‹ Des Manifestations Gastriques, Intestinales et Gastro-Intestinales Du PaludismeChapitre 10 sur 25 · II · texte numérisé non relu

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» fluences locales et qu'il est difficile d'expliquer par un empoisonnement » saturnin. La colique nerveuse endémique des pays chauds existerait donc » si l'on admet ce point de vue : mais elle est d’une excessive rareté. » {Dechambre : Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, page 780. Colique sèche, article signé : Moracue et CG. ZUBER).

Étiologiquement parlant, M. Giberton avec Rochard et Boudin leur reconnaît « pour condition indispensable, une température élevée; pour cause » essentielle, un état spécial de l'organisme caractérisé par une débilité » profonde; pour cause occasionnelle, les variations atmosphériques et les » refroidissements. À ces causes, j'en ajouterai une quatrième que je considère comme absolument indispensable à l'éclosion de la maladie : le séjour assez prolongé dans un foyer paludéen intense; je ne pense pas en effet, qu’un long séjour dans une contrée où n'existe qu'une production peu abondante de miasmes délétères ni qu'une habitation peu prolongée dans un pays excessivement malsain puissent avoir pour résultat l’éclosion de la colique sèche : dans ces conditions, le paludisme produira ses effets ordinaires : la fièvre intermittente et l'anémie qui en est la conséquence; mais pour qu’on puisse observer des cas de coliques sèches, il faut, de toute nécessité, que Le foyer paludéen soit d’une intensité extraordinaire et que le séjour y soit prolongé pendant au moins plusieurs mois. Dans ce cas seulement, et avec le concours des conditions énumérées plus haut, il y aura

production de coliques nerveuses. »

De l'anatomie pathologique l’auteur ne dit rien, n'ayant eu l’occasion de faire aucune autopsie, tous ses malades ayant guéri.

Lé traitement se résume pour lui, avec Fonssagrives, dans l'extrait de belladone administré, dés le début, par la voie stomacale et en lavements.

« Car cet agent, en effet, en insensibilisant les terminaisons nerveuses de la couche musculaire de l'intestin, s'adresse à la manifestation principale de la maladie et, en même temps, fait cesser la constipation qui,

là, n'est qu’un symptôme secondaire, une conséquence des douleurs qui

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tétanisent le tube intestinal et arrétent Le cours des matières, » Mais M. Giberberton n'a point eu l’occasion de l’essayer n’en ayant point à sa disposition. «À l'emploi de cetagent j'adjoindrai, ajoute-t-il, celui du sulfate de quinine à hautes doses, comme dans toutes les manifestations plus ou moins graves du paludisme; et j'emploierais le sulfate de quinine aussi bien avant et après que pendant l'accès, autant comme moyen prophylactique que comme agent curalif. En s'adressant ainsi, d’un côté à l'essence même de la maladie et en l'attaquant de l’autre dans sa manifestation principale, on arriverait, Je crois, à enrayer l'accès dès son début et on éviterait ainsi aux malades

des douleurs atroces et d’inexprimables angoisses. »

J'accepte les diverses opinions émises par M. Giberton dans sa thèse, sauf une toutefois, celle relative à l’intoxication plombique chez les chauffeurs.

En supposant que ces hommes, qui maniaient la céruse, aient été légèrement intoxiqués par le plomb que celle-ci content, M. Giberton n’admet pas qu’une faible dose du métal ait pu rester un certain temps dans l'organisme sans manifester d'effets et en ait ensuite produit de très bruyants. |

Cependant, répondrai-je, les sujets étant en outre paludéens, il est incontestable qu’alors, ainsi qu’il résulte des travaux de M. Moursou, le paludisme pouvait réveiller chez eux des acecidents saturnins incapables de se manifester sans cela, à cause de leur faible dose d'intoxication saturnine.

Mais resterait à démontrer pourquoi ces sujets, qui étaient les seuls à être en contact avec le plomb, n'aient pas été les seuls atteints; pourquoi les autres hommes, qui ne frayaient nullement avec ce métal, ont aussi présenté les mêmes accidents; pourquoi encore les premiers, s'ils étaient saturninspaludéens, n’ont pas présenté des manifestations plus graves que les seconds qui étaient simplement paludéens et pourquoi

enfin la symptomatologie de l'affection n’était pas celle du saturnisme.

L'impossibilité dans laquelle on est de répondre à ces questions nous donne la conviction que les chauffeurs dont parle M. Giberton n'étaient pas plus saturnins que les autres hommes de l'équipage et que l'affection des uns et des autres relevait d’une influence plus générale, le paludisme.

De ces divers travaux nous rapprochons quelques observations inédites recueillies les unes à Cayenne par M. le Médecin de 1"° classe Clarac qui m'en a généreusement concédé la publication; et par moi, à la Martinique, dans son service ou ailleurs.

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