce sont : i." de petites tumeurs miliaires, granuleuses ; 2.° des tumeurs plus volumineuses , pisiformes ou olivaires , et connues sous le nom de tubercules ; 3.° des sécrétions plus abondantes , des inflammations , des abcès , des crevasses , des ulcérations fistuleuses.
Les granulations sont de petits engorgemens lymphatiques qui se manifestent sous la forme d’un globule transparent , d’un renflement , d’un vaisseau lymphatique rempli d’une liqueur aqueuse.
Ces globules deviennent rouges , et paraissent infiltrés par du sang rougeâtre , puis ils jaunissent sans augmenter de volume ; enfin , ils se convertissent en grains d’un blanc mat , et le liquide qu’ils contiennent est purulent. Les tumeurs pisiformes et olivaires paraissent formées par l’engorgement des glandes lymphatiques situées dans le tissu des organes. Elles sont , dans les premiers temps, d’un blanc mat ou jaune , consistantes:
DES SCROFULES
détachées, et mises dans l’eau , elles se précipitent au fond du vase. Ces tumeurs sont sujettes à so ramollir ; la matière quelles contiennent se fait jour au dehors ; le vide qu’elle fait , donne lieu à des crevasses plus ou moins fortes , tapissées par une membrane semblable à celle qui enveloppe la matière contenue dans le tubercule : ces ouvertures ne se ferment pas , donnent lieu à un écoulement de matière puriforme. et il en résulte des fistules.
Suivant Laennec, les granulations ne sont qu’un degré plus considérable des engorgemens lymphatiques : son opinion n’est pas fondée ; j’ai vu avec M. Moncourier, dans le même organe, les granulations exister à tous les degrés ; les plus récentes étaient isolées , transparentes , cristallines : d’autres en très-grand nombre étaient rouges , jaunes ou blanches , en pleine suppuration ; ces dernières avaient aussi parcouru , sans acquérir de grosseur , les divers degrés par où elles devaient passer.
Les mêmes parties contenaient de vrais tubercules, qui n’avaient aucune similitude avec les granulatioTis.
Les tissus alfectés de scrofule , se font en outre remarquer par une diminution dans leur volume, une pâleur remarquable , une consistance moindre, un état de flaccidité , une diminution dans le calibre des vaisseaux sanguins , un accroissement dans celui des lymphatiques.
La présence de la maladie scrofideuse dans les
DFS SCROFLIÆS.
organes propres aux femmes , s’y manifeste parles symjîtômes suivans de cette maladie dans toute récouom : constitut’on avec prédominance du système nerveux et lymphatique , disposition à la maigreur , engorgement indolent des glandes lymphatiques du cou , des aisselles, du bas-ventre, et autres symptômes généraux de la présence de cette maladie.
Quand l’utérus y participe, il ne prend pas tout son développement , il n’acquiert pas le degré de force et d’énergie qu’il devrait avoir ; la maladie lui imprime une faiblesse radicale dont la femme éprouve souvent les mauvais effets pendant toute la vie : les règles, à l’époque de la puberté , s’établissent avec peine , sont peu abondantes , irrégulières dans leur retour ; le sang est moins rouge , moins consistant, ou épais et noir ; les grossesses sont plus pénibles , la femme est plus disposée aux fausses-couehes , les accouchemens sont plus laborieux.
11 y a plus de tendance à la paralysie de l’utérus et aux hémorrhagies utérines passives. Les lochies se prolongent davantage ; les jeunes personnes sont sujettes à des flueurs blanches abondantes. L’écoulement qui en provient, est blanc, sans odeur , sans couleur ; il ne tâche pas le linge , et ressemble souvent à du petit-lait.
Les femmes sont plus sujettes à la chlorose et aux accidens qui tiennent à l’atonie de l’utérus.
11 est rare d’ailleurs que ce viscère présente
DES SCROFULES
des signes locaux pour faire reconnaître celte affection; ce qui fait qu’elle est souvent méconnue.
On peut soupçonner que les ovaires et les trompes participent à l’état scrofuleux , et ont éprouvé un trouble dans leur développement et dans leurs fonctions , lorsqu’aux symptômes généraux de scrofule se joignent des vices dans la men struation , ainsi que les flueurs blanches et la stérilité. La fixation de la maladie scrofuleuse sur les mamelles se reconnaît à ce que ces organes ne prennent pas assez de développement. Il s’y forme des engorgemens glanduleux de la grosseur d’un pois à celle d’une noisette , quelquefois épars dans la mamelle , souvent réunis comme dans un chapelet. Ces engorgemens sont indolens , sans changement de couleur à la peau ; ils restent dans cet état pendant des années entières.
Quelquefois il se forme cependant, dans la mamelle , des inflammations qui se convertissent en ulcères d’apparence blafarde, de la surface desquels il s’élève des chairs fongueuses.
Les organes génilo - mammaires peuvent être atteints par la maladie scrofuleuse dès l’âge le plus tendre. On voit des enfans à la mamelle , de petites demoiselles de tout âge , éprouver des flueurs blanches, des ulcérations dans le vagin , des engorgemens glanduleux aux seins, que tout annonce devoir être attribués à cette affection.
C’est surtout vers l’âge de 12 à i4 ans qu’on s’aperçoit de sa présence, tant à raison de ce qu’elle nuit à l’action et au développement de
I>£S SCnOFUf.ES.
l’utérus , que parce qu’elle donne lieu à des tlueurs blanches rebelles, aux dérangemens dans la menstruation.
Une mauvaise nourrice, l’allaitement au biberon, un sévrage trop prompt, la malpropreté , un air vicié , de mauvais alimens , l’état maladif du père et de la mère , une disposition héréditaire , produisent cette maladie. Quelquefois elle se développe , principalement dans le sein , à la suite d’un coup sur cette partie. U s’y forme une tumeur indolente , dont les progrès sont lents : elle est suivie de l’apparition d’autres engorgemens aux aisselles , au cou , dans les glandes maxillaires , qui ne permettent pas de faire méconnaître son caractère scrofuleux.
La maladie scrofuleuse peut guérir par le seul accroissement de l’âge ; on voit des engorgemens scrofuleux aux mamelles, chez les jeunes personnes , disparaître avec le temps, quoiqu’on n’ait employé aucun moyen pour en obtenir la résolution : souvent la maladie reste stationnaire pendant un grand nombre d’années ; et il en résulte dans l’économie une débilité permanente. En général plus la maladie est circonscrite , moins elle offre de résistance aux moyens curatifs ; plus il y a d’organes affectés , de désordres dans l’économie ; plus la cause qui les entretient, est forte , active, moins on a d’espoir de les voir cesser.
Dès que la maladie scrofuleuse se manifeste chez une personne , il faut se hâter de la combat-
DES SCROFULES
tre, afin de prévenir son développement dans les organes génito-niammaires , et de faire disparaître les engorgeniens qn’elle pourrait y avoir causés.
Parmi les moyens qui paraissent avoir le plus d’action contre celte maladie , on doit mettre au premier rang les amers : ces médicamens relèvent les forces du lissu fibro-vasculeux , sans exciter beaucoup l’action nerveuse. Ils éliminent le principe scrofuleux , ou tendent au moins à détruire l’altération spécifique que la maladie scrofuleuse a produite dans nos organes.
Les amers les plus usités sont : le houblon , la gentiane, la patience, le trefle d’eau , le fumeterre , le sirop antiscorbutique , le cresson , le cochléaria, et les plantes crucifères qui font la base de ce sirop, le îupulin. *
On donne ces médicamens sous toutes sortes de formes , et l’on retire les meilleurs effets de leur usage long-temps continué , quand la malade est sans fièvre ou phlegmasie.
Le soufre et les médicamens qui l’ont pour base , paraissent aussi avoir une action marquée sur le principe scrofuleux. On emploie avec avantage le soufre lavé , à la dose de ti à 12 grains par jour ; à une dose trop élevée, il occasionne des coliques et d’autres accidens : on donne de même les pastilles soufrées du codex, à la dose de 4 à 5 par jour ; le baume do soufre anisé , mêlé avec du sucre, en pilules , à celle de i 5 cà 56 grains par jour.
DES SCROFULES
Le baume de soufre lérébeiithiué est très-actif, donné en pilules , cà la dose d’un quart de grain à un grain , mêlé avec du sucre. J^e sulfure d(; potasse se donne à celle de 2 grains à 8, mêlé avec le double de son poids de gomme arabique.
Ce même médicament, de même que le sulfure de soude antimonié ; le sulfure ammoniacal, ei l’oxide d’antimoine sulfuré , mêlé, à la dose d’un demi-gros à 2 gros dans un oncedecérat, et administrés en frictions à la partie interne des cuissès ou des jambes , à la manière des frictions mercurielles, produisent parfois des effets avantageux.
On fait un gland usage des eaux sulfureuses, et spécialement de celles de Bonnes, de Cauteretz, de Barèges, d’Engliien, naturelles ou factices, et l’on n’a qu’à se louer de leurs résultats.
Les ferrugineux sont aussi très-usités: celui dont j’ai retiré les meilleurs effets est lecyanure de fer, à la dose de 4 à 8 grains , par jour , mêlé à du sucre ou à de la gomme arabique. On peut sans inconvénient en porter graduellement la dose, à i5, 18 , 24 grains par jour; mais il irrite quelquefois, et produit de meilleurs effets , à une faible dose , longtemps continuée. La toux le dévoiement et même la fièvre, ne contr’indiquent pas toujours son emploi. Ces accidens sont quelquefois calmés par son usage.
On emploie encore : i.° la limaille d’acier, à la dose de !oà 20 grains par jour; 2.“ l’éthiops martial, mêlé avec parties égales de canelle, à la même dose; 5.* la boule d’acier unie à la canelle et au
l)i;s SCIlüKt LES.
quinquiau, par égales parties, et donnée aussi aux mêmes doses. On fait encore dissoudre cette dernière dans de l’eau dont on coupe le vin des repas. Enfin , le sulfate de fer, ou vitriol martial , est un médicament extrêmement utile, qu’on prescrit depuis un grain jusqu’à quatre.
11 est bon d’observer que les préparations ferrugineuses , à l’exception du sulfate de fer qui est laxatif , ont une grande tendance à constiper, 11 convient de les unira des substances qui en diminuent l’astringence : elles conviennent rarement dans le cas de complication des maladies nerveuses chroniques , telles que l’hystérie , l’hypochondrie, dans ceux d’hémorrhoïdes, de rachitisme, etc.
Les avantages attribués aux préparations mercurielles, ont sans doute été exagérés ; mais on est tombé dans un excès contraire, en leur en refusant entièrement.
On retire de bons effets des frictions mercurielles locales sur les cuisses et sur les seins ; on donne aussi les préparations mercurielles à l’intérieur, combinées avec le sirop autiscorbutique, les sucres dépurés de cresson de fontaine , de chicorée sauvage, de concombre, de pariétaire, et autres analogues , ou bien avec les sudorifiques. On peut donner aussi le muriate suroxygéné de mercure, dissous dans des bains, à des doses faibles d’abord , qu’on augmente graduellement.
L’iodepeut encore être administré avec avantage ; on en donne la teinture à la dose de i o à 5o gouttes par jour, dans une boisson adoucissante. On fait des
des sckoeules.
fric lions sur les seins engorgés, ou à la partie interne des cuisses avec l’iode ou l’hydriodate de potasse, ou le proto-iodure de mercure , mêlés avec le cérat, dans la proportion d’un seizième à un quart.
Les préparations d’or , proposées par M. Chrétien, peuvent être employées utilement : on se sert surtout du muriate d’or.
J’ai employé aussi avec quelque avantage le muriate de platine dans la même circonstance. Le muriate de chaux, le muriate de baryte, ont une action marquée contre cette maladie , et sont quelquefois employés utilement. 11 n’est guère possible de préciser avec exactitude le choix, les doses de ces médicamens , le temps qu’on doit les administrer. On ne peut souvent se guider que d’après leurs elfets dans l’économie. Les maladies scrofuleuses sont souvent si longues à guérir, qu’on est obligé de varier les moyens , quand ce ne serait que pour prévenir les effets de l’habitude. ,
On retire encore de bons effets contre ces maladies, des frictions longtemps prolongées sur le dos et sur les membres , avec une flanelle imprégnée de la vapeur du benjoin, du karabé concassé, des plantes aromatiques : les bains de mer, les bains sulfureux , les bains de rivière , sont aussi parfois avantageux; il en est de même des eaux de Seltz, de Spa , de Barèges, dont 011 coupe le vin du repas. On fait aussi des frictions sèches avec de la flanelle sur les reins et le bassin; des fumigations aromatiques sur ces parties ; on y dirige en arrosoir, des douches sulfureuses ou d’eau salée; pour
DES SCROFULES
préparer ces dernières, on fait dissoudre une demilivre de sel dans chaque seau d’eau, à la température de 3o degrés. On emploie <les injections stimulantes dans le vagin , avec une faillie dose do liqueur de Labarraque, environ un verre à liqueur pour une pinte d’injection ; l’on introduit dans le conduit des suppositoires excitans.
Les dérivatifs, tels que les vésicatoires, les cautères, les ventouses sèches aux membres inférieurs, les sétons, les moxas , les purgatifs peuvent aussi convenir quand la maladie est rebelle. Si l’on présume que les ovaires soient le siège de la maladie, et que cette dernière occasionne la stérilité, on insiste sur les douches de Barèges ou de Plombières, ou d’eau froide, dirigées sur la région des reins : on fait des frictions sur le bas du dos, avec un liniment camphré et volatil; on donne des bains de siège froids j et l’on dirige la médication vers ces organes.
Il est peu de maladies dans lesquelles il soit plus important de respirer un air pur; l’air de la campagne est ici très-salutaire : souvent des jeunes personnes qui ont beaucoup de flueurs blanches , en sont guéries, en passant quelques mois à la campagne, tandis que la maladie reparaît lorsqu’elles reviennent habiter Paris.
L’équitation, les exercices gymnastiques, sont très-utiles. Il est aussi très-important do faire attention au choix et à la quantité des alimeiis . (‘t de se couvrir de laine.
DES SCKOEULES.
Quand la maladie est fixée sur les mamelles, iiipendamment du traitement général, on applique sur ces parties des emplâtres légèrement excitans , tels que celui de savon, deciguë, des cataplasmes de carottes, des compresses trempées dans une dissolution de sous-acétate de plomb liquide, ou simplement une peau de lièvre, de lapin ou de cygne : on l’ait, dans les environs des parties tuméfiées , des frictions avec l’onguent mercuriel , ou avec une pommade contenant, comme il a été indiqué, de l’hydriodate de potasse, du proto-iodiire de mercure, ou d’autres substances analogues. On ])ourrait, dans quelques circonstances favorables, avoir recours à une compression graduelle et longtemps prolongée sur les parties engorgées. Cependant si elles avaient un certain volume, quelles n’éprouvassent pas de diminution par l’elfet des traitemens, il serait prudent d’en faire l’extirpation; on continuerait ensuite pendant un certain temps , l’usage des antiscrofuleux , afin d’empê.her de nouveaux engorgemens.
Quand il se développe des inflammations, qu’il se forme des abcès, on les traite par la méthode antiphlogistique , et on se comporte comme on le ferait dans toute autre circonstance ; l’on est souvent assez heureux pour obtenir la guérison de la maladie.
M. Salmadc(i) rapporte deux observations de
(1 ) ()hs. praL sur les Maladies lyinphatiriues.
DES SCHOFUI-ES.
r^/io
ce genre qui méritent d être citées; ce praticien fut appelé par une dame âgée de dix-sept ans, pour un engorgement à la partie supérieure de la mamelle droite, près du mamelon; la tumeur avait été d abord ronde, de la grosseur d’une aveline; mais elle s’était accrue et était devenue irrégulière, inégale, raboteuse, adhérente à la base et douloureuse ; le tissu cellulaire voisin s’était engorgé , le bout du sein s’enfoncait, et la malade ressentait des élancemens à l’approche et pendant le temps des règles ; la couleur de la peau n’avait pas éprouvé de changement. Après avoir examiné soigneusement la maladie, M. Salmade en attribua l’origine à une alFection scrofuleuse : il prescrivit un régime doux, des bouillons tempérans avec les sucs des plantes chicoracées , des bains tièdes , 1 application des sangsues à la vulve , lorsque les règles approchaient; une nourriture légère, composée de viandes blanches bouillies et rôties , de poissons , de végétaux ; l’abstinence des ragoûts , du laitage, des farineux; l’air de la campagne, le soin d’éviter la contention d’esprit, de tenir le ventre libre. On recouvrait la partie affectée avec du coton ou du duvet de cygne, ou bien on y faisait des embrocations avec un Uniment d’huile d’amandes douces , et d’alkali volatil : on y appliqua ensuite des cataplasmes de carottes rouges, et en même temps on conseilla les sirops antiscorbutique et mercuriel : l’usage de ces inédicamens pendant l’cspacc de huit à dix mois opéra les effets les plus
DES SCr.OFULES.
heureux. L’engorgeniont glanduleux, qui présentait uncoininencemeut de squirrlie, s’amollit, et se termina par résolution.
Madame F.*** était douée d’une grande sensibilité et d’un tempérament lymphatique ; la blancheur de sa peau , le vif incarnat de ses joues , ses yeux bleus tout annonça chez elle une disposition scrofuleuse : elle devint mère à dix-huit ans et voulut nourrir; mais elle fut bientôt obligée d’y renoncer. Elle sentit alors une légère douleur à la mamelle droite ; il s’y forma une tumeur dure et glanduleuse de la grosseur d’une noix ; les glandes du col, et les sous-maxillaires grossirent. Les premières étaient de couleur rosée , et de la grosseur d’une olive; la peau s’enflamma, devint rouge, bleuâtre, avec des élancemens fréquenset douloureux; la tumeur s’éleva, s’abcéda et dégénéra en un ulcère fistuleux, avec des duretés calleuses qui laissaient échapper une humeur blanchâtre , d’apparence caséeuse et concrète : l’évacuation menstruelle se supprima ; le ventre se bouffit , et il se manifesta une petite toux sèche , fréquente , sans expectoration , et accompagnée d’oppression et de difiiculté de respirer : le repos de la nuit fut troublé par une forte douleur thorachique ; la voix devintrauque, ilyavait quelquefois des accès de fièvre ; telle était la situation de Madame F. ** lorsque M. Salmade fut chargé de suivre le traitement que venaient de lui prescrire MM. Portai et Sabatier : au lieu des adoucissans , des nourritures