CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
tique démontrent que la constitution en est quelquefois imprégnée lorsqu’elle se manifeste au dehors.
11 règne une grande incertitude sur le principe du cancer ; pendant des siècles on lui en a assigné un particulier : quelques modernes regardent à tort l’existence de ce principe comme problématique; toutes les maladies en ont un , tantôt passager, comme le principe d’irritation qui résulte de la percussion d’un corps vulnérant, tantôt temporaire , comme celui des maladies éruptives dont la nature procure l’expulsion par ses propres forces.
D’autres fois enfin , ce principe est tellement enraciné que ni la nature ni l'art ne peuvent souvent en procurer l’expulsion : tel est celui du cancer.
Les maladies qui affectent l’espèce humaine , quoique nombreuses, se réduisent à un petit nombre d’affections élémentaires : l’inflammation , les spasmes nerveux, etc. Ces dernières éprouvent des modifications importantes d’après les principes qui les déterminent. Ainsi les inflammations exanthématiques ont entre elles des différences immenses , quoiqu’afïectant le même tissu , à raison de la diversité de leurs principes. II en est de même de l’inflammation d’une partie , dépendant d’une cause externe ; elle diffère essentiellement d’avec celle qui est occasionnée par les vices scrofuleux ou syphilitique.
DU CANCER
Le cancer imprime des modifications marquées aux maladies élémentaires , et spécialement aux inflammations ; il leur donne une physionomie, une marche particulières ; il change le caractère de leurs ]>roduits , met des obstacles à leur terminaison . et les fait reparaître lorsqu’elles ont cessé. Sans parler des nombreuses erreurs qui se sont succédées pour rendre raison de ce principe , soupçonnerons-nous, avec le professeur Dubois, qu’il consiste dans une altération du système nerveux ? Cette opinion était , à la vérité, celle des anciens , puisqu’ils en attribuaient la formation à l’atrabile , et que chez eux les effets de l’atrabile sont les mêmes que ceux que nous attribuons au système nerveux ; mais elle ne paraît pas mieux fondée.
Dirons-nous , avec quelques modernes , que le cancer est occasionnés, tantôt par un principe acide ou alcalin , tantôt par la présence d’un gaz hydrogène sulfuré animal ou d’un oxyde d’azote ? ce serait , je l’avoue , renouveler l’explication de l’obscurisme par l’obscurisme.
On a cru tout récemment avoir résolu cette question , en disant que ce principe consiste dans une irritation ; mais cela ne lève nullement la difiiculté. L’irritation qui donnerait lieu au cancer, ne pourrait être la même que celle qui produirait une inflammation ordinaire, puisque ces maladies diffèrent essentiellement entre elles par leurs phénomènes.
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On peut déterminer une irritation , la graduer à sa volonté , et donner lieu à des inflammations qui lui correspondent en intensité ; mais il n’en pourrait être de même relativement au cancer.
Les inflammations , les engorgemens qui ont quelque ressemblance avec cette maladie , cessent lorsque l’irritation est passée ; il n’en est pas de même du cancer : il est toujours permanent ; les moyens qui font cesser l’irritation, n’ont sur lui qu’un elFet secondaire.
Ces raisons , ainsi que beaucoup d’autres , annoncent que l’irritation peut se trouver avec le cancer , en former un des élémens , mais qu’elle n’en est pas la cause déterminante. Le principe de cette maladie est recouvert d’un voile impénétrable ; et il est à craindre qu’il ne le soit longtemps : on l’a désigné par le mot de vice, bien préférable à une dénomination dont l’acception serait déterminée, et dont il faudrait fausser le sens : il vaut mieux ignorer la vérité et se mettre à sa recherche , que de croire l’avoir trouvée lorsqu’on est encore dans l’erreur.
Quoique le cancer soit le plus souvent incurable , on peut cependant en obtenir la guérison dans son principe, et toutes les fois que les parties qui en sont affectées, peuvent être enlevées ou détruites. De nombreux essais ont été faits pour reconnaître les moyens qui exercent quelque influence sur cette maladie. A peine est-on , il est vrai , sur la voie de ceux qui sont propres à la
5So DES DIVERS DEGRÉS DE DÉVELOPPEMEM
combattre. Espérons qu’une connaissance approfondie des lois de l’économie, des symptômes et de la marche de la maladie dans ses divers développemens , mettra en pouvoir d’agir avec plus d’avantage, et de trouver, comme pour d’autres maladies spécifiques , des moyens de mettre un terme à une affection aussi funeste.
Dn divers degrés de développement du Cancer.
Ee cancer se manifeste par un ou plusieurs tubercules , du volume d’un grain de millet ou d’un pois, globuleux, d’une consistance ferme, qui n’adhèrent aux parties voisines que par un tissu cellulaire lâche : ces tubercules sont rouges à leur surface et dans leur intérieur, et formés par un tissu vasculeux, compacte, analogue à celui d’une petite glande. On en exprime un peu de sang quand on les incise; ils paraîtraient avoir pour base uu ganglion lymphatique : mais ils ont souvent lieu dans des parties qui en sont dépourvues.
Quelquefois le cancer se ^forme dans le tissu même des organes , lequel devient rouge , se développe, s’épaissit et se durcit dans une portion de son étendue. Ce tissu est difficile à couper, et fait entendre sous le bistouri un bruit semblable à celui du parchemin.
La maladie reste souvent dans cet état pendant des aimées ; les parties affectées sont dans une
Dl! CANCEU.
sorte triudannnatioii latente : elle finit par faire des progrès; il se forme de nouveaux tubercules , ou bien d’autres tissus s’altèrent de proche en proche.
Ajirès un certain laps de temps, il se développe dans les tubercules un point blanc, qui s’agrandit ]>eu-à-peu aux dépens de la ])artle rouge j jusqu’à ce qu’il l’ait envahie , à la manière de ce qui se passe dans la pourriture tl’un grain de raisin. ( -elle-ci a lieu d’abord dans une portion du grain , sans que le reste soit altéré, et elle ne s’en empare en entier que tardivement.
Lorsqu’il y a plusieurs tubercules , leur maturité, ou la conversion en matière blanche, suit la marche de leur développement; les plus récens sont rouges et fermes : ceux qui sont plus avancés sont à demi blancs et rouges , et à demi ramollis; les plus anciens sont entièrement blancs et ra mollis. Quand il y en a un grand nombre d’agglomérés ensemble, le tissu qui en est le siège est rouge et épais dans les lieux où ils sont récens; ronge et pointillé <le blanc, dans ceux où ils sont plus anciens; et enfin blanc et ramolli, d’apparence cérébriforme et lardacée , dans ceux où ils sont très-anciens.
Les parties caucérées , ramollies, blanclies, ou grises, sont alors dans une sorte de concrétion ]>uriforme; en les triturant dans un mortie»', elles s<‘ <fissolv(int dans l’(u\u frold(‘, à-[)eu-près comme 1(! |)us dont elles ont toute l’apparence.