L. SIMON. s
L'emploi de la dilatation est d'autant plus nécessaire, quil est le seul moyen d^éviter la rupture de Turètre en arrière du rétrécissement, et, par suite, Tinfiltration urineuse, les abcès, la gangrène et les fistules.
Lorsque ces graves complications se sont produites, il faut combattre les symptômes fébriles qui se montrent tout d'abord, avec aconit suivi di' arnica. Ces deux substances doivent être données à la 6® ou à la 12^ dilution, à la dose de une à trois gouttes dans une potion de 125 grammes, dont le malade prend une cuillerée de trois en trois heures.
Si le malade éprouve ensuite des frissons, signe d'un travail de suppuration, il faut prescrire pulsatilla, et la remplacer ensuite par hepar sulphuris, dès que la suppuration tend à se réunir en un foyer. Ces deux médicaments doivent être donnés comme les précédents.
Dès que l'abcès commence à se former, il faut rouvrir, afin de ne pas permettre au pus et à l'urine de s'infiltrer plus avant.
Enfin, les signes de gangrène commençant à se montrer, lachesis, arsenicum, secale cornutum doivent remplacer tous les autres médicaments. Les forces du malade étant toujours alors plus ou moins épuisées, china devient un intercurrent très-utile. Toutes ces substances doivent être données à des dilutions plus élevées que les autres, la 12® ou la 24®, souvent en globules, quelquefois en gouttes, toujours à des intervalles assez rapprochés, de trois à six fois en vingt-quatre heures, selon la rapidité avec laquelle se développent les accidents.
Les escarres étant tomtrées, il reste souvent des fistules très-tenaces. Pour les guérir, il faut tout d'abord éviter le contact des urines, et pour cela ne pas permettre que leur émission ait lieu sans le concours de la sonde. Quant aux médicaments, silicea, graphites, sulphur, seraient ceux auxquels il faudrait recourir.
Si les bords des fistules étaient indurés, et que la cicatrisation ne pût être obtenue, il faudrait pratiquer une opération d'autoplastie en rapport avec l'étendue et la disposition de la fistule.
D. Engorgement et induration de la prostate. — Lorsque Fengorgement de la prostate est récent, il est possible d'en triompher avec pulsatilla, phosphorus, THUJA et, dit-on, sélénium; tous médicaments qu'il convient de choisir en raison de l'ensemble des symptômes présentés par le malade, et qu'il faut donner à la 24® ou à la 30® dilution, en globules, et à raison de une à deux doses par jour seulement.
Lorsque l'engorgement est induré, iodium serait préférable; mais il est rare dans ce cas qu'on puisse obtenir la résolution de la tumeur. Celle-ci, du reste, n'est pas douloureuse ; mais elle gêne l'émission de l'urine, et plus tard la défécation.
Le seul moyen de remédier au premier de ces inconvénients est le cathétérisme : aussi plus d'un vieillard est-il obligé d'y recourir plusieurs fois dans la journée.
Nux vomica, opium, graphites, plumbum, facilitent la défécation. Il faut les choisir d'après l'ensemble des symptômes.
E. Blennorrhée urétrale. — Elle dépend d'états morbides divers : souvent de ce que la blennorrhagie n^ayant pas été traitée par des agents spécifiques, la virulence de la maladie persiste^ ses effets ayant été modifiés : c'est ce qui arrive aux malades qui ont suivi un traitement dont le copahu, le cubèbe et les injections irritantes ont fait tous les frais; ou bien elle tient à quelque complication, la gonorrhée ayant frappé sur un sujet psorique, syphilitique ou sycosique; enfin elle est l'effet d'un rétrécissement organique. Dans les deux premiers cas, les médicaments suffisent à la guérison; il n'en est pas de même dans le troisième^ où l'intervention des moyens chirurgicaux est indispensable.
1° Il n'y a aucune complication, le malade a été traité par l'allopathie, les symptômes d'acuïté ont disparu, mais il reste un suintement qui dure depuis plusieurs mois ; il faut alors débuter par cannabis, le donner à la 18® ou à la 24® dilution, à la dose de 4 à 6 globules dissous dans une potion de 425 grammes, dont le malade prend seulement une cuillerée le matin, et une le soir. Les symptômes d'acuïté ayant cessé, il est inutile de répéter plus souvent ce médicament.
L'effet de ce dernier est presque toujours de ramener l'écoulement, d'augmenter la douleur, en un mot de raviver la maladie. On laisse alors s'opérer une réaction de quelques jours, et l'on passe au natrum muria- TicuM, ausuLPHUR OU au mercurius solubilis, selon les symptômes qui se présentent ; natrum muriaticum, si l'écoulement est indolent et muqueux ; sulphcr, s'il est muqueux, mais accompagné de chaleur dans le
BLENNOURHAGIE. 6 89
canal; mercurius soLi]BiLis',s'il est indolent et verdâtre.
Les médicaments utiles alors sont^ comme on le voit^ ceux de la blennorrhagie primitive ; seulement il ne faut plus insister sur cannabis, mais bien davantage sur natrum muriaticum et sur sulphur.
S'il a été fait abus de copahu ou de cubèbe^ il faut débuter par donner le camphre, antidote de ces deux médicaments.
2° La blennorrhagie ayant été traitée tout d'abord par Fhomœopathie. il reste un suintement, on peut affirmer alors qu'il existe une complication. Si cette dernière dépend du virus syphilitique, le mercurius solubilis, le lachesis, le kali hydriodicum seraient utiles. L'écoulement étant souvent alors l'effet de la présence de plaques muqueuses ou d'ulcérations secondaires, il faut choisir parmi les médicaments que j'ai indiqués, page 485. Toutefois, la blennorrhagie pouvant jouer encore un rôle secondaire dans la production du suintement, il est souvent nécessaire de revenir à l'emploi des médicaments qui lui appartiennent.
Il sera parlé dans le chapitre suivant de la sycose ; quand elle compliquera la blennorrhagie, il faudra employer les substances que j'indiquerai alors.
Restent donc, comme causes s'opposant à la guérison de la blennorrhée, la psore et les scrofules. Le seul moyen de réussir alors serait de choisir son médicament en raison des formes revêtues par chacune de ces diathèses ; en un mot, en tenant compte de tous les symptômes présentés par le malade. Ce seront donc bien rarement les caractères de la blennorrhée qui se-
ront déterminants : une dermatose antérieure ou concomitante aura souvent une valeur beaucoup plus grande.
Cependant, les symptômes dont l'urètre est le siège devront être tenus en sérieuse considération. Je les indiquerai donc également :
L'écoulement muqueux jaune réclame : natrum MURIATICUM, thuja, capsicum;
L'écoulement purulent verdâtre, copaïva, cubebe,
MERCURIUS SOLUBILIS, THUJA ;
L'écoulement blanc, laiteux, opaque, petroselinum, capsicum, ferrum ;
L'écoulement séreux, cannabis^ mezereum, thuja;
Celui qui ressemble à la liqueur spermatique, et qui répand une odeur nauséabonde, pulsatilla.
Enfin, quand le suintement se borne à une petite goutte de mucus qui agglutine le méat, natrum muria- TICUM, petroselinum, borax et digitalis doivent être préférés.
Ces suintements sont parfois indolents ; le plus souvent cependant ils s'accompagnent de quelque lésion de sensation, soit vers l'urètre, soit vers le col de la vessie. Il sera donc indispensable de comparer les indications précédentes à celles que j'ai réunies en parlant des sensations perverties de l'urètre et de l'irritabilité de la vessie (p. 678), et aussi avec l'article Rétrécisseinents (p. 685).
Quand la blennorrhée est entretenue par un rétrécissement organique, il faut effacer ce dernier : jusqu'ici les médicaments ont été impuissants à le faire. On trouve
BLENNORRHAGIE. C9l
dans le mémoire sur la iSleniiorrhagie, de M, Léon Simon père^ l'observation d'un malade atteint d'une blennorrhée qui durait depuis dix ans, et qui dépendait d'un rétrécissement organique. Un traitement dynamique, dont sulphur, mercurius, lycopodium, sepia, lachesis, petroleum, graphites, natrum muriaticum firent les frais, fut sans résultat, tandis que la dilatation par les bougies amena, en six semaines, une complète guérison.
En pareil cas, le mieux sera de suivre cette même pratique, et d'employer les bougies; si cependant aucun traitement direct n'a été suivi, il faudra prescrire concurremment les médicaments internes, afin de détruire rétat diathésique et de s'opposer ainsi aux récidives.
F. La BLENNORRHÉE DU GLAND ET DU PRÉPUCE doit
être traitée par cannabis, quand la maladie est récente, le prépuce étant rouge, excorié, et le suintement muco-purulent;
Natrum muriaticum devrait succéder au cannabis;
Mezereum et petroleum viendraient ensuite, s'il existait des granulations très-apparentes;
Mercurius solubilis serait préféré si les surfaces étaient largement et superficiellement exulcérées, et mercurius corrosivus, si le suintement était jaune et très-abondant;
Enfin staphysagria, sulphur et thuj'a seraient trèsutiles lorsque le suintement aurait beaucoup diminué. Cette sécrétion étant réduite à un excès de smegma de mauvaise odeur, mercurius corrosivus et sepia feraient cesser ce symptôme.
G. Blennorrhée vaginale. — îl y a ici plusieurs distinctions à faire : ou la maladie est récente et elle n'a pas été traitée par Thomœopathie ; dans ce cas, il faut lui opposer cannabis, natrum muriaticum, sul- PEUR et MERCURIUS soLUBiLis, commc pour la blennorrhée de Turèthre ;
Ou la leucorrhée est déjà ancienne : alors carbo VEGETABiLis cst très-utilc, si récoulement est verdâtre et cause une douleur brûlante ; mercurius solubilis doit lui succéder dans le cas où les globules purulents restent en excès; surtout si la leucorrhée engendre des excoriations aux parties génitales externes, avec sensation de brûlure et de prurit augmentant la nuit; nitri acidum , si l'écoulement est ichoreux et sanguinolent.
Ces deux médicaments rendent toujours l'écoulement plus muqueux : mezereum, petroleum et sabina doivent alors être employés, lorsque les granulations deviennent moins rouges, qu'elles occupent le col utérin et que la leucorrhée est glaireuse comme du blanc d'œuf ;
Fert^um répond davantage à la leucorrhée laiteuse, il serait utile après les médicaments qui précèdent, si l'écoulement venait du vagin ;
Graphites conviendrait au contraire si elle devenait tout à fait séreuse, ce qui n'a jamais lieu qu'à la fin de la maladie ;
Pulsatilla remplacerait ferrum chez les femmes chlorotiques, la leucorrhée étant composée d'un mucus épais, acre et venant du vagin;
Sepia, bien souvent recommandée, est souvent infidèle ; elle ne convient réellement que s'il existe une complication psorique; kali carhonicum et lycopodium seraient dans le même cas;
Baryta carhonica, magnesia muriatica, sulphur conviendraient mieux aux sujets scrofuleux.
Les granulations blennorrhagiques sont souvent accompagnées de déplacement de Tutérus ; il ne faut pas hésiter, dans ce cas, à faire usage des moyens contentifs usités en pareil cas, c'est-à-dire des ceintures de différents modèles, les pessaires ne pouvant être supportés tant qu'il existe quelque symptôme congestif.
H. — Engorgement du cordon spermatique et de l'épididyme.
Pdlsatilla et clematis sont les médicaments essentiels au début, tant que l'induration n'existe pas encore;
Phosphorus est aussi très-précieux après pulsatilla, quand les bourses sont grosses, sans rougeur vive, peu sensibles, la tumeur étant volumineuse, douloureuse au toucher et accompagnée d'un épanchement modéré dans la tunique vaginale;
Mercurius solubilis serait préféré si la peau des bourses, du côté malade, était d^un rouge érysipélateux;
Sulphur viendrait après le mercure soluble, lorsque celui-ci aurait efifacé une partie de l'inflammation.
Lorsque cette dernière conserve quelque caractère d'acuité, belladona doit être donnée avant le mercure, ou après lui ;
C9 4 DES MALADIES VENERIENNES.
Mezereuniy nitri acidum, spongia tosta ont été recommandés par le docteur Haubold; le premier^ quand le gonflement est devenu indolent; le second^ quand la tumeur cause une douleur pressive qui s'étend jusqu'au cordon spermatique.
I. Engorgement de l'ovaïre. — Celui-ci est souvent un etîet de Texistence des plaques granuleuses et du déplacement utérin ; dans ce cas, il n^y a point à en tenir compte pour le choix du médicament; la disparition de ce symptôme suit celle des altérations qui lui ont donné naissance.
Lorsque la tumeur est très-douloureuse, belladona doit être employée tout d'abord; puis lachesis, mercurius solubilis et platina^ quand l'ovaire commence à s'indurer. Ces médicaments devront être choisis en raison des symptômes concomitants.
J. Priapisme, — Cantharides et thuja sont ici les médicaments essentiels, alors même que ce symptôme est déjà ancien.
Cannabis conviendrait tout d'abord si la maladie était récente, et que l'écoulement eût été brusquement interrompu par les injections.
Si cette affection était ancienne, nuxvomîca, puisatilla, opiurrij phosphorus seraient très-utiles. Il faudrait les choisir en raison des symptômes concomitants;
Nux vomica et pulsatilla, quand le priapisme existe surtout le matin ;
Opium, s'il esttrès-prolongé;
Phosphorus, s'il a été fait abus de coït.
K. — Cordée persistante. Comme elle est due à
un épanchement de lymphe plastique dans les corps caverneux^ et à Torganisation de ce tissu nouveau, la guérison en est parfois difficile à obtenir.
Cependant, si Taltération est superficielle, mercurius solubilis suivi de sulphur et de lachesis peuvent Teffacer; autrement, aurum et iodium seraient très-utiles. Argentum nitricum a été aussi recommandé.
L. Pollutions. — Un grand nombre de médicaments y répondent, mais il faut tenir compte de tous les autres symptômes pour arriver à distinguer entre eux. Les pollutions fréquentes, étant toujours le résultat d'altérations des glandes de Cow^per et des vésicules séminales, se rattachent à un des états morbides qui ont été passés en revue.
Le premier point est donc de bien déterminer quel est celui auquel on a affaire. Quant aux médicaments qui répondent le mieux à ce symptôme, ce sont :
Capsicum, mercurius solubilis, puisât il la et thuja, parmi lesquels il faut choisir tout d'abord ;
Acidum phosphoricum et staphysagria viendraient ensuite pour le cas où le malade serait tourmenté par des rêves lascifs;
Mezereum, nux vomica et pulsatilla viendraient en troisième lieu.
M. Pertes séminales. — Deux médicaments sont ici très-importants : calcarea et lycopodium, sulphur après. Il faut les donner dans Tordre où ils sont énumérés, à la ^24® ou à la 30^ dilution, par dose de 4 à 6 globules dissous dans 120 grammes d'eau; le malade
prenant une cuillerée de cette potion le matin et une le soir.
Ces deux substances suffisent souvent à arrêter ce symptôme^ pourvu qu'il n'y ait pas d'altération désorganisatrice de ia prostate et des vésicules séminales.
On peut encore choisir entre : anacardium quand l'écoulement a lieu également pendant les efforts de défécation et à la fin de la miction; acidum nitricum, si elle survient seulement pendant une selle difficile , natrum carbonicum et daphne indica, si elle a lieu en urinant; pulsatilla, quand le liquide est muqueux et incolore avec chatouillement au gland; sepia, lorsque la perte séminale a lieu après l'émission de l'urine ;
China et acidum phosphoricum seraient utiles pour relever les forces des sujets épuisés par des pertes répétées.
N. Impuissance. — Elle tient ou à la présence d'un rétrécissement, ou à la maladie de la prostate ou à une affection de la moelle épinière.
En dehors des médicaments qui ont été indiqués pour les deux premières formes morbides, on devra consulter : camphora, quand l'impuissance est passagère ; acidum muriaticum, si les érections sont tout à fait nulles; acid. nitric, s'il y a des érections douloureuses la nuit, et, le jour, absence d'appétit vénérien; ignatia, kalî carbonicum, lycopodium, si l'impuissance est conjplète.
Ensuite capsicum, si la peau des bourses est froide; magnesia carbonica, dans le cas de répugnance complète pourie coït. S'il y a maladie de la moelle épinière.
il faut employer les médicaments qui sont usités pour ces affections^ lesquelles, n'appartenant pas exclusivement aux maladies vénériennes, ne peuvent nous arrêter ici.
0. — Ophthalmies. La première espèce, celle qui arrive dans les premiers temps de la maladie, lorsque récoulement a brusquement disparu, ne réclame pas d'autres médicaments que ceux dont il a été parlé à propos de l'oplithalmie blennorrhagique par contagion (p. 645); seulement, la maladie ayant une marche moins rapide, les doses doivent être moins souvent répétées.
La psorophthalmie doit être traitée, au début, par natrum muriaticum, suivi de petroleum et de mezereum, quand les granulations sont très-saillantes;
Mercurius solubilis serait utile seulement si la sécrétion muqueuse était épaisse, muco-purulente, et assez abondante; ce qui arrive rarement;
Lycopodium convient plus souvent, parce quïl répond à la rougeur granulée des paupières, mais seulement après natrum.
Si le malade a une constitution scrofuleuse, il faut consulter aussi les substances utiles pour le traitement des scrofules.
Enfin Viritis blennorrhagique doit être traitée avec les médicaments que j'indiquerai tout à l'heure à propos du rhumatisme, par cette raison qu'elle accompagne toujours ce dernier. En outre de ceux-ci, belladona et thuja pourraient être très-utiles pour faire
cesser la contraction de la pupille ; calcarea et acidum nitri, quand la cornée est devenue opaque.
P. Rhumatisme blennorrhagique. — Un des premiers médicaments à employer, quand il n'a pas été suivi de traitement tiomœopathique pour les symptômes primitifs, est le cannabis, surtout si les douleurs sont tractives, profondes^ paraissant siéger sur le périoste, sans changement de couleur à la peau, sans gonflement des articulations. Ce médicament a une action rapide; il suffit parfois à la guérison, ainsi que je Tai vu sur un horloger qui se présenta au dispensaire en 1845. Cet homme avait vu ses douleurs succéder à une blennorrhagie qui avait été guérie en 15 jours par les injections, le copahu et le cubèbe. Les articulations des genoux, des épaules et des poignets étaient atteintes. Cannabis^ 18®, 6 globules, fut d'abord donné; on le mit dans une potion de 120 grammes, dont le malade prit une cuillerée tous les matins. Au bout de huit jours Taméhoration était très-marquée;
Cannabis, 24% 6 globules, donné comme précédemment, compléta la guérison.
J'ai rappelé plus haut un cas de guérison obtenue par graphites ( p. 234). Ce médicament convient quand la douleur occupe une grande articulation, celle du genou, de la hanche, de Tépaule, la douleur étant déchirante et lancinante, accompagnée de crampe dans les muscles, de roideur empêchant les mouvements de flexion.
Natrum muriaticum est indiqué quand les douleurs viennent la nuit de préférence, qu'elles se composent
d'une sensation de brisement et de lancinalion dans les muscles et les petites articulations^ surtout s'il y a raccourcissement des tendons;
Puhatilla pourrait être utile après le natrum^ si les douleurs étaient accompagnées de beaucoup de frissons^ et nux vomica si elles étaient venues à la suite d'un refroidissement ou d'un excès de boissons spiritueuses. Ces deux médicaments améliorent souvent, mais ne guérissent pas à eux seuls. Le docteur Hirschel (J) recommande lycopodium, mezereum, sassaparilla et THUJA, mais sans donner les signes distinctifs de chacun de ces médicaments.
On peut dire cependant que ces substances répondent aux caractères suivants :
Lycopodium, douleurs déchirantes et tractives, venant surtout la nuit avec gonflement des grandes articulations (épanchement synovial) ;, raideur et crampes dans les muscles.
Mezereum, la douleur venant par accès accompagnés de frissons et d'horripilations ; qu'elle soit tractive , tensive , tressaillante et suivie d'une grande faiblesse, surtout si elle occupe les épaules. Convient aussi quand il y a raccourcissement des tendons.
Sassaparilla, lorsque les douleurs sont accompagnées d'une grande raideur des articulations et d'un sentiment de lassitude extrême, et quand elles ont le caractère d'élancements pressifs et de déchirements.
Thuja serait mieux indiqué si les articulations
(1) Voyez Guide du médecin homœopathe ^ p. 67.
étaient rouges et gonflées^ et qu'elles fassent le siège de craquements dans les mouvements de flexion.
Le docteur Hirschel indique encore, d'après Deventer, anacai'dium, quand la maladie occupe Tarticulation coxo-fèmorale, les douleurs étant lancinantes et brûlantes et descendant de la hanche au pied pour remonter ensuite du pied à la hanche ; et mbadilla, quand elles se composent d'élancements extérieurs, augmentant dans le repos et diminuant dans le mouvement.
J'ai indiqué déjà comment devaient être prescrits un certain nombre de ces médicaments; les règles suivantes s'appliqueront au mode d'administration de ceux pour lesquels il n'a été rien spécifié, en particulier aux substances recommandées pour le rhumatisme.
Toutes doivent être données à une dilution élevée, 24^ ou 30^, bien rarement au-dessous de 18^
Les globules sont presque toujours suffisants, la dose ne doit pas être répétée plus de deux à quatre fois par jour. Il faut craindre les aggravations, comme le prouve l'observation rapportée à la page 234.
Il est toujours très-important de laisser entre chaque substance des intervalles de repos proportionnés à leur durée d'action.
SYCOSE. 701