DU C AN CE U
Enfin, quand la maladie continue ses progrès, la peau qui est au-dessus des tubercules ou du tissu cancéré s’amincit , prend une couleur d’un rouge violet , et s’ulcère. La matière pur forme s’ouvre une issue au-dehors, et y forme des couches de matière pultacée, grisâtres ou noirâtres; le pus qui en découle , est sanieux et fétide. Cet ulcère a une disposition à ne jamais se cicatriser , et peut être considéré comme latent.
La marche que nous avons indiquée est à-peuprès la même dans tous les cancers ; on s’en assure dans ceux qui sont anciens; les parties affectées offrent en même temps tous les degrés de la maladie. Les plus éloignées de son foyer , étant les dernières affectées, sont épaisses et rouges. En se rapprochant du foyer, on les trouve rouges, parsemées de blanc, et à demi-ramollies. Celles du foyer du mal sont blanches et ramollies ; on y rencontre des végétations , des portions noires , cartilagineuses , osseuses , et elles sont recouvertes d’une matière pultacée qui est le résultat de leur ulcération.
On distingue difficilement dans la pratique l’endurcissement du ramollissement peu avancé; aussi les confond-t-on sous la dénomination de squirrhe ; il en est de même de la gangrène latente avec production de matière mélanée : on ne la distingue guère de l’ulcération.
On se demande, d’après cette marche, si le cancer peut être considéré comme une production acci-
DU CANCEK
dentelle. Je ne saurais partager cette opinion; cette maladie, lorsqu’elle affecte un tissu, n’y produit que* des désorganisations anatomiques analogues à celles qu’on observe dans d’autres maladies, à cette différence près qu’elles sont plus intenses et d’une autre nature ; elle donne lieu, à la vérité, à la formation de divers tissus, ou produits accidentels , tels que tubercules, végétations, etc.; mais ne serait-ce pas en donner une fausse idée, que de présenter ces résultats comme la maladie elle-même.
Les organes propres aux femmes sont exposés au cancer dans tous ses degrés ; il y présente quelques nuances en raison de la rlifférencc de leur organisation, et de leurs fonctions; nous allons l’examiner dans chacun d’eux.
Du Cancer de l’ utérus.
Cette maladie se développe dans ce viscère par des tubercules ou par un épaisissement dans son tissu. Les tubercules sont peu appareils ; enchâssés dans le parenchyme de l’iitérus , ils y forment de petits lobules rougeâtres ; on ne les distingue que par la membrane qui les enveloppe. Le tissu de ce parenchyme épaissi ressemble au tuberculeux ; sa section présente une surface plus homogène , sans aucune trace des cellules qui se voient dans ce dernier tissu.
Les parties qui sont le siège de ces tubercules , ou de cet épaississement , sont dans un état d’in-
DE l’utérus. 585
flammation lente, ou d’induralion ; elles ont le double ou le triple de leur volume , et sont déformées ; leur dureté se rapproche quelquefois de celle des cartilages.
Lorsque l’induration est ancienne , ces parties commencent à passer à l’état de suppuration latente ; leur couleur est rosacée ou blanchâtre , parsemée de petits points blancs , desquels il découle une matière séreuse , blanchâtre , et puriforme : elles se ramollissent à mesure que la suppuration latente s’est établie ; elles ont plus de vol unie, et sont plus déformées; le tissu tuberculeux présente de petits lobules inégaux , remplis d’une matière blanchâtre, séparés par de petites cloisons celluleuses , traversées en tous sens par des vaisseaux sanguins assez volumineux : c’est ce qui (constitue la dégénérescence que l’on a mal à propos désignée sous le nom de cérébriforme ; le tissu non tuberculeux est de même ramolli , d’un gris blanchâtre , et recouvert d’une énorme quantité de points purulens qui lui donnent un aspect lardacé.
On trouve aussi parfois , avec ces parties , des portions de tissu noirâtre , dans un état de dégénération gangréneuse, et ramollies.
Enfin , lorsque la maladie a passé à l’état d’ulcération et qu’elle occupe le col de l’utérus , cette partie est ordioairement détruite et rongée. On trouve, à sa place, des végétations fongueuses ou une couche putride plus ou moins épaisse , d’un gris-noirâtre , très-fétide.
DU CA.NCEK.
Quand on lave à plusieurs eaux eette partie , la couche putride s’enlève avec facilité ; et l’on trouve, au-dessous, de petits tubercules semblables à ceux de la peau de chagrin , ou de la surface d’une mûre , et tels qu’on en voit aux lèvres , aux narines et sur les autres parties des tégumens qui sont entièrement le siège du cancer ; on y aperçoit aussi les ouvertures des vaisseaux qui ont été corrodés par le progrès de la maladie.
Le tissu de la portion de l’utérus qui n’est pas rongée , est épais et dense dans la longueur d’un pouce , d’une couleur blanchâtre , d’un aspect lardacé, et entièrement squirrheux. Quelquefois le fond de l’utérus paraît sain ; le plus souvent il est aussi squirrheux.
Lorsque l’ulcère a son siège dans le fond ou sur les parois de l’utérus , le volume de l'organe est de beaucoup augmenté ; les parties affectées sont de même désorganisées et rongées ; elles sont recouvertes par une couche putride , au dessous de laquelle ou trouve la partie de l’utérus qui reste à l’état squirrheux.
Quand le cancer s’est développé dans la membrane interne de l’utérus , on n’y trouve qu’un léger endurcissement avec rougeur, lequel ne tarde pas à passer à l’état de suppuration latente et d’ulcération ; ce qui a fait penser à Bayle , mais à tort , que le squirrhe lui-même dans l’organe utérin est toujours précédé d’ulcération. J’ai présenté, en i8iy , à la Société de médecine -prati-
DJi L UTERUS.
que un utérus très-volumineux , à l’état de suppuration latente. Le tissu en était intérieurement blanchâtre , parsemé de points puruiens et lardacés. La membrane interne, tout-à-fait saine , ne présentait aucune ulcération , tant au corps qu’au col de l’organe.
Il est difficile de reconnaître le cancer de l’utérus dans son principe , et de le distinguer dans ses divers états.
L’engorgement s’annonce ordinairement par des hémorrhagies utérines légères , mais fréquentes , qui se reproduisent durant l’acte vénérien , à la suite du plus léger exercice ou de quelque contrariété.
Ces pertes sont d’abord accompagnées de peu de douleurs. Souvent elles sont précédées de douleurs plus ou moins vives , qu’elles semblent calmer : durant leurs intervalles, et même pendant leur durée , les femmes rendent une énorme quantité de matières séreuses d’un blanc opaque , ou d’un rouge pâle , d’une odeur fade particulière , quelquefois fétide , qui forme sur le linge des taches larges , peu colorées , dont les contours ont généralement une teinte brune. Ces matières verdissent le sirop de violettes , et présentent un caractère alcalin.
La maladie n’est pas contagieuse ; elle n’occasionne que des écoulemens légers qui ont peu de durée.
Quelquefois, au lieu d’hémorrhagies , les fem
DU CANCEU
mes ont des règles peu abondantes, qui se suppriment même entièrement , ou elles sont sujettes à d’autres viees dans la menstruation. Elles éprouvent un prurit incommode , un sentiment d’ardéur dans la région de l’iitérus et à l’orifice du vagin, des coliques utérines, des tiraillemens dans les régions lombaires et à la partie interne des cuisses.
A ces symptômes, il s’en joint de secondaires : une irritation excessive dans le genre nerveux , des insomnies , des palpitations , une grande sensibilité au creux de l’estomac , des vomissemens , un trouble dans les fonctions digestives , des spasmes utérins . des difficultés pour uriner ou pour aller à la garde robe , des lassitudes dans les jambes, de l’amaigrissement , ou d’autres accidens qui annoncent une altération manifeste dans la santé.
Lorsque c’est le col de l’utérus qui est le siég<‘ delà maladie, ce qui arrive le plus fréquemment, on le trouve plus bas, plus volumineux, plus alongé que dans l’état ordinaire, et généralement déformé. Les lèvres sont ouvertes, un peu renversées, et présentent des inégalités , des renflemens qui deviennent surtout très marqués à l’approche delà menstruation. Le col a plus de sensibilité, et on ne pcait souvent le toucher sans donner lieu à un écouleuKUit de sang. Il est rare que la membrane interne ne ])articipe pas à la maladie ; elle <;st d’une couleur rouge, violacée ou noirâtre , qiK'lquefois u!eéré(;; ce dont on s’aperçoit faci-
DE l’utérus.
leincnt au moyen du spéculum : c’est alors qu’il s’écoule plus particulièrement de l’orifice utérin une matière muqueuse ou séro purulente , alcaline, et d’une odeur ordinairement fétide.
Sila maladiea son siège dans le corps de l’utérus ce viscère est bien plus élevé que dans l’état ordinaire, l e col est moins Yolumineux , souvent même il est entièrement elfacé ; le corps est au contraire plus développé, plus pesant, moins mobile; il se présente sous le doigt comme le segment d’une sphère, et forme une saillie considérable dans le rectum ; il est douloureux dans quelques-unes de ses parties, et la douleur s’étend à l’abdomen, qui acquiert du volume et un eertain degré de tension. En portant un indicateur dans le fondement, et l’autre au col de l’iitérus, tandis que cet organe est assujetti par la main d’un aide , appliquée sur la région hypogastrique, ou reconnaît, par le lieu où se manifeste la douleur , le siège principal de la maladie.
La membrane interne de l’utérus ne participe que très-tardivement à la maladie. L’écoulement qui en provient, quoique peu abondant, est longtemps muqueux , sans odeur, d’une bonne apparence, et acide; aussi on ne s’aperçoit souvent de la maladie que par les douleurs et les incommodités qu’elle occasionne : les écoulemens de l’utérus n’annonçant aucune alfection grave dans ce viscère.
L’induration peut demeurer ainsi stationnaire
DU CANCER
pendant plusieurs années , sans occasionner beaucoup d’incommodité; quelquefois elle se dissipe entièrement, comme j’ai eu occasion de l’observer: mais le plus souvent elle fait des progrès avec le temps , et les parties affectées passent insensiblement à l’état de ramollissement et de suppuration latente.
L’écoulement séreux des parties sexuelles s’épaissit peu-à-peu. L’irrégularité des menstrues est plus marquée ; les hémorrhagies utérines sont fréquentes , et ne présentent presque aucune interruption ; il se manifeste un sentiment de pesanteur dans le fondement. Les douleurs que la malade éprouvait dans l’organe utérin , deviennent plus aiguës , plus longues ; elles sont accompagnées d’élancemens passagers , comme si des pointes traversaient rapidement la partie affectée; elles se reproduisent périodiquement à certaines heures du jour , et s’étendent aux aines , au sacrum , à la partie interne des cuisses ; quelquefois elles discontinuent l’espace de plusieurs jours , et même pendant un temps plus ou moins long.
Si le col est le siège de la maladie , il acquiert plus de volume, il devient plus alongé , et s’avance parfois jusqu'à l’orifice du vagin ; il est en outre arrondi, dur, rénitent; son orifice est inégal, très-chaud, douloureux; les lèvres en sont souvent fortement renversées; il se ramollit ensuite et saigne au plus léger attouchement.
de l’utérus.
La malade éprouve de la gêne en marchant , de grandes difficultés pour uriner et pour aller à la garde-robe. Les accidens secondaires dont nous avons parlé , sont plus intenses.
La maladie a-t-elle son siège dans le corps de l’utérus? Ce viscère acquiert un volume considérable; il forme dans la région hypogastrique une tumeur très-douloureuse , lorsqu’on en fait l’examen , soit au-dessus de cette 'région, soit par l’introduction de l’indicateur dans les parties sexuelles , ou dans le fondement.
La maladie reste rarement à l’état de squirrhe sans qu’il se forme quelque ulcération , surtout à la membrane interne de l’utérus.
Les douleurs continuent d’être extrêmement aiguës et lancinantes ; la matière qui s’écoule des parties ulcérées , est sanieuse , remplie de flocons , et laisse exhaler une odeur particulière très-fétide.
L’érosion des vaisseaux sanguins donne lieu à des hémorrhagies fréquentes et difficiles à arrêter. Si le col est le siège de l’ulcère , il est dur, trèsdouloureux , et se présente souvent sous l’aspect d’un champignon : si la maladie a son siège dans le corps de l’utérus , cet organe acquiert un volume excessif; il occupe quelquefois une grande partie de la cavité de l’abdomen, et remonte jusqu’à la région ombilicale. Le bas-ventre devient trèsdouloureux ; la malade ne peut supporter les plus légères couvertures; il naît quelquefois, à la sur-
bg2 DU CANCER
face des parties ulcérées, des végétations fongueuses.
Il n’cxiste guère de signes de la gangrène latente ; et l’on ne s'aperçoit de la formation des tissus mélanés qu’après la mort.
La maladie ne peut durer un certain temps sans affecter le conduit Tulvo-utérin , les dépendances de rutérus, ainsi que les parties voisines de cet organe; il arrive fréquemment que la vessie et le rectum s’ulcèrent , éprouvent des dégénérescences , et communiquent par une ou plusieurs ouvertures avec la cavité de l’iitérus.
Les glandes de l’aine se gonflent, les pieds deviennent œdémateux ; l’œdématie gagne peu-à-peu l’une ou l’autre cuisse , rarement les deux à-la-fois , et il se fait un épanchement de liquide dans le basventre. La malade éprouve des irritations et des démangeaisons insupportables aux parties sexuelles , des vomissemens presque continuels : elle ne peut garder aucun aliment solide , elle rejette môme la plupart des boissons; souvent elie est sujette à des tremblemens, sans doute occasionnés par la grande quantité de substances narcotiques qui lui ont été administrées, à des faiblesses avecperte de connaissance, à une constipation ojûniâtre, ou à des dévoiemens coHiquatifs , à des hémorrhagies trcs-diflicilcs à arrêter; elle est dévorée par une fièvre hectique ; elle tombe dans le marasme, et survit peu à cet état.
DE L ÜTEllUS.
Le cancer de l’iitériis ne se manifeste pas avant la puberté. On ne l’observe guère qu’à l’àge de quarante à cinquante ans, époque ordinaire de la cessation des règles.
La constitution avec prédominance du système nerveux , le célibat , l’habitation des lieux bas et humides, les chagrins vifs , les écarts dans le régime , une compression habituelle sur le basventre pour en diminuer le volume , les coups , les chutes sur cette partie , surtout pendant la grossesse , les abus du mariage , les irritations fréquentes des organes sexuels , des injections âcres pour déterminer la cessation des flueurs blanches , la suppression des règles et les vices divers de la menstruation , les fausses-couches , les manœuvres imprudentes pendant l’accoucliement, une inflammation chronique et ancienne du tissu propre et de la membrane interne de l’utérus , la disparition d’une affection dartreuse ,
\ rhumatismale , et la fixation du vice syphilitique, ou de tout autre, sur cet organe : ajoutons une disposition primitive et héréditaire ; telles sont les circonstances principales qui prédisposent à la formation du cancer de l’utérus.
Mais quelle est la cause déterminante , la cause matérielle qui fait passer les tissus à l’état de cancer ? C’est, comme je l’ai déjà dit, ce que nous ignorons complètement , quoique cette connaissance eût pu être d’un grand secours pour le traitement de la maladie.
DU CANCER
Il n’existe pas de différence anatomique bien marquée entre l’induration cancéreuse dans son principe , et celle qui est la suite d’une inflammation, ou de toute autre maladie spécifique. 11 n’en est pas de même quand le cancer passe à l’état de suppuration latente ; les parties affectées sont parsemées de points blancs , tandis que dans les autres indurations elles ont une surface uniformément rougeâtre.
Lorsque la suppuration latente est établie , et qu’il existe une gangrène latente et une ulcération , la désorganisation particulière est telle , qu’elle ne peut plus être confondue avec celle des autres maladies.
Les mêmes difficultés se présentent dans la distinction dés indurations cancéreuses d’avec les autres indurations , d’après leurs symptômes ; les unes et les autres paraissent les mêmes dans leur principe. Ce n’est que d’après les circonstances qui les ont précédées , d’après leur ancienneté, qu’on peut reconnaître les cancéreuses ; encore ne peuton jamais préciser le moment où elles en ont pris le caractère.
Dès que l’afl’ection cancéreuse est ancienne , et qu’elle a passé dans ses divers degrés , la nature de la douleur , et la suite des accidens qui se manifestent, ne permettent plus de méconnaître le cancer : cependant l’ulcération de la membrane interne de l’utérus étant peu douloureuse, et donnant lieu à des écoulemens analogues à ceux du catarrhe
DE l’uTÉEUS.
Utérin chronique, est souvent confondue avec cette maladie , même avec une simple leucorrhée. Les faits dans lesquels de semblables méprises ont été commises par les hommes de l’art les plus exercés , seraient trop longs à énumérer.
•Te pourrais aussi indiquer des faits moins nombreux à la vérité , mais non moins incontestables , d’écoulemens utérins , simples , qui ont été pris pour ceux des cancers confirmés. Je suis loin de vouloir faire la critique des praticiens auxquels cette méprise est arrivée ; mon but est seulement de montrer combien on doit être circonspect quand il s’agit de prononcer sur de semblables sujets.
On peut encore confondre le cancer deTutérus, surtout dans son premier degré , avec d’autres affections du même viscère.
Je fus appelé en 1810 par M. Goyon , pour une dame qu’il soupçonnait atteinte d’un carcinome de l’utérus , et qu’un autre praticien regardait comme un polype.
Le col de l’utérus était en effet inégal à sa surface et très-volumineux ; il présentait , vers son milieu , une sorte de tumeur globuleuse qu’on pouvait facilement prendre pour un polype , au moment où il commence à entr’ouvrir le col pour se montrer au dehors. Cependant le défaut de mobilité de la tumeur , l’impossibilité de faire glisser le doigt entre cette tumeur , et la ^aroi interne du
DL CAiNCER
col , les inégalités de l’orifice de celle partie , la nature des matières qui en découlaient, ne me permirent pas de méconnaître un carcinome : diagnostic que les progrès de la maladie ne constatèrent que trop, peu de temps après.
Le même chirurgien me fit appeler en 1812 pour une dame âgée de 29 ans, qui était atteinte d’une tumeur à l’ovaire gauche ; la maladie avait été prise d’abord, par de très-habiles praticiens , pour un cancer du col de l’ulérus , à raison des douleurs poignantes que la malade éprouvait , et de la saillie que l’ovaire lormait dans le vagin. Cependant on a été assez heureux pour faire cesser les douleurs ; et cette dame a eu depuis quatre enfans à terme , dont trois filles et un garçon : la tumeur que l’on a crue long -temps formée par une hydropisie de cet organe, a disparu presque entièrement.
La malade affectée d’une inflammation chronique de l’ovaire gauche , et dont j’ai parlé précédemment ( 1 ) , avait été regardée par un médecin très-distingué , comme atteinte d’un carcinome de l’utérus.
Divers déplacemens , la présence des corps étrangers , l’inflammation chronique des tissus de l’utérus , peuvent parfois être pris pour un carcinome ; mais avec un peu d’attention , et en se pénétrant des signes de chacune de ces maladies ,
(i) Voy. p. 269.
DE l’uTÉKUS. 597
on peut, pour l’ordinaire, se préserver de sembla-^ blés méprises.
1 /engorge ment du col de l’utérus , sans ulcération de la membrane interne, reste souvent stationnaire pendant des années ; les irritations dans l’or-! gane utérin, les pertes blanches et rouges, qu’il a déterminées dans le principe. Unissent par se [)asser. Je donne des soins habituels à l’épouse d’un maréchal de camp , mère de plusieurs enfans, qui éprouva , il y a douze ans , diverses incommodités , pour lesquelles elle consulta M. le baron Boyer. Ce praticien en trouva la cause dans le col de l utérus, qui était inégal : ce qui lui fit porter sur la maladie un fâcheux pronostic. Depuis ce moment cet engorgement a tellement diminué qu’elle n’occasionne presque aucune incommodité , sans que cette dame ait fait , pour ainsi dire , aucun traitement pour le faire passer.
J’ai obtenu quelques guérisons dans des cas où la maladie était plus avancée ; je pourrais citer une dame des environs de Paris , traitée d’abord par M. Fabré , laquelle me lit rhonneur de venir me consulter : l’engorgement du col était considérable ; il donnait lieu à des écoulemens abondans de matières muqueuses ; la malade éprouvait des écoulemens, et des douleurs dans l’organe utérin , très-inquiétantes ; elle était en outre d’une grande maigreur , et pouvait à peine se tenir debout et marcher : je prescrivis une saignée du bras, des bains généraux , une tisane de douce-
DU CANCUn
amère , coupée avec un quart de lait ; des pilules d’extrait de ciguë , à la dose d’un grain par jour , portées graduellement à celle de deux et quatre grains par jour : cette dame a été assez heureuse pour se rétablir entièrement.
11 lui est survenu une éruption derrière les oreilles , qui peut bien avoir contribué à son ré tablissement.
Le plus souvent, lorsqu’on est appelé à prendre connaissance de l’état des malades , leur affection a fait trop de progrès pour qu’il soit possible de les en débarrasser.
On a proposé, depuis quelques aimées, de faire l’extirpation des parties affectées , au moyen de la résection ou de la cautérisation. Ces opérations ont réussi dans quelques cas ; mais en général on se décide trop tard à y avoir recours.
Quand la maladie affecte le corps de l’utérus , on la reconnaît rarement dans son principe ; et lorsqu’on s’en aperçoit , elle est aussi trop avancée pour avoir l’espoir d’en obtenir la guérison.
On en est réduit, quel que soit le siège delà maladie , à calmer les accidens secondaires , et à rendre l’existence supportable.
Le traitement du cancer de l’utérus présente des différences suivant le lieu où il est situé , son degré, sa cause, la nature et la diversité de ses accidens.
Dans l’induration du col , quoique sans chaleur , lorsque cette partie est gonflée , qu’il y a un com-
de i’UTÉUÜS.
inencement d’ulcération de sa membrane interne on a plusieurs indications à remplir : i." diniinuer la sensibilité fibrillaire, la congestion et l’état inflammatoire latent , premiers élémens de la tnaladie; diminuer la sensibilité nerveuse, tant du cerveau que de l’organe affecté ; 3.“ s’opposer aux causes qui ont donné lieu an cancer, combaltre son principe inconnu j en opérer le déplacement ou l’expulsion ; enlever ou détruire par la résection ou la cautérisation les parties affectées.
On remplit la première indication au mojen des évacuations sanguines ; les plus convenables sont : la saignée du bras , réitérée , en raison des forces , à divers intervalles ; l’application des sangsues : des ventouses scarifiées sur les reins , les aines , à la partie interne des cuisses , sur le col même de l’utérus , en mettant beaucoup de réserve sur cette dernière application, qui donne lieu à des ulcérations et à des hémorrhagies utérines rebelles. Les bains de siège , les demi-bains et les lavemens froids , les douches à la glace dans le conduit vulvo-utérin , en refoulant le sang et l’éloignant de l’utérus ; les bains de siège tiédes , avec une infusion de laitue et l’addition de deux gros de sous-acétate de plomb liquide ou d’une once de sous-carbonate de potasse , les mêmes bains avec une décoction de jusquiame , de ciguë , de belladonne , de stramoine , de pavot noir , de morelle ou d’autres plantes narcotiques; les douches de vapeurs aqueuses ou narcotiques, dirigées sur le
6oo
DU CANCKll
col de Tutérus , remplissent la même indication.
On diminue la sensibilité cérébrale et locale au moyen des sédatifs ; les plus usités en ce cas sont : les opiacés , l’acide hydrocyanique à l’intérieur , en frictions , dans des lavemens , en injections , les bains tièdes , les cataplasmes émoiliens sur le ventre , les injections de pulpe de concombre , de potiron , de carottes , de pommes de terre râpées , de cataplasmes liquides , de beurre frais liquide , de lait , de décoctions des substances narcotiques, introduits dans le conduit vulvo-utérin ou dans le rectum.
Il est important de remédier aux causes et de détruire le principe de la maladie : quand elle est survenue à la suite d’irritations locales , de travaux , de compressions , ou de toute autre cause propre à déterminer un état inflammatoire permanent de l’utérus , on doit s’attacher à faire cesser ces causes d’irritation. Si la menstruation est dérangée , trop abondante , qu’elle se prolonge trop , qu’elle ait des retours trop fréquens , ou qu’elle ne soit pas assez abondante , qu’elle soit suppléée par des écoulemens muqueux , on se comporte comme il sera dit en traitant de ces dérangemens ( i ) .
S’il y a précession ou concomitance des affections dartreuses , syphilitiques , rhumatismamales, etc., on emploie les moyens en usage
(i) Voy. Des Vices de lu menstruation.
DE l’utÉULS.
Goi
contre elles : quelquefois ils sont suivis de succès. Le professeur Pinel rapporte l’observation d’une dame chez laquelle un cancer , déterminé par le vice dartreux, a été sensiblement diminué. J’ai obtenu, dans un cas semblable, un succès plus marqué.
Une dame , d’une constitution délicate , avec prédominance du système nerveux , mère de plusieurs enfans , fut atteinte , à l’âge de 34 ans , trois ans après son dernier accouchement, de douleurs permanentes dans les parties sexuelles. Elle eut recours successivement à nlusieurs hommes de
l’art , qui prescrivirent des traitemens variés. Impatientée de n’en éprouver aucune amélioration , elle suivit les conseils d’un empirique , qui administra , sans précautions convenables , un traitement mercuriel trop prolongé , dont elle ressentit les plus fâcheux effets. Les douleurs devinrent aiguës , lancinantes , dans la région utérine , principalement quand la malade était debout ou qu’elle marchait. Elle se vit forcée à garder le lit; lorsqu’elle allait à la garde-robe, elle éprouvait comme un poids sur le fondement. Elle avait un léger écoulement de matière muqueuse, et les règles étaient irrégulières , peu abondantes : elle eut recours au professeur Dubois , qui fit cesser le traitement antisiphylilique , et prescrivit les caïmans. C’est alors que je fus appelé.
La malade éprouvait les niêmes symptômes , mais avec plus de modération que précédommenl;
DU CANCER
le col de rutérus était abaissé et pbis gonflé que dans l’état naturel , rénitent dans toute sa circonférence , la lèvre antérieure plus épaisse , un peu plus sensible, parsemée d’aspérités rugueuses , et très-sensible à la plus légère pression.
Comme le pouls était dur et élevé , la pléthon^ marquée, je prescrivis une saignée du bras, qui fut suivie de beaucoup de soulagement. Je fis continuer les moyens indiqués par M. Dubois , les boissons adoucissantes alternées avec quelques boissons amères, pour empêcher la débilitation de l’estomac , les bains généraux , et les bains de siège tièdes; les injections , et leslavemens préparés avec des substances mucilagineuses et calmantes.
Lamalade éprouva de ce traitement une amélioration marquée. Les douleurs lancinantes cessèrent presque entièrement , et elles ne se reproduisaient qu’à certaines époques après de la fatigue, ou une marche un peu forte. Il se manifesta au bout d’un an, une dartre laveuse sur le cuir chevelu , sur les deux oreilles, et sur la joue du côté droit. Je continuai les mêmes moyens, en insistant sur la douceamère , dont on coupait la décoction avec moitié lait, sur la pensée sauvage, sur les pastilles soufrées , et sur les moyens usités contre les afl’ections herpétiques : l’aflection dartreuse diminua peu-àpeu , de même que les irritations de l’iitérus ; cos dernières n’avaient lieu qu’à la suite des changemens tle temps, ou d’exercices pénibles. Les règles se régularisèrent; et la malade devint enceinte en
de l utekls.
dix ans après son dernier accouchement, au moment où elle ne comptait plus sur les douceurs de la maternité. Vers le cinquième mois de la grossesse, je repris connaissance de son état; les deux lèvres de l’orifice du col étaient un peu gonflées , molles , lisses , et ne présentaient pas la plus légère aspérité. La grossesse suivit son cours : la malade donna le jour à un enfant bien portant, et jouit elle-même d’une bonne santé pendant plusieurs années : en 1817, elle éprouva les symptômes d’une phthisie pulmonaire , à laquelle elle succomba sans avoir éprouvé aucun ressentiment de l’affection du cancer.
(^uand on a quelques raisons de croire que le cancer provient primitivement de la maladie syphilitique , ou qu’il en est accompagné , on a recours aux moyens employés contre cette maladie.
On donne la préférence aux sudorifiques concentrés, unis aux préparations mercurielles les moins irritantes , telles que le sulfure noir de mercure gommeux; il est bon aussi de les combiner avec la ciguë et les opiacés.
On obtient fréquemment la guérison tle la maladie lorsqu’elle est récente : M. Lagneau en rapporte même une guérison dans une circonstance où la maladie était très-avancée.
Tyj me *** ^ dit-il , cohabitait depuis plusieurs années avec M. ****, dont la mauvaise santé était annoncée par des retours fréquens d’une anci(mne
DU CANCER
malatlie vénérienne; à chaque apparition, celle maladie était palliée par un léger traitement , insuffisant pour détruire radicalement le vice constitutionnel. Presque dès le commencement de ce commerce, cette dame s’était aperçue, au col de l’utérus , d’une sensibilité qui ne lui était pas ordinaire; mais elle l’attribua à toute autre cause que celle qui existait réellement. Cette sensibilité passa progressivement à la douleur lancinante la plus vive, et s’accompagna bientôt d’un écoulement sanieux, âcre, et très-abondant. Après ti’ois ans, cette dame ne pouvant plus tolérer ses souffrances, vint consulter Cullerier; ce praticien reconnut un engorgement squirrheux considérable au col de la matrice, qui était en outre le siège de plusieurs ulcères à bords durs et perpendiculaires , sources de l’écoulement sanieux dont nous avons parlé, (’omme le mercure exaspère ordinairement celle fâcheuse maladie , on hésita d’abord à en proposer l’administration. Enfin, bien persuadé de l’origine du mal, Cullerier se décida à procéder au traitement; ce qu’il fit au moyen de sudorifiques très-rapprochés , unis à une faible quantité de üeulo-chlorure de mercure. En moins de deux mois, le col de l’utérus revint à son volume naturel , les ulcères se cicatrisèrent , et tous les symptômes de cette cruelle maladie se dissipèrent.
Le plus souvent on n’est pas aussi heureux : les |)réparalioiis mercurielles exaspèrent l’ailccîion cancéreuse; cl l’on est obligé de les discon-
DE LUTÉRI S. 6o5
limier : il faut abandonner la maladie syphilitique pour ne s’occuper que de la cancéreuse.
Il en est de même lorsque cette dernière maladie paraît avoir été produite par d’autres alTections spécifiques , et que les moyens employés contie elles sont sans effet ; on est alors réduit à ceux qui exercent quelque influence sur le cancer lui-même; ils sont en petit nombre, et n’agissent que faiblement : ce sont la combinaison du sulfure d’antimoine avec les mercuriaux, diverses préparations de plomb , de baryte , de fer, de cuivre , d’arsénic, etc. ; les bains tièdes, diverses eaux minérales, le chlorure de sodium, la ciguë, et les plantes narcotiques dont il a été parlé , le suc exprimé de carottes, la joubarbe.
On avait préconisé depuis long temps le sulfure d’antimoine contre cette maladie. Les succès n’ayant pas répondu à ce qu’on en espérait, ce médicament était tombé dans l’oubli. Ayant eu occasion de reconnaître ses bons effets dans quelques cas de maladie syphilitique rebelle, je l’employai dans les maladies cancéreuses. Je n’eus pas d’abord à m’en louer ; il n’en a pas été de même de sa combinaison avec les mercuriaux, surtout avec le sulfure noir d’hydrargire , ou mercure.
On prescrit ces médicamens de différentes manières ; en voici quelques-unes de celles dont je fais usage :
Qf Sulfure d’antimoine , un gros ; sulfure noir d’hydrargire ou mercure, demi-gros; extrait de
Dl) CANCER
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ciguë, 2 gros; divisez en 72 pilules ; en prendre une matin et soir, et en porter graduellement la dose de 4 à 6 par jour.
Quelquefois les malades préfèrent ces médicamens sous forme de pastilles ou de conserves.
% Sulfure d’antimoine , 3 j ; sulfure noir d’hy-* drargire , 3 fJ ; extrait de ciguë , 3 ij ; gomme arabique et sucre , q. s. pour former des pastilles de i5 grains chaque; en faire usage de la même manière que des pilules.
% Conserve de violettes , | j ; sulfure d’antimoine , 1 2 grains ; extrait de ciguë , 1 2 grains ; sulfure noir d’hydrargire , 6 grains ; divisez en huit paquets , dont on en prendra un le matin et un le soir.
Ces médicamens , indépendamment de leur action stimulante générale , et spéciale contre la maladie syphilitique, en ont une marquée contre le cancer. On s’en aperçoit en ce qu’ils diminuent la douleur, les insomnies , les écoulemens , la tuméfaction des parties affectées. Il faut les suspendre s’ils augmentent ces accidens, ou qu’il survienne de la fièvre , de la chaleur dans le conduit intestinal. Ces médicamens occasionnent aussi de la constipation^; et il est bon de les combiner avec une décoction de tamarin , de pulpe de casse , ou d’autres laxatifs.
Le cyanure ou hydrocyanate de plomb me paraît aussi avoir une action spéciale contre le cancer. Pris à l’intérieur sous forme pihilaire , à la
dose d’un demi-grain par jour, que l’on porte graduellement à celle de 5 et même de 4 par jour ; on fait dissoudre de 1 2 grains à un demi-gros de ce sel dans une livre d’eau , (ju’on délaye ensuite dans l’eau d’un bain. On en incorpore de 1 2 grains à un demi-gros dans une once de cérat , qu’on administre en frictions , tant dans les environs des parties affectées que sur les jambes et sur les cuisses. On l’emploie aussi dissous dans l’eau et en injections, ou mêlé à des cataplasmes émoiliens. Ce médicament m’a paru agir sons toutes ces formes , et être un des moyens puissans à opposer aux affections cancéreuses ou à celles qui les simulent. Je crois devoir à son emploi la guérison de plusieurs affections de ce genre, notamment au sein et sur les lèvres, dans lesquelles les effets de ce médicament ont été plus évidens. 11 faut cependant être très-attentif sur ses effets , en suspendre de temps en temps fusage, de peur qu’il n’occasionne des coliques , et n’agisse désavantageusement sur le conduit intestinal. On peut remplacer le cyanure de plomb par le sous-acétate de plomb liquitle ; mais ce dernier a un peu moins d’activité.
Crawfurt a proposé l’hydrochlorate de baryte dans le premier degré du cancer ; je l’ai employé dans celui de l’utérus , en en faisant dissoudre de 6 à 8 grains dans une livre d’eau distillée , dont on prend deux ou trois cuillerées à bouche par jour dans une boisson adoucissante.
DU CANCER
GoS
Ce médicament produit parfois du soulagement lors même qu’il y a douleur , commencement de suppuration latente , et ulcération de la membrane interne de l utérus; mais ses effets sont de peu de durée , et l’on est obligé d’en interrompre l’usage. L’acétate de cuivre a été préconisé contre cette maladie ; Jamet le donnait dans un opiat , et Gerbier en pilules mêlé à des substances mucilagineuses. Il m’a paru plus utile, dissous , comme l’hydrochlorate de baryte , dans un liquide , à la dose d’un quart de grain à un demi-grain par jour : à des doses plus fortes il peut irriter et enflammer l’estomac et les intestins , produire des vomissemenset des dévoiemens dangereux. Je l’ai employé avec avantage à la dose de i o à 24 grains , délayé dans un bain. 11 en a été de même du sulfate d’ammoniaque et de cuivre , du muriate de fer , du muriate d’ammoniaque et de fer, du sulfate de fer vert , du tartrate de fer solide ( boules de ISancy), de l’hydriodate de jjotasse, du chromate de potasse , du borate de soude , recommandés par divers auteurs. Ces médicamens , dissous dans des bains et diversement variés, produisent quelquefois de très-bons effets , et sont sujets à moins d’inconvéniens que pris à l’intérieur.
L’oxyde d’or et le muriate d’or , proposés par M. Chrestien, m’ont paru avoir quelques efi’ets salutaires dans le principe des affections cancéreuses ; mais je n’en ai nullement retiré ceux qu’il leur attribue , quand ces maladies ont fait des
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progrès. H en a été de même du muriate de platine que j’ai administré sous diverses formes.
Sans adopt<îr l’idée d’un pharmacien qui attribue le cancer à une surabondance d’azote, et qui indique l’eau oxygénée pour la faire cesser , j’ai fait usage de cette eau. Je l’ai d’abord donnée à une faible saturation , que j’ai fait augmenter par la suite. Cette eau agit comme un stimulant; et dans quelques cas elle paraît avoir eu de l’avantage.
Depuis que M. Labarraque a fait connaître les heureux avantages du chlorure de sodium pour opérer la désinfection des corps , on a fait usage de cette substance , tant à l’intérieur qu’à l’extérieur , contre le Cancer : il m’a paru , dans quelques cas , que son usage n’était pas sans utilité,
L’acide arsénieux a aussi été recommandé : je l’ai employé plusieurs fois sans avantage; on en retirerait probablement de l’arséniate de potasse, dissous dans des bains , si l’usage n’en était pas aussi dangereux.
Ces médicamens agissent, les uns comme stimulans de la force fibrillaire , et par suite des systèmes sanguin et lymphatique; les autres exercent en même temps iin certain degré d’astriction sur la fibre elle-même; quelquefois ils portent leur action sur les systèmes cérébral et nerveux.
On doit , je le réitère , être circonspect dans leur emploi et très-attentif sur leurs effets ; cependant il faut se garder de celte timidité pusillanime