J>U C ANC EK
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qui fait que , dans la crainte d’irriter , on reste dans une inaction désespérante. Des maladies qui auraient pu guérir dans lepritu'ipf' , deviennentincurables, ou cèdent, malgré 1< s j)ronostics fâcheux qu’on en a portés, au traitement des empiriques. Je suis parvenu , par l’emploi dos médicainens dont j’ai parlé , à susptüidre la marche de la maladie , à la rendre stationnaire , et à la guérir même , dans des circonstances où elle avait été jugée incurable.
Diverses plantes narcotiques ont aussi une action marquée, qu’on pourrait regarder comme spécifique, sur les all’ections cancéreuses ; ce sont : la ciguë, la belladone, la jusquiame, la stramoine, la douce-amère , la morelle, le pavot noir, les tiges de pommes de terre , l’aconit.
Ces plantes paraissent stimuler localement la fibre élémentaire, et par suite le système cérébral et nerveux ; le plus souvent elles n’exercent sur ce dernier qu’une action sédative.
La ciguë, d’abord préconisée outre mesure, a été ensuite trop dépréciée. Gomme tous les autres moyens , elle est impuissante dans le cas d’ulcération ancienne; mais dans ceux d’engorgement, de suppuration latente même, elle produit souvent des résultats inespérés.
On en prescrit la poudre , et mieux encore l’extrait des feuilles , préparé a la vapeur, sous forme de pilules , à la dose d’un à dix grains par jour, que l’on peut augmenter graduellement jusqu’à
Dj; l’utkiujs.
un et même deux gros ; on eu retire parfois les meilleurs effets, en l’incorporant au sirop de douceamère, dans la proportion de dix grains d’extrait pour une once de sirop, qu’on donne par demicuillerées à bouche matin et soir, en en portant la dose à deux, trois et quatre cuillerées à bouche par jour : on l’incorpore de même dans de la conserve de violette, à la dose de dix grains à un gros par once de conserve ; on donne alors celle-ci par un ou deux gros, réitérée plusieurs fois dans la journée.
On mêle une forte décoction des feuilles de ciguë à l’eau dos bains ou des demi-bains ; on se sert de cette décoction , comme il a été dit, pour faire des injections dans le conduit vulvo-utérin.
La ciguë est sujette à débiliter les voies diges* tives ; et l’on ne pourrait l’administrer qu’à une faible dose, si l’on n’a Vaille soin de fortifier en même temps l’estomac, au moyen de quelques stimulans On prescrit , pour cet objet , une cuillerée à bouche de sirop antiscorbutique, ou l’extrait de quinquina, la racine de Colombo en poudre, un mélange de cachou anisé et de magnésie , à la dose de douze grains dans la première cuillerée à bouche de soupe au moment du dîner; quelquefois on se trouve mieux des cataplasmes émolliens sur le bas-ventre, des bains , du bouillon de poulet léger et des adoucissans. Quand il y a des douleurs utérines, la ciguë concourt puissamment
nu CAtNCEU
à les faire cesser, et ou la combine avantageusement avec l'extrait thébaïque et les autres opiacés. ,
On emploie aussi les plantes narcotiques dont nous avons parlé, de la même manière, et à peu près aux mêmes doses , en les combinant ensemble et en les variant.
Quoique la carotte n’ait pas tous les avantages qu’on lui a attribués contre le cancer , elle est loin d’être aussi inerte que semblent le croire divers auteurs.
Ce serait à tort qu’on ne verrait , dans ce médicament , appliqué à l’extérieur , que les effets d’un émollient. Je l’ai vu calmer des douleurs vives , et guérir au mamelon des engorgemens çebelles , d’apparence cancéreuse , contre lesquels les applications de cataplasmes de farine de graine de lin et d’autres substances émollientes ne produisaient aucun bon effet.
. On donne le suc exprimé de la carotte crue , à la dose de quatre à six onces par jour; on se sert de ce même suc pour faire des injections dans le conduit vulvo-utérin. La décoction concentrée de
la carotte cuite est aussi parfois très-utile.
La pomme de terre râpée , en applications extérieures , comme il a été dit , n’est pas aussi sans avantage.
M. Fabré emploie fréquemment des suppositoires de beurre de cacao , avec addition d’un a'].' ou d'un 12.* d’onguent napolitain double.
DE L ETE nu S.
Nous en avons retiré ensemble , dans plusieurs cas d’alïections de rnlérns, réputées cancéreuses, une utilité bien marquée. Quelquefois ces suppositoires occasionnent des irritations qui forcent d’en suspendre l’usage.
Les bains tièdes , long-tem))S réitérés , avec addition de tiges do pommes de terre, de gélatine, ou d’un bouillon de fraise de veau , ou d’une livre de son , ou de farine de graine de lin , peuvent être employés utilement.
11 en est de même de quelques eaux minérales, et spécialement de celles de Plombiere. J ai vu leur usage, sur les lieux, rendre stationnaire la maladie dans des cas désespérés.
Les malades se trouvent bien d’y faire ajouter un ou deux gros de sous-acétate de plomb liquide pour chaque bain.
On retire de bons effets des vapeurs aqueuses , et des douches de vapeurs émollientes dirigées dans le conduit vulvo-ntérin ; souvent il en résulte des incommodités et des hémorrhagies , qui forcent à les discontinuer.
M. Gav, membre de l’ancienne académie de
chirurgie , a imaginé un appareil portatif et ingénieux, au moyen duquel on peut diriger des vaf)eurs médicamenteuses jusqu’au col de l’utérus; je in’en suis servi avec avantage.
Quand on ne parvient pas à faire cesser l’état cancéreux , il est ])on d’en déplacer le principe, et d’empêclier l’aflluence des liquides vers l’utérus.
ni: cAiscEfî
Si la l’eninie pouvait allaiter , ce serait un bon moyen de faciliter ce déplacement. Des vésicatoires vülans au-dessous des seins , des vésicatoires , des cautères au bras, à la partie interne des cuisses , des bottines de taffetas gommé aux pieds , l’usage des quatre bois sudorifiques, tant en décoction que sous forme de sirops , les préparations ammoniacales , et spécialement l’acétate d’ammoniac, seraient dans le cas de remplir la même indication.
Comme ces traitemens n’ont que des effets trèslents , et présentent beaucoup d’incertitude dans leurs résultats, le moyen le plus prompt de terminer la maladie , serait de faire l’extirpation des parties qui en sont affectées. Cette extirpation n’est praticable que lorsque le cancer est récent , borné au col de l’utérus ; elle est inexécutable quand il a son siège dans les organes , ou qu’à raison de son ancienneté , il a cessé d’étre local.
Quoique les accidens qui annoncent que le cancer est borné au col de l’utérus , soient nombreux, ils ne sont pas tellement évidens qu’on ne puisse s’y méprendre. 11 est des personnes sur lesquelles on avait cru reconnaître cette maladie , pour laquelle l’extirpation du col de l’utérus avait été jugée indispensable , et qui ont guéri sans qu’elle eût été pratiquée. Il en est d’autres , au contraire , chez lesquelles la maladie paraît être limitée et bornée au col de l’utérus ; on leur pratique l’extirpation de cette partie : cependant
DE 1. U TE Rts.
raU'ection ne paraît pas avoir été emportée , ou ( lie se reproduit. Il est rare d’ailleurs , comme il a été dit, que les malades veuillent se résoudre assez à tem|)S à l’opération. Le plus souvent lorsqu’on est afipelé cà prononcer , le col de rutérus est trop atï'ecté pour donner l’espoir d’emporter toutes les parties altérées , et pour ôter la crainte que le cancer ne puisse se reproduire.
Depuis qu’Osiander, professeur à Goettingue , a pratiqué la section de l’utérus en abaissant ce viscère, et en l’attirant au-dehors au moyen d’une traction bien ménagée , son procédé a été beaucoup perfectionné par MM. Dupuytren et Lisfranc. J’ai vu un assez grand nombre de personnes chez lesquelles cette section a été faite par ces habiles praticiens sans être accompagnée d’accidens graves , et avec un succès complet. Les personnes qui ont subi cette opération , sont débarrassées de leurs douleurs. Le vagin présente un point rouge et vif à l’endroit où était situé le col de l’utérus, (^es personnes sont en général privées de leurs règles , et n’ont aucune propension pour les plaisir des sens.
Quelquefois l’opération n’est pas aussi heureuse; elle est suivie d'hémorrhagies violentes, difficiles à arrêter, de péritonite, d’inflammation des seins et d’une mort prompte.
Pour détruire la portion du corps de l’utérus qui est le siège du cancer, on a proposé de porter sur cette partie la potasse caustique.
DU CANCER
Cette opération a été faite à l’Hôtel- Dieu , le 5 février i8ig, avec succès, par M. Dupuytren, sur une personne âgée de 22 ans , d’une bonne constitution , et dont le col de l’utérus était le siège d’un gonflement fongueux et carcinomateux, qui quintuplait son volume , et occupait la lèvre inférieure de son orifice extérieur. La partie postérieure de eette lèvre, ainsi que toute la tumeur, avaient une couleur violacée ; la maladie paraissait eependant bornée au col de l’utérus.
L’ulcération ayant été mise en évidence au moyen du spéculum , on porta à plusieurs reprises la potasse eaustique sur le lieu affecté , ayant soin d’absorber le sang avec des boulettes de eharpie , et de faire des injections dans le vagin , lorsque la potasse avait été appliquée , afin d’enlever les parcelles de ee caustique qui auraient pu agir sur les parties saines.
Les 6, 9, i3, 23 février et 2 mars suivans , 011 fit de nouvelles cautérisations qui furent peu douloureuses ; les écoulemens cessèrent : en examinant, au moyen du spéculum et du toucher, le col de l’utérus , on le trouva entièrement détruit par le caustique. Le fond du vagin était uni et un peu concave; l’orifice de l’utérus était facile à apercevoir. La malade se rétablit complètement ; et ses rapports avec son mari avaient lieu sans douleurs.
Cette opération ne se passe pas toujours aussi bien; elle est souvent difficile à exécuter pour ne
pas intéresser les parties saines : quoiqu’elle soit peu douloureuse , qu’on obtienne la cicatrisation du col de l’utérus , et sa destruction même , il se manifeste le plus souvent des douleurs dans les reins , des vomissemens , une inflammation du péritoine , qui emportent la malade au bout de peu de temps.
On a proposé encore la cautérisation du col de l’utérus avec le fer rouge : il serait possible que , si le mal avait peu d’intensité , ce moyen pût avoir du succès ; mais ce cas est rare. Il est plutôt à craindre d’éprouver les accidens indiqués pour l’application de la potasse caustique; aussi ce moyen est-il presque entièrement abandonné.
Dans le cancer qui affecte le corps de l’utérus , on a les mêmes indications à remplir que pour celui du col de ce viscère , à l’exception de l’extirpation , qui devient alors impraticable.
Quand le cancer est ancien , et qu’il a passé à l’état de suppuration latente , de gangrène latente, ou de forte ulcération , on ne peut pas espérer d’en obtenir la guérison. Les moyens qu’on emploierait pour la tenter , ne feraient qu’accroître les accidens. C’est de ces derniers qu’il faut seulement s’occuper, afin de les rendre supportables. Le plus important et le plus opiniâtre est la douleur ; on s’attache à la faire cesser dès qu’elle se manifeste : outre qu’elle est extrêmement fatigante, elle augmente la sensibilité de rutérus, y détermine l’afflux d’une grande quantité de li-
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qilide , et contribue à accélérer sa dégénérescence.
Quelquefois la combinaison du sulfure d’antimoine avec les mercuriaux, ainsi que les autre s excitans, la diminuent; cela annonce qu’ils ont une action marquée sur la maladie , et qu’ils en bornent les progrès ; le plus souvent leur usage l’augmente , et l’on est obligé de les discontinuer.
Les mêmes effets se remarquent dans l’usage de la ciguë et des autres plantes narcotiques dont nous avons parlé.
On a recours alors à la saignée et aux opiacés: la première est utile, même dans le cas où il n’y a pas de pléthore marquée ; elle est préférable à l’applicatinn des sangsues aux environs dï;s parties sexuelles, laquelle convient cependant lorsque les forces sont affaiblies.
Les opiacés n’ont pas seulement l’avantage de soulager la malade en diminuant le sentiment de la douleur et la sensibilité de l’utérus ; ils côucourent puissamment à arrêter la dégénérescence de ce viscère.
On se sert , de préférence , de l’extrait aqueux d’oi)ium, de l’acétate de narcéine, du laudanum de Rousseau.
On les donne à des doses graduellement plus fortes, à l’intérieur, dans des injections , dans des quarts de lavement, dans des bains de siège, en frictions , à la partie interne des cuisses et sur l’abdomen , en ayant soin de les varier.
DE L LTi:r.i ?;.
Los haiiis, les demi-bains tièdes émoliieii^, les applications émollientes sur le bas-ventre, sont encore utiles pour calmer la douleur.
Quelquefois ces moyens sont impuissans ; les saignées ne calment que pour un moment; la malade est trop faible pour qu’on les réitère , et la douleur se reproduit avec plus d’intensité.
Les opiacés sont également sans elïet, même à de très-hautes doses; j’ai retiré alors les meilleurs eft'ets des bains , des demi-bains , des injections avec une forte dissolution de cyanure de plomb, ou de sous-acétate de plomb liquide, de frictions avec ces substances mêlées au cérat , des cataplasmes sur le bas-ventre, qui en étaient fortement arrosés , et parfois même de l’usage de ces substances à l’intérieur. Elles calment les douleurs pendant un tenq)splus ou moins long, à quelque desré que soit la maladie.
On peut encore employer l’acide hydrocyanique en lotions , à la dose de quelques grains dissous dans une livre d’eau ; il modère de même les douleurs pour quelque temps.
Les hémorrhagies utérines deviennent aussi parfois inquiétantes : on est souvent embarrassé de savoir si elles ont lieu par excès , par défaut d’action , par spasme, ou par la rupture de quelque vaisseau ; on y remédie généralement par la saignée, par des moyens de compression, et par ceux qui ont été indiqués contre les hémorrhagies passives (i).
(i ) Voy. Des tfémorrhagies passives utérines.
DU CANCER
Lorsqu’il se manifeste une fièvre lente, on suspend tous les médicamens excitans ; et l’on s’en lient à la diète et aux adoucissans.
Si la fièvre cesse , ou qu’il y ait une rémission bien marquée, il est bon , dans le moment de sou interruption ou de sa rémission , de donner des toniques, et même le quinquina, afin de prévenir ses retours, et de soutenir les forces de la malade.
Il arrive souvent que l’opium , pris à trop forte dose, soit furtivement par la malade, soit à raison des progrès de la maladie, donne lieu à des tremblemens opiniâtres ; il faut alors en suspendre Fusage, et le remplacer par des caïmans toniques, tels que les infusions de feuilles d’oranger et de fleurs de mille- feuilles , de tilleul, le sirop de pivoine, Tassa fœtida , le musc, etc»
Il est quelquefois nécessaire de remédier aux écoulemens trop abondans de matière séreuse par l’organe utérin. Ces écoulemens sont souvent supplémentaires du flux menstruel : on les combat par les moyens propres à faire cesser le dérangement de la menstruation qui les produit ; d’autres fois ils sont un elï’et immédiat du cancer , et ne peuvent être modérés que par l’usage de quelques asîringens ; de ce nombre sont les décoctions de racine de ratanhia , de grande consolide à l’intérieur; les injections d’une dissolution de sulfate de fer , d(i chlorure de sodium , de sous-carbonate de potasse, d’eau de chaux, etc.; en observant qu’il
DE l'utérus.
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faut être circonspect sur ces moyens; ils occasionnent fréquemment la suppression de ces écouleinens , et par suite l’inflammalion de Tutérus, des intestins , des seins , ou de tout autre organe.
On remédie à la fétidité qui s’exhale des parties ulcérées, au moyen d’une extrême propreté , et d’injections fréquentes avec une décoction mucil igineuse , dans laquelle on ajoute une cuillerée à café d’eau de Labarraque, ou une certaine quantité de poudre de charbon de bois blanc.
L’on peut aussi donner cette poudre à l’intérieur , à la dose d’un et même de deux gros par jour, soit en pilules, soit délayée, dans un peu d’eau sucrée.
On a soin de tenir, dans l’appartement , des vases contenant de l’eau de Labarraque, ou bien l’appareil désinfecteur de Guyton-Morveau : on les rapproche du lit de la malade avec précaution, pour qu’elle n’en soit pas incommodée.
La perte d’appétit , les faiblesses d’estomac, sont ordinairement des accidens sympathiques de la maladie; on tâche d’y remédier , en faisant appliquer des cataplasmes émolliens sur le bas-ventre , en donnant des lavemens émolliens ; si ces moyens sont insiiffîsans, on essaie quelques légers toniques , tels que la thériaque , le sel essentiel de quinquina , une heure avant le dîner.
S'il se manifeste de la diarrhée, du dévoiement, et que l’on juge, d’après l’état peu avancé de la maladie, que ces accidens ne proviennent point de
DU CAKCEr.
la lésion de la vessie et du rectum, et du passade de l’urine dans ce dernier, on a recours à l’usage du diascordium , du cachou, du siinarouba , de la décoction blanche de Sydenham , et des autres astringens.
Si au contraire il y a constipation , ce qui est le cas le plus fréquent , cet état ne pouvant que produire de nouveaux accidens j on prescrit des lavemens , des bains émollicns, tant généraux que locaux; on donne des alimens doux , muqueux , des boissons mucilagineuscs ; ces moyens sont quelquefois insuffisans : on voit des malades rester 56, 4^ jours sans aller à la garde-robe , ce qui aggrave beaucoup leur situation ; les matières durcies , arrêtées par la tumeur que forme l’utérus dans le rectum , ne peuvent le franchir, sans causer de vives douleurs : on est obligé d’avoir recours aux laxatifs , tels qu’un verre d’eau de Sedlitz le malin; ou une cuillei'ée à bouche d’huile de ricin , dans une tasse de bouillon aux herbes , et le soir, un mélange de sirop de fleurs de pécher et d’huile de ricin , ou à des purgatifs plus actifs. L’incontinence de l’uriiie , des excrémens , le passage de ces derniers par le vagin , n’arrivent que dans le dernier degré de désorganisation ; et la malade est rarement alors en état de sentir toute l’horreur de sa situation : on ne peut y opposer que les soins de jiropreté.
A quoi pourraient servir alors un vésicatoire , un cautère, un séton , un moxa, que se plaisent quelquefois à indiquer divers praticiens? Ils ne
DE l’utérus.
feraient que tourmenter inutilement la malade.
Quelle que soit au reste sa position , la personne tire toujours un avantage marqué des soins assidus du médecin ; il diminue ses douleurs; il écarte d’elle ces traitemens intempestifs, que ne sont que trop enclins cà indiquer les gens qui l’environnent : traitemens dont la malade a malheureusement trop de propension à faire usage, et qui, loin de répondre à son attente , ne font qu’accroître ses souffrances.
Du Cancer des ovaires, des trompes et des ligamens
de l’utérus.
Le cancer peut se développer dans les ovaires , et y parcourir tous les degrés ; tantôt il y est à l’état d’induration : cet organe acquiert le double , le triple de son volume ; il est dur et squirrheux. D’autres fois il passe à l’état de suppuration latente, et finit par s’ulcérer. Il se forme, dans son voisinage , des dilatations aux vaisseaux veineux , des développemens de substances cartilagineuses et osseuses de formes très-variées.
Les mêmes dégénérescences s’observent dans le cancer des trompes et des ovaires.
Cette maladie a des signes très-obscurs dans son princij)e, et si divers, cju’on est loin de les lui attribuer.
Elle donne lieu fréquemment à des dérange-
(}ii4 CANCER DES OVAIRES ,
mens dans la menstruation , dans les fonctions digestives, qu’on attribue souvent à la grossesse , au retour d’âge. Elle produit des accès nerveux, tant utérins que cérébraux , des palpitations de cœur , des vomissemens , des diarrhées , dont on est loin de soupçonner le principe. Legallois fait mention d’un choléra-morbus occasionné par un cancer de l’ovaire , qui s’était communiqué au conduit intestinal.
Quelquefois la maladie a lieu depuis longtemps sans oecasioimer aucun accident sensible ; l’on ne s’en aperçoit que lorsque les parties affectées ont pris un fort développement , et forment, sur les côtés de l’abdomen , des tumeurs volumineuses , inégales, dures, et ordinairement indolentes. On est encore embarrassé parfois pour déterminer si elles ont leur siège dans les ovaires et leurs dépendances , ou dans d’autres viscères du bas- ventre.
Le caneer est quelquefois primitif; et il est occasionné par une lésion externe ou par quelque autre cause inconnue. Le plus souvent il est consécutif à celui de l’utérus.
Le premier a une marche lente , et semblerait incurable au premier abord ; j’ai eu cependant oceasion de voir des personnes affectées d’engorgemens qu’on aurait pu rapporter à cette maladie , et qui en ont été débarrassées.
Le plus souvent, la maladie fait des progrès avec le temps. Elle forme des tumeurs extrême
DES TKOMPES, elc.
inent dures et volumineuses dans rabdoinen , donne lieu <à des hydropisies , ou bien elle occasionne, par son poids , dçs dilFicultés de marcher, des engorgemens sanguins et lymphatiques dans les extrémités inférieures , et devient la source d’accidens divers qui finissent par faire succomber la malade.
Quand le cancer est une suite de celui de l’utérus, on ne peut en porter d’autre pronostic que celui de l’alTection primitive.
Il est rare qu’on puisse traiter la maladie dans son principe, attendu qu’elle n’est pas assez prononcée extérieurement ; cependant , si on parvenait à la reconnaître , on aurait recours à la saignée , aux préparations de plomb, à la ciguë , au suc de carotte , aux bains , et aux autres moyens indiqués contre l’affection cancéreuse, tant à l’intérieur qu’en applications sur le bas-ventre. On remédierait aux effets secondaires de la maladie , si ces moyens étaient sans résultat , et l’on se bornerait à diminuer ses accidens autant qu’il y aurait possibilité.
Du Cancer dans le conduit vulvo-ulérin.
Ce cancer se développe dans la membrane interne, ou dans le tissu de ce conduit, vers son orifice , ou près du col de l’utérus. Quand la membrane interne en est le siège , elle s’épaissit dans une portion de son étendue, ou bien il se fait des
DTJ CANCER
granulations à sa surface , et elle ne tarde pas à s’ulcérer.
Si la maladie affecte le tissu même du vagin , celui-ci se durcit , augmente de volume, et l’épaississement se transmet aux parties voisines.
On trouve quelquefois des tubercules dans ce tissu ; mais le plus souvent ce sont des granulations.
I.es parties affectées sont d’abord rougeâtres, à l’état d’inflammation lente ; puis elles passent à celui de suppuration latente, et finissent par s’ulcérer.
Il se développe fréquemment des végétations fongueuses dans les environs des parties affectées. La maladie se manifeste par des douleurs , des irritations , des chaleurs dans le conduit vulvo-utérin, un écoulement de matières séreuses , sanguines , fétides ; quelquefois il n’y a , pour ainsi dire , aucune douleur ni écoulement. C’est à la dureté des parties affectées ,• à l’ancienneté de la maladie, à la manière dont elle résiste aux traitemens , qu’on peut soupçonner sa nature.
Le cancer vulvo-utérin est ordinairement la suite de celui de l’utérus.
' Il peut cependant être primitif dans le vagin , et se transmettre de là à l’iitérus et aux parties voisines.
Des coups, des chutes, des applications de sub-. stances caustiques, irritantes sur le vagin , le déter-