‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 49 sur 58 · DES ALTÉRATIONS · texte numérisé non relu

DES ALTÉRATIONS

considérable : il est trop épais quand la goutte reste sur l’ongle sans s’étendre.

Le lait clair, diaphane, n’a guère que la pesanteur spécifique de l’eau ; le lait épais en a une plus considérable : versé goutte à goutte sur de l’eau , il va au fond ; sa partie crémeuse se sépare de la séreuse , et remonte à la surface.

Cette partie est peu abondante dans les affections nerveuses ; elle peut à peine être séparée du lait , quoiqu’elle y soit abondante dans l’état sain , à mesure qu’on s’éloigne de l’accouchement.

On ne parvient guère à coaguler ce liquide dan& les affections nerveuses , tandis qu’il est coagulable par les acides chez les personnes qui ont peu de lait ; la partie coagulée est visqueuse , sans consistance.

Dans les inflammations des seins , lorsque le lait a été retenu quelque temps dans les mamelles, il y devient acide, et rougit le papier bleu de tournesol.

Ce liquide peut contracter des principes délétères imperceptibles à nos sens.

Les nourrices communiquent souvent le principe syphilitique par l’allaitement : plus rarement le dartreux ; il est douteux qu’elles transmettent les affections scrofuleuses , rhumatismales , goutteuses et cancéreuses. Quelquefois le lait des nourrices s’altère sans changeinens notables dans ses qualités physiques. A la suite d’écarts de régime et de travaux forcés , de variations dans la tempéra-

DU LAIT DANS LES AlALADlliS.

luire, d’agitations, de chagrins , ce liquide occasionné aux enfans des coliques, des mouvemens convulsifs , et d'autres accidens.’ Chez les femmes d’une constitution forte avec excès d’embonpoint , le lait est en général trop épais ; chez les personnes maigres , d’une constitution avec prédominance du système nerveux, il est trop clair, peu nourrissant, et sujet à des altérations souvent peu apparentes , à la suite des plus légères contrariétés. Chez les femmes trop jeunes ou trop âgées, le lait est d’une moins bonne nature ^ que chez celles d’un âge moyen.

La menstruation accidentelle dans l’allaitement^ rend le lait clair ; la grossesse le rend plus épais , et impropre â la nourriture des enfans.

Divers alimens altèrent ses qualités ; là salade , les viandes trop salées, trop épicées j les légümes farineux, les fruits cuits, les potages au maigre, le rendent abondant et trop clair.

Les boissons fortes , l’eau-de-vie , le café , les liqueurs spiritueuses , les veilles trop prolongées, le sommeil excessif, diverses excrétions trop abondantes, diminuent la quantité de ce liquide.

L’ancienneté de la lactation altère les qualités du lait ; dans les maladies inflammatoires , il est peu abondant et de mauvaise qualité. Dans les névroses il n’éprouve parfois aucune altération apparente, quoiqu’il soit impropre à l’allaitement; il en est de même à la>suite des hémorrhagies, des maladies lentes et chroniques.

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