DES MALADIES VET^ERIENNES
a observé des squames cornées à la paume des mains et à la plante des pieds^ et M. Deutsch en aurait rencontré sur les paupières.
4° Les pustules sont, au contraire^ très-fréquentes ; on en admet trois espèces : Tacné^ Timpétigo et Tecthyma.
G. — Uacné constitue une forme bénigne composée d'élévations dures et rouges à leur base et à sommet suppures^ se terminant par résorption du liquide^ ou par la formation d'une croûte, et laissant une petite cicatrice. L'acné se rencontre sur le dos, aux fesses et sur la poitrine plutôt qu'ailleurs.
b. — U impétigo se compose de pustules confluentes donnant lieu à de larges croûtes jaunes, épaisses et saillantes, sous lesquelles se forment des ulcérations grisâtres et superficielles. Cette éruption se montre souvent à la poitrine, au cou et dans les aines. Elle se dislingue de l'impétigo ordinaire par l'auréole cuivrée qui entoure les pustules, par la forme des ulcérations et par l'absence de cette éruption du cuir chevelu,
c. — Vecthyma est plus large ; il arrive à une période plus avancée de la maladie et chez des sujets débilités ; existe principalement aux jambes et sur les fesses.
Il débute par des taches violacées sur lesquelles s'élèvent des pustules qui contiennent un liquide sanguinolent. Des croûtes épaisses, noirâtres, circonscrites, entourées d'une auréole cuivrée ou livide et recouvrant des ulcérations profondes^ succèdent aux pustules.
La nature syphilitique de cette éruption ne peut jamais faire de doute^ Tecthyma ordinaire ne se montrant jamais que chez les adultes affaiblis et chez les vieillards.
5° Bulles. Elles comprennent une seule espèce, le pemphigus.
Celui-ci envahit d^une manière presque exclusive la plante des pieds et la paume des mains, débute par des taches violacées sur lesquelles s'élèvent des vésicules qui augmentent rapidement et deviennent des bulles contenant une sérosité trouble et lactescente, et qui sont environnées d'un cercle violacé.
En même temps que cette éruption se développe, Fenfant s'affaiblit, crie sans cesse, sa face s'altère et ses forces diminuent. A la rupture des bulles, il s'écoule du sang et une sanie purulente; Tépiderme se détache par larges squames sous lesquelles Tépiderme se trouve érodé ou superficiellement déchiré. Quelquefois les bords de ces ulcères se renversent comme ceux de Tecthyma.
Les enfants atteints de cette éruption s'épuisent rapidement et meurent par suite de faiblesse; s'ils guérissent de leur pemphigus, ils succombent en quelques jours à une maladie de poitrine : pleurésie, induration partielle du poumon, etc.
On a beaucoup discuté pour savoir si cette éruption était due à la syphilis, comme le pense M. P. Dubois, plusieurs auteurs l'ayant considérée comme un résultat de la débilitation générale et non comme un effet spécifique.
Si Fon se rappelle que le pemphigus augmente avec les autres symptômes de la diathèse et diminue avec eux^ on jugera qu'il est bien sous la dépendance du virus.
Le pemphigus est l'éruption la plus fréquente et la plus grave que puissent présenter les nouveaunés.
6" Onyxis. Il se présente sous deux formes : ou bien il y a inflammation de la matrice de Tongle avec coloration cuivrée et exfoliation, en même temps que formation de pustules sur la peau voisine. Cette onyxis est rare. Ou bien la matrice de Fongle s'ulcère, et l'ongle lui-même devient sec, rugueux, blanchâtre ou violacé, puis se détache et tombe après avoir été cerné par la suppuration. Ces ongles tombent et repoussent souvent à plusieurs reprises avant de rester.
B. — Symptômes des membranes muqueuses. Les plus fréquents sont les plaques muqueuses et les ulcères.
1** Les plaques muqueuses s'observent dans la bouche, dans la gorge, dans le sillon labio-nasal, sur les bords de la langue, au fond du gosier, à l'anus et sur les organes génitaux, plus souvent à la région céphalique que partout ailleurs.
Elles ressemblent à celles de la peau, sont seulement moins saillantes et plus exulcérées ; elles constituent des élevures blanches, à contours irréguliers, au centre desquelles se forment d'abord des excoriations, puis des ulcérations.
2° Les ulcères sont superficiels, arrondis en forme
de croissants ou elliptiques^ à foud blanc, comme diphthéritique^ et deviennent plus rouges au moment où ils tendent à se cicatriser.
3° Le coryza est une des affections les plus fréquentes et les plus graves que puissent présenter les enfants du côté des membranes muqueuses.
Au débuts le petit malade est enchifrené^ un écoulement tout d'abord séreux, puis plus épais, a lieu par les narines; celles-ci sont obstruées par des croûtes qui se forment surtout pendant que Penfant tète, ce qu'explique la rapidité avec laquelle Tair traverse alors les narines. Celles-ci étant obstruées, la succion devient impossible et Tenfant meurt d'inanition. Lorsque les croûtes se détachent, il y a presque toujours hémorrhagie.
Au bout de quelques jours, si l'enfant ne succombe pas, l'écoulement devient sanieux ; des pustules, des gerçures, des ulcérations se forment sur les ailes du nez et sur les lèvres, d'autres prennent naissance dans les fosses nasales, puis s'étendent au gosier, même au larynx, les os se carient et l'enfant en rend des morceaux; enfin le nez s'aplatit.
Il est rare que les enfants, quand ils ont résisté à la première période, ne meurent pas pendant la seconde par le fait d'une infection septique.
Le coryza est un symptôme précoce de la syphilis des nouveau-nés; le traitement peut cependant en retarder l'éclosion.
C. — Symptômes du système osseux. Ils sont beaucoup plus rares que ceux de la peau et des membranes
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muqueuses. Cette différence tient, comme je l'ai rappelé déjàj à ce que la syphilis envahit toujours les os tardivement. Or^ si la maladie est intense^ elle tue Fenfant avant d'avoir atteint le système osseux; si elle est faible, elle est arrêtée dans sa marche par le traitement.
Autrement les os s'altèrent. La périostose est douteuse^ la carie est généralement admise comme signe de vérole héréditaire; mais elle est presque toujours consécutive à la destruction des parties molles.
M. Bouchut a signalé un symptôme contraire, l'endurcissement prématuré des os longs (1).
Les maladies articulaires appelées tumeurs blanches et le rachitisme ne sont pas généralement rcr connus pour appartenir à la syphilis des nouveaunés.
D. — Symptômes des viscères. Les maladies des viscères sont connues surtout au point de vue de l'anatomie pathologique, la plupart d'entre elles amenant la mort du fœtus pendant la vie intra-utérine, tout au moins dans les premiers jours ou dans les premières heures qui suivent la naissance.
Toutes ces altérations, quand on les étudie de près, se rapprochent tellement des gommes qu'il est impossible de les en distinguer.
1° Poumons. On y trouve des noyaux indurés d'un volume variable, ayant la densité du foie et faisant saillie sous la plèvre, ou des noyaux ramollis
(1) ^Traité des molad. des nouveau-nés . Paris, 1855, p. 804.
formés par un tissu compacte, d'un jaune grisâtre, au centre duquel est un liquide séro-purulent. Quelquefois un certain nombre de ces noyaux se réunissent pour former une grande caverne.
Les symptômes de la maladie sont ceux de la pneumonie lobulaire ; la terminaison est rapidement fatale.
2** Thymus. Il paraît souvent sain; mais quand on le comprime après Tavoir incisé, on en fait sourdre du pus. L'illusion tient à ce que celui-ci est disséminé dans le parenchyme de cette glande et bien rarement réuni en foyers.
Les enfants atteints de cette afTection meurent presque toujours avant de naître, ou succombent dans les trois ou quatre premiers jours qui suivent leur naissance. On trouve leurs poumons suppures, ecchymoses et la peau recouverte de pemphigus.
3° Foie. Il est souvent hypertrophié, dur, difficile à entamer avec le doigt, assez élastique pour rebondir quand on le lance sur le parquet. Il offre une teinte uniforme, jaunâtre; son tissu est parsemé de points blancs, semblables à des grains de semoule. On fait sourdre, par la pression, une sérosité jaune, albumineuse.
Les altérations du foie sont générales ou partielles : dans le premier cas, toute la glande offre un excès de consistance et une teinte jaune ou brun rouge; dans le second, ces altérations forment des noyaux entourés de tissu sain.
Les acini sont en général oblitérés, ce qui est un
obstacle à la sécrétion de la bile; aussi la vésicule du fiel renferme-t-elle un liquide jaune pâle^ qui contient beaucoup de mucus et une faible quantité de matière colorante.
En même temps le sang s'appauvrit , la fibrine diminue, et le sérum devient plus abondant; les tissus se décolorent, et il se forme parfois des ecchymoses.
Les formes morbides concomitantes sont les taches psoriasiques, Pecthyma, les plaques muqueuses^ les rhagades, le coryza et l'induration pulmonaire. . M. Gubler a comparé cette altération du foie au sarcocèle syphilitique; M. Virchow a été plus précis, en le signalant comme le fait d'une dégénérescence gommeuse.
Les troubles fonctionnels qui accompagnent ces altérations du foie , sont des gémissements continuels, avec agitation des membres inférieurs, les vomissements, la diarrhée ou la constipation, la sensibilité du ventre qui est météorisé, mais sans épanchement; la faiblesse et l'altération du pouls, parfois l'anasarque ; mais, chose remarquable, il n^y a jamais d'ictère. La percussion montre que le foie est hypertrophié.
4° Péritoine. M. Simpson admet une péritonite syphilitique, mais sans lui donner de caractères précis. L'existence de cette afi'ection n'est pas assez démontrée pour qu'on puisse avoir les éléments d'une description, même approximative.
E. — Symptômes généi^aux. Les enfants syphilitiques', par droit de naissance, présentent quelquefois.
pendant les premiers jours de leur vie, Tapparence de la santé, apparence trompeuse qui se dément bientôt.
Le plus souvent, ils ont un habitus général qu'on a caractérisé en les comparant à de petits vieillards. Ils sont amaigris, leur peau est terne; celle du visage offre une teinte bistre , semblable à celle des Asiatiques, ou aux taches qui existent à l'extrémité des doigts des fumeurs. Cette teinte est plus marquée au niveau des parties saillantes, au front, au niveau des sourcils, au menton, au nez et sur les paupières; le reste du corps est pâle, blafard, anémique.
Les cheveux sont rares et fins, les ongles^ naturellement peu développés, croissent lentement.
Le sang de pareils malades est toujours très-appauvri.
F. — Syphilis héréditaire larvée. La plupart des auteurs admettent une syphilis larvée congénitale, à forme de scrofule. J'ai dit déjà ce qu'il fallait en penser.
Évidemment une semblable affection tient à une complication de scrofule et de syphilis; elle participe aux symptômes de ces deux diathèses. Son histoire est encore trop incomplète pour qu'il soit possible d'en donner une description.
Les différentes formes morbides que je viens de passer en revue n'apparaissent pas toutes avec une égale fréquence chez les nouveau-nés. M. Emile Vidal (1) les a divisées, sous ce rapport, en trois classes : 1° celles
(1) De la syphilis congéniiale, thèse poiu' Tagrégation en médecine, par E. Vidal. Paris, 1860.
qui se développent pendant la vie intra-utérine , et se trouvent ainsi exister au moment de la naissance. Ce sont les pustules plates, la roséoles^ le pemphigus,, la suppuration du thymus, les gommes du poumon et du foie, la pleurésie et la péritonite.
2° Celles qui existent rarement au moment de la naissance : Viciëve , rhypertrophie de la rate, l'altération des capsules surrénales, la dégénérescence graisseuse du pancréas, toutes affections que Tautopsie peut seule révéler, Tinfiltration des ganglions bronchiques, l'hydrocéphale , qui appartient plus à la scrofule qu'à la syphilis; la carie et l'induration prématurée des os larges.
3° h2?> manifestations qui viennent dans les premières semaines de la vie extra-utérine : le pemphigus, les plaques muqueuses, l'impétigo, l'engorgement des ganglions lymphatiques, les gommes sous-cutanées, le coryza, l'otorrhée, enfin les altérations des viscères, qui appartiennent bien plus à la première classe qu'à cette dernière.
La syphilis congénitale, quand elle n'est pas apparente au moment où l'enfant vient au monde, éclate du premier jour à la fin du deuxième mois; rarement plus tard.
Le pronostic de la syphilis des nouveau-nés est toujours très-grave; il y a peu de maladies qui soient aussi souvent mortelles.
Traitement, — Il me reste peu de chose à dire sur ce sujet.
Souâ le rapport du choix des médicaments, je n'ai
rien à indiquer : ceux-ci ne varient pas, en effet, parce que le malade est un enfant, au lieu d'être un adulte. Je n'ai donc qu'à renvoyer aux articles dans lesquels ces différentes formes morbides ont été décrites sous le double rapport de la pathologie et de la thérapeutique.
Quant au mode d'administration, il n'est pas en homœopathle un sujet d'embarras. Nos médicaments, donnés à doses infinitésimales, sont toujours supportés par les enfants; rien n'est plus facile aussi que de leur faire prendre des globules, forme que l'on doit toujours préférer pour eux.
Si l'on tient à donner le médicament en liquide, on le fait dissoudre dans 5 grammes d'eau alcoolisée, dont on fait prendre une ou deux gouttes chaque fois, ce qui est bien plus commode que de vouloir faire avaler une cuillerée entière de la potion.
Le médicament doit toujours être donné une demiheure, au moins, avant que l'enfant ne tète, et trois quarts d'heure ou une heure après.
Si l'enfant naît sans aucun symptôme évident de la diathèse, mais que la santé des engendreurs fasse craindre le développement de la maladie, il faut instituer un traitement prophylactique, dont mercurius solubilis, sulphur et lachesis doivent faire la base.
Ce que l'on doit faire avant tout, c'est de traiter la mère, pendant sa grossesse, en lui faisant prendre les médicaments appropriés aux formes de la diathèse dont elle est porteur; ou, si la maladie vient du père, avec celles que celui-ci peut présenter.