‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 44 sur 58 · TROP ABONDANTE · texte numérisé non relu

TROP ABONDANTE

Sevrage , dépend d’une disposition primitive’, ou de ce qu’on n’a pas employé dans le pi'incipe les moyens pour la faire cesser. Les sécrétions surabondantes ne nuisent que lorsqu’il y a en même temps èxcrétion de lait involontaire : elles sont rarement assez fortes pour mériter qu’on y remédie. Cependant , lorsque le lait reste dans les mamelles , que sa surabondance épuise la femme ou fatigue l’enfant, on doit se hâter d’y mettre un terme.

La sécrétion, prolongée après le sévrage n’occasionne guère d’accidens ; cependant elle finit par incommoder ; on a quelquefois de la peine à la faire cesser. '

Les sécrétions prématurées et accidentelles n’exigent aucun traitement spécial : lorsque la surabondance nuit à la femme ou à l’enfant , on employé des moyens propres à la diminuer.

11 en est de même quand la femme est faible, réglée trop abondamment , enceinte , ou qu’elle a des lochies trop fortes , lorsqu’elle ne peut pas nourir ou qu’elle veut sévrer.

Quand cette surabondance a lieu avec des règles fortes, ce qui est rare, on se comporte comme dans le cas de règles chez les nourrices ; il en est de même dans le cas de grossesse : il faut donner une autre nourriture à l’enfant. 11 est rare qu’il se secrète trop de lait avec des lochies abondantes, ou lorsqu’il survient quelque maladie; cependant si cela arrivait , on en modérerait la sécrétion.

On se comporte de même quand le lait est trop

abondant relativement aux forces de Tenfant , et que celui-ci ne peut pas le digérer.

Les moyens propres à diminuer la sécrétion du lait se tirent, 1.“ des débilitans des forcés vitales

dans le système fibro-vasculeux ; 2.° des sédatifs ou caïmans de l’action nerveuse ; 3.° des dérivatifs ; 4-“ des excitans locaux ou répercusifs.

Le premier moyen de débilitation est le repos. Il faut empêcher la nourrice de faire trop d’exercice, surtout de celui des bras ; on doit même , au besoin , la faire coucher , la tenir peu couverte, la mettre à la diète ou diminuer ses alimens , choisir ceux qui sont nourrissans sous un petit volume, et peu aqueux.

Ces moyens suffisent ordinairement pour remédier à cette surabondance de lait. Quand la femme doit continuer à nourrir , on en dégorge les seins. S’il est nécessaire de supprimer le lait , et que la femme soit pléthorique , on pratique une saignée du bras ; on applique des sangsues , des ventouses aux cuisses et aux parties génitales ; on prescrit J’opium ; à petite dose , il calme l’action cérébrale , et diminue la sécrétion du lait, de même que les autres sécrétions. Il en est de même de la thridace , de l’aconit, de la ciguë, de la jusquiame et des autres narcotiques. II faut cependant être réservé sur leur emploi ; on doit éviter la contention d’esprit , et même les lectures attachantes.

Les moyens de dérivation les plus employés

TKOP ABONDANTE,

sont ceux qui facilitent les autres excrétions. On prescrit des boissons légèrement diurétiques. Il en est de consacrées par l’usage , telles que les infusions de scolopendre, de pervenche, de fleurs d’œillets jaunes, la décoction de racine de canne , avec addition de 20 à 3o grains de nitrate de potasse par pinte de liquide , la fleur de sureau , l’acétate d’ammoniaque liquide à petite dose , afin de favoriser les sueurs.

Il est bon d’agir sur le conduit intestinal. Les purgatifs doux les plus usités sont ■: les sulfates de soude , de magnésie , le phosphate de soude, la magnésie calcinée , l’eau de Sedlitz, l'huile de , ricin , le petit-lait de Waisse , les lavemens émoiliens , avec l’addition do 4 onces de cassonade rouge ou de miel mercurial, une décoction de blancs de poireaux dans du lait , ou de deux gros de séné.

Il est nécessaire de porter une attention spéciale sur l’utérus , d’entretenir les lochies , les règles , si elles ont reparu ; de rappeler d’anciennes flueurs blanches , quand il y en a eu de supprimées ; on facilite l’excrétion des cautères , des vésicatoires , dans le cas où il en existerait.

Si la sécrétion du lait était par trop abondante, des bains de pieds sinapisés, un vésicatoire à la partie interne des cuisses, des ventouses sur les mêmes parties et derrière le dos , seraient de bons moyens de dérivation. On peut aussi faire sur les seins des applications légèrement excitantes , telles

nES VICES

que des cataplasmes éinolliens , avec l’addition d’une poignée de ciguë, de jusquiaine , de belladone , de persil , de tiges de pommes de terre , pu bien avec la pulpe de carottes , des emplâtres des mêmes substances, en en faisant supprimer la gomme ammoniaque indiquée par le Codex; des compresses trempées dans une dissolution légère d’acétate de plomb ; des frictions avee une flanelle sèche , ou avec de l’huile de camomille camphrée, ammoniacée, avec l’opodeldoch,; des fumigations avec une flanelle imprégnée de la vapeur de genièvre , du benjoin , du karabé concassé , ou d’autres substances aromatiques , en usant avec modération de ces moyens.

;• Des vices dans l’excrétion du lait.

L’excrétion du lait peut être empêchée d’un seul côté , ou dans les deux mamelles en même temps’. Dans le premier cas, la sécrétion du lait devient plus abondante au sein bien portant. Lorsque cette excrétion ne peut se faire par aucun côté , les mamelles se gonflent à la suite de l’accouchement; il se manifeste un mouvement fébrile qu’on désigne sous le nom de fièvre de lait ; les lochies augmentent de quantité, le lait est résorbé.

L’excrétion de ce liquide est parfois diÜîcile, trop rare ou entièrement suspendue. Les seins sont tendus, remplis de duretés, d’inégalités, de cordons qui se prolongent jusque sous les aisselles;

DANS l’excrétion DU LAIT. ']0\

ils sont douloureux, plus brûlans que dans l’état ordinaire , la femme est agitée , sa figure colorée ; le lait retenu dans les mamelles s’y épaissit , s’y altère , et prend un caractère acide^ Si l’on ne rétablit pas son écoulement ou que la résorption ne s’en opère pas , les seins ne tardent pas à s’enflammer.

Enfin l’écoulement du lait est involontaire ; la femme ne peut donner à tetter d’un sein , sans que ce liquide ne coule par l’autre ; c’est ce qui constitue la galactirrhée. Cet écoulement est très-incommode, il tache tous les vêtemens; quelquefois le lait s’écoule par les deux seins , pour peu que le mamelon touche à quelque vêtement ou même sans cette circonstance.

L’empêchement de l’excrétion du lait a lieu par l’absence du mamelon , ou lorsqu’il est trop court, trop volumineux , pour être saisi par l’enfant^ lorsqu’il est enflammé , gercé ou entouré d’aphthes. Cette excrétion est quelquefois trop rare , lorsque la femme a des occupations qui l’empêchent de donner à tetter , ou lorsque l’enfant est trop faible pour prendre le sein ; enfin un froid subit , l’irritation , l’inflammation , le spasme du mamelon , peuvent empêcher cette excrétion , et déterminer la rétention du lait dans le mamelon. L’écoulement involontaire de ce liquide tient généralement à la trop grande sensibilité du mamelon.

Les vices de conformation qui donnent lieu au défaut d’excrétion du lait , présentent peu d’inconvéniens, lorsqu’ils n’ont lieu que pour un sein.

Page 1