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CHAPITRE Vf

DES ALTÉRATIONS QUE SUBIT L'ORGANISATION ET DES CONSE- QUENCES QUI EN RÉSULTENT DANS LES MANIFESTATIONS DE

l'intelligence ET DE LA VIE.

11 est impossible qu'un mécanisme aussi complexe et aussi délicat que celui du corps humain,

qui s'alimente par des échanges continuels avec les corps environnants, n'éprouve pas divers genres d'altérations. C'est en effet ce qui a lieu.

Toute altération assez grave pour entraver les opérations et la marche régulière du principe de vie est révélée, selon sa nature , soit par le ralentissement, soit par l'accélération, soit par le désordre des mouvements vitaux.

Les organes essentiels deviennent-ils insuffisants par défaut de nutrition ou d'innervation, les phénomènes de la vie baissent graduellement dans les mêmes rapports, et la souffrance accompagne bientôt cette difficulté d'être. C'est ce que l'on observe chez les sujets anémiques ou après des impressions morales tristes qui ralentissent l'innervation.

Si les organes sont viciés par excès de nutrition ou d'innervation, ou par une mauvaise répartition de l'une ou de l'autre, lorsque les stimulants, par exemple , agissent d'une manière exclusive ou avec trop de violence sûr quelque partie du corps , la vie en est exaltée , et il s'allume en nous comme une sorte d'incendie qui menace bientôt notre existence.

De même, s'il s'introduit dans l'économie des substances incompatibles avec la nature de nos organes , s'il se forme dans leur sein des productions anormales , la vie , dont les manifestations accoutumées ne peuvent plus s'accomplir, imprime aux solides et aux liquides des mouvements qui ont pour but de rétablir l'ordre, mais qui deviennent tumultueux et incohérents si la résistance est trop forte.

La maladie est donc un état de lutte du principe de vie contre des organes insuffisants ou viciés.

Que la lésion organique soit appréciable ou non à nos moyens d'investigation, il ne saurait y avoir de maladie sans elle.

Le principe de vie est en lui-même inaltérable.

Ce qui anime ne peut être atteint par la maladie et la mort, pas plus que ce qui porte la lumière ne peut être une cause d'obscurité : il faut dans l'un et l'autre cas qu'un obstacle matériel intervienne.

La souffrance est le signe par lequel le principe de vie manifeste qu'il est offensé. Tout ce qui al-

tète T intégrité du système animal y donne lieu, surtout les lésions traumatiques ou la désorganisation de quelque viscère important.

S'il y a des maladies graves dans lesquelles la souffrance n'est pas proportionnée au désordre,

c'est que leur cause est plus négative que positive, ou que le siège même de la sensibilité est opprimé ; car la souffrance diminue en même temps que la puissance de la vie, et dès que les centres nerveux et leurs rameaux sont frappés d'engourdissement, par suite de compression ou par un défaut d'hématose, la souffrance cesse; et lorsque cet état se prolonge ou s'aggrave, la vie se retire.

Comme nous participons à la vie .et à l'intelligence par des points différents de notre organisation, la vie peut être gênée en nous sans que l'intelligence le soit; cependant, l'identité qui existe entre le principe de nos connaissances et le principe de la vie, ainsi que la liaison continue de nos organes, ne permettent pas que cette distinction de souffrance aille bien loin.

Tout désordre grave dans les organes essentiels à la vie retentit bientôt sur les organes propres à l'intelligence, et réciproquement; souvent même il suffit d'un trouble assez léger dans les fonctions vitales pour que l'intelligence en soit affaiblie , cela dépend du degré variable de délicatesse et de susceptibilité des organisations.

Tant que le cerveau reste libre, l'intelligence l'est aussi; elle cesse de l'être dès que le cerveau est atteint directement ou sympatbiquement. La désorganisation des hémisphères, leur compression, ou simplement le défaut de stimulation habituelle entraîne la perte de toute connaissance et de toute conscience.

Les esprits les plus irréfléchis comprendront qu'un changement survenu dans l'état des organes doit changer la nature et Tordre des impressions internes et externes, et partant la nature et Tordre des idées et des affections qui en dérivent.

Mais on ne saurait préciser l'influence de chaque maladie sur la formation des idées et des affections, parce que cette influence varie selon l'intensité de

la maladie , selon sa durée , et aussi selon la susceptibilité et la force du sujet affecté.

Nous n'avons donc pas besoin , pour traiter de l'influence des maladies sur le moral , de nous jeter dans le dédale d'une nomenclature dont il faudrait motiver les divisions. Notre thèse sera convenablement établie sur des faits généraux bien avérés que nous signalerons en suivant les divers appareils de l'économie humaine.

Et d'abord, quant à leur intensité et à leur durée, les maladies ont une influence diverse : celle des maladies aiguës se fait sentir plus promptement , mais en général elle finit avec elles , tandis que l'influence des maladies chroniques, quoique moins prononcée dans le principe, puisque ces affections ont moins d'acuité , se prolonge souvent au delà du terme de la maladie , et laisse des traces durables par suites des habitudes vicieuses communiquées au cerveau.

Quoique la fièvre ne soit point à nos yeux une

affection primitive, une détermination spontanée du principe vital, mais simplement une réaction de ce principe à l'occasion d'un dérangement de l'organisme, on peut considérer les divers aspects que présente l'intelligence durant l'état fébrile indépendamment de toute lésion.

Cet état qui se révèle par l'accélération du mouvement du sang, par une perturbation de la caloricité et un malaise général, nous offre trois périodes distinctes : la période de refroidissement, la période d'incandescence et la période de détente ou de rémission. Or, dans la période de refroidissement l'intelligence semble en quelque sorte repliée sur elle-même; la formation des idées est lente et incomplète, et le malade est silencieux.

Dans le chaud de la fièvre, au contraire, le travail intellectuel est toujours un peu tumultueux , lors même qu'il n'y a point de délire, et il n'est par rare de voir l'excitation cérébrale se manifester par une loquacité inaccoutumée.

Dès que la peau devient humide et que le pouls perd de sa dureté, lorsque le mouvement fébrile s'apaise, l'intelligence rentre dans le calme et fonctionne selon son type habituel, toutefois avec

moins d'intensité, eu égard à l'état de langueur où se trouvent les organes.

Dans la fièvre typhoïde, quelle qu'en soit la cause, l'affaiblissement des facultés intellectuelles suit la prostration des forces : il y a de la lenteur dans les réponses du malade, et quelque chose d'étonné dans sa physionomie : c'est même au caractère de la physionomie que cette fièvre continue doit son nom , dérivé du grec zvyoç , qui veut dire stupeur.

Si la maladie s'aggrave, le délire survient, ou le coma, et quelquefois un coma entremêlé de délire; dès ce moment le malade ne s'appartient plus ; la conscience et le libre arbitre sont anéantis.

Il n'y a pas de désordre de l'intelligence auquel les affections des voies digestives ne puissent donner lieu, tant est grande la relation qui existe entre ces organes et le cerveau, entre la vie nutritive et la vie intellectuelle.

Une digestion laborieuse suffit pour ralentir et embarrasser le cours des idées.

L'irritation de l'estomac nous rend inquiets , peu tolérants et d'humeur inégale.

Si l'irritation va jusqu'à l'inflammation, la céphalalgie se déclare, et à un plus haut degré, le délire.

De toutes les maladies , la gastrite chronique est celle qui favorise le plus le développement de l'aliénation mentale; et lors même que le désordre de l'intelligence peut être rapporté à des chagrins tels que ceux que causent l'éloignement de la patrie, la perte de la fortune ou de l'honneur, ou un amour malheureux, il arrive souvent, ainsi que l'illustre Broussais l'a fait remarquer, que l'influence morale pèse d'abord sur les voies digestives et détermine une gastro-entérite longtemps avant que les fonctions du cerveau soient troublées, de sorte que l'on ne pourrait dire si l'aliénation mentale est le résultat direct du chagrin ou de l'affection des voies digestives qui a réagi sur le cerveau.

La mélancolie, l'hypocondrie, le penchant au suicide se lient fréquemment à la gastrite chronique.

Dès que la membrane séreuse abdominale s'enflamme, le moral est assombri, et la physionomie prend un aspect crispé.

Les anciens ont peut-être exagéré l'influence des maladies du foie et de ce qu'ils appelaient les obstructions sur le développement de la folie. Néanmoins, il est incontestable que l'hépatite chronique et l'engorgement du foie portent à la tristesse, et donnent de l'âpreté au caractère.

On peut en dire autant des affections des voies urinaires, de la néphrite chronique, du catarrhe vésical , de la gravelie et de la pierre. Ces maladies, indépendamment des souffrances qu'elles causent, préoccupent les malades d'une manière toute particulière, et rendent l'humeur irritable et difficile à l'excès.

L'urétrite à son début, dans la période d'incubation, ne fait qu'exciter l'appétit vénérien. Il en est de même de la métrite.

La nymphomanie reconnaît souvent pour cause un état de subinflammation de l'utérus et de ses

annexes ou un vice herpétique des régions voisines.

L'influence de la menstruation sur l'état intellectuel et moral est des plus incontestables. Presque toujours le caractère de la femme subit quelque modification durant cette crise.

« La première apparition des règles, quand elle est tardive, leur suppression brusque ont occasionné la folie.

« Il est d'observation que la guérison de la folie est mal assurée tant que les menstrues ne prennent pas leur cours régulier.

« M. Esquirol a cité le cas singulier d'une jeune fille qui fut atteinte d'aliénation mentale à l'âge de quinze ans, à la première apparition des règles, et qui fut guérie à l'âge critique.

« La grossesse exerce aussi une influence non douteuse. Il y a des femmes qui deviennent aliénées chaque fois qu'elles sont grosses, c'est tantôt la manie, tantôt la monomanie. On a vu des cas d'aliénation coïncidant avec une fausse grossesse. On cite entre autres le cas dune femme qui portait un môle , et qui ne fut guérie qu'après la disparition de ce corps étranger.

« La folie survient quelquefois après les couches, elle prend alors le nom de folie puerpérale. Quelquefois elle éclate après le sevrage.

« Il existe deux ou trois cas de folie survenue à des nourrices à la suite d'un abcès au sein. La folie a disparu avec l'abcès \ »

On a dit que la phthisie pulmonaire au premier degré provoquait l'appétit vénérien. Cette assertion n'a rien de fondé. Ce qui est vrai , c'est que les excès vénériens favorisent le développement de la phthisie, et comme les désirs restent allumés durant la première période de la maladie, et quelquefois même au delà, on a pris l'effet pour la cause ; mais en réalité, tout ce qui débilite, tout ce qui diminue la nutrition n'est propre qu'à affaiblir la puissance génératrice et l'instinct qui nous y sollicite.

L'inflammation des enveloppes du cerveau se ré-

vêle d'ordinaire par la céphalalgie et par l'altéra-

1 Andral , Cours de pathologie int. , t, III.

tion , sous forme diverse, des facultés intellectuelles et des fonctions digestives. Les nausées et le vomissement accompagnent la céphalalgie.

Le délire peut survenir brusquement ou par degrés; il peut être bruyant ou taciturne, accompagné de mouvements musculaires énergiques ou de prostration ; il peut être continu ou intermittent.

Chez quelques malades, on n'observe qu'un trouble momentané des facultés intellectuelles ; puis ce trouble se répète à des intervalles de plus en plus rapprochés pour devenir enfin continu.

L'extrême diversité des symptômes qui annoncent l'inflammation des méninges ou leur désorganisation, vient de ce que la susceptibilité du cerveau varie selon les individus , et de ce que , chez le même individu, cet organe ne ressent pas les impressions de la même manière durant tout le cours de la maladie.

L'hémorragie cérébrale est quelquefois précédée d'un état d'excitation ou de divers troubles fonctionnels qui annoncent un travail morbide du côté du cerveau; d'autres fois elle survient au milieu du libre exercice des facultés.

L'hémorragie, suivant le siège quelle occupe, peut abolir la motilité et laisser l'intelligence intacte. Elle peut frapper à la fois l'intelligence et la motilité sans éteindre instantanément la vie. Enfin elle peut occasionner la perte de la parole sans abolition de l'intelligence.

Néanmoins, tout épanchement survenu dans un point quelconque des hémisphères cérébraux, et même dans le cervelet ou dans le mésocéphale , comme nous en voyons des exemples dans la clinique de M. Andral, peut entraîner la perte de la connaissance , tant est grande la solidarité qui unit entre elles et ramène à l'unité d'action les diverses parties du système nerveux.

On a vu l'intelligence demeurer intacte malgré la désorganisation presque complète, mais lente et graduelle, de l'un des hémisphères cérébraux, ce qui prouverait que les parties similaires de l'encéphale se suppléent les unes les autres comme tous les organes doubles et symétriques.

Les apoplexies cérébelleuses qui, au rapport de M. Serres, ont donné lieu du côté des organes de la génération à des désordres tels que l'érection et l'éjaculation réitérée , et les plaies de la nuque

et de l'occiput à la suite desquelles Larrey avait observé de pareils phénomènes, ne sont pas des preuves suffisantes à l'appui de la doctrine de Gall, qui fait du cervelet le siège de l'instinct générateur, parce qu'on peut supposer, dans les cas précités , que la moelle allongée a été comprimée ou vivement intéressée; et nous rappellerons à cette occasion que les expériences directes faites sur les animaux par MM. Flourens, Magendie et Longet, prouvent que le cervelet est l'organe à l'aide duquel le principe moteur règle nos mouvements.

Ce sont en effet des lésions du mouvement que l'on observe, surtout dans les cas de ramollissement du cervelet.

Le délire se manifeste quelquefois dès le début d'une maladie, sans que l'on trouve après la mort dans le cerveau et ses enveloppes aucune trace d'inflammation ou de congestion ; mais qu'y a-t-il là d'étonnant, puisque l'on sait qu'une surexcitation sympathique du cerveau suffit pour troubler toutes nos facultés.

Cette absence de toute lésion appréciable dans les centres nerveux se fait également remarquer sou-

vent à la suite d'aliénation mentale, et on argue de là pour établir que la folie n'est point dépendante d'un désordre matériel : le raisonnement est insoutenable, car on ne peut se refusera admettre que tout travail intellectuel ne soit lié à une modification quelconque de la pulpe nerveuse cérébrale, sans altération sensible; or, qu'une modification de la pulpe nerveuse devienne persistante , à cause de l'intensité avec laquelle elle a été produite, dès ce moment il y aura monomanie, et cette monomanie n'en sera pas moins dépendante d'un désordre matériel, quoiqu'il n'y ait pas d'altération sensible.

Il en est de même de la manie : des sensations internes ou externes peuvent imprimer au cerveau des mouvements fibrillaires ou autres modifications qui, en se prolongeant, interrompent les relations de l'élément supérieur avec le monde phénoménal, et provoquent des perceptions et des idées incohérentes qui ne sont plus en rapport avec la réalité des choses.

Est -il nécessaire pour cela qu'il y ait désorganisation ou altération appréciable? nullement. Il suffit que le mécanisme soit dérangé par une cause quelconque. Ne sait-on pas que tout mouvement

déréglé en entraîne d'autres, et qu'une modification vicieuse un peu intense doit en provoquer de semblables. Le trouble s'entretient par oscillation.

Dès que le cerveau fonctionne d'une manière tumultueuse et indépendante des sensations régulièrement perçues et des motifs raisonnables, il y a folie.

Ce désordre , dans les manifestations de l'intelligence, est donc toujours lié à un état organique, puisqu'il ne se produit que lorsque le jeu de la machine est dérangé , lorsque le cerveau contracte une disposition qui ne lui permet plus de répondre aux modificateurs habituels.

Le sang , qui est le véhicule et l'aliment de la vie, joue un grand rôle dans la production des maladies et dans les manifestations de l'intelligence.

Ce fluide vital peut être altéré soit dans sa quantité, soit dans sa qualité. Dans sa quantité, par excès ou par défaut; dans sa qualité, par la prédominance ou le manque de l'un de ses éléments constituants, ou par l'introduction de quelque substance hétérogène.

11 agit sur le cerveau comme agent d'impulsion et comme aliment, et, à ces deux titres, il est également nécessaire à l'intégrité des fonctions cérébrales.

La surabondance du sang, connue sous le nom d'état pléthorique , produit un commencement de compression cérébrale , et rend la manifestation des facultés intellectuelles lente et embarrassée. Les sujets qui sont dans ces conditions de santé ne peuvent se livrer longtemps aux travaux de l'esprit à cause delà résistance qu'ils éprouvent; ils recherchent la vie extérieure et les exercices du corps, parce qu'ils y trouvent un moyen de dérivation qui dégage leur cerveau et les rend à eux-mêmes.

L'état opposé, qui tient à une sanguification insuffisante et incomplète , donne lieu également à une sorte de paresse intellectuelle par défaut d'excitation. Le cerveau et les principaux viscères ne reçoivent plus dans ce cas la quantité de sang voulue, et le sang qu'ils reçoivent est appauvri et altéré; d'où il résulte une langueur générale mêlée d'irritation , comme cela a lieu toutes les fois que les besoins de la nature ne sont point satisfaits.

Ainsi , dans la chlorose ou pâles couleurs, lors-

que le sang perd de sa consistance et de sa coloration, les femmes, qui sont particulièrement sujettes à cette maladie, éprouvent une extrême faiblesse, et de plus, des maux de tête, des douleurs gastralgiques et articulaires , et des palpitations insolites ; en même temps leur caractère devient inégal, triste; elles montrent des goûts bizarres, une disposition marquée au découragement et à l'inquiétude, et de la répugnance pour tout travail intellectuel. La formation des idées et le développement des affections sont aussi troublés que les digestions.

Dès qu'on peut administrer, en de telles circonstances, des préparations ferrugineuses et des toniques, on calme la souffrance des organes et l'on voit les forces se relever, la coloration du visage reparaître , et avec elle une humeur plus facile , un caractère plus égal, un esprit mieux disposé.

L'huile versée dans une lampe prête à s'éteindre ne produit pas un effet plus sensible; et le poëte philosophe a eu mille fois raison quand il a dit sur le ton de la plaisanterie :

Avec le sang l'âme se renouvelle , Et l'estomac gouverne la cervelle.

L'excitation , communiquée au cerveau par l'afflux réitéré du sang, est indispensable à l'intégrité des fonctions cérébrales; car sitôt que le cours du sang vient à être suspendu ou notablement ralenti, les facultés intellectuelles s'évanouissent et nous sommes privés, en totalité ou en partie, suivant que la syncope est plus ou moins complète, de connaissance et de conscience.

Non-seulement le sang est nécessaire au cerveau commeagent d'impulsion, mais il Test encore comme aliment, et, pour remplir cette fin, il est nécessaire qu'il soit incessamment ravivé par le contact de l'air; car s'il devient semblable , dans sa totalité , à ce qu'il est dans les veines par suite de l'inhalation d'un gaz impropre à la respiration, tel que le gaz azote et le gaz acide carbonique, etc., les phénomènes d'asphyxie commencent, et nous perdons peu à peu le sentiment, la connaissance, la conscience, et enfin la vie.

C'est en vertu de cette loi que l'inhalation pas-

sagère des vapeurs éthérées est mise à profit pour soustraire les malades aux cuisantes douleurs qu'entraînent les opérations chirurgicales.

Ainsi, nous avons pu nous convaincre par tout ce qui a été dit dans la première partie de cet ouvrage que le développement de l'intelligence, ses dispositions et ses tendances sont subordonnés chez toutes les espèces animales et chez les individus de chaque espèce au développement et aux qualités organiques des centres nerveux supérieurs, et nous voyons maintenant, par une contre-épreuve, que tout ce qui change la nature ou l'état physiologique de ces organes change en même temps, et dans les mêmes proportions, nos facultés intellectuelles et nos affections ; d'où il faut conclure toujours que notre individualité intellectuelle et morale est déterminée par l'organisation qui limite l'élément supérieur auquel elle est unie.

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