‹ Des maladies propres aux femmesChapitre 9 sur 58 · DE L ATONIE · texte numérisé non relu

DE L ATONIE

des tissus fibreux, à la prolongation d’inflammations ehroniques ; l’atonie du tissu muqueux, à des eatarrhes chroniques ; celle des vaisseaux capillaires artériels , aux hémorrhagies passives , aux conversions stéato mate uses ; celle des veines, aux varices ; celle des vaisseaux lymphatiques , aux œdèmes.

L’atonie peut tenir à une disposition naturelle qui n’a pas permis aux organes d’acquérir tout leur développement. Ainsi, lorsque l’utérus est petit, et que les mamelles sont peu formées, c’est un indice que l’énergie vitale y est peu marquée. Souvent l’atonie est le résultat de causes débilitantes générales, comme d’être né de parens faibles, vieux ou malades, l’âge avancé, le célibat, la viduité , l’habitation des lieux bas et humides , une mauvaise nourriture , des boissons insalubres , une vie trop sédentaire , des travaux pénibles , des hémorrhagies, des excrétions trop abondantes , etc.

L’atonie peut être encore le résultat de maladies inflammatoires ou spécifiques à l’état chronique; leur longue continuité a produit la désorganisation des tissus , et en a afl'aibli les propriétés vitales.

Quoique l’atonie tienne essentiellement à l’afîaiblissement de la sensibilité propre d’une partie, le défaut d’influx nerveux dans cette partie, causé par le collapsus du système cérébral et nerveux , peut contribuer à sa détermination.

On a quelquefois de la peine à distinguer l’atonie d’avec l’état naturel, d’avec lirritation ou mémç

DES OUGANES.

d’avec l’élat iiiflaiiiinatoire chronique. On n’y parvient qu’en se rappelant les circonstances antécédentes, et en se guidant d’après les résultats des traileinens.

Cette maladie, lorsqu’elle est légère, est peu inquiétante. Arrivée à un certain degré, elle devient grave, et les affections qui en proviennent sont souvent difficiles à guérir.

Son traitement varie en raison de sa cause, de l’élat où se trouve l’organe qui en est le siège, et des accidens qu’elle a déterminés.

L’atonie qui provient d’un défaut de développeinent des organes, doit être abandonnée à la nature. (]elle qui lient à des causes débilitantes, exige autant que possible la destruction de ces causes, et l’usage des excitans. Parmi ces derniers , ceux qui agissent sur le système fibrillaire et vasculeux , iniluent également sur celui des organes propres aux femmes ; il en est même qui ont une action plus marquée sur quelques-uns d’entre eux : tels sont les excitans qu’on a désignés sous le nom d’emménagogues pour l ulérus, oudegalactifèfes pour les mamelles. L’action de ces médicamens est générale, locale éloignée f sympathique) , ou locale immédiate.

Toutes les circonstances qui donnent de la force à l’économie, augmentent celle des organes propres aux femmes. Ainsi , l’habitation à la campagne, un air vif, un appartement salubre,' une bonne nourriture; la promenade, la distraction,.

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les bains d’eaux minérales ou de mer , ne contrU buent pas moins à donner du ton au système fîbrillaire et vasculeux de ces organes , qu’à fortifier toute l’économie.

Diverses substances prises intérieurement, qui ont une action excitante générale, paraissent en avoir une plus spéciale sur les organes des femmes. Telles sont, pour l’utérus, l’absynthe, l'armoise , le safran, le quinquina, et d’autres substances aromatiques et amères ; les préparations ferrugineuses , la térébenthine , son huile rectifiée , et pour les mamelles la racine de persil , les lentilles , la bierre , etc. Il est des médicamens qui, portés sur un organe éloigné de ceux des femmes, agissent sympathiquement sur eux ; tels sont les purgatifs, et spécialement l’aloës, les pédiluves irritans , les frictions avec une brosse ou une flanelle sur les tégumens , avec un liniment ammoniacé sur le dos , avec une pommade stihiée ou ammoniacale, avec la glace sur le bas-ventre ; les cataplasmes de moutarde et de farine de lin sur cette partie.

On peut stimuler ces organes d’une manière plus immédiate, au moyen des bains de siège prolongés , des lavemens chauds , des douches minérales chaudes ou froides sur l’organe utérin.

Quand l’atonie est l’effet d’une maladie inflammatoire spécifique, ou du défaut d’influx nerveux, à raison d’une affection cérébrale , ou emploie les moyens usités contre ces affections.

Quand elle se complique avec l’anémie , et

DES ORGANES

quelle est le résultat d’un mauvais régime , d’uno convalescence longue, on a recours aux analeptiques et aux restaurans.

On remédie aux maladies secondaires qui en proviennent par des moyens appropriés à chacune.

De l’Anémie.

L’anémie est une maladie dans laquelle il y a peu de sang, et un défaut d’énergie dans les vaisseaux qui le contiennent.

Elle s'annonce dans les organes propres aux femmes par les symptômes de l’atonie; leurs tissus sont mous , décolorés , leurs vaisseaux sanguins , petits : la circulation y est à peine apparente; il y a toujours une diminution dans leur température. Ces tissus ont quelquefois si peu de consistance, que les vaisseaux laissent échapper le liquide qu’ils contiennent , ce qui constitue des hémorrhagies passives.

Les causes de l’anémie sont celles de l’atonie , dont elle n’est souvent qu’un symptôme; on la combat par les mêmes moyens curatifs.

De la Ga)igrène : Considérations générales.

La gangrène, suivant divers auteurs, ne doit pas être mise au rang des maladies. Elle consiste , disent-ils , dans la mort ou l’extinction totale de la vie d’une partie molle , avec conservation

CONSIDÉIIATIONS

de l’existence dans le reste du corps. Mais il faut l’avouer, l’idée qu’ils en'présentent, n’est ni exacte ni complète. v

Pour qu’une partie soit atteinte de gangrène, il faut qu’il y ait chez elle diminution , altération, cessation des propriétés vitales avec un certain degré de putréfaction ; ne voir dans cette maladie que l’altératiou morbid(î , c’est prendre le résultat pour la cause. La putréfaction en est aussi un caractère essentiel. Bien des parties peuvent être privées de vie , sans être dans un état gangréneux ; c’est ce qui arrive aux escarrhes , à la partie morte des ongles : cette dernière a un aspect bien différent dans son état ordinaire , de celui qu’elle présente à l’état de gangrène.

On a encore donné le nom de pourriture à la gangrène ; mais elle en est distincte. La pourriture est une altération des corps organisés privés de vie ; la gangrène , une maladie de ces mêmes corps vivans. Cette dernière est accompagnée d’une réaction vitale dans les parties qui n’en sont pas entièrement affectées, pour opérer leur séparation d’avec celles qui le sont.

Cette maladie n’est pas identique dans toutes les circonstances ; elle présente, comme rinflammation dont elle n’est souvent que le résultat, des modifications en raison des élémens morbides qui la compliquent et la constituent : ainsi la gangrène qui provient d’uliecauscpassagère, comme d’une lésion externe, est différente de celle qui est entretenue

Sun LA GANGRÈNE.

par une cause permanente , comme les scrofules , le cancer ; oiideccllequi lient ali principe clélétèredu charbon , de la pusiule maligne. On s’en aperçoit à la diversité de leurs symptômes. Tantôt ces gangrènes ont une tendance à se circonscrire , tantôt à se propager, l.a marche est rapide dans les unes, et lente dans d’autres. Parfois il y a accroissement de tension^ de dureté, de chaleur, accélération dans le pouls ; d’autres fois , ramollissement dans les parties afTectées, diminution dans leur chaleur ou même refroidissement, ralentissement dans le pouls. Les tissus frappés de gangrène présentent eux-mêmes des différences dans l’odeur qu’ils exhalent, dans leur couleur , leur consistance, leur sécheresse ou leur humidité, dans la manière dont ils se détachent ou restent adhérens aux autres tissus.

Les causes de la gangrène sont celle^ qui portent une alt(ânle notable aux forces vitales des parties qui en sont le siège.

Leur mode d’action peutêtre rapporté , i .°à une lésion profonde des tissus des organes , de manière que les forces vitales s’y trouvent affaiblies ou anéanties. C’est ce qui arrive lorsque ces tissus ont été fortement contus , étranglés, distendus, déch irés, exposés à un froid violent, frappés par un arme à feu , brûlés , cautérisés ou altérés par quelque autre moyen; 2° à l’interception du 'sang artériel dans ces tissus : ainsi la vieillesse, la ligature d’un artère, un anévrysme ou toute autre

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affection qui empêche le sang artériel de se porter dans une partie, en déterminent la gangrène.

Quelquefois les tissus et le sang qui y circule ^ sont altérés ; les forces vitales ont éprouvé vm mode inconnu d’affaiblissement à la suite d’une inflammation simple, par cause externe ou complèxe , par un principe délétère ou spécifique , comme dans le cas de charbon, de pustule maligne, d’affections scrofuleuses, etc. Le traitement de cette maladie est devenu depuis quelque temps un sujet de controverse parmi les praticiens. Les uns, la faisant toujours dépendre d’une inflammation, prescrivent dans tous les cas la méthode anliphlegmasique; d’autres, ne voyant dans cette maladie qu’un état de débilité, recommandent lesexcitans les plus actifs. Ces méthodes exclusives ne sont ni rationelles , ni conformes aux résultats de l’expérience.

Dans le traitement de la gangrène , il faut avoir égard à l’état des forces, tant générales que locales. Quand le malade est brûlant , qu’il a le pouls plein, développé, on insiste, malgré l’apparition de la gangrène, sur les débilitans généraux, eu mettant cependant de la réserve dans les évacuations sanguines.

S’il y 'a diminution dans la chaleur , lenteur et faiblesse dans le pouls, on prescrit les excitans intérieurement, et les révulsifs à l’extérieur.

S’il existe des douleurs violentes, une forte chaleur, et de la tension dans les parties qui avoisi-

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