‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 45 sur 58 · DES VICES · texte numérisé non relu

DES VICES

Celui-ci est suppléé par l’autre ; l’allaitement en souffre peu : quand cette excrétion ne peut se faire dans les deux seins , la femme est hors d’état de nourrir.

Les difficultés de l’excrétion qui tiennent à l’inflammation du mamelon, à des gerçures, sont très-embarrassantes , à raison des obstacles qu’elles mettent à l’allaitement, des douleurs horribles , des agitations qu’elles occasionnent , lorsque l’enfant veut prendre le sein ; enfin la rétention du lait dans les mamelles peut être suivie de 1 inflammation de ces parties.

- L’écoulement involontaire et momentané du lait est peu dangereux : lorsqu’il se prolonge , il occasionne l’amaigrissement de la femme , son épuisement , et peut donner lieu à la phthisie , qu’on a désignée improprement sous le nom de laiteuse. ,

Il n’y a aucun traitement à faire dans le cas d’absence du mamelon : si cette partie est trop courte , on se comporte , comme il a été dit en traitant de ses vices de conformation.

Quand la difficulté de l’excrétion tient à des maladies du mamelon ou des seins , on emploie les moyens indiqués contre elles.

Quand l’excrétion a été trop rare , et que le lait est retenu dans les mamelles , on en opère l’écoulement , si la mère veut continuer l’allaitement ; et, si elle ne doit pas le faire , on facilite la résorption de ce liquide.

DANS l’excrétion DU LAIT. 735

Pour obtenir le dégorgement des seins , on les expose à la vapeur du lait chaud ou d’une infusion de fleurs adoucissantes , on se sert d’une pompe pour aspirer ce liquide . d’un bout de sein en verre , en porcelaine , en gomme élastique ; on donne le sein , comme il a été dit , à un enfant fort , vigoureux , ou l’on fait aspirer le mamelon par une personne forte , par de petits chiens. On place des cataplasmes émolliens sur les mamelles : s’il y a trop d’irritation , on ne laisse plus tetter par le sein malade, on a recours aux sangsues sur la partie douloureuse , et l’on se comporte comme dans le cas d’inflammation des mamelles.

On remédie parfois avec peine à l’écoulement involontaire du lait ; on y parvient cependant au moyen de cataplasmes émolliens et légèrement astringens sur le mamelon , en enduisant ce dernier de mucilage de coings , et par l’usage à l’intérieur de l’infusion de sauge et des excitans. Le moyen dont j’ai retiré le plus d’avantage , est la décoction de racine de ratanhia. Je suis parvenu , par son emploi , à arrêter presque subitement des écoulemens involontaires qui avaient épuisé les femmes , et les avaient mises dans le plus grand danger. Lorsqu’elles sont dans cet état , on tâche de rétablir leurs forces au moyen du lait d’ânesse , des analeptiques et des restaurons.

Page 1