DANS LE SEIN DE LA MÈUE
On reconnaît plus facilement la mort du fœtus pendant raccouchemeiit. La tête est froide; les cheveux s’cn détachent avec facilité. Le cordon , quand on parvient à le toucher, est froid, sans battemens. Les eaux de l’amnios sont fétides et noirâtres. Le fœtus , après sa sortie , est ordinairement d’une couleur verte , et exhale une odeur très-fétide.
Quand on soupçonne que le fœtus a péri du-? rant la grossesse , on attend que la nature en provoque elle-même l’expulsion ; et l’on soutient les forces de la mère par l’usage des toniques et des restaura ns. ^
De l’avortement. ; -'y
L’avortement se déclare sans aucun symptôme précurseur, ou bien il s’annonce par un malaise général , des lassitudes dans les membres , un sentiment de pesanteur vers le fondement , des coliques , des tiraillemens douloureux dans les régions lombaires et dans les aines; les mouvemens de l’enfant sont plus forts ou plus obscurs, ou ils ne se font plus sentir; il s’établit par les parties sexuelles un écoulement de matière séreuse , glaireuse ou sanguinolente, suivi d’une hémorrhagie plus ou moins forte ; le col de l’utérus se dilate, et la poche des eaux se forme. Quand la grossesse est peu avancée , le produit de la conception se présente à l’orifice du col sous la forme
DE L AVORTEJIEKT.
d’un corps globuleux . et il y reste engagé plusieurs heures, et même un ou deux jours. Quelquefois il est rendu par parties; l’embryon est si petit, qu’il se perd dans les vidanges. On n’acquiert la certitude de l’avortement que par les débris des membranes et du placenta ; c’est ce qui rend d’une si grande importance , dans le cas d’hémorrhagie utérine , l’examen de tous les corps évacués par l’utérus.
Les causes de l’avortement sont nombreuses ; une constitution forte, pléthoriqne, et une constitution débile , avec excès de sensibilité dans le genre nerveux , y disposent également. L’habitation des lieux humides , malsains , où l’air est vicié , les passions vives , les peines d’esprit , les écarts dans le régime , les veilles prolongées , les vêtemens trop serrés , l’immersion des mains ou des pieds dans l’eau froide , les courses , la danse , les sauts , les exercices trop violens , les secousses, les mouvemens du corps trop brusques , les coups , les chutes sur l’abdomen , suffisent quelquefois pour donner lieu à l’avortement.
Cet accident peut encore arriver par suite du resserrement du thorax, d’un vice de conformation de l’épine ou du bassin , de l’insertion du placenta sur le col de l’utérus , de la grossesse de deux ou de plusieurs enfans , de la ténuité des membranes du foetus , qui se déchirent au moindre effort , et laissent échapper les ca ux de l’amnios , enfin de la
DE l’avortement.
petite quantité de ce liquide. Il suffît quelquefois de causes très-légères pour le déterminer. Quelquefois il n’a pas lieu , malgré qu’on ait employé les excitans et les manœuvres les plus coupables pour le provoquer. Les maladies tant aiguës que chroniques qui ont lieu pendant la grossesse, les nffections propres de l’utérus , la mort du fœtus , sont aussi des causes fréquentes de l’avortement.
On peut souvent prévenir cet accident, en suivant un régime et un traitement appropriés. On voit des personnes sujettes à faire des fausses couches amener ensuite leur enfant à terme , quoiqu’elles en eussent perdu l’espoir presque entièrement. Les symptômes de l’avortement s’arrêtent aussi fréquemment, quoiqu’ils se fussent déclarés par des douleurs et des hémorrhagies] 'utérines graves. On doit toujours conserver l’espérance de se préserver de cet accident , lorsque le col de l’utérus ne s’efface pas, et que son orifice n’éprouve pas de dilatation.
Quand les personnes sont fortes, robustes, avec excès de pléthore tant générale que locale , il faut, pour prévenir l’avortement, prescrire un repos ' absolu, diminuer la quantité habituelle des alimens, pratiquer plusieurs saignées dans le courant de la grossesse , et donner des boissons acidulés et adoucissantes.
La femme est-elle d’une constitution avec prédominance du système nerveux, on a recours aux bains et aux antispasmodiques toniques.
DES ACCJbEÿfl?
Ces moyens conviennent également, étant associés à une nourriture restaurante , lorsque la femme est, en même temps, d’une constitution faible.
Si la femme s’est livrée à des mouvemens désordonnés , si elle a reçu des coups ou fait des chutes sur l’abdomen, on prescrit encore le repos; et l’on combat l’irritation par la saignée et l’usage des adoucissans et des caïmans. Enfin lorsque ' l'avortement tient aux maladies qui surviennent durant la grossesse, à une affection propre de l’uférus, ou à la mort de l’enfant, on emploie le traitement indiqué pour ces diverses circonstances.
Les moyens dirigés contre l’avortement ont-ils été infructueux , on se comporte comme dans un accouchement ordinaire.
Des accidens relatifs à l' accouchement.
Quelquefois le travail de l’accouchement se fait avec une promptitude étonnante ; il est terminé en moins d’une heure, et même de quelques minutes. On est alors hors d’état de porter à la femme des secours assez rapides ; et il en résulte des contusions, des déchirures au périnée, des accidens divers pour l’enfant. Épuisé par des efforts trop violens , l'utérus tombe dans une sorte de stupeur, ne revient pas sur lui-méme, et la femme est exposée à des hémorrhagies utérines graves.
RELATIFS A l’ACCOUCHEMENT. ^o5
Cette précipitation a lieu chez les personnes dont le bassin est large, évasé, et dont l’utérus jouit d’une -grande contractilité. Pour y n'inédier, on engage la femme à retenir ses douleurs ; on soutient en même temps le périnée avec la paume de la main; on retarde un peu les progrès de l’enfant ; et l’on prévient les désordres qui pourraient survenir dans les parties sexuelles, par suite d’une distension trop forte et trop rapide.
Le ralentissement du travail et son interruption momentanée ont lien plus fréquemment que sa précipitation ; quelquefois le travail est commencé, le col de l’utérus dilaté, la tête ou quelque autre partie del’enfant , sont engagées dans les détroits du bassin : cependant les douleurs s’arrêtent ; la femme paraît dans un état d’épuisement et l'accouche ment ne fait pas de progrès : l’enfant et la mère elle-même peuvent alors succomber, à raison de la longueur du travail.
Diverses causes produisent ce ralentissement ; tantôt c’est un état de pléthore et la rigidité du col qui ne permettent que didicilement la dilatation de son orifice ; tantôt c’est une faiblesse ou une inertie complète de l’utérus.
Le ralentissement qui tient au resserrement du eol , nécessite souvent l’emploi Je la saignée, des bains et des autres moyens de débilitation ; celle qui tient à une faiblesse ou à la paralysie de l’utérus , exige l’usage des moyens indiqués contre ces affections.
DES ACCIDEx\S
L accouchement peut encore éprouver clifFérens obstacles à sa terminaison : la femme se consume en efforts superflus, et tombe dans l’épuisement.
Ces obstacles peuvent tenir soit à un vice de conformation du bassin ou de l’utérus , soit à un vice de position de l’enfant, lorsqu’il se présente à l’orifice extérieur de cet organe, (^e n’est pas ici le lieu d’indiquer tous ces obstacles , et les moyens d’y remédier: c’est plutôt l’objet d’un traité spécial d’accouchement ; et divers auteurs viennent de s’en occuper avec non moins d’exactitude que de brièveté ( i ) . •
Enfin la plupart des maladies de l’utérus , ainsi que diverses autres affections, peuvent troubler la marche de l’accouchement. De ce nombre sont divers déplacemeus : la descente , l’obliquité , la hernie ; la présence de divers corps étrangers ; la lésion , la rupture et l’inflammation de cet organe. Souvent il se manifeste des hémorrhagies utérines , des convulsions ou une inertie complète ; enfin l’utérus peut être affecté de maladies spécifiques, qui s’opposent tant à la dilatation du col qu’aux contractions utérin es.
11 peut aussi survenir une congestion cérébrale, une attaque d’apoplexie , des défaillances , des nausées, des vomissemens, des coliques, une ré-
(ij Voy. MM. Gardien , Cajiuron , Maygrier , Velpeau et Hatin , dans leurs excellens Traités sur les accouchemens.
HELATIFS A LA DELIVRANCE.
tention d’urine , des conlusions ou ’ nue rupture aupérin<^c, etc. Nous nous sommes occupés de la marche à suivre dans le traitement des affections de futérus : quant à celles qui sont étrangères à cet organe , on suit le traitement indiqué pour chacune d'elles.
Des accidens relatifs à la délivrance.
Comme l’accouchement , la délivrance peut se faire avec trop de précipitation, éprouver des obstacles à sa terminaison, ou être compliquée parla présence de diverses maladies tant de l’utérus que de tout autre organe. *
La délivrance est trop précipitée quand elle a lieu avant que l’utérus soit revenu sur luimême ; il en peut résulter une hémorrhagie foudroyante , ou même le renversement de cet organe.
Il est rare que la délivrance soit trop prompte par les seuls efforts de la nature : cet accident est la suite ordinaire des tractions exercées sur le cordon ombilical immédiatement après l’accouchement , ou de la précipitation que l’on a mise à extraire le placenta de l’utérus avec la main.
Lorsque la délivrance a été opérée trop promptement , il faut s’assurer si l’utérus est renversé, et le rétablir dans sa position : on remédie par les moyens ordinaires à l’hémorrhagie et aux accidens qui auraient pu se manifester.
DES ACCIDENS
Quelquefois le placenta est retenu plusieurs heures et même durant plusieurs jours dans l’utérus ; il y éprouve un état de décomposition , et devient très-fétide. Il peut en résulter des hémorrhagies utériues , des convulsions , etc.
Diverses circonstances peuvent mettre obstacle à cette expulsion ; un trop grand volume du placenta, les contractions du col de l’iitérus, immédiatement après l’accouchement , les contractions partielles du corps de ce viscère, l’enchatonnement et les adhérences du placenta , la rupture du cordon ombilical, enfin l’inertie de l’utérus.
Le volume excessif du placenta rend son expulsion difficile : la femme éprouve des douleurs et des contractions utérines presque aussi vives que dans l’accouchement. Cet accident n’exige pas de soin particulier ; la nature ne tarde pas à se débarrasser de ce corps. Le resserrement du col de l’utérus immédiatement après l’accouchement n’exige pas plus de soin, il cesse bientôt.
On désigne sous le nom d’enchatonnement la contraction d’une partie de rutérus , ou de cet organe lui-même , sur le placenta ou sur une de ses portions, de manière à l’embrasser étroitement.
Cet enchatonnement est causé par le retour trop prompt de l’utérus sur lui-même.
S’il n’y a point d’hémorrhagie ni de convulsions, on j>eut abandonner l’expulsion du placenta à la nature : dans le cas contraire , il faut en opérer l’extraction avec la main introduite dans rutérus.