O DES ALTÉRATIOKS DU LAIT DANS LES MALADIES
11 est important de s’assurer de la nature et des altérations du lait ; elles peuvent faire juger du bon ou du mauvais état de santé de la femme : pour peu qu’il soit altéré , ce liquide a une action marquée sur les enfans ; tantôt ils le digèrent avec facilité; tantôt sa digestion est difficile, et ils le rendent par le vomissement ; d’autres fois ce liquide les constipe ou leur occasionne le dévoiement.
C’est ordinairement le lait trop abondant , trop clair, qui produit ce dernier effet : le lait trop épais se digère difficilement , donne lieu à des excrémens blancs , semblables à de la craie.
Lorsqu’on ne remédie pas à ces altérations du lait , les enfans tombent dans le marasme et succombent. On ne saurait s’imaginer combien il existe de victimes par l’amour peu éclairé de leurs mères, qui s’obstinent à les allaiter , quoique leur lait soit de mauvaise nature ; par l’obstination de nourrices mercenaires, qui , sur un motif moins louable, cachent soigneusement l’état de leur lait, ou par suite de vices communiqués durant l’allaitement : je pourrais dire sans exagération que , malgré les soins tutélaires de l’autorité , ces causes enlèvent un dixième des enfans de la classe peu aisée de Paris.
Les altérations du lait n’exigent pas de traitement particulier , il faut faire cesser les circonstances qui les ont déterminées , combattre les affections des seins, ou des autres organes qui les
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entretiennent. Pour peu qu elles aient d’intensité, qu’elles soient de nature à être prolongées , il faut garantir les enfans de leur funeste influence , changer de nourrice, ou les sévrer s’ils sont en âge, et remédier aux aocidens occasionnés parla mauYaise qualité du lait.
L’amélioration de l’état des enfans qui ont eu une mauvaise nourrice, et auxquels on en donne une bonne , est étonnante : le dévoiement cesse presqu’aiissitôt ; l’embonpoint revient ainsi que les forces : il en est de même si on leur donne le lait de chèvre, et qu’il passe bien, ou lorsqu’on les sèvre.
De^ Modifications quéproiioent les maladies durant le temps des couches et la lactation.
Les maladies qui existaient au moment des couches et de la lactation , celles qui se manifestent pendant leur durée , celles qui arrivent à la suite de la suppression du lait ou des lochies , chez des femmes qui n’ont pas nourri, ou qui ont été obligées d’interrompre l’allaitement, éprouvent souvent .des modifications de ces états de la femme , dans leurs symptômes, leurs causes, leurs terminaisons , et en exigent aussi dans leurs traitemens.
Les maladies qu’on observe alors plus communément , sont les éruptions miliaires , les inflammations des yeux, des glandes maxillaires, des
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poumons, du péritoine, des veines , des vaisseaux lymphatiques des extrémités inférieures, l’apoplexie, l’aliénation mentale, la phthisie pulmonaire, diverses affections dartreuses et rhumatismales.
Les éruptions miliaires se manifestent sans symptômes précurseurs; elles ont plus de volume et contiennent plus de sérosité que dans tout autre état de la femme : elles sont généralement d’un blanc de lait , tandis qu’àutrement elles sont rouges ou d’un gris blanc.
Dans l’inflammation des yeux , les paupières ont une teinte blanchâtre ; elles sont plus gonflées , plus œdémateuses que d’halaitude ; les conjonctives , malgré l’intensité de rinflaimnation , sont moins rouges ; il découle des yeux une matière séreuse, abondante, blanchâtre, semblable au petit-lait.
L’inflammation des glandes maxillaires détermine une grande salivation de matières séreuses , blanchâtres.
Dans l’inflammation des poumons , les matières expectorées sont en plus grande quantité que dans les autres inflammations de ces organes , les crachats sont plus blancs , les vomiques plus fréquentes ; les matières expectorées ressemblent à du fromage blanc , délayé ; c’est une matière puriforme , tl’un blanc de lait.
L’inflammation du péritoine est plus fréquente que dans tout autre état delà femme; les épanche-
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mens Sf;ro-puruIens dans l’abdomen sont plus rapides, plus considérables ; leur quantité est souvent peu proportionnée à leur petite étendue , et au peu d’intensité de l’inflammation : celle-ci ne laisse souvent que des traces légères ; et cependant les épanchemens sont énormes , rinflammation des veines des organes génitaux (i), ainsi que celle des extrémités inférieures, est plus fréquente.
L’inflammation aiguë des vaisseaux lymphatiques , phlegmasie blanche ou œdème des extrémités inférieures , ne se manifeste guère avec intensité, qu’à la suite des couches; c’est ce qui a fait penser qu’elle en dépendait toujours : elje a une marche lente, et la guérison s’en obtient difficilement.
Les dépôts qui surviennent dans divers organes se forment plus promptement, sont plus intenses , plus douloureux que dans toute autre circonstance: la matière purulente qu’ils contiennent est plus blanche ; ils sont ordinairement une terminaison favorable des accidens qui les ont précédés.
Les dartres sont blanchâtres , de nature mu queuse, et donnent lieu à un suintement conlinuel de matière séreuse. Les douleurs rhumatismales sont souvent suivies de petites éruptions à la peau , de l’évacuation d’une matière séreuse , à la suite de laquelle elles éprouvent beaucoup de diminution.
(i) Voy. De /’ln/lamm. des veims.
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A ces symptômes , il s’en joint parfois de communs. Le lait abandonne tout-<à-coup les mamelles , s’il ne l’a pas fait avant l’apparition de la maladie, ou il éprouve des obstacles à sa sécrétion ; la salive est d’un blanc laiteux, et exhale une odeur acide; les déjections alvines sont blanches, l’urine dépose un sédiment blanchâtre. Les sueurs ont une odeur d’aigre; le caillot du sang tiré par la saignée est recouvert d’une pellicule blanchâtre , ou nage dans un sérum d’apparence laiteuse. Le sang qui s’en écoule à la suite des piqûres des sangsues, est moins rouge que d’habitude ; les linges qui en sont imbibés sont peu foncés en couleur , d’un rouge blanchâtre. Il découle par l’utérus et le vagin, une matière d’apparence crémeuse, tout-à-fait distincte des matières séreuses , muqueuses , séropurulentes , qu’on rencontre chez les jeunes personnes , ou chez celles dont les organes sexuels sont malades.
Les femmes en couche sont plus exposées que les autres aux maladies , et surtout aux inflammations.
La peau, chez elles ,. est plus impressionnable : il suffit d’une variation dans la température , pour y donner naissance à des éruptions miliaires. La sensibilité du cerveau est augmentée. Cet organe est plus exposé aux congestions , aux inflammations; ce qui donne lieu au délire, à l’apoplexie, à la manie. Les rhumes ^ les péripneumonies , sont plus fréquens. Distendu par la grossesse , exposé
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aux percussions, restomac est plus souvent menacé d’irritation et d’inflammation : des causes légères , des aflections morales , des écarts dans le régime , des variations dans l’atmosphère , suffisent pour produire ces affections.
Du moment où elles existent , les organes qui en sont le siège , deviennent des centres d’irritation, et les liquides s’y portent en grande quantité.
Les désordres qui se remarquent dans la sécré-^ tion du lait , ont fait penser que ce liquide joue un grand rôle dans la production de ces maladies, et qu’il complique la plupart d’entre elles par sa présence, par son transport sur les organes qui en sont le siège. Ce fut un moyen commode pour rendre raison d’affections, dont la cause, comme il n’arrive que trop souvent , échappe à nos sens, Leake et Huhne firent des objections contre cette théorie : Legallois en a fait de plus récentes; et la question est encore indécise.
Les auteurs qui soutiennent la réalité des mé-^ tastases laiteuses se fondent sur les motifs suivans : i.° les maladies dans lesquelles on soupçonne ces métastases surviennent à la suite d’une suppression du lait, ou en sont suivies, du moment où elles existent ; 2.“ des auteurs recommandables croient avoir trouvé l’humeur laiteuse dans les vaisseaux lymphatiques de Tutérus ; 3.® le lait retenu dans les mamelles , qui y a éprouvé de l’altération , ressemble aux matières des dépôts dits laiteux ; 4 “ inflammations qui donnent lieu à ces dépôts , sont.
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trop faibles pour produire des épanchemens aussi considérables que ceux que l’on observe; 5.“ enfiu la couleur blanche que contractent parfois l’urine, la salive et les autres matières excrétées, sont, suivant ces auteurs, une preuve péremptoire de ces métastases. On voit facilement que ces raisons sont plus spécieuses que concluantes.
Quoiqu’il y ait une coïncidence entre les maladies dites laiteuses et les vices dans la sécrétion du lait , cela n’établit pas que ces maladies dépendent les unes des autres.
La ressemblance du lait des mamelles , altéré , avec la matière des épanchemens dits laiteux , n’est qu’apparente : l’analyse chimique a fait voir que beaucoup de ces matières excrétées, blanches , d’apparence laiteuse , n’ont aucun rapport avec le lait.
Il est probable qu’Astruc, Winslow et Selle, se sont mépris sur la nature des liquides trouvés dans les vaisseaux de l’utérus, qu’ils ont pris pour du lait ; la preuve en est qu’ils regardent comme laiteux l’écoulement des lochies dans certaines circonstances, tandis que ces excrétions n’offrent pas les caractères du lait.
Leur remarque , relativement à la quantité des matières épanchées à la suite d’inflammations peu intenses, n’est pas mieux fondée : beaucoup d’inflammations graves ne laissent que des traces légères ; et il n’est pas rai’e de rencontrer, à toute autre époque delà vio , des inflammations , faibles en apparence, suivies de grands épanchemens.
DES MALADIES, etC.
La couleur blanche des matières excrétées , n’est pas un signe plus certain ; elle n’est pas constante : on la trouve chez les hommes ou chez les femmes dans des cas où l’on ne peut pas supposer la présence du lait; il est possible qu’elle soit produite par la matière lymphatique prédominante dans la constitution durant les couches. Avouons cependant, que la question de la métastase laiteuse n’est pas complètement décidée , et que si les raisons qu’on a données de cet état maladif ne sont pas concluantes , il est encore des considérations nouvelles qui seraient propres à l’établir. Elles se rattachent à la théorie des autres métastases : il n’y a pas plus de raison que pour ces dernière d’admettre ou de rejetter celle du lait. A-t-on trouvé l’urine, labile , le pus en nature , dans les lieux où l’on a présumé qu’ils avaient été transportés parla métastase ; il est des hommes de l’art qui mettent en doute l’existence de ces affections (i ). D’autres , tels que Legallois , nient leur possibilité : la plupart cependant les admettent; et en mon particulier, j’ai plusieurs observations qui ne me laissent aucun doute à cet égard. On a rencontré la bile , le pus d’un abcès , dans l’urine. On a cru récemment y avoir rencontré la partie caséeuse. La métastase du pus paraît incontestable. Le sang peut être dévié ; pourquoi le lait comme ces fluides ne le serait-il pas? 11 est résorbé, il rentre dans le torrent
(i) ^iWcrmé ^ BuUel. des sciences médicales ; i823.
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de la circulation , augmente toutes les autres excrétions ; sa résorption est suivie de pléthore , d’inflammation, de dépôts. Pourquoi ne concourrait-il pas de même à augmenter la quantité de matière contenue dans ces dépôts?
Cette résorption produit l’accroissement des diverses sécrétions, particulièrement de celles qui dépendent d’organes dont la connexion avec les mamelles est le plus intime.
C’est ce qui rend raison de l’accroissement des lochies , des sueurs, chez les femmes qui ne nourrissent ^as. Les épanchemens séro-purulens , dans le bas-ventre , à la suite de la péritonite, hors le cas des couches, sont bien plus considérables que ceux qui ont lieu dans toute autre circonstance. J’ai vu des femmes vaccinées peu de jours après l’accouchement, avoir des écoulemens d’une matière séreuse par les boutons de vaccin , pendant plusieurs mois.
Quoiqu’on ne puisse pas attribuer au lait les maladies dont on l’a accusé , celles qui surviennent peu de temps après les couches . ou pendant la lactation , en reçoivent des modifications marquées: la femme a plus de sensibilité ; elle est plus impressionnable par les variations de la température , les écarts dans le régime , les alfeclions morales; plus sujette à ce qu il se développe chez elle des fluxions, des principes d’irritation , mobiles, qui donnent lieu à l’inflammation dès organes sur lesquels ils se fixent , et par suite aux épanchemens improprement appelés laiteux.
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Le même principe fluxioiinaire peut, à l’état chronique , rendre raison des douleurs rhumatiques chez les femmes malades pendant leurs couches ; il occasionne , dans leur constitution, des altérations durables qui se prolongent des années entières.
Des auteurs modernes rejettent les fluxions , comme tenant à une doctrine humorale surannée; mais en cela leur théorie n’est pas d’accord avec les faits : on voit se développer chaque jour dans l’économie , des irritations , des inflammations légères , dont le principe est inconnu , qui se rapproche à certains égarfls du rhumatismal et du goutteux , et qui en diffère par beaucoup d’autres : l’expression de fluxion, pour désigner ces principes , est utile à conserver ; elle indique, sans le préciser avec trop de rigueur, des modes d’affection dont la nature n’est pas assez connue , et qu’on aurait tort de ranger avec ceux dont les caractères ont été déterminés.
On ne saurait porter trop d’attention aux maladies, durant les couches; l’exaltation de sensibilité , la surabondance de liquides séreux dans l'économie, font qu’elles acquièrent plus d’intensité que dans toute autre circonstance : elles sont, à l’exception de la manie, beaucoup plus dangereuses.
I.a femme est plus disposée à contracter cette dernière ; mais aussi cette affection se guérit alors avec moins de difficulté : j’ai eu occasion de
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'jSo
voir beaucoup de manies survenues à la suite des couches ; il a souvent été nécessaire de se résoudre à l’isolement dans des établisscmens pour ce genre d’affections : mais dans tous les cas, les malades ont été rétablies.
Les maladies qui arrivent lentement et dont l’origine remonte à la suite des couches , sont généralement d’une guérison lente et difficile.
Dans celles qui surviennent durant le temps des couches ou de la lactation , il ne faut pas perdre de vue la sécrétion du lait et l’excrétion des lochies : tout en remplissant les indications que présente la maladie , on doit s’attacher à maintenir, à régulariser, ou à rappeler ces excrétions , lorsqu’on est dans leur époque. La maladie est-elle inflammatoire, on se hâte d’avoir recours aux évacuations sanguines , aux moyens de débilitation : tient-elle à une irritation des organes gastriques , produite par un état sahurral des premières voies , on administre les vomitifs. Loin que leur usage présente les inconvéniens dont on les a accusés depuis quelque temps, ils sont souvent d'un avantage inestimable ; ils arrêtent la maladie dans son principe. On a fait souvent courir les plus grands dangers pour ne pas les avoir employés assez promptement. Est-il survenu de l’adynamie , on doit s’assurer si cet accident n’est pas l’effet d’une lésion des viscères abdominaux , et avoir recours selon le besoin aux évacuations sanguines ùu aux excitens. Les accidens nerveux annoncent
DES MALADIES, ctc.
Une irritation secondaire de l’organe cérébral , qu’on doit traiter par des saignées dérivatives puissantes et des caïmans locaux. 11 est urgent dans ces maladies de reconnaître promptement, et de saisir les indications qu’elles offrent : trop de lenteur ou de timidité dans l’emploi des moyens , ne compromettent que trop souvent l’existence des malades. Lorsque l’état des forces le permet', et qu’il n’y a plus de symptômes inflammatoires, on insiste sur les purgatifs.
Weis en a proposé un dont il a exagéré les avantages, mais dont on retire cependant de bons effets fl) ; on peut le remplacer pour tout autre purgatif doux.
Dans les maladies chroniques , après les couches, il faut insister sur les purgatifs doux.
Lorsque la femme peut redevenir enceinte, c’est un des meilleurs moyens de la rendre à la santé. Il ne faut pas perdre de vue que beaucoup de douleurs et d’éruptions herpétiques , attribuées au lait , sont dues à une maladie syphilitique ancienne. Pour les faire cesser, il faut avoir recours aux traitemens employés contre cette maladie , en observant aussi que, dans beaucoup de circonstances , des douleurs et des éruptions attribuées à cette même maladie ont résisté aux moyens mis en usage contre elle , et n’ont cédé qu'aux amers , aux bains, aux purgatifs et aux moyens usités contre les affections dartreuses et rhumatismales.
(^i) Formulaire (le /!/. Cadet , p. 817.
DU METROSCOrU.
Du Métroscupe et du Spéculum de l’utérus et dit
vagin.
Le mélroscope , matrice , et de (TKOTriÛ) y
j’écoute) est un sthétoscope modifié , pour entendre les sons ^ les mouvemens qui se manifestent dans l’utérus et le vagin.
Cet instrument se compose d’un tube en bois , de deux pieds de longueur et de huit lignes de diamètre, courbé presqu’à angle droit , dans le premier quart de sa longueur. Une de ses extrémités est arrondie et polie , pour être introduite jusqu’au fond du conduit vulvo-utérin, et àl’ori^ fice extérieur du col de l’utérus : l’autz'e est terminée par une rondelle d’ivoire, sur laquelle on applique le pavillon de l’oreille.
Cet instrument fait entendre les battemens des artères du vagin et de l’utérus , lorsqu’ils sont forts. Si ces artères étaient dans un état de dila^ talion , on ne pourrait le méconnaître.
On distingue les battemens des vaisseaux du placenta , lorsque ce corps est inséré sur l’orifice de l’utérus ; et c’est un moyen de reconnaître cette insertion. Ces battemens produisent parfois des mouvemens de soufflet, isochrones à ceux du pouls , et aussi intenses que ceux qui ont lieu dans divers anévrysmes du cœur. Ces mouvemens sont souvent intermittens; après les avoir entendus un quart-d’heure, une demi-heure, ils cessent
nu MÉTROSCOPE.
pour peu , surtout qu’on ait remué riiistrument , et l’on est un certain laps de temps sans les retrouver.
On parvient à distinguer les batteniens du cœur du fœtus, mais c’est rare ; on n’est pas pour cela dans une position favorable : sa tête étant presque tou jours placée au-dessus de l’orifice de l’utérus. On entend ses mouveiqens propres comme de petites saccades, plus ou moins précipitées , dès le troisième mois de la grossesse , bien avant que la mère les sente elle-même , et que le toucher fasse reconnaître le mouvement de ballotemcnt. C’est un grand avantage pour ne pas confondre la grossesse avec diverses maladies de l’utérus. ]\I. Pirhon a publié plrsiears observations (:), d’après lesqi’elles on soignait, pour diverses maladies graves, des personnes qu’il a reconnues enceintes , au moyen de cet instrument ; et j’ai eu occasion moi-méme de prévenir de semblables méprises. Peut-être cet instrument pourrait-il servir, dans quelques circonstances, à la détermination des hydropisies des ovaires, des trompes et de l’utérus. 11 peut aider à reconnaître la mort du foetus , pendant la grossesse et raccouehement : introduit , durant ce dernier, dans la cavité del’utérus , il serait possible qu’il permît d’apprécier le moment où la circulation de la mère à l’enfant serait interrompue.
(i) Clinique des hôpitaux , 1827.
DU illi'J (lOSCOl’E.
Ou poin’i a remployer, avec quelques modlficatioiis, <lans les grands quadrupèdes, quand on aura intérêt à connaître s’ils ont été fécondés.
Pour s’assurer de l’état du col de l’utérus et de la cavité du vagin, on se sert d'instruiuens connus sous le nom de spéculum. L’un des plus faciles à introduire est celui indiqué par Garengeot (i). 11 consiste dans un cône formé par trois branches montées sur une vis , lesquelles s’écartent l’espace de plusieurs pouces, ou se rapprochent suivant le mouvement de la vis dans un sens ou dans l’autre.
L’un de ces spéculum laissé par les prussiens , lors de leur déroute à Champ-Aubert, fut ramassé par le capitaine Bacheville , qui me le remit peu peu de temps apres. Je m’en suis servi avec avantage, mais il a l’inconvénient que les parois du vagin s’interposent dans l’écartement de ses branches , et empêchent de voir le col de l’utérus, quelque dilatation qu’on ait donnée aux branches de l’instrument.
M. Bécamier a eu l’heureuse idée d’un spéculum d’une seule pièce. C’est un tube conoïde qui permet d’apercevoir distinctement l’orifice du col de l’utérus, et de porter des médicamenssur celte partie.
M. Dupuytren a fait subir deux réformes utiles à cet instrument. 11 en a réduit la longueur cà celle
(i) Nouveau Traité des inst rumens de Chimrgie. Pan<!, 1789.
ni! MÉTROSCOPE.
du vngin , et y a fait adapter un manche qui en facilite l’usage.
Comme on éprouve des dilTicultés pour faire pénétrer dans le vagin des spéculum d’une certaine dimension, et que cependant ce sont les seuls qui permettent d’apercevoir le col de l’utérus dans une certaine étendue, M.'“° Boiviii en a proposé un dont le cône est divisé en deux parties , lesquelles s'écartent à la manière du spéculum de l’anus ; mais cet instrument présente les mêmes inconvéniens que celui à trois branches de Garengeot. j
]M. Guillou a imaginé plusieurs spéculum trèsingénieux ,il en est un entr’autres , formé par une feuille d’un métal flexible, qu’on introduit roulé dans Je vagin, et qui en se déi’oulant y présente une ouverture plus grande qu’extérieurement , cç qui permet d’embrasser le col de l’utérus avec plus de facilité.
Gardanne , MM. Lisfranc , Lemaire Weis, et Golombat en ont fait construire avec des modifications utiles, en diverses circonstances.
Le spéculum dont je fais le plus d’usage est celui deM. llécamier, modifié par M. Dupuytren, que j’ai fait exécuter en cristal avec des conducteurs de la même matière : ces conducteurs dilatent l’orifice extérieur du vaginet y facilitent l’introduction des spéculum de la plus grande dimension.
Les spéculum de cristal sont souvent préférables à ceux d’élain et d’argent; on peut les leiiir
„56 DU MÉTROSCOPE.
plus propres , les femmes ont moins de répugnance à s’en servir que de ceux en métal dont on a déjà fait usage pour d’autres personnes. Ces instrumens permettent d’ailleurs d apercevoir au travers de leurs parois la teinte de la membrane interne du vagin , et de discerner si elle est dans l’état sain ou maladif.
Lorsqu’on a placé un spéculum dans le conduit vulvo-utérin , M. Ségalas a eu l’idée d’introduire dans le vagin , comme pour le conduit urinaire , un tube, avec une lentille , sur les côtés duquel sont deux bougies allumées; on peut par ce moyen distinguer avec plus de netteté le col de
l\itérus.
On obtient le même résultat en plaçant seulement, comme l’indique M. Colombat, un miroir concave au devant du spéculum , et une bougie allumée; les rayons lumineux sont reflétés en grande quantité , et permettent de distinguer de même avec plus de facilité létat du col de 1 utérus.