RELATIFS A LA DÉLIVRANCE
tini à ce viscère par un tissu très-lâche , le placenta s’en détache ordinairement avec facilité après l’accouchement ; quelquefois il y tient par de fortes adhérences. Cette disposition se remarque surtout lorsqu’il est inséré à la paroi antérieure de Tutérus ; la femme éprouve des coliques et des douleurs expulsives : ce viscère forme dans l’abdomen une tumeur dure , globuleuse ; cependant l’arrière-faix ne se détache pas , et il résiste aux tractions que l’on fait sur le cordon. Si les adhérences sont fortes et ont lieu dans toute la surface du placenta, elles n’occasionnent d’abord aucun accident ; mais lorsque ce corps commence à se détacher , elles peuvent donner lieu à des hémorrhagies difficiles à arrêter , et à d’autres accidens.
Les adhérences sont peu fortes chez les femmes dont la grossesse est à terme ; ce n’est guère que dans les avortemens et les accouchemens prématurés , qu’on les rencontre, et qu’elles présentent quelque danger. J’ai vu cependant une personne chez laquelle les adhérences ont eu lieu dans cinq grossesses successives. Hors du dernier accouchement , elles étaient si fortes qu’on éprouva les plus grandes difficultés pour détacher le placenta de l'utérus. Cet organe éprouva un renversement complet dont la réduction fut extrêmement difficile : il se manifesta plusieurs hémorrhagies utérines ; et la femme succomba dans une sorte d’épuisement.
DES ACCIDENS
Quand il ne survient aucun accident, on laisse à la nature le temps d’opérer le décollement du placenta ; l’on se hâte d’en faire l’extraction avec la main , s’il arrive une hémorrhagie utérine ou des convulsions.
La rupture du cordon ombilical après l’accouchement nuit à la délivrance , en ce qu’on ne peut plus se servir de ce cordon pour faire des tractions sur le placenta , et guider la main lors de son introduction dans l’utérus. Cette rupture exige cependant peu d’attention ; quand il ne se manifeste aucun accident , il faut alors abandonner l’expulsion de l’arrière-faix à la nature ; mais s’il survient des hémorrhagies ou des convulsions , on doit opérer la délivrance au moyen de l’introduction de la main dans l’utérus.
La paralysie de ce viscère est aussi un des obstacles les plus fréquens à la délivrance; on se comporte comme il a été dit précédemment (1).
Lorsque la délivrance se complique du renversement de l’utérus ou d’autres alFections , on suit alors la marche indiquée pour chacune de ces^ maladies.
Des accidens relalifs aux lochies.
Les lochies manquent rarement. J’ai eu occasion d’observer leur absence chez une femme d’une
(i) Voy. De la Paralysie de l’utérus.
RELATIFS AUX LOCHIES.
constitution faible , âgée de 20 ans, qui , à la suite d’un premier accouchement , rendit peu de sang , n’eut pas de lochies, ni de lait dans les seins, ce qui l’empêcha d’allaiter ; elle n’éprouva d’ailleurs aucun accident : devenue mère depuis, elle a été de même sans lochies , et sans apparence de lait dans les mamelles.
Il est beaucoup de femmes dont les lochies sont peu abondantes et de peu de durée. C’est chez elles l’effet d’une disposition naturelle , qui n’exige, pour ainsi dire, aucun traitement.
Les lochies établies diminuent quelquefois de quantité, se suspendent pendant quelques jours , et se suppriment même entièrement.
Ces dérangemens ne sont parfois suivis d’aucun accident. Souvent ils sont accompagnés de douleurs de tête violentes , d’éblouissemens et des symptômes de pléthore cérébrale , d’étouffemens , de palpitations de cœur , et d’une gêne dans la circulation; la respiration est courte, laborieuse, le ventre tendu , douloureux. Il se manifeste des douleurs dans les régions lombaires , dans les aines; il survient du délire, quelquefois une diarrhée , une éruption miliaire : les lochies s’altèrent, deviennent séreuses, puriformes, fétides. Ces accidens ont ordinairement un caractère d’irritation ou de spasme , et sont peu inflammatoires ; ils se dissipent spontanément lorsque les lochies reparaissent , et qu’il survient des saignemens de nez, d’autres hémorrhagies ou des sueurs.
DES ACCIDENS
Une constitution faible, une mauvaise nourriture, un état maladif pendant la grossesse , des chagrins long-temps prolongés, peuvent disposer à la diminution de la quantité des lochies. Leur suppression a lieu le plus souvent à la suite d’une irritation, locale ou sympathique des tissus de l’utérus. Telle est celle qui provient de l’usage inconsidéré des injections astringentes . de l’impression des corps froids sur les mains , sur le ventre ou les mamelles ; des erreurs dans le régime ; d’une phlegmasie de l’utérus , des ovaires , du péritoine , des poumons , ou de tout autre organe.
D’autres fois cette suppression tient au défaut d’influx nerveux sur l’organe utérin, à la suite d’un trouble dans l’action du cerveau , par l’effet d’un saisissement, d’un accès de colère, d’une grande frayeur , de passions vives , ou d’une maladie de ce viscère.
Enfin ces dérangemens peuvent être produits ])ar une débilité générale de la constitution, ou par une débilité locale de Tutérus, à raison des altérations , des dégénérescences de ce viscère.
l a diminution dans la quantité des lochies, et surtout leur suppression subite , sont des accidens d’autant plus graves, qu’il s’est écoulé moins de temps depuis l’accouchement, et que les lochies étaient plus abondantes : outre qu’ils sont quelquefois l’effet de maladies préexistantes, ils servent souvent d’indice de celles qui menacent de se manifester.
RELATIFS ALX LOCHIES.
Ces dérangemens peuvent aussi à leur tour être la cause de maladies inflammatoires de Tutérus , du péritoine ou d’autres organes, des veines et des vaisseaux lymphatiques (i) ; ils cessent eiijgénéral après le retour des lochies , ou se prolongent jusqu’après le retour des règles.
Leur traitement varie suivant l’intensité des accidens dont ils sont accompagnés , et la cause qui les a déterminés.
Quand ils tiennent à une irritation locale ou sympathique des tissus de l’utérus, et que la femme est d’une constitution forte , que le pouls est dur, fréquent et la chaleur du corps élevée , on les combat par la méthode antiphlegmasique. On applique i 5 à 20 sangsues à la partie interne des cuisses , ou aux parties sexuelles. On pratique au besoin une saignée du pied , on insiste sur les boissons adoucissantes, les bains de pieds sinapisés, les bains entiers , les injections , les lavemens , les cataplasmes émplliens sur le bas-ventre , les vésicatoires à la partie interne des cuisses , les cataplasmes sinapiques aux pieds.
Quand la maladie tient à une excitation cérébrale, on combine avec ces mêmes moyens, les caïmans et les antispasmodiques (2). Lorsqu’elle est l’elFet de l’irritation du conduit intestinal par suite d’erreurs dans le régime , on prescrit la diète
(i) Voy. De l’Inflammation des veines , p. 889.
(■2) Voy. Du Spasme de Vulènis,
DES ACCIDEKS
et les boissons muqueuses et calmantes. Si elle est causée par l’abus du vki et des boissons spiritueuses , et qu’il en soit résulté une irritation au cerveaii ou quelqu’afTection comateuse, on insiste sur la saignée du pied, sur les cataplasmes synapiques aux mambres iuférieurs.
Lorsqu’elle provient d’une inflammation de l’utérus ou de toute autre affection , on s’attache à les combattre , tout en cherchant à rappeler l’écoulement des lochies.
Enfin quand il y a débilité générale, que le pouls est peu développé , sans fréquence , la chaleur du corps peu élevée , on insiste sur les toniques et les dérivatifs. On prescrit une boisson stimulante préparée avec la verge dorée, le millepertuis, la giroflée , la pervenche , la saponaire , la racine de canne; des frictions sur le ventre et sur les cuisses avec une once d’huile de camomille et demi-once d’éther; des lavemens légèrement irritans, des sinapismes aux pieds , des vésicatoires volans sur la partie interne des cuisses.
Les lochies sont parfois trop abondantes, colorées en rouge pendant trois ou quatre mois, au point de former de vraies hémorrhagies utérines ; d’autres fois elles deviennent noirâtres , séreuses , purulentes, très-fétides : quelquefois enfin, elles se prolongent indéfiniment sous forme de flueurs blanches. Leur écoulement met la femme dans un état de faiblesse et d’abattement, la figure devient pâle, décolorée, l’appétit se perd; il sur-
RELATIFS AUX LOCHIES. 7l3
vient des douleurs d’estomac et d’autres accidens nombreux.
Cette surabondance a lieu principalement chez les personnes irritables , d’une constitution faible, qui ont eu plusieurs enfans , qui habitent les lieux chauds , et se livrent à des travaux pénibles.
La trop grande quantité des lochies est généralement peu grave, et ne tarde pas à cesser. Lorsqu’elles se convertissent en flueurs blanches , il est plus difficile d’y remédier.
On y parvient en modérant l’irritabilité de la femme par l’usage des boissons adoucissantes , et de celles qui sont réputées incrassantes : les décoctions de riz , de gruau , d’orge mondé , de gomme arabique , de gomme adragant , les gelées de coing , de laitue , de groseilles , etc.
Pour obvier aux lochies trop prolongées , on prescrit , lorsqu’il n’y a ni chaleur excessive , ni développement, ni fréquence du pouls, des boissons toniques, légèrement astringentes , telles que deux cuillerées à bouche par jour de sirop de quinquina ou de sirop antiscorbutique , de gelée de lichen d’Islande , une décoction de scolopendre , de pervenche , de quinquina , des injections légèrement toniques et astringentes ; et l’on se comporte comme dans le cas de catarrhe utérin chronique.
DE l’agalactie , OC DEFAUT
De C Agalactie 3 ou défaut de sécrétion du lait.
Quelquefois la sécrétion du lait ne se manifeste pas dans les mamelles, n’y a lieu que tardivement, cinq à six jours après raccouchement , s’y fait en trop petite quantité ; ou, après avoir été suffisante , elle diminue et se supprime entièrement.
Quand la sécrétion ne se fait pas ou est tardive, les mamelles ne se gonflent pas , ne se durcissent pas , et ne font pas éprouver les picotemens (jui sont le prélude de cette sécrétion ; quelquefois il n’en résulte aucun accident ; le plus souvent il survient de la fièvre , des sueurs , du dévoiement , des frissons, des douleurs dans le ventre, des symptômes d’une péritonite ou de quelqu’autre maladie.
Si la sécrétion du lait est en petite quantité , le gonflement des mamelles est peu marqué , l’enfant ne prend lé mamelon qu’avec peine , il fait des efforts pour aspirer le lait sans en obtenir suffisamment ; il crie , s’impatiente ; son appétit n’est pas rassasié après avoir teté; il cesse de crier quand on lui donne une autre nourriture : ses digestions sont difficiles , accompagnées de coliques , de dévoiement ; ses déjections alvincs sont épaisses, blanchâtres, peu imprégnées de bile, et acides , ou bien liquides, vertes, alcalines, annonçant une irritation , une inflammation de quelques ])oints du conduit intestinal : l’enfant dépérit, la mèr('
elle-méme tousse , éprouve des sueurs , et tombe dans le marasme.
On reconnaît difficilement , chez les nourrices qui ont intérêt à tromper, le défaut de lait ; quoiqu’il y en ait peu dans les mamelles , elles leii font jaillir en pressant ces organes avec force. Pour n’ètre pas induit en erreur, on retire le mamelon à l’enfant pendant qu’il tette. Si le lait coule quelques instans , il est abondant : s’il ne coule pas , sa quantité est insuffisante.
La suppression du lait est spontanée , ou obtenue par les procédés de l’art.
La première arrive pour l’ordinaire subitement. Les femmes sont souvent bien portantes ; leurs mamelles n’éprouvent aucun changement de forme, de volume, de configuration ; cependant il ne s’y fait aucune sécrétion. Les lochies , si elles coulaient encore, se suppriment, ou leur écoulement n’est pas augmenté. Quelquefois le lait reparaît au bout de quatre à cinq jours; d’autres fois sa suppression se prolonge indéfiniment.
Les femmes n’éprouvent parfois aucun accident de cette suppression : souvent il s’en manifeste de variés.
Ce sont des étourdissemens , des douleurs de tête violentes, des éblouissemens, et des symptômes d’une pléthore, d’une congestion cérébrale; un défaut de mémoire, une diminution, un trouble dans les facultés intellectuelles , et toute la série des accidens nerveux; des hémorrhagies nasales;
DE l’aGALx\CTIE , ou DÉFAUT
des crachemens, des vomissemens de sang, une salivation abondante , une grande expectoration de matières muqueuses, des dévoiemens, des flueurs blanches abondantes, des catarrhes de vessie aigus , des sueurs , des éruptions cutanées, des douleurs rhumatismales , des phlegmasies aiguës et chroniques dans divers organes , un état chlorotique (i).
La suppression du lait par les procédés de l’art a lieu, lorsque la femme n’allaite pas, interrompt ou veut cesser l’allaitement, ou même dans diverses maladies : elle est ordinairement précédée du gonflement des seins , de la fièvre de lait ; et elle est suivie quelquefois des mêmes accidens et des mêmes maladies que la suppression spontanée de ce liquide.
Ces maladies, de même que celles qui existaient avant la suppression, éprouvent souvent des modifications remarquables, par suite de l’état particulier des femmes, au moment de leurs couches et durant la lactation (2).
(1) La chlorose ne dépend pas entièrement, comme le pense Pinel, de l’aménorrhée, puisqu’on l’observe dans l’homme. Elle me paraît tenir à une atonie du cerveau , et à l’affaiblissement qui eu résulte dans l’action des nerfs du cœur, des poumons, du foie, des intestins , de rutérus, des muscles. On traite la chlorose par les moyens que nous avons indiqués en nous occupant de l’atonie de l’utérus.
(2) Yoy.De l’Influence des couches et de la lact. sur les maladies qui surviennent pendant leur durée.
Le'défaiit de sécrétion du lait est rare : il dépend du peu de développement des mamelles , de leur atrophie, d’une maladie spécifique qui en a altéré le tissu , comme dans le cas de cancer ; d’une disposition particulière de la femme, dont on ne peut nullement rendre raison; de son amaigrissement, du développement d’une maladie aiguë dans quelque organe.
La sécrétion du lait en trop petite quantité , ou la diminution de cette quantité après avoir été abondante , sont plus communes, et tiennent à des circonstances variées. Souvent elles dépendent de causes débilitantes générales ou locales. Ainsi , une constitution faible , trop de jeunesse ou un âge trop avancé , un allaitement prolongé , l’habitation de la ville après avoir respiré l’air vif de la campagne ; une nourriture peu abondante et de mauvaise quantité ; l’abstinence des boissons ; l’abus de la bierre et même de l’eau rougie , en tant qu’elles agissent trop sur l’action des reins, le défaut d’exercice, ou une continuité de travaux pénibles produisent une diminution dans la quantité du lait. Des couvertures , des habillemenstrop chauds , excitant une transpiration trop abondante , les boissons tièdes en grande quantité , de longues maladies avant la grossesse, un accouchement laborieux accompagné d’hémorrhagies , des règles abondantes, une grossesse pendant l’allaitement , des sueurs, du ptyalisme , le dévoiement, des purgations intempestives , des écoulcmens sanguins et
7 I 8 DE l’agalactie , ou DÉFAUT
muqueux par l’utérus , et d’autres évacuations insolites; une diminution de sensibilité dans les mamelles , comme on le remarque chez les personnes grasses qui les ont volumineuses et sans énergie, un défaut de stimulation de ces organes , lorsque les succions de l’enfant sont trop faibles pour en opérer le dégorgement : toutes ces circonstances sont également nuisibles à la sécrétion du lait.
Quelquefois la diminution dans cette sécrétion tient à la faiblesse de l’action cérébrale ou nerveuse sur les mamelles , comme on le remarque à la suite des peines d’esprit , des peines morales , de l’abus dans les plaisirs des sens.
Cette diminution peut encore tenir à un excès de stimulation des mamelles, à leur inflammation , à une maladie spécifique de ces organes.
La suppression subite du lait chez une femme bien portante est ordinairement l’effet d’une diminution dans l’action cérébrale sur les mamelles, par une affection morale , soit de plaisir , soit de peine. Quelquefois elle est l’effet de l’application des topiques irritans sur les mamelles, de l’inflammation de ces organes , ou d’une maladie aiguë survenue pendant l’allaiteinent.
On provoque la suppression du lait chez les femmes qui n’ont pas de mamelons , ou dont ils ne sont pas assez développés pour être saisis par l’enfant ; chez celles qui ne peuvent nourrir , continuer l’allaitement , ou qui veulent sévrer.
DE SÉCRÉTION DU LAIT. 'J 1 f)
Les maladies qui sont la suite de la suppression , tant spontanée que provoquée , sont d’autant plus nombreuses, que cette dernière a lieu dans un terme plus rapproché de l’accouchement. On peut y rapporter la plupart de celles qu’on a mentionnées sous le nom de laiteuses et de laits répandus.
Beaucoup d’auteurs ont cru pouvoir nier ces dernières, parce qu’ils en rejetaient l’étiologie. 11 serait heureux , en effet, qu’on pût les faire disparaître de l’espèce humaine comme d’un cadre nosologique. Mais il en est autrement : bien des personnes en sont tourmentées toute la vie , sans que l’art puisse les en débarrasser.
On a beaucoup discuté sur le mode de production de ces maladies. On a cru long-temps qu’elles étaient déterminées et entretenues par une métastase ou transport du lait dans les parties qui en sont le siège. Mais cette opinion, sur laquelle nous reviendrons (i), est actuellement tombée en désuétude.
Nous ferons observer qu’elle n’est pas nécessaire pour rendre raison de la manière dont la suppression de lait détermine ou aggrave les maladies qui en sont la suite. Cela se passe probablement comme pour la suppression des règles, ou
fi) Voy. üe l’Influence de la lactation et de V époque des couches sur les maladies' qui surviennent pendant leur durée.
'J 20 DE l’agalactie , OU D^IFAUT
pour celle d’un exutoire ancien , qui déterminent sympathiquement des accidens nombreux. Il est naturel que la suppression d’une sécrétion aussi importante que celle du lait , soit suivie , par le même mode, d’acciclens et de maladies non moins intenses.
Les maladies qui existaient lorsque la suppression est survenue , telles que les catarrhes chroniques de poitrine , les dévoiemens aneiens , les inflammations lentes des divers organes, sont toujours aggravées par cette affection ; et elles en éprouvent les mêmes modifications que celles qui sont la suite de cette suppression.
Le défaut de sécrétion du lait est ordinairement sans danger pour la mère; mais il est très-embarrassant relativement à l’enfant, si la mère veut l’allaiter. Souvent il devient nn signe indicateur de la maladie qui le détermine.
La petite quantité de lait est peu inquiétautè , les premiers jours des couches, chez une femme d’une bonne constitution. Lorsque l’enfant est fort , la sécrétion de ce liquide ne tarde pas à s’établir avec abondance. 11 peut arriver cependant qu’elle n’ait pas lien , quels que soient les moyens employés pour augmenter cette sécrétion.
La suppression spontanée dn lait , à la suite d’une affection morale , est rarement suivie d’accidens. Celle qui dépend d’applications répercussives ou irritantes sur les seins , peut en occasion-
ner de graves (i). Celle qui survient par suite d’une maladie aiguë mérite peu d’attention par elle-même. C’est de la maladie aecidentelle qu’il faut s’occuper. Le [retour du lait est cependant d’un bon augure pour cette dernière.
On ne saurait prendre trop de précautions quand on provoque la suppression du lait chez la femme qui ne nourrit pas ou qui sèvre. Il survient beaucoup de maladies très-rebelles que tout annonce devoir être attribuées à cette suppression.
Le défaut de sécrétion du lait exige peu d’attention , lorsque la femme ne se propose pas d’allaiter son enfant. On la traite comme pour une couche ordinaire. S’il se manifeste une inflammation ou quelque autre maladie, on administre le traitement qui leur convient.
Si la femme veut nourrir , et qu’il n’y ait ni fièvre , ni inflammation , on cherche à provoquer la sécrétion du lait au moyen d’une boisson légèrement excitante, telle que l’infusion de serpolet, de fenouil; mais si la sécrétion du lait ne se fait pas dès le deuxième ou le troisième jour au plus tard, il faut se hâter de donner à l’enfaiit une nourrice.
Dès que la sécrétion du lait s’établit dans les mamelles , si elle est en petite quantité , et que la femme veuille cependant nourrir; lorsque cette
(i) Voy, ci-après Dus Dérangemens de la résorption du laiU
72 2 DE l’agalactie, OU DÉFAUT
q^uantité continue à être trop faible dans le coii-' rant de l’allaitement , on a égard , pour l’augmenter , à la constitution de la femme et aux circonstances qui ont pu diminuer cette sécrétion.
Quand la femme est faible et qu’elle a été exposée à l’action de causes débilitantes, on éloigne ces causes , on tâche de rendre de l’énergie au système fibrillaire, par l’usage de légers excitans. Ainsi , on prescrit , comme ci-dessus, le fenouil , la menthe , le serpolet et les substances aromatiques les sirops de quinquina et antiscorbutique réunis , la gelée de lichen d’Islande , avec une petite quantité de quinquina; on fait des frictions sur les tégumens , et même sur les mamelles , avec une étoffe de laine rude.
On insiste principalement sur une nourriture analeptique , sur les alimens succulens et nourrissans sous un petit volume , tels que les potages de fécule de pomme de terre, de gruau, d’arrovs^-root, de tapiocca; sur le chocolat uni à la gomme ou à l’arrow-root ; sur celui qu’on désigne sous le nom de polenta; sur le lait de chèvre ou d’ânesse ; sur les viandes grillées et rôties ; sur l’eau de Seltz ou de Spa , frappée de glace aux repas ; sur celle de Vichy lorsqu’elle passe bien.
S’il existait des sueurs ou d’autres excrétions' abondantes , on emploierait les moyens en usage pour les faire cesser.
On prescrit la promenade , l’air de la campagne , aux nourï^ces qui y ont été élevées. On a
l’attention que leurs habillemens ne soient ni trop chauds , ni trop légers ; qu’elles ne se recouvrent pas trop pendant la nuit. On surveille leurs occupations , leur conduite , leurs excrétionSi
Si les mamelles ne sont pas assez excitées, à raison de la faiblesse de l’enfant , on fait faire des succions par un enfant plus fort ou par de petits chiens ; on en retire le lait au moyen d’une pompe ou d’autres instrumens analogues.
Lorsque la constitution de la femme est forte , et que le défaut de lait paraît tenir à un excès • d’excitation , on prescrit le bouillon de veau ou de poulet , le petit lait , avec addition d’un ou de deux gros de crème de tartre dans une pinte de ces boissons , afin de porter une irritation sur le conduit intestinal. On donne une nourriture douce j aqueuse et rafraicliissante : on coupe le vin des repas avec une décoction d’orge ou de gruau froide.
On a peu de moyens à opposer aux personnes très-vives , sujettes aux passions , qui ont de violons chagrins, d’où résulte un trouble dans l’action nerveuse sur les mamelles. On calme leur sensibilité par l’usage des sédatifs du système nerveux (i) , tels que les infusions de tilleul , de lys , les potions calmantes ; on prescrit l’air de la campagne , quelques exercices de corps : les bains sont parfois utiles, mais il faut observer leurs effets ; quelquefois ils sont désavantageux.
(i) Voy. Du Spasme de l’utérus.
7^4 de la sécrétion Dü lait
S’il y avait une inflammation des mamelles ou toute autre aflectionde ce genre, on les combattrait par des traitemens appropriés.
Lorsque les moyens employés pour augmenter la quantité de lait n’ont pas de prompts résultats , il faut se hâter de donner une autre nourrice à l’enfant , même lorsque c’est la mère qui l’allaite. Autrement on compromet son existence : beaucoup de ces êtres sont victimes de l’amour irréfléchi de leurs mères , qui ne peuvent s’en séparer ou changer de nourrice. On peut, dans un petit nombre de circonstances , suppléer à la petite quantité de lait de la mère , par du lait de chèvre ou de vache , coupé avec un quart d’eau , et avec l’addition d’un peu de sucre; mais il est rare qu’on n’ait pas à se repentir d’une condescendance souvent dangereuse pour l’enfant.
Du moment que la femme a cessé d’allaiter , les accidens auxquels elle était sujette , ainsi que ceux de son enfant , se passent d’une manière inespérée.
La suppression spontanée du lait par suite d’une affection morale exige , comme dans le cas précédent, l’usage des caïmans des systèmes cérébral et nerveux.
Celle qui dépend d’une inflammation des mamelles produite par des répercussifs , ou qui survient dans le cours d’une maladie, n’exige que le traitement propre à ces affections.
Quand il survient des maladies dans divers or-